« On ne cesse jamais d’apprendre » – M.

« On ne cesse jamais d’apprendre » – M.

2ème partie du 6ème épisode, de la saison 1 du Podcast: première partie disponible ici.

à écouter et télécharger sur SoundCloud: ici.

Épisode #6 avec Mély du Chaudron Pastel

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Transcription de l’épisode :

Un processus de création : par “vague” de création…

C: Tu vas avoir une idée, tu vas la noter, et puis après ?

Déjà ce sont des idées, il y a les trois-quarts des idées qui viennent de moi-même après il y a un peu moins des un-quart qui viennent soit de suggestions de lecteur. D’ailleurs, des fois quant un lecteur me soumet une idée ça peut mettre plusieurs mois avant de se concrétiser. Il y a souvent les projets du moment. J’ai une idée d’un article, d’une vidéo, pour ça sorte, il peut se passer plusieurs mois. C’est vraiment un processus très lent de maturation, de créativité et des fois ça se fait de façon rapide mais c’est quand même une minorité. Il y a des articles, ou des videos que je fais en une semaine. C’est très rare mais ça arrive. Du coup, c’est vraiment des élans des vagues c’est comme quelque choses qui me traverse et que je dois ressortir si je ne ressors pas sur papier, téléphone ou ordinateur ça bouillonne et ça fait comme une espèce de cocotte minute donc une fois que je note ça après c’est par bout et par vague de création. Des fois, il peut y avoir quelque chose qui coince et qui peut durer quelques jours, voir quelques semaines et au début je forçais vraiment. Tel jour, je me disais à telle heure, et telle heure je travaille sur cet article et à telle heure j’aurai fini. J’ai fait ça pendant à peu près trois ans ce qui m’a un peu épuisé, enfin ça ne m’a pas épuisé mais c’était fatiguant parce que des fois je n’arrivais pas à créer et du coup je culpabilisais à la fin de la journée de ne pas avoir créé suffisamment et j’ai beaucoup lâché prise par rapport à ce processus de création et de vague et maintenant mon activité est telle que j’ai plusieurs, même au delà de la facette de création d’articles et de vidéos. j’ai plein d’autres choses à faire donc si un moment donné il n’y a pas ce processus de création qui est en moi ce n’est pas grave, j’ai dix-mille choses qui m’attendent à côté donc je ne m’ennuie pas.

Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui fonctionnent en flux tendu. Puis, un mois avant la deadline, une pression de malade! Il y a beaucoup de gens qui fonctionnent comme ça. Même si ce n’est pas forcément un processus créatif… Pendant longtemps j’ai fonctionné comme ça. Je pense que je fonctionne beaucoup moins comme ça, qu’il y a dix ans. Même s’il y a toujours une partie de moi qui fonctionne toujours comme ça, elle est vraiment très faible par rapport à auparavant. Non c’est plutôt cette sorte de vague par contre admettons que je me suis dis de neuf heure à midi je fais ma comptabilité mensuelle parce que chaque mois, je dois l’envoyer à mon cabinet d’expertise comptable et que le lundi à 7h30 en me réveillant j’ai une vague de création alors là, je balance tout ce qui est compta et je le fais! Les seules choses que je ne peux pas mettre de côté, parce que c’est un engagement, et pour rien au monde je le ferai, ce sont mes rendez-vous et consultations de naturopathie et quand ce sont des choses que je me suis données, des tâches avec moi-même alors là, je mets tout de côté en standby, et ça attendra.

C: Tu as cette flexibilité entre une structure et en même temps, tu continues à suivre… Tu n’es pas dans la réactivité du moment. Tu es dans les deux. Une structure mais tu ne te prives pas de la casser?

M: Je n’ai pas toujours fait ça comme ça, avant j’étais beaucoup plus. Ça c’est de par mon papa qui est extrêmement organisé, beaucoup plus que moi. Ma constitution Naturopathique, (en naturopathie comme en Ayurveda, il y a les Doshas) le montre bien. En naturopathie, il y a quatre constitutions et selon celle que l’on a, on a des qualités et des défauts et une des qualités liée à ma constitution c’est une très grande capacité d’organisation. Ces gens font souvent de très bons chefs de projets ou chefs d’entreprises. De par, aussi, mes études (assistante de gestion). Tout ce qui touche à l’organisation, pour moi c’est plus qu’un truc inné, ça a été constant dans ma vie.

Lorsque je me suis mise à mon compte, j’étais très psychorigide, c’était un truc de fou! Et maintenant, c’est beaucoup plus dans la flexibilité dans le “lâché prise”, parce que je pense qu’aussi lorsque tu es chef d’entreprise, tu subis. Moi j’en ai subi une certaine pression et si on apprend pas a lâcher prise, à danser et suivre le rythme de la vie tu finis par t’y briser les os en fait, et t’épuiser. Donc la vie m’a quelque part amené à apprendre cette flexibilité pour survivre.

C: Ça t’a pris du temps, pour trouver ton équilibre?

M: Oui et je continue toujours à trouver mon équilibre. On apprend toujours on ne cesse jamais d’apprendre.

C: Question rituels! Tu en as?

M: Alors je suis “miss rituels”, c’est-à-dire que si on m’enlève mes rituels, alors c’est vraiment parce que je suis très flexible pour beaucoup de choses mais pour beaucoup de choses mais par contre il y a des trucs si on m’enlève mes rituels, je suis pommée! Mais genre c’est la catastrophe… Alors je pense que le rituel, j’en ai un seul c’est le matin. C’est le matin, c’est a dire me lever super tôt (Miracle morning) mais moi ça je le fais depuis 2005 (donc bien avant que le livre ne sorte) ! Et moi, si on ne me laisse pas ma bulle de tranquillité le matinje suis seule et je fais des trucs très régressifs, je suis dans mon plaid, je ne suis pas maquillée, je suis entourée avec ma tenue koala, j’ai des plaids par dessus et je me balade dans mon appartement, je fais mon petit déjeuner cocooning, j’ouvre la fenêtre pour aérer , je mets de la musique douce , je zone sur Pinterest mais je me nourrie aussi de belles images, de belles citations, sur Tumblr je regarde des petites videos mais vraiment des choses super douces, en pleine conscience, des choses qui me nourrissent visuellement, artistiquement, spirituellement émotionnellement et après voilà, on peut commencer. Par exemple, lorsque je suis en voyage ou que je dois être avec un groupe de personnes et que je n’ai pas ce rituel du matin à midi je suis épuisée, mais épuisée… Je n’en peux plus et il faut me recharger… voilà donc, ça c’est mon rituel mis à part ça, tout le reste de la journée il peut se passer n’importe quoi, des choses stressantes… moi c’est “peace and love”, tout va bien, il n’y a pas de problème, on avance pas à pas.

C: Et la méditation ou le yoga?

M: Non… Peut-être un jour, dans 10 ans… des trucs très yogi, plus spirituels mais non là, c’est aussi simple que ca.

C: Aujourd’hui on est dans un monde ultra connecté. Pas forcément vers l’intérieur mais plutôt vers l’extérieur… Est-ce que tu as un rituel par rapport à la déconnexion digitale? Que je peux trouver (personnellement) parfois “overwhelming” (écrasant ou envahissant)…

M: Je pense que j’ai beaucoup appris sur ça et j’ai beaucoup progressé. J’ai acquis un équilibre qui est (je pense) plus sain pour moi. Aujourd’hui plus, qu’il n’y a quelques années mais j’ai encore des progrès à faire comme beaucoup de gens sur beaucoup de sphère… Alors plusieurs choses au niveau de la technologie pure et ça c’est valable pour la radio, la télé, les blogs, les réseaux sociaux, n’importe quoi… tous ces outils, toutes ces sources d’informations peuvent êtres de formidables sources d’informations, d’idées, d’opportunité pour se recharger avec des ressources positive. Tout comme des choses qui vont te vider, qui te font culpabiliser qui te “overwhelm”, surcharge, se faire dépasser, submerger… Et en fait, la seule chose qui peut faire la différence c’est nous-même, c’est-à-dire “comment on utilise cet outils?”; “comment on utilise la radio, les podcasts, la télé, les réseaux sociaux, Facebook, etc.?”

Donc c’est vrai que parfois c’est difficile de faire la part des choses. Quant on vit dans un système où des fois, on voit même plus “comment on le vit”. En fait, ça peut paraître assez fou, mais c’est vraiment le cas. Moi, je suis une geek mais avec le temps j’ai appris à ne pas me sentir submergée, et lorsque je me sens submergée, ça peut être intellectuellement (épuisée psychologiquement parlant) ou alors chaque chose a une facette obscure et lumineuse… mon SII (Syndrome de l’Intestin Irritable), lorsque je suis trop stressée, mon corps me dit “stop”. Tu appuis sur “pause”. tu te recharges et après tu pourras à nouveau recommencer… Il y a beaucoup de personnes pour qui le corps n’arrive pas à ressentir cela. Par ma part, j’ai un système qui me fait ressentir de façon assez “forte”, du coup je sais qu’à certains moments je dois recharger. Soit, je suis épuisée dans ma tête, soit c’est mon corps qui me le dit et qui s’exprime (à sa manière). Et aussi, je me suis beaucoup renseignée autour du “minimalisme”. Il y a le minimalisme dans la maison, ainsi que sur les réseaux sociaux et de plusieurs autres manières… Moi avant même ça, je sentais que mon téléphone qui est pour moi très important, il y avait beaucoup trop d’applications! Rien que le fait de regarder l’écran ça me “overwhelm” donc j’ai mis sur la première page le “strict minimum” et ensuite sur la deuxième et troisième page j’ai des dossiers et tout, mais c’est quelque chose que je ne vois pas. Et j’ai désactivé les notifications. Je n’ai aucune notification sauf pour les appels. Même les textos, Whatsapp, Messenger, c’est seulement si je vais sur mon telephone que je vois un message sinon il n’y a rien (pas d’alerte).

Et puis au niveau de la réactivité des fois, je peux très bien ne pas consulter mes emails pendant deux jours, comme je peux aussi les consulter le dimanche à 23h parce que ça ne me pose pas de problème. Donc, j’ai appris a être à l’écoute de mon niveau d’énergie et de mon niveau de fatigue ainsi que la capacité que j’ai à ce moment là, à donner à autrui, à répondre à des commentaires, à répondre à des emails etc. Je préfère que la personne attende, 6h, 24h voir 48h et qu’elle est une réponse vraiment pleine d’amour, et beaucoup plus riche pour elle.

C: Comment fais-tu la distinction entre le moment où tu consommes (les médias) et le moment de création (l’écriture de tes articles par exemple)?

Deep focus

M: J’oscille entre les deux. Je suis toujours en train d’essayer de trouver mon équilibre et de le peaufiner donc il y a des jours où (par exemple) je suis très centrée sur la poutre et des fois, je suis debout rien de spécial et je me laisse un peu balloter mais je sens en fait le moment, où je commence à m’épuiser et du coup, là, je descends de la poutre et je me recharge.

C: Tu as débuté ta carrière en tant qu’assistante de gestion (3 années) pour après “changer” de métier en faisant une reconversion en Naturopathie. Quelle est ton approche du travail à l’heure actuelle?

M: Elle a beaucoup changé. J’ai été élevé par un papa formidable mais j’ai été élevé par un papa qui est parti de chez lui a 14 ans et qui a commencé apprenti forgeron, ouvrier dans une usine et qui a fini Directeur Informatique dans une très grande banque. Donc, il a gravi les échelons et il m’a pas chômé… et j’ai vécu, grandi avec un papa qui me disait “il faut travailler dur, tout le temps”, “il ne faut pas arrêter”… Et oui, dans notre société, on nous demande de travailler dur avec le “no pain, no gain”, etc.

C: et parfois jusqu’au burnout

M: Effectivement, a beaucoup de gens ça arrive. Donc moi, je pense qu’effectivement il y a certaines choses (en tout cas mon experience, mais après chacun son chemin et sa vie). Mon experience c’est sur que le Chaudron Pastel, il est aujourd’hui ce qu’il est parce que j’ai beaucoup investi de temps et d’énergie. Je n’ai jamais eu peur de l’échec. J’ai une très grande confiance mais j’ai vraiment beaucoup investi de temps et d’énergie . Je peux enfin lever le pied et m’accorder un peu plus de temps libre et quand je dis un peu plus, ça se compte en une à trois demi-journée par semaine donc c’est pas non plus le bout du monde mais par rapport à il y a trois ans c’est beaucoup. Je pense qu’au début je culpabilisais beaucoup. Je me disais: “mais non, je ne peux pas me reposer, je ne peux pas faire moins ou autrement… Il faut vraiment être productif, productif, etc.”. Donc quant on lance une entreprise, le premier but c’est d’essayer de financièrement toucher les deux bouts, en fait. subvenir à ses besoins. Une fois que ce but est atteint, et moi je l’ai atteint, le but et ça reste toujours le but même pendant cette première phase qu’on travaille à notre compte, qu’on soit mère au foyer, ou qu’on travaille en tant que salarié etc., le but de la vie c’est d’être heureux et ça tu peux et tout le monde peut atteindre ce point peu importe ses conditions de vie: célibataire, en couple, avoir sa propre entreprise. Enfin, évidemment que certaines conditions de vie facilitent les choses c’est une évidence. Mais après voilà, j’ai beaucoup travaillé sur moi, en pleine conscience, des lectures, du yoga des chaines youtube par exemple: Marie Forleo qui dit “oui il faut se battre mais il y a quand même une certaine dimension spirituelle chez elle!”

C: Et du “Hard Work” (travailler dûr) !

M: C’est une battante mais oui j’ai dû apprendre à déculpabiliser donc maintenant mon papa a appris (aussi) de moi. C’est même lui, des fois, qui me dit: “Mélanie, tu devrais te reposer” et ça je m’en rend compte en te le disant. Ça, jamais au grand jamais, il n’a eu ces paroles jusqu’à il y a peu. Et maintenant c’est lui qui me dit “Mélanie tu devrais te reposer…” Oui, c’est un grand pas pour lui comme pour moi je pense. Maintenant j’apprends à être plus “cool”, encore j’ai plein de projets mais je ne culpabilise pas!

Par exemple, le matin je me réveille, j’avais prévu de faire ça et ça et que je suis épuisée ou qu’alors mon SII se réveille un peu (ce qui est “Dieu merci”, de plus en plus rare) et bien je me dis: “bon, je vais écouter mon corps il m’envoie un message c’est à moi de l’écouter et de le respecter”. Puis je me repose…

C: Dernière question, un conseil pour nos auditeurs? ou à toi-même il y a dix ans?

M: Je peux en donner deux ? (C) Oui 🙂 !

Alors le premier c’est d’avoir foi en eux et quand je dis “en eux” ce n’est pas dans leur projet, c’est dans leur coeur, c’est vraiment de rester fidèle à soi. Si au moment où on a un projet, entre une idée de projet et la concrétisation de ce projet, il se passe cinq ans, peut-être que la veille où on frôle du doigt ce projet on aura moins envie de voir ce projet autrement et on a le droit de le changer en cours de route. On a le droit et il est de notre devoir si on ne se sent plus en phase, à tel moment, de le modifier. Ça, c’est mon premier conseil…

Et le deuxième (dans la prolongation du premier): Toujours avoir la sagesse d’écouter ce que les autres peuvent nous donner comme conseil que ce soit nos amis, notre famille ou un lectorat. Tout dépend l’entreprise que l’on veut développer mais conserver ses propres valeurs même si les valeurs bousculent un peu les choses établies dans notre société. Si elle ne porte préjudice à personne, on les conserve. Même si c’est très novateur… Si c’est fou, ce n’est pas grave. Si c’est novateur et que ça porte préjudice à personne et qu’on se sent nourrie en créant et en faisant ce projet, alors on le fait.

C: Ce sont les deux choses si jamais tu les appliques tu es sûr d’être en alignement avec toi-même.

M: Et ne pas oublier aussi qu’il n’y a pas d’échec. Je sais que c’est un conseil qui peut paraître “bateau”, comme ça. Mais vraiment, si un jour un projet ou quelque chose n’aboutit pas comme on le veut, (c’est un truc par contre que mon papa m’a répété depuis l’âge de 9 ans, donc ca aussi je pense que ça m’a énormément servi), à partir du moment où on arrive à tirer une leçon de quelque chose, peu importe la leçon, ce n’est pas un échec. C’est une expérience. Et ça, c’est extraordinaire parce que ça peut nous aider à rebondir autrement. À refaire autre chose, autrement ou, à nous donner un nouveau cap et une nouvelle direction…

C: La formule scientifique ou mathématique du succès, elle intègre l’échec.

Il faut aimer le processus. Les échecs sont fait pour apprendre. S’il n’y a pas d’échec alors on n’apprend pas…

M: Ne pas culpabiliser, ne pas se dire “c’est moi qui ai mal fait”. C’est fait c’est comme ça, à partir de là, nous on peut changer notre manière d’accueillir ces choses là. C’est à nous de changer. Il n’y a pas de temps aux regrets.

Merci à Mély pour son précieux temps accordé à l’occasion de cette belle interview!

« Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours… »

« Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours… »
PodcastSolybox#Épisode#4 – Première partie
 
J’ai le plaisir de vous présenter un nouvel invité du Podcast. Dans cette première partie (A) de l’épisode #4, je vous introduis Xavier Rodriguez, co fondateur du groupe Inergens. Son entreprise intervient dans le domaine du conseil en management et de la formation.
 
Dans les prochaines lignes, vous trouverez une trame de l’épisode avec quelques extraits et citations. Cette dernière vous permettra de sauter directement au passage qui vous intéresse le plus. Bonne Écoute et Belle Lecture à vous !
 
Les présentations
 
X: Je m’appelle Xavier Rodriguez. Je dirige le groupe Inergens. Nous intervenons dans le domaine du conseil en management …
 
C: En tant qu’entrepreneur, c’est ton premier projet?
 
X: Bonne question, parce que ça depend comment on définit le terme entrepreneur. On dit souvent, “entrepreneur un jour, entrepreneur toujours”…
 
X: Cette expérience d’entrepreneur vient de loin. Entre cette première expérience et aujourd’hui, j’ai monté un cabinet sur les nouvelles technologies : innovation par transposition…
 
C: C’est venu naturellement ou c’est une ambition que tu avais très jeune?
 
L’approche de l’entrepreneuriat (notamment en France)
 
X: J’ai travaillé dans de grands groupes…
Je suis chagrin sur la façon dont l’entreprenariat est présenté en France. Ce n’est pas chose simple et il ne faut pas minimiser. J’ai eu la chance d’avoir une famille d’entrepreneurs. J’ai grandit dans cet état d’esprit avec des entreprises qui ont très bien marché. D’autres qui ont moins bien marchés.
L’entrepreneuriat quelque part, j’ai grandit avec et j’ai eu l’opportunité de me lancer dans l’entrepreneuriat donc je savais à quoi m’attendre et aujourd’hui lorsque je vois les propositions posées par le gouvernement… je trouve ça quelque peu incohérent par rapport à ce que demande réellement l’entreprenariat.
À travers le message et les mesures on sous entend que l’entrepreneuriat “c’est facile”, alors que ça demande de réels efforts et des choix. C’est un point fondamental. On parle beaucoup d’entreprises libérées, de qualité de vie, et du bien-être au travail.
Réellement derrière tout cela, il y a des portes. Peu importe les ambitions…
 
Par performance je ne parle pas forcément de devenir milliardaire. Par performance je parle d’avoir le choix de choisir sa vie. Un entrepreneur s’investit pour avoir ce droit. Il fait des choix qui amènent à des responsabilités fortes. D’autant plus fortes, lorsqu’il investit de l’argent, emploi des salariés et fait fonctionner un éco système.
L’entrepreneur investit et prend des risques par rapport à un patrimoine. Un salarié aujourd’hui n’est pas dans la même dynamique… Le salarié bénéficie d’un matelas et tous les entrepreneurs ne peuvent pas bénéficier de cette sécurité.
Ça bloque beaucoup de personnes. On ne trouve pas la même sécurité qu’en tant que salarié…
Il faut le souligner et le rappeler. il faut rappeler quel est le statut d’un entrepreneur en France: c’est un statut qui est très très mal protégé. Il n’y a aucun sujet la dessus mais rappelons-le. Des personnes confiantes qui ont suffisamment approfondie le sujet.
Je ne sais pas si c’est le cas de tous les « néo » entrepreneurs qui souhaitent fuir un contexte ou par l’inspiration profonde d’un idéal de vie…
 
Une définition personnelle de l’entrepreneur
 
L’entrepreneur pour moi c’est quelqu’un qui va travailler sur trois axes: Le premier axe, c’est qu’il ne faut pas lâcher ! La vie d’entrepreneur est faite de choses difficiles… d’obstacles et tu as beaucoup d’obstacles pour une réussite et ça, il faut le savoir. Cette façon d’avancer tous les jours en ayant cet élément en tête, en disant je ne lâche pas…
Mais il ne faut pas se “prendre le mur”. Parfois on prend de mauvaises décisions. On ne prend pas toujours des bonnes. Il faut savoir aussi écouter son marché, ses collaborateurs, son entourage. Aujourd’hui un bon entrepreneur c’est un entrepreneur bien entouré. Un entrepreneur qui va savoir composer une équipe complémentaire… C’est un individu qui sera écouter ses proches et qui le moment venu … sera rebondir et faire preuve de résilience.
 
C: C’est intéressant tu es passé de persévérance à résilience, pourquoi?
 

X: Oui d’où l’importance de l’écoute. La résilience va nécessiter du travail et de la persévérance. Dans la résilience il y a de la persévérance. Mais quelque part, quand tu decides en tant qu’entrepreneur de mettre en place un certain nombre d’actions par rapport à une vision (qu’un entrepreneur a pu avoir), alors souvent il y a des retours qui ne sont pas favorables et qui en tous les cas, peuvent t’empêcher d’avancer. Faire la part des choses, et se dire à quel moment ma conviction est plus forte que les retours que j’obtiens… D’où l’importance de cette notion de persévérance et d’écoute.

Il faut savoir s’arrêter… car dans le mot entrepreneur il y a « entre ». L’entrepreneur doit savoir être « entre » et donc savoir s’arrêter. Pour beaucoup de personnes ce mot « arrêter » n’est pas souvent évident.
 
« Des milestones… « 
Se dire dans un an, dans trois ans, je fais quoi… ? Une sorte de remise en question sur des éléments qui sont bien clairs. J’y vais ou est-ce que je continue?
 
« Un entrepreneur qui réussi c’est un entrepreneur qui sait s’arrêter ».
 
C: Quelle est ta propre définition du management? Qu’est ce qui te différencie de tes concurrents?
 
X: Alors aujourd’hui ce qui va amener mon positionnement sur le marché c’est la façon dont je vais accompagner le management.
La définition du management pour moi c’est toute personne qui dans une organisation donnée qui va engager un ensemble d’accords… Donc quelque part, la voie hiérarchique n’est pas l’unique approche managériale… Un eco système fait de collaborateurs mais également d’indépendants.
 
Quant on parle d’uberisation, il y a plusieurs interpretations possibles derrière ce mot.
 
Il y aura une organisation avec une marque, une façon de faire, des salariés et des acteurs, et tout ce beau monde il faut le faire travailler de concert. Après… qu’une organisation soit pyramidale ou plate c’est un choix stratégique et organisationnel. Ce qui me gêne, c’est une philosophie qui idealise le fonctionnement.
Il faut une colonne vertébrale alignée et cette colonne vertébrale est faite de managers. C’est la clé de la réussite. Il y a une façon de fonctionner dans l’organisation. Le manager c’est quelqu’un qui doit être conscient des personnes avec qui il va fonctionner. Il doit avoir la feuille de route la plus claire possible. C’est ça la clé.
Aujourd’hui dans les organisations, il y a des personnes en situation difficile et il faut en être conscient, c’est vrai mais c’est pas uniquement… alors bien sûr il y aura des mauvais choix.
La question est la suivante: on rentre dans une nouvelle ère, comment faire en sorte que l’organisation donne les moyens à tout le monde de se réaliser?
 
C: En tant que personne, quel impact, quel rôle souhaites-tu avoir dans la société?
 
X: … Je le vois à petite échelle mais de façon la plus efficace possible avec de vraies réalisations. Je m’investis depuis trois ans dans un projet sportif qui s’appelle Pôle Avenir (domaine du football). On a sélectionné une vingtaine de jeunes qui ont entre 12 et 17 ans et qui ont un vrai potentiel pour devenir joueur professionnel. On donne la possibilité à ces enfants de faire un choix: réaliser vos rêves…
On va créer les conditions pour former les leaders de demain et donc être de futurs membres d’une organisation. Ils auront appris à se dépasser et à atteindre un niveau de performance qui leur permettra de faire des bons choix dans leur vie.
Ce projet m’anime, j’y mets beaucoup d’énergie et pour moi…, c’est leur donner des chances de réussite… Les jeunes vivent ensemble, grandissent ensemble, avec des valeurs et une affinité commune…
 
C: Quel conseil donnerais-tu à ton « jeune » toi?
 
X: Il y a un élément primordial, c’est se donner à fond. Dans la vie on ne peut pas toujours saisir toutes les opportunités qui s’offrent à nous et on fait aussi des erreurs!
À partir du moment où on fait un choix, ce choix il faut l’assumer et se donner à fond. On revient sur la notion d’entrepreneur qui doit savoir s’arrêter… J’ai dû arrêter le football parce que mon organisme n’arrivait plus à tenir et je voyais bien que par rapport aux défis qui s’offraient à moi, pour jouer dans la cour des grands, je me mettais en danger, donc il a fallu faire un choix.
Jusqu’à ce choix là, pour ne pas regretter, il faut mettre toutes les chances de son côté.
 
C: Qu’est ce que le travail d’équipe t’a apporté?
 
X: J’ai déjà lancé un projet seul mais je crois qu’aujourd’hui je ne le referai pas. Je suis quelqu’un qui ne fonctionne pas pleinement seul. J’ai besoin de confronter mes idées. J’ai mon naturel qui a besoin des autres pour exister et c’est un élément moteur. Je crois qu’après un point plus rationnel dans le monde dans lequel on vit aujourd’hui: il faut confronter les points de vue, les regards parce que tout change à une telle vitesse… deux yeux ne suffisent plus. Pour être pro actif, soit réactif dans les temps nécessaires. Je trouve que ceux qui réussissent seuls ont beaucoup de mérite et une force exceptionnelle que je n’ai pas mais quelque part si je pouvais donner mon point de vue, j’inviterai à toutes les personnes qui se lancent de regarder à deux fois l’association en question. La collaboration n’est pas toujours facile parce qu’il y a des points de vue divergents…
 

La collaboration peut amener à des clashs parce que c’est humain. Je dirais que tout ça s’anticipe. Il y a un cadre juridique qu’il faut savoir appliquer. Un associé, il faut savoir l’appliquer dans les bons comme dans les mauvais moments. Néanmoins ceci ayant été posé, je reste sur le fait qu’avoir une personne pour pouvoir partager ça reste un facteur clé de succès.

Les bonnes bases d’une coopération: la complémentarité et surtout surtout, éviter de faire du mimétismeQuelqu’un qui va apporter un regard différent est intéressant et fondamental.
Pour retrouver ou découvrir la deuxième partie de cet épisode (#4), c’est par ici.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Un artiste favori …

G: Un céramiste auprès duquel j’ai pris des cours en Californie. Il s’appelle Ed Thompson qui est mort d’un cancer, il y a quelque années (après être rentrée en France). C’était un homme parfaitement généreux qui partageait toutes ses techniques. Il n’y a pas de recoins, qu’il gardait pour lui. Il faisait des pièces soit trop grandes, soit trop petites. Il faisait beaucoup de travail sur la matière. Ses pièces étaient triées en 3D. Une approche très géométrique. Il était tellement simple. Quelqu’un d’assez connu, il était formidable! Il avait fait un workshop, sur comment rajouter du volume sur des spirales? Ce n’est pas esthétiquement ce que j’adore, mais cet homme là était admirable!

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C: As-tu des sources d’inspirations, des artistes en particuliers… 

G: C’est difficile à dire. C’est sûr que j’ai des influences. En France, pas particulièrement. Il y en a deux qui me viennent à l’esprit. Une qui est plus que connue, elle s’appelle Lucie Rie. Elle a beaucoup travaillé en Angleterre. Elle était Viennoise. Elle réalisait des bols élégants, et très simples, avec des formes aériennes magnifiques.

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Puis Jennifer Lee qui est moins connue. Elle est écossaise. J’avais vu son travail dans ce fameux livre, Make Up ClayElle ne tourne pas ses pièces. En ce qui me concerne, je suis folle du tour! Elle faisait du colombin. Elle associait des terres différentes pour constituer des gobelets qui ont des courbes « toutes douces ». À la fin, ça donne un résultat asymétriques. Pièce en terre brut, nue. D’une élégance c’est magnifique.

J’aimerai tellement tenir une de ses pièces. Je les ai vu dans des livres mais jamais pu les voir dans la vraie vie! Effectivement j’aimerai tellement pouvoir les tenir dans les mains. Pour moi c’est indissociable…

L’enseignement

G: J’adorais enseigner. C’est un plaisir pour moi. C’était aussi indissociable du métier de chercheur. Quant on cherche, c’est aussi pour partager les connaissances. Et j’avais envie de partager tout ce que j’apprenais.

Je prends des gens en cours en hebdomadaire avec des stages le weekend. Ainsi que des stages pendant les vacances scolaires. C’est tout le temps comme ça…

C: Aujourd’hui on est dans une société qui privilégie particulièrement le travail

D’abord moi. Il faut d’abord que je me fasse plaisirC’est vrai que j’ai cette liberté de dire non. Et ça, pour moi c’est plus précieux que quoi que ce soit d’autre. C’est ça qui m’a permis de décider pour ce boulot. Là je me retrouve complètement libre de ce que je fais.

Et d’ailleurs, je ne pourrais jamais revenir en arrière.

Sur toutes ses facettes, pour moi, c’est un métier qui est du plaisir. C’est que du bonheur. Bien sur qu’il y a des contraintes. Mais tout ça c’est que du plaisir. Je m’organise comme je veux de A à Z. C’est un métier où finalement, il y a peu de responsabilité. Je n’ai pas la vie de quelqu’un entre les mains. Si jamais je suis malade, ou je ne peux pas donner mon cours du lundi matin, ça n’a aucune importance. On est dans le loisir pur. Aucune vie est en jeu.

Pareil pour la production. Si je n’ai que la moitié des bols, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme! Donc, c’est mon envie de répondre (ou pas) aux gens mais ce n’est pas plus grave que ça. Je n’ai pas d’impact négatif en fait. On peut avoir un impact positif en faisant un objet ou en donnant des cours mais je ne vois pas trop l’impact négatif que je peux avoir avec mon boulot…

Ici on fait un objet utile et utilisable. Là, tout d’un coup on s’émerveille. J’ai un élève qui est chef d’entreprise et il s’émerveillait de faire un bol à cacahuètes. Ils y trouvent tous une satisfaction. C’est fou ! Parce que tout d’un coup on fait un objet, utile ! Ça obsède! J’ai un client très gentil, ça l’obsède tellement qu’il veut construire son propre tour chez lui! Par ailleurs, je pense qu’il ne lâchera jamais son boulot mais c’est un truc où tu mets le doigt, c’est un engrenage! Et pour tous le monde. Ça va de la marchande de glace au chef d’entreprise. Tous le monde, tout d’un coup, fait un objet utile!

Les activités manuelles à l’école

Un idée de cours pour la petite enfance !

Des cours de gentillesses en Scandinavie. Il nous faudrait des cours sur comment sont faites les choses, d’où viennent les choses? Comment c’est fait? En plus ça amènerait énormément de connaissances! Et on se rendrait mieux compte de la valeur d’un objet, son recyclage, le processus qu’il faut mettre en place pour le réaliser, et les ressources nécessaires à sa création.

Est-ce que tu as déjà enseigné aux tout petits?

À la poterie, j’avais un enfant de 6 ans. À Chatou il y a de super écoles, dont une avec la pédagogie Steiner-Waldorf, ils sont avec le même professeur pendant 7 ans. Ils apprennent les maths en faisant du tricot, ils construisent des petits ours en 3D!

J’avais un élève, Eliot, 6 ans et demi, il arrivait à se concentrer !

En cours de poterie, il faut se concentrer et il était à fond dedans. Il était petit mais il se sentait super bien ! Sinon je fais rarement des cours pour les tout petits….

Merci à Géraldine pour le temps accordé à l’occasion de cette interview. Vous pouvez retrouver la première partie de cette interview, en vidéo sur l’article suivant: ici.

Les produits de Géraldine K. sont dès lors disponibles sur la plateforme solybox.com.

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Rencontre avec Marine Escurat (Les Garçonnes)

Rencontre avec Marine Escurat (Les Garçonnes)

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La vidéo est accessible ici. 

Camille : Peux-tu te présenter 🙂 ? 

Marine : Je m’appelle Marine Escurat, j’ai 29 ans et je suis la créatrice de la marque Les Garçonnes. Une marque de pantalons pour femmes.

Camille : Comment as-tu trouvé ta vocation d’artiste ?

Marine : Après avoir passé le Bac, je suis partie pour Londres. Je savais que je voulais faire un métier manuel. Une vocation plutôt artistique, architecte, peintre ou sculpteur… je ne savais pas trop à cette époque. J’ai fait une école de stylisme. J’ai une connaissance qui m’a présenté le directeur pédagogique d’une école. Les années ont passées et j’ai réalisé à quel point j’aimais ça. Je me suis rendue compte que c’était quelque chose qui me plaisait. D’ailleurs j’avais du mal à en passer… et surtout que je prenais plaisir à faire ça. C’était pas une obligation je me levais avec plaisir le matin c’était plus un loisir qu’un travail… je suis sortie major de ma promo ça m’a donné confiance et je me suis dis que c’était vraiment ça que je voulais faire…

Camille : …et ta marque ? Quand as-tu débuté l’aventure ?

Marine : Il y a un an plus ou moins, j’ai récupéré du vestiaire de ma grand mère des pantalons à plis trop grands pour moi mais que j’adorai porter. Je suis ‘garçon manqué’ depuis toute petite. Du coup, beaucoup de gens m’ont dit que mes pantalons étaient super, originaux, « où est ce que tu les as trouvé? ». « Ils sont sympa avec des jolis coloris », « de très belles couleurs et matières » et au fur et à mesure du temps j’ai commencé à me dire que ça serait pas mal de faire quelque chose avec ça. Ma grand mère est morte et ça a été un déclic. Je me suis dis « voilà », je bosse en freelance pour plusieurs marques depuis quelques années, je n’ai pas connu de marque que j’ai vraiment adoré alors je me suis dis que c’était le moment ! J’ai pas 30 ans, j’ai pas d’enfant c’est le moment de le faire alors je me suis lancée

Camille : Quelles sont les valeurs de ta marque ?

Marine : Alors moi ce que j’aime bien c’est de partager les choses. À chaque vente de mes pantalons j’aime avoir les retours de mes clientes. « C’est bien, c’est serré, c’est trop court ? » Même si c’est dans la critique, c’est intéressant car ça peut être constructif. Donc c’est ça que j’aime… plus ma marque va évoluer plus les années vont passer plus je vais me perfectionner.. plus j’aurai une collection plus grande et variée qui pourra répondre aux attentes de plusieurs femmes différentes. C’est vraiment le partage. Celles qui m’ont dit que mes pantalons sont supers et que je pouvais faire quelque chose avec… Aujourd’hui je leur répond en disant « voilà, j’ai fais me propres pantalons et j’espère qu’ils vont vous plaire ! » et que ça va correspondre à vos attentes…

Camille : Quelle est ta mission en tant qu’artiste ?

Marine : Une mission je sais pas mais je sais que j’aimerai que ma marque dure dans le temps. Je suis partie sur des pantalons intemporels. Le but c’est qu’un pantalon acheté aujourd’hui, la cliente puisse le remettre dans vingt ans… et que pourquoi pas, ça serve à sa petite fille un jour. Là je suis dans l’air du temps. Je sais que c’est à la mode de porter des pantalons à plis mais j’aimerai que ça reste malgré tout.

Camille : Toutes les générations portent tes pantalons…

Marine : Oui voilà est c’est super! Ma mère et ma nièce portent mes pantalons aussi. De 15 à 70 ans pour l’instant ça fonctionne. Après il faudrait que je continue à créer des pantalons qui encore une fois correspondent à toutes générations et envies du moment. 

Camille : Quels sont tes rituels ?

Marine : Je marche au coup de coeur sur la matière je vais voir mes fournisseurs sur Paris, avec qui je bosse depuis beaucoup d’années. Ils me proposent de nouvelles matières. Le touché, la couleur, c’est vraiment sur le coup de coeur de la matière. Si je me vois dedans tout de suite… Étant que je veux des pantalons confortables, cocooning surtout en hiver ! Je veux des matières qui soient douces et confortables, souples et en même temps qui durent dans le temps…

Camille : Qu’est-ce qui rend ta marque unique ?

Marine : Déjà je suis dans le mono produit. De plus en plus de marques font du mono produit donc je pense que c’est une nouvelle tendance. Après les pantalons c’est quelque chose que je porte quotidiennement donc c’est une vraie envie. C’est-à-dire que dès que je crée je me vois dedans. Alors après tout le monde n’est pas comme moi mais j’ai vraiment une envie de confort et j’ai envie de partager ça avec la cliente. Je me fais plaisir et j’ai envie de faire plaisir aux autres et je pense que c’est déjà une bonne base !

Camille : Quelles sont tes sources d’inspiration ? 

Marine : En plus de la matière, j’ai des muses, des femmes qui sont importantes à mes yeux. Mes cinq premiers pantalons portent le nom d’icônes et d’actrices des années 50: Lauren Bacall, Katharine Hepburn, Marlene Dietrich, Jane Birkin… Elles ont toutes marqué leur temps par leur indépendance et leur charisme. Un aspect un peu garçonne qui reste extrêmement efféminé donc c’est vraiment des femmes qui représentent très bien ma marque. Elle représentent aussi ce que j’aimerai être ou ce que j’ai été. Ça va continuer comme ça. Mon prochain short va porter le nom de ma grand-mère, Jeanne. C’est un petit clin d’oeil. 😉

C’est des petits coups de coeur. Jeanne c’est aussi Jeanne d’Arc, Jane Birkin et c’est un prénom qui revient beaucoup dans mes inspirations…

La boutique Solybox, Les Garçonnes est disponible ici.

Have you met Jane (Avez-vous rencontré Jane?) – à découvrir ici.

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Rencontre & Interview exclusive, avec l’artiste Tereza Cermakova

Rencontre & Interview exclusive, avec l’artiste Tereza Cermakova

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Camille : Peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Tereza : Je m’appelle Tereza, je viens de République Tchèque mais j’ai vécu plusieurs années à l’étranger. J’ai vécu en Italie pendant environ 6 ans, où j’ai étudié la création de bijoux. Je suis tombée amoureuse de l’Italie, mais par la suite j’ai réalisé que le meilleur endroit dans le monde entier, c’est Prague ! Donc je suis rentrée à Prague.

Camille : Viens-tu originairement de Prague ?

Tereza : Non, je viens de l’Est de la République Tchèque. Je travaille et profite de la vie à Prague !

Camille : Tu es de retour depuis quand ?

Tereza : Je suis rentrée à Prague il y a un an et demi.

Camille : Quels sont les débuts de ta passion ?

Tereza : Ma carrière a commencé progressivement. Dans mon enfance, je me souviens avoir une passion pour les pierres précieuses. Mais je ne savais pas quoi étudier, ni quoi faire de ma vie. Alors je suis partie voyager dans le monde entier. J’ai voyagé comme cela pendant 10 années, puis il était temps de rentrer chez moi. Je suis rentrée pour étudier ici ou repartir étudier à l’étranger. Je voulais étudier le Design d’Intérieur. Je me souviens du moment où ma mère m’a dit : « ne veux-tu pas faire de la création de bijoux ? » et je lui ai répondu : « pourquoi pas ?« . J »ai donc choisi une école à Rome. C’est à l’Académie de la Mode où j’ai étudié la création de bijoux

Camille : Pendant combien de temps ?

Tereza : Pour deux années. J’aurai aimé étudier plus longtemps mais cette école n’était que sur deux ans. 

Camille : Et l’Italie? C’était un choix personnel ou tu étais déjà passionnée par ce pays ?

Tereza : Oui, j’ai toujours aimé l’Italie. J’avais passé plusieurs années là-bas auparavant donc je parlais déjà l’italien. J’y suis allée lorsque j’avais 19 ans. J’ai toujours aimé l’Italie. Et bien sûr, l’Italie est une très bonne référence pour le Design. 

Camille : C’est l’endroit parfait ! Qu’en est-il de ton authenticité de tes produits qui sont véritablement uniques?

Tereza : Tout d’abord je pense et je considère qu’ils sont uniques. Car je ne copie pas les idées des autres. Elles viennent toutes de mes propres idées, de ma propre imagination. En quelque sorte, elles viennent de moi même et de mes propres sentiments. C’est pour cela que je fais principalement des formes abstraites si vous regardez bien je ne fais pas beaucoup de formes que l’on peut facilement reconnaître ! 

Camille : Comment ce passe ton processus de création ? As-tu des rituels en particulier ?

Tereza : Tu veux dire, comment je trouve mes idées ?

Camille : Le début.

Tereza : Le début d’une création c’est la partie la plus difficile, celle de trouver une idée. Donc ça va dépendre. Je sais que dans mon cas, j’ai besoin de temps de pause, durant lesquels j’aime aller prendre l’air, me promener ou passer quelques jours en dehors de Prague. Juste pour me retrouver avec moi même. Ça dépend. Parfois je vais à une exposition puis je rentre chez moi et soudainement j’ai un flash dans mon esprit et je vois la forme de quelque chose donc je lui donne la forme d’une bague !

Camille : Donc tu trouves ton inspiration dans la vie de tous les jours ?  

Tereza : Oui, je ressens… tout ce qui se passe !

Camille : Okay ! Et as-tu des rituels spécifique durant le processus de création de la bague ou du bijou en général ? 

Tereza : La méthode que j’emploie s’appelle la technique de la cire perdue. J’utilise cette cire en faisant des modèles. Ces modèles seront plus tard en argent. Donc dans un premier temps je dois réaliser un modèle et par la suite j’en fais faire un moule pour la fonte en argent ou en or. N’importe quelle sorte de métal. Puis par la suite je polis le métal mais ça peut prendre plusieurs heures. Chaque partie de ce processus prend plusieurs heures. 

Camille : Combien de temps exactement ?

Tereza : Cela dépend de la difficulté du modèle. Le modèle en cire peut prendre 5 à 7 heures de travail. Mais polir prend aussi beaucoup de temps pour avoir ce résultat… 

Camille : Quelle est ta création favorite et peux-tu nous raconter son histoire ? 

Tereza : Oui je dois dire que j’en ai pas mal de favorites. Je pense que actuellement ma creation favorite c’est la bague appelée Painful Separation (« séparation douloureuse » en français). L’idée de cette bague m’est venue durant une période particulièrement difficile. Une période qui n’était pas très agréable pour moi… J’avais un petit ami, nous sommes restés ensemble de nombreuses années presque six ans et à un moment j’ai senti c’était fini. Je devais partir et rentrer à Prague. Je me disais : « je dois rompre avec lui ». Je me souviens de ce moment où, je me suis assise à une table et j’ai commencé à dessiner cette bague. J’ai vraiment senti, comme si j’avais mis cette sorte de douleur dans cette bague. Et tu sais, je pense que les gens peuvent sentir cette peine à travers la bague. Un jours j’avais une cliente. Elle avait décidé d’acheter cette bague en particulier, parce qu’elle avait vécu une histoire similaire derrière elle. Elle voulait « réparer » ce moment avec la bague. Donc elle a décidé de l’acheter !

Camille : Et elle l’a trouvé… Quelles valeurs cherches-tu à promouvoir à travers des bijoux? 

Tereza : C’est une question difficile… Ce que je veux communiquer à travers mes créations et ce que je souhaite c’est que mes clients se sentent plus forts en portant mes créations. Qu’ils aient de l’assurance et confiance en eux. Moi-même, je sens que lorsque je me prépare très rapidement le matin et que j’oublie de mettre une bague, je dois rentrer chez moi et en mettre une parce que je me sens juste mieux. Et je veux vraiment que les gens se sentent mieux grâce à mes créations.  

Camille : C’est comme donner des super pouvoirs ? 🙂

Tereza : Oui !

Camille : C’est top ! Une dernière question pour clôturer cette interview, quelle est ton intention derrière chacune de tes créations ? 

Tereza : Tu sais, pour moi lorsque je crée une nouvelle pièce et lorsque je l’a donne au client, la meilleure partie de tout ce processus c’est le bonheur de mes clients et voir que je leur ai pas seulement créé un objet ou une bague en argent, ou en or mais quelque chose avec lequel ils se sentent vraiment bien. Vous savez quelque chose qui donne confiance. De temps en temps, mes clients portant mes créations, les compares à un talisman. Donc c’est très important pour moi. Qu’ils puissent sentir la force et l’énergie que j’ai pu mettre dans ma création.  

Camille : C’est comme donner du bonheur et de véritables valeurs … 

Tereza : Oui, parce que je considère mettre beaucoup d’émotion. Et je suis très heureuse lorsque les gens me disent qu’ils sentent ces émotions à travers la création. Sans que je le leur demande d’ailleurs. Vous savez c’est comme la meilleure satisfaction !

Camille : Oui c’est dit de façon naturelle… Magnifique !