Rencontre avec Maëlle Chassard (co fondatrice Lunii)

Rencontre avec Maëlle Chassard (co fondatrice Lunii)
Un livre qui a changé ta vie 
Joseph Campbell, Le Héros aux milles et un visages
 
M: Fastidieux mais très dense et riche! Il donne une ouverture d’esprit gigantesque. Le parcours du héros fait partie du parcours d’entrepreneur. Après attention: dans le mythe du héros, le personnage principal est solitaire. L’entrepreneur ne peut pas être solitaire!
Un film 
Fight Club
 
M: Je trouve que Fight Club est un film qui permet de casser les codes et d’être surpris et plongé dans un univers rempli d’inconforts. On en ressort en se posant mille questions. À la fois au début avec la routine dans laquelle se trouve le héros. Puis à quel point ça peut être violent d’être trop dans son monde et qu’il faut aussi s’ouvrir l’esprit! Créer un personnage parce qu’il était trop dans son monde, je trouve ça dingue et ça m’a permis de réfléchir à énormément de choses. Ça m’a beaucoup parlé, ce film m’a beaucoup parlé…

Ta définition du succès

M: Ça serait à chacun de trouver son équilibre. Le succès il est là pour tous le monde et ce n’est pas forcément vendre un million de produits et être sur toutes les couvertures de magazine! Le succès c’est plus trouver son équilibre: « Comment je peux être heureuse? Comment je peux me challenger au quotidien? Est-ce que être heureux dans la vie, pour moi, c’est être mère au foyer, est-ce que c’est avoir un carrière…? »  
Pour moi le succès c’est trouver son équilibre et trouver ce que l’on veut!
C: Tu l’as trouvé ton équilibre?
M: “Mon équilibre c’est de ne jamais trouver mon équilibre!”
C: Cette approche du succès a t-elle changé depuis ces quatre dernières années ou c’est toujours la même?
M: Disons que Je n’avais pas matérialisé ou mis des mots concrets dessus. J’ai toujours pensé que c’était une question d’équilibre!

Le Billboard : ton message au monde, ça serait quoi?

M: Ça serait de dire aux gens de sortir de leur zone de confort. C’est la meilleure manière de grandir et d’apprendre. 
« I’m still learning. »
Je continue à apprendre.
Faire prendre conscience aux gens que même adultes, ils peuvent continuer à apprendre. Ça permet de grandir et de ne jamais se retrouver cloisoné dans « une » pensée.
C: C’est quoi les qualités premières d’un entrepreneur?
M: Tout le monde peut arriver à faire des choses. Pour moi un bon entrepreneur c’est un entrepreneur passionné. C’est un parcours qui est fait de beaucoup d’embuches et la passion te permet de te surpasser, de partager avec les autres ce que tu as envie de partager et dans les moments difficiles de continuer à garder ça en tête. Je n’ai jamais douté… Ça ne fait pas partie de l’équation. Quoi qu’il arrive je vais y arriver! Je ne sais pas où je serai plus tard mais je sais que j’arriverai à atteindre mes objectifs, parce que… parce que c’est comme ça. Ça ne peut pas être autrement!
Forcément je vais allé voir d’autres horizons, en cohérence avec mon parcours. Je pense que ce parcours Lunii va durer longtemps mais que son évolution va être étonnante. On va se retrouver à des endroits où on ne s’y attend pas et en fait ce qui est hyper intéressant c’est qu’on est confronté à des problématiques qui concernent énormément de monde. Je pense à ce côté d’industrialisation. On a été déçu de ne pas pouvoir produire en France. Pourtant j’ai envie de faire quelque chose pour mon pays. Donc avoir un impact plus grands
Ce parcours à Lunii m’a permis d’avoir cette vision là, que mes associés partagent d’ailleurs. Du coup je ne sais pas quel va être mon parcours, je sais juste que ça ne va pas tourner en rond et que ça va évoluer. 
C: Quel impact souhaites-tu avoir à long terme?
M: Si je peux motiver des gens à devenir entrepreneur ou à créer des projets, à se lancer, à ouvrir leur esprit au monde et comprendre qu’il y a plein de choses qui se passent autour d’eux. On est dans une situation aussi globale. Il faut penser systémique, au « tout » et pas juste à sa situation. On fait partie d’un tout… soit inspirer, soit faire prendre conscience. Je serai très heureuse d’en arriver là. J’aimerai aider des entrepreneurs qui cherchent à se lancer.

C: … & par rapport à Lunii?

M: J’aimerai bien que Lunii soit un produit qui soit intemporel c’est-à-dire qui dure (vraiment) dans le temps. Ça peut être un produit qui dure, qui évolue (avec l’enfant) et qui lui apprenne plein de choses. Dans le monde pédagogique aussi. On prône un apprentissage où l’enfant est actif et pas passif, où il se pose des questions et pas juste exécute!
Notre Relation au Digital
M: Grâce à mon parcours à Strate, j’ai un nouveau regard sur le digital. J’étais très enfermée sur le côté écran et interphases. À la fois je voyais beaucoup de choses émerger, ultra intéressantes mais j’avais ce côté « écran » qui me butait un petit peu… Puis j’ai découvert que les interphases tangibles. Ça m’intéressait plus… On peut faire autre chose, plein d’autres choses grâce au numérique!
Du coup je prône plus ce genre d’utilisation. Aujourd’hui c’est plus comment bien réfléchir, si on peut apporter quelque chose en plus sur un objet totalement physique… Quelle est la meilleure réponse pour l’utilisateur?
C: Tu as une certaine routine vis-à-vis du Digital?
M: Honnêtement, je ne fais pas de travail particulier pour me couper des écrans ou des réseaux sociaux. Je suis totalement victime de ma génération. Effectivement je passe énormément de temps devant les écrans. Pas que pour le travail mais aussi pour me détendre. Après j’ai réussi à trouver des moments où je m’évade. J’ai une platine chez moi et la musique est quelque chose de très important pour moi. C’est le moment où je suis très créative. Les moments où je réussie à m’évader, je me mets soit à rêver, soit à penser à plein de choses et ça permet de me couper de cette routine « écran/travail », pour m’évader. Ça a été ma réponse à moi pour déconnecter.
Je pense que c’est d’autant plus important quant on est enfant. Encore une fois, c’est à faire mais pas dans l’extrême. On parle encore d’ « équilibre ». C’est aussi aux parents d’éduquer leurs enfants et leur apprendre qu’il y a un temps pour chaque chose. L’ennui est hyper important quant on est enfant parce que ça permet d’être créatif… Imaginer que leur lit est un bateau par exemple! 
Pas se couper des écrans juste pour « se couper des écrans », il faut aussi l’expliquer. En tant qu’adulte à chacun de se poser les bonnes questions. Est-ce que c’est bon pour moi de passer autant de temps sur les écrans? 
Aujourd’hui je ne me pose pas la question parce que ça fait partie de mon quotidien et ça fonctionne très bien comme ça. Peut être qu’au bout d’un moment j’aurai plus envie de me déconnecter pour une certaine raison. Encore une fois à chacun de trouver sa bonne réponse!
C: Quel est le plus gros préjugé sur l’entrepreneuriat? 
M: Je ne sais pas si j’ai un préjugé à casser mais il y a une image très cool qui est donnée à l’univers des start ups. Tout le côté Silicon Valley, un côté un peu « too much » (trop) qui a un certain aspect « vrai » mais ça ne sert à rien d’en « faire des caisses »…
Oui c’est un univers super intéressant parce que ce sont des montagnes russes. C’est un univers où on est confronté à rencontrer des gens différents tout le temps. Ça fait partie de notre quotidien.
L’enrobage autour de l’univers start up me dérange. Ça serait bien d’en parler de manière encrée dans la réalité. Chaque parcours dans ce milieu partage des points communs, mais chacun se différencie à sa manière. 
C: Si tu pouvais créer Ton Propre Titre (pour tes cartes de visites, à la place de « co fondatrice »)… 
M: « Apprentie de la Vie »
Sincèrement. Parce que je ne sais pas si je serai entrepreneure toute ma vie. J’ai envie de continuer à apprendre et ça me fait grandir donc « apprentie de la vie » je trouve ça plutôt pas mal !
Chacun a sa propre manière de voir l’entrepreneuriat. Pour moi c’est d’apprendre parce que ça permet aussi de ne jamais savoir qui on est. C’est à la fois confortable et inconfortable.
C: Quelle expérience marquante t’a beaucoup appris ces dernières années?
M: À part mon parcours global, je n’ai pas d’expemple précis. Chaque expérience vaut le coup d’être racontée. Je pense que la chose la plus marquante pour moi ça a été de me lancer, de me dire « ça y est on se lance dans l’aventure ». Et un moment marquant aussi ça a été de réaliser (son avancée), c’est aussi important de se poser et de réaliser le parcours qu’on a accompli… Avec mes associés on a trop tendance à se dire « c’est quoi la next step », plutôt que de se poser (et regarder tous nos mini succès).
Il y a trois mois, je me baladais dans la rue et j’ai eu une prise de conscience soudaine, je me suis dis « tu as crée un produit qui est dans les magasins, dans les rayons, 20 000 pièces… ». Ok voilà. c’est cool. C’est ça un des moments les plus marquants!

L’ampleur des choses

M: Il y a quelque chose que je devrai plus faire aujourd’hui. Au début du lancement, pour chaque événement, j’étais comme un enfant. J’apprenais une nouvelle, j’étais réjouie, l’énorme smile :)… Aujourd’hui les moments comme ça arrivent moins et je devrai (en faire autant)… comme il y a quelques jours!

Des modèles et sources d’inspirations

M: Je m’identifie à énormément de Youtubers. Je suis pro univers des créateurs de vidéos, indépendants. Ma recette, c’est de chercher à droite à gauche quelque chose qui me plaît chez une personne ou une autre. C’est hyper important d’aller chercher ce qui nous parle. Du coup c’est comme ça que j’apprends sur d’autres choses (la politique, l’histoire, le monde culturel, etc).
Des exemples…
M: Raphael Descraques et Vincent Tirel par exemple… Ça me permet de me sortir du « réel«  et voir des choses absurdes ça aide vraiment à se déconnecter… Ça me permet aussi de faire raisonner des choses. Une barrière très fine entre le perso et le pro. Ce que j’aime, ce que je suis aujourd’hui s’inspire aussi de choses qui n’ont pas de lien avec ce que je fais. C’est essentiel. Et ce n’est pas forcément à lire des livres classiques du genre “les 10 choses à ne pas faire en tant qu’entrepreneur” ou autre chose du genre. C’est bien mais c’est bien aussi d’aller voir ce qui n’est pas directement lié à l’univers de l’entrepreneur!
Le moment d’évasion, c’est ce qui va permette un certain déclic. Suivre ses intuitions c’est pas mal. et aller voir des trucs qui peuvent déclencher des intuitions ça permet de prendre du recul …
C: Quelle est ta définition d’une journée productive?
M: Je n’ai pas de réponse à cela. Chaque jour est différent. Je n’ai pas encore trouvé mon équilibre d’arriver à organiser mon temps avec toutes les tâches qu’on a à faire aujourd’hui. Je n’ai pas encore trouvé d’équilibre sur cette partie là et du coup je n’ai pas de réponse à apporter.

C: Un message pour les lecteurs & auditeurs Solybox ?

M: Parlez de votre projet à plein de monde, à des gens avec qui vous vous sentez à l’aise et des gens avec qui vous avez des challenges. N’écoutez pas forcément tout le monde, écoutez vous et rencontrez de nouvelles personnes. Foncez !
Retrouvez la première partie de cet épisode #3, ici.
 
Merci encore à Maëlle de m’avoir consacré de son précieux temps. J’espère que vous aurez trouvé des réponses à vos questions ainsi que de l’inspiration pour votre projet ou tout simplement un bon moment d’évasion! À très prochainement sur le Podcast et le Blog.
With love,
C.

L’influence du Digital sur notre Créativité

L’influence du Digital sur notre Créativité
Première partie de l’épisode #3 :
 
Dans ce troisième épisode, nous partons à la rencontre de Lunii, une start up (magique) co fondée par Maëlle Chassard. Elle nous emmène dans son monde et partage son expérience en tant que créatrice + designer + entrepreneure !
M: Lunii c’est une fabrique à histoires pour les enfants (dès trois ans). L’enfant sélectionne quatre éléments pour construire sa propre histoire. Le but étant de l’éloigner des écrans et de l’aider à développer son imaginaire.
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Le Profil de Maëlle
M: J’ai fait des études de Designs, complétées par une formation à l’entrepreneuriat (à l’ESCP Europe). L’idée est née pendant mes études de Design, c’est pour cette raison que j’ai fait la formation Business (par la suite). Lunii est à la base: mon projet de diplôme… 
Maëlle est partie d’un constat…
M: L’imaginaire des enfants est bridée par les représentations numériques. L’idée était de proposer un objet ludique qui revienne à du récit audio pour nous permettre de nous évader.
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Les co-fondateurs
Des amis de longue date (10 ans). On a pas du tout les mêmes parcours: Éric (ingénieur), Igor (communication, marketing, business school) et Thomas (école de multimédias) = Une équipe 100% complémentaire. Ces quatre profils ont permis de commercialiser le produit sans faire appel à d’autres corps de métiers.
Concrètement: ça faisait déjà quelques mois qu’on se réunissait une fois par semaine. Il y a eu un tel accueil de l’idée (Lunii) qu’on a décidé de se lancer. Mais avant que Lunii ne naisse, on savait déjà qu’on allait monter un projet ensemble. Concrètement on a commencé à travailler sur Lunii en octobre 2013. En juin 2014, on avait les dix premiers prototypes fonctionnels. Après Futur en Seine, on a eu le Grand Prix du Public et on a pu partir en phase industrielle !
Aucun d’entre nous ne savait comment ça se passait pour passer du prototype au produit industriel. On avait pour objectif un volume de 20 000 pièces (pour la première année). 
La fabrication du produit
Aujourd’hui nous avons d’excellents contacts avec nos partenaires (en Chine), mais pas depuis le début. Ce qui a été très compliqué, c’est la différence qu’on a pu trouver dans notre manière de travailler (entre la Chine et la France). Ça nous a pris un an et demi pour arriver au produit qu’on voulait et aujourd’hui on a de très bonnes relations avec nos usines. Ça a été très fastidieux
Une relation qui s’est construite dans le temps avec un certain coût… mais ça vaut le coup d’y aller étant donné la satisfaction trouvée aujourd’hui! 
Prochainement…
On pourra rajouter des histoires, en plus des 48 histoires préalablement disponibles. L’importance pour nous c’est la qualité de contenu et d’écoute, afin qu’elle soit optimale!
La créativité chez les enfants 
De 3 à 8 ans. En dessous de 3 ans les enfants n’ont pas encore la concentration totale pour écouter un récit audio. Après 8 ans, ils sont à la recherche de plus d’interactivité qu’un récit audio. Sur notre contenu on essaye de proposer un pack interactif (d’ici le mois de juin juillet), où l’enfant va faire des choix pendant qu’il écoute son histoire. Sur la tranche basse, on va sortir des histoires simples avec des comptines par exemple… 
Le Digital
Passionnée d’imaginaire, j’ai effectué un travail de recherche passionnant. Souhaitant répondre aux questions suivantes: Quelle est la place de la créativité aujourd’hui? & Comment est-elle exploitée? 
Un exemple de mise en situation : on a demandé à des enfants (lors d’un atelier) de dessiner un ogre. Ils ont tous dessiné Shrek ou Hulk. Du coup, c’est bien la preuve qu’aujourd’hui l’univers des enfants est bridé! Il y a beaucoup d’influence personnelle parce que les récits audio ont fait partie de mon enfance. 🙂 La question était de se demander: Qu’est-ce que je peux apporter pour revenir à ce récit audio? L’idée, c’était de lui proposer son propre produit!
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 Le Design du Produit 
Une petite radio, inspirée du vieux transistor, revisitée avec du plastique et des couleurs punchs! Et surtout, c’est la propriété de l’enfant. Il peut l’utiliser comme il le veut, quand il veut, comme nous, on utilisait les cassettes quant on était petit! Ça marche hyper bien en transport, pour les longs trajets en train ou en voiture. Écouter ses histoires avec ses écouteurs…
Ce qui peut être complémentaire mais c’est tout le temps dans l’excès que c’est mauvais. L’enfant peut développer son imaginaire.
Un constat suite à ses recherches 
La créativité est réduite à cause des écrans. Des choses tangibles simples et pas multi fonctionnelles. Quant un produit propose trop de choses, c’est mauvais pour la concentration de l’enfant. L’importance est de se concentrer sur une tâche en particulier.
Faire aussi écrire les histoires aux enfants. Aider les enfants à construire leur propre histoire. Ils ont choisi leur personnage et ont écrit ces blocs à histoires. Une application permettait de structurer les éléments des récits et de mélanger les différents récits des enfants. Un travail amusant à faire avec eux!
Dans le Packaging Lunii, on trouve aussi un carnet à dessins. C’est à l’enfant de dessiner ce qu’il écoute, comme ça c’est à lui d’imaginer ce qu’il entant. Ce qui lui permet d’être actif pendant l’écoute de l’histoire. On est en train d’imaginer aussi d’autres produits: un casque, une sacoche et une gamme d’usage avec par exemple, des stickers repositionnables pour s’approprier le produit (en le customisant).
Ta carrière
Le design c’est un métier génial parce qu’on ne s’ennuie jamais et on ne reproduit jamais la même chose. J’ai su que je voulais devenir entrepreneur dès ma première année en école de Design. Je voulais absolument concrétiser mon projet. Je n’imaginais pas du tout ce qui m’attendait concernant mon parcours d’entrepreneur… J’ai eu la confirmation de ce que je voulais faire lors de mon stage en troisième année, chez le partenaire design de Microsoft. Une start up qui travaille en partenariat avec la grande marque, une petite structure avec différents projets. Le meilleur stage au monde! Une aventure incroyable qui m’a conforté avec l’idée de vouloir monter ma propre boîte. 
Par contre, ce que je n’imaginais pas encore c’est qu’aujourd’hui mon métier de designer, je le retrouve dans ma manière de penser avec le design thinking mais concrètement je ne fais plus de design en soi. Le côté créa n’existe plus vraiment aujourd’hui. Malgré tout, je ne m’ennuie jamais et aujourd’hui je me retrouve à réfléchir sur la stratégie d’une boîte qui reste aussi créative. C’est un très beau parcours et j’ai hâte de voir ce qui m’attend par la suite…
Un métier multi casquette
C: Être curieuse. C’est ta forme de design !
M: C’est exactement ça! Avec toute mes expériences, et ce que j’ai pu apprendre au fur et à mesure. Aujourd’hui, j’ai réussi à trouver un équilibre qui continue à évoluer parce que je continue à apprendre au quotidien. Chaque situation m’apprend une nouvelle chose et c’est génial! Je me suis toujours dis, au courant de mes études, que si je pouvais être étudiante toute ma vie je le ferai. En fait je continue puisque je continue à apprendre. Je ne m’ennuie pas une seconde et c’est vraiment ce que je voulais…
On sort souvent de sa zone de confort. On est souvent confronté à réagir dans l’instant à trouver des solutions tout de suite.  C’est aussi hyper challengeant!
Le travail d’équipe
C: Qu’est-ce que ça t’a apporté?
M: C’est la base et à la fois la chose la plus difficile! Ça permet de ne pas être seul dans son travail. L’entrepreneur se renferme. Il est important de parler et d’aller voir des gens tout le temps. On a aussi une force créative à rebondir sur les idées des uns et des autres … Après, on travaille ensemble 24/24. Au début de l’aventure on vivait pratiquement ensemble! Les uns sur les autres, du coup il y a des conflits et il faut être assez mature et intelligent pour résoudre ces conflits parce que ce sont nos associés. En plus de ça, nous sommes amis de base et on entend beaucoup trop de start ups qui s’éfondrent à cause de l’équipe. Faire face aux conflits et que le conflit soit source de progrès… Se poser les bonnes question: qu’est-ce qu’on fera différemment la prochaine fois ?
Mantra ou Philosophie de vie en tant que créatrice et entrepreneure
Je prône beaucoup la *naïveté*. Je trouve qu’être naïf, ça permet de voir des choses que des experts ne voient pas. Je m’inspire beaucoup, j’essaye de regarder autour de moi des gens qui peuvent m’apporter quelque chose et me porter vers les haut. Ces gens là m’inspirent au quotidien pour faire mieux comme Alexandre Astier qui pour moi m’inspire tous les jours et me donne la force de croire en ce que je fais. Comment confronter ses idées au monde qui nous entoure?
L’utilisation de ces modèles
Dans les événements on a rencontré de nombreux entrepreneurs. En discutant avec les différents profils, il y en a qui me faisaient tilter. En observant un petit peu, on se fait sa propre petite recette, puis on devient l’entrepreneur qu’on veut devenir aussi grâce aux échanges avec les autres.
Il faut savoir prendre du recul par rapport à son travail. Il faut s’appuyer sur ses proches qui ne comprennent pas forcément toujours ce qu’on vit. Partager ses doutes et ses craintes avec des personnes qui comprennent et puis il y a ceux qui te disent: “c’est trop compliqué” ou “ne le fais pas”, mais plus de manière à t’apprendre la vie plutôt que te donner des conseils… 
Il y a toujours des personnes qui vont le faire de manière plus négative. Moi ces gens ils me donnent encore plus envie de leur montrer que je vais y arriver! Toujours quelque chose de nouveau à la clé donc foncez les gars! Foncez ça donnera toujours quelque chose de bien. 🙂
S’écouter
L’intuition est très importante dans l’entrepreneuriat. Quand quelque chose que vous voyez dans votre vie vous inspire, vous marquez un temps pour comprendre que vous avez été interloqué et que c’est important. L’intuition c’est ultra intéressant et du coup si vous avez une intuition plutôt négative sur quelque chose, écoutez-vous!
C: Mais comment distinguer la bonne intuition de la mauvaise?
M: Tu le sens quand c’est une sensation de crainte ou au contraire, une sensation de “oui je vais y aller!”. C’est tellement impulsif et animal. Mais attention je me suis trompée aussi, mais in fini ça m’a appris des choses. Du coup c’est pour ça que je dis « foncez », car quoi qu’il arrive ça va vous apprendre quelque chose. Écouter son intuition c’est bien, mais j’ai aussi énormément de chance d’avoir mes associés qui peuvent m’apporter du concret et des choses tangibles.
Aujourd’hui je suis beaucoup moins crédule dans ma façon de fonctionner. Je suis toujours ce côté très intuitif et impulsif mais je pense aussi “moyen terme”, parce que j’ai l’expérience. Après il y a toujours une part d’aléatoire!
C: Quel est le pire conseil que tu as pu recevoir?
M: « Faites une application »… C’est plus simple !
En découvrir plus sur Maëlle et Lunii, rendez-vous dans la deuxième partie de cet épisode, ici.
Quelques Notes :
D’où la volonté aussi de réaliser ce podcast. Je crois en ces fichiers audio qui nous permettent de nous évader n’importe où et n’importe quand. Les podcasts ne nécessitent pas d’écran et c’est toujours un plaisir de pouvoir prendre les transports, faire ses tâches ménagères, faire de l’exercice (son sport, à la gym par exemple) ou tout simplement, se balader avec une source d’inspiration aux oreilles. Je trouve que c’est un véritable plaisir sur lequel on devrait davantage porter notre attention. En effet, que ce soit les vidéo youtube ou autres, les écrans ne nous permettent pas de nous évader de la même façon. Le podcast c’est en quelque sorte une rencontre entre l’ancien monde déconnecté et le monde moderne du digital! 
– Notes écrites et partagées par Camille. 

Début difficile, dans le brouillard

Début difficile, dans le brouillard

Tags: #PodcastSolybox#Épisode#2#faceB

Titre: Deuxième partie de l’Épisode #2 du Podcast

Invité: avec Valentin Fluteau, fondateur de MakeULearn (création en juillet 2014)

C: As-tu rencontré des challenges? Qu’est-ce qu’ils t’ont apporté?

V: Des débuts difficiles, car j’ai eu du mal à trouver mon positionnement. Il me fallait aligner ce que j’avais envie de faire avec les envies du marché.

« La difficulté c’est ou de présenter trop ce qu’on a envie de faire, auquel cas on ne rencontre les envies de personne… ou d’essayer de se décentrer et d’aller artificiellement vers les envies du marché, ce qui ne marche pas non plus ! »

Parce qu’on est dans le dit et c’est pour cette raison que ça ne fonctionne pasC’est vraiment du fine-tuning (réglage minutieux) à faire. C’est pour le coup, beaucoup d’erreurs et de prospection pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Voir ce qui fonctionne et rencontrer des gens qui vont nous aider dans ce processus. Exemple: un premier deal (affaire) chez Michelin, grâce à un ancien professeur, consultant chez eux.

Ça fait rencontrer une autre réalité. C’est en cela que j’ai vu que les MOOC étaient une niche. Il a fallut trouver autre chose. J’ai su avancer au fur et à mesure. Donc les six premiers mois concrètement c’est très dur.

C: C’est le brouillard… ?

V: Je sortais d’école et au début tous tes potes sont chômeurs puis ils trouvent tous un boulot plutôt bien payé. Toi, tu as emprunté de l’argent pour vivre, tu factures des missions payées à peine, ce n’est pas simple. On se pose beaucoup de questions. Alors oui, c’est un peu le brouillard puis il faut garder la niaque pour avoir envie de se lever le matin. D’autant plus que je n’avais pas d’associé donc c’était compliqué de se reposer ou d’échanger avec quelqu’un pour partager sur le même projet. Ça c’était une première difficulté.

Deuxième difficulté avec un collègue: le recrutement. Avec la monté en pression, nos relations de travail ne fonctionnaient plus. Après plusieurs “clashs”, il a fallu prendre une décision, celle de séparer nos routes provisoirement. C’était quelqu’un avec qui je travaillais régulièrement et avec qui je travaille moins aujourd’hui. Depuis qu’on a pris la décision de moins travailler ensemble, ça a été très bien vécu.

C: Tu vois ça comme un échec?

V: Un échec non car c’est une relation qui m’a permis de progresser et puis de faire ce que je fais aujourd’hui. Mais par contre, c’est une difficulté à traverser et c’est beaucoup moins simple à traverser qu’un trou de trésorerie par exemple! Un trou de trésorerie ne m’empêche pas de dormir, parce que ça se gère. Un problème humain par contre, ça m’empêche de dormir.

C: Qu’est-ce qui t’a permis de persévérer et de continuer durant cette période difficile?

V: Les petits deals que j’obtenais auprès d’un réseaux de proches (Edhec et boîtes crées par des gens que je connaissais)… Les retours après mon travail avec eux étaient positifs, donc je me disais qu’il y avait quand même une voie à travailler… Puis sur le plan familial et personnel. Depuis le début de mes études, j’ai la même conjointe, qui a toujours cru en moi et toujours cru et entendu que je monterai ma boîte. Donc elle m’a soutenu et accepté avec une oreille bienveillante. Mes parents et mon frère aussi. Ce sont des choses sur lesquelles on peut se reposer.

C: Ça t’a pris combien de temps jusqu’à ce que tout se mette bien en place ?

V: La sortie du brouillard c’était 6 mois après. Et la montée en charge progressive qui m’a permis de me dégager un salaire ça a pris un an… Le fait de trouver un positionnement ça a été long, ça a pris 2 ans et demi. Ça fait un an que j’ai vraiment le même positionnement.

C: Dès ta rentrée en école de commerce, tu savais que tu voulais fonder ta propre boîte?

V: Mon ambition c’était de faire de l’audiovisuel et de monter ma boîte de télévision. Effectivement j’avais toujours cette idée de faire de la télé. J’ai toujours eu l’idée de créer une structure, c’est quelque chose qui me plaisait. Même dans les boîtes dans lesquelles j’ai pu travailler, j’ai toujours eu un comportement un peu “francs-tireurs”.

J’ai été formé à ça, mon père étant entrepreneur (dans le paramédical). C’est vrai qu’il y a un état d’esprit que j’ai eu assez jeune. J’ai eu envie d’en faire quelque chose.

C’est probablement ce qui, dans le fond, m’ait toujours apparu comme une évidence…

C: Quelle est ta définition et ton approche du succès?

V: Une approche qui n’a pas changé: Liberté, Autonomie et Cohérence. Effectivement on est contraint par plein de choses mais dans le fond on est libre. Aujourd’hui, je ne vendrai ma place pour rien au monde. L’autonomie c’est important. Puis il y a un côté financier évident, je n’ai envie de dépendre de personne. Et puis le troisième point c’est la cohérence, avec l’envie d’être moi même et de faire des choses qui me plaisent et qui permettent de m’accomplir. Pour moi le succès c’est l’accomplissement!

C: Est-ce que tu avais des doutes?

V: Je me fais beaucoup plus confiance qu’avant. Avant, si j’avais un sentiment négatif, j’avais tendance à le relativiser, aujourd’hui je l’écoute. Par contre, mes doutes je les écoute mieux qu’avant. Quand je parle de confiance en moi, ce n’est pas une confiance d’aveugle. Loin de là. J’ai des proches qui m’alertent et que j’écoute avec une appréhension un peu masquée mais qui est là. Ce n’est pas des certitudes. Je n’ai pas plus de certitude qu’avant, par contre je suis beaucoup plus à l’écoute de moi même et je me fais beaucoup plus confiance.

Je fais encore moins confiance au modèle de développement qu’on nous présente. Aujourd’hui j’ai moins confiance en ces modèles et je les prends plus comme des informations. Une approche plutôt tech, plutôt start up. Quand je parle de “design thinking”, ce n’est pas une approche traditionnelle et modélisée. J’essaye de m’inspirer des deux et de trouver des choses avec lesquelles j’accroche.

J’ai pris conscience que je donnais un double discours à mes collaborateurs. J’essaye de me nourrir de plein de choses tout en restant fidèle à moi même. Le management, c’est la prise des enjeux courts termes, efficacité opérationnelle, de l’agité stratégique, prendre en compte les enjeux environnementaux, que la value perçue ne diminue pas et puis des enjeux long terme qui concernent le développement du capital humain. Il faut être assez logique pour développer ces trois enjeux.

Faire en sorte que les trois enjeux soient nourri. Ca peut passer par des formations, par une organisation de réunions de travail, d’un lieu de vie dans l’espace de travail… c’est ce genre de reflexion qui a lieu.

Il y a… Valentin Fluteau, chef d’entreprise, responsable du développement de l’entreprise qui est solide et qui essaye d’être le plus cohérent possible

Il y a aussi…Valentin, chef d’entreprise, à la tête d’un collectif humain, qui ne peut pas faire autre chose que de se remettre en question tout le temps parce que y a un moment c’est de l’Humain, et on est obligé de le prendre en compte.

Donc il y a cette double casquette qu’il faut avoir en permanence. Mes collaborateurs et clients ont besoin de voir quelqu’un qui évolue et qui n’est pas figé. Donc c’est ni l’un, ni l’autre et c’est les deux à la fois.

C: Une philosophie de vie à partager?

V: J’ai identifié des valeurs que je cite souvent: l’exigence, la curiosité et l’empathie. Puis, une quatrième importante c’est l’humilité. Elles définissent notre système managériale, approche et positionnement.

Ce sont des choses, pour le coup, que je transige peu. Il y a un moment où j’ai toujours eu du mal avec ce côté. C’est une vraie question. Je ne peux travailler qu’avec un certain nombre de personnes. Il y a des gens avec qui je ne peux pas travailler. Le système managériale de MakeULearn est certainement lié… Ça va dans les deux sens en fait.

C: Un modèle qui t’a inspiré depuis le début de ce rêve: devenir entrepreneur ?

V: Il y a des gens qui m’inspirent comme Steve Jobs. Une histoire incroyable qui est parti sur un besoin non nécessaire. Il a réussi à créer la boîte la plus chère de l’histoire du capitalisme. C’est fou au minimum interrogeant

Dans l’industrie de contenu, des gens m’impressionnent beaucoup. Je parlais tout à l’heure de André Rousselet, le fondateur de Canal Plus.

Il a créé Canal à 65 ans, une boîte importante, qui a fait confiance à plein de gens. Il a réussi à créer une image de marque, une relation avec ses clients, quelque chose d’incroyable, à la fois une liberté tout en donnant le cap, c’est un modèle de leader très puissant pour moi J’ai lu ses mémoires, ils sont incroyables.

C’est la synthèse parfaite d’un entrepreneur à la française: un type cultivé, intelligent et qui sait développer les choses à l’américaine, au sens où il est efficace, stratégique et aligné. Aligné entre sa stratégie, son action (management) et ses actions au quotidien. Cet entrepreneuriat à l’américaine est d’une efficacité redoutable !

C: Quel est le pire conseil que tu aie reçu ?

V: Associe toi à tout pris ! Si on a pas envie de s’associer, c’est qu’on est pas fait pour. Il n’y a pas à le chercher à tout pris. Il faut faire très attention à l’association. Il faut prévoir des closes de séparation dès le début si on monte sa boîte par association. On est deux être humains avec 200 millions de neurones dans chaque cerveau et on évolue pas de la même manière. Il paraît que c’est formidable quant ça fonctionne, par contre c’est pas du tout une obligation.

Retrouvez ou découvrez la première partie de cet épisode, ici.

Le monde du eLearning w/ Valentin Fluteau

Le monde du eLearning w/ Valentin Fluteau

Tags: #PodcastSolybox#Épisode#2#faceA

Titre: Première partie de l’Épisode #2 du Podcast

Invité: avec Valentin Fluteau, fondateur de MakeULearn (création en juillet 2014)

À l’occasion de mes études à l’Edhec (en MSc « Arts and NGO Management »), j’ai eu la chance de rencontrer des personnalités de différents horizons! Valentin en faisait partie. Il effectuait un Master en Entrepreneurship – à cette période de ma vie, je n’avais aucune idée de mon ambition pour l’entrepreneuriat. Nous partagions des points communs: une amie (sa petite amie) Ségolène – que je salue au passage :), ainsi qu’un intérêt pour l’audiovisuel et le e-learning! Des domaines qui me passionnent…

Dans cette interview, nous parlons de ses débuts (avec la création de sa start-up MakeULearn) ainsi que ses valeurs en tant que personne mais aussi en tant qu’entrepreneur.

V: Avant, j’étais étudiant à l’Edhec. J’ai terminé mes études en mai 2013, avec un parcours orienté vers l’audiovisuel. J’ai passé plusieurs expériences dans le monde de la télévision, jusqu’à me rendre compte que je devais m’en éloigner le plus vite possible si je tenais à ma santé mentale. C’est un milieu qui ne me correspondait pas du tout. Néanmoins, la production de contenu m’intéressait beaucoup. Je ne suis pas mauvais pour créer du contenu. Maintenant, il faut que je monte un business…

La question qu’il s’est posé: comment monter un business basé sur du contenu, qui soit intéressant pour mes clients?

À la fin de mes études, je me suis rendu à la Silicon Valley. C’était en plein dans la période des MOOC (programme e-learning en ligne). Comme quoi, ça fonctionne vraiment par vague! En rentrant en France, je me suis inscrit à deux MOOC et comme beaucoup de gens, je ne les ai pas terminé. Seulement deux à quinze pour cent des participants vont jusqu’au bout. Pour une raison simple, c’est que je m’ennuyais terriblement. Je me suis dit: “tiens, il y a un vrai truc à travailler. L’éducation en ligne, la révolution va passer par les MOOC”. On peut y mettre toutes les caractéristiques qu’on souhaite. Des possibilités infinies mais si le contenu n’est pas bon, ça ne sert à rien… Il faut être capable de scénariser un cours ou une formation qui d’habitude se fait en présentiel (amphi ou salle de cours). Ce, en l’adaptant aux codes et aux usages du web… L’attention moyenne sur Youtube étant de 1 min 40, il faut essayer de créer différemment. Ainsi, je réalise des formations en ligne qui soient les plus percutantes, tout en participant à la transformation de mes clients.

C: Ton business est né de ta propre expérience?

V: Les MOOC à proprement parlé je n’en ai jamais construit. Pour moi, ce n’est pas un format qui convient. Ça reste trop lourd, trop engageant et trop classique dans son contenu. Je ne fais que du contenu spécifique, principalement pour des entreprises.
Une étude du Harvard Business Review, datant d’octobre 2016, est assez catégorique sur le sujet: après avoir étudié les différences de comportement auprès de cadres américains, avant et après formation, il n’y a pas de difference. Le lien entre ce qu’ils vivent au jour le jour et le contenu qu’on a partagé et apporté n’a pas lieu.
Ils reviennent dans leur train-train quotidien et finalement les pratiques et théories partagées, ne seront pas utilisées dans leur travail. En s’appuyant sur cette étude, on est pas sûr que ça contribue à la croissance et à la productivité du pays et c’est à ce titre là que l’on apporte uniquement du contenu spécifique! On a toujours un cahier des charges à trois ligne, sur les enjeux, puis un audit sur la cible. On travaille beaucoup avec la grande distribution. La question souvent posée c’est: comment faire pour les former proprement?
On est capable de prototyper, de tester et de réitérer le processus. Grossièrement, on produit un prototype par semaine, qu’on va tester auprès du comité et de la cible. Pour être certain que ça soit parfaitement adapté à ce dont ils ont besoin…

Il y a beaucoup de demandes. Ça fait deux ans et demi que la boîte est crée. Incluant un an d’incubation (Pleine Image et Incubateur Edhec). Ça m’a permis de tester. Ça fait trois ans et demi que je sème des graines pour que ça arrive. Et ça arrive, avec une image de marque qui commence à se faire connaître. En plus on a une bonne réputation et la qualité de nos productions commence à être remarquée!

C: Qu’en est-il du monde de l’enseignement supérieur? Y-t’il un besoin en terme de e-learning?

V: Vis-à-vis du digital aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’établissements qui ont réussi à trouver un enjeu stratégique dans le digital.

Le cas de Canal Plus
Un projet lancé en 1984, qui a coûté assez cher. Au tout début, les fondateurs visaient les zones aisées (centres villes – dont une audience avec un intérêt pour la culture et le cinéma). Les six premiers mois furent un échec. Ils réalisent que les foyers les plus enthousiastes se trouvent dans les campagnes. Pourquoi? Parce que 120 Francs par mois à la place de quatre places de cinéma, sans frais déplacement ou annexes, ça devient vraiment intéressant. Alors ils ont transformé la contrainte en opportunité à partir du moment où ils ont changé de cible. En passant à une cible qui n’est pas eux en fait. Je pense que le problème des MOOC aujourd’hui c’est ça. Quant on regarde le public des MOOC, ce sont des personnes éduquées avec un travail. Une vraie problématique est posée. Ça va plus loin que la simple “transmission du savoir”, ce à quoi se limite les outils digitaux aujourd’hui. Il y a une vrai reflexion à avoir sur les enjeux du digital et notamment à qui on s’adresse et pour quel développement?

D’ici dix ans, il va y avoir un vrai métier. Aujourd’hui, construire un module eLearning c’est très compliqué. Ce que MakeULearn et ses concurrents sont capables d’apporter, ce n’est pas seulement le temps passé, mais il y a aussi un effet miroir. Il y a un impact relationnel à l’origine entre MakeULearn et son client. Ainsi, le contenu sera de bonne qualité! Parce que l’effet miroir qu’on apporte est assez puissant.
Je ne sais pas comment une technologie va arriver à un niveau de granularité, de précision et d’intelligence artificielle suffisamment fin pour arriver à créer du contenu satisfaisant. Mais concrètement, aujourd’hui, je pense que nous avons toutes les technologies dont nous avons besoin pour diffuser du contenu. Maintenant, pour la production et la création de ce dernier, il faut aller chercher les enjeux humains… Je pense qu’il y a un vrai enjeux. Comment arriver, technologiquement, à automatiser la création de contenu de façon hyper satisfaisante? Il y a énormément de choses à travailler. Pour moi c’est un vrai axe de développement de notre marché…

C: Quel impact souhaites-tu avoir dans ton environnement (macro) ?

V: Redonner du sens à la formation professionnelle. Si aujourd’hui je dois le dire, c’est ça ma mission. Redonner du sens. Il y a un moment où il faut qu’on comprenne pourquoi on nous apprend ces choses et dans quel contexte.
Exemple de cas, avec une ex filiale de Auchan: une formation dédiée à l’ensemble des conseillers de vente.

C: Qu’est-ce qui te différencie de tes concurrents?

V: Notre méthodologie. On utilise une capacité à prototyper et à itérer ces phases de prototypes pour non seulement être le plus adapté possible mais aussi pour tester et faire en sorte que ça fonctionne. Une méthode qui nous permet d’aller vite, tout en étant efficace!
Souvent, on fait exprès de se planter pour que les clients nous disent… et posent les bonnes questions. Comme on est à plusieurs semaines, (voir mois) avant la livraison, ils n’ont pas peur de se livrer et de se planter. Ça permet d’être efficace et percutant au moment du déploiement.

Dans une relation il y a 80% de non-dit et 20% de dit. Pour les mots du storyboard et de la structure de formation, on a tous une idée différente. Là comme on réalise, ce n’est pas forcément l’idée du client et ce n’est pas forcément l’idée du formateur. On essaye d’avoir un cahier des charges le plus “light” (légé) possible.

Le concept du design thinking (exemple de la voiture…)

La suite de l’épisode #2 du Podcast ici.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Un artiste favori …

G: Un céramiste auprès duquel j’ai pris des cours en Californie. Il s’appelle Ed Thompson qui est mort d’un cancer, il y a quelque années (après être rentrée en France). C’était un homme parfaitement généreux qui partageait toutes ses techniques. Il n’y a pas de recoins, qu’il gardait pour lui. Il faisait des pièces soit trop grandes, soit trop petites. Il faisait beaucoup de travail sur la matière. Ses pièces étaient triées en 3D. Une approche très géométrique. Il était tellement simple. Quelqu’un d’assez connu, il était formidable! Il avait fait un workshop, sur comment rajouter du volume sur des spirales? Ce n’est pas esthétiquement ce que j’adore, mais cet homme là était admirable!

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C: As-tu des sources d’inspirations, des artistes en particuliers… 

G: C’est difficile à dire. C’est sûr que j’ai des influences. En France, pas particulièrement. Il y en a deux qui me viennent à l’esprit. Une qui est plus que connue, elle s’appelle Lucie Rie. Elle a beaucoup travaillé en Angleterre. Elle était Viennoise. Elle réalisait des bols élégants, et très simples, avec des formes aériennes magnifiques.

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Puis Jennifer Lee qui est moins connue. Elle est écossaise. J’avais vu son travail dans ce fameux livre, Make Up ClayElle ne tourne pas ses pièces. En ce qui me concerne, je suis folle du tour! Elle faisait du colombin. Elle associait des terres différentes pour constituer des gobelets qui ont des courbes « toutes douces ». À la fin, ça donne un résultat asymétriques. Pièce en terre brut, nue. D’une élégance c’est magnifique.

J’aimerai tellement tenir une de ses pièces. Je les ai vu dans des livres mais jamais pu les voir dans la vraie vie! Effectivement j’aimerai tellement pouvoir les tenir dans les mains. Pour moi c’est indissociable…

L’enseignement

G: J’adorais enseigner. C’est un plaisir pour moi. C’était aussi indissociable du métier de chercheur. Quant on cherche, c’est aussi pour partager les connaissances. Et j’avais envie de partager tout ce que j’apprenais.

Je prends des gens en cours en hebdomadaire avec des stages le weekend. Ainsi que des stages pendant les vacances scolaires. C’est tout le temps comme ça…

C: Aujourd’hui on est dans une société qui privilégie particulièrement le travail

D’abord moi. Il faut d’abord que je me fasse plaisirC’est vrai que j’ai cette liberté de dire non. Et ça, pour moi c’est plus précieux que quoi que ce soit d’autre. C’est ça qui m’a permis de décider pour ce boulot. Là je me retrouve complètement libre de ce que je fais.

Et d’ailleurs, je ne pourrais jamais revenir en arrière.

Sur toutes ses facettes, pour moi, c’est un métier qui est du plaisir. C’est que du bonheur. Bien sur qu’il y a des contraintes. Mais tout ça c’est que du plaisir. Je m’organise comme je veux de A à Z. C’est un métier où finalement, il y a peu de responsabilité. Je n’ai pas la vie de quelqu’un entre les mains. Si jamais je suis malade, ou je ne peux pas donner mon cours du lundi matin, ça n’a aucune importance. On est dans le loisir pur. Aucune vie est en jeu.

Pareil pour la production. Si je n’ai que la moitié des bols, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme! Donc, c’est mon envie de répondre (ou pas) aux gens mais ce n’est pas plus grave que ça. Je n’ai pas d’impact négatif en fait. On peut avoir un impact positif en faisant un objet ou en donnant des cours mais je ne vois pas trop l’impact négatif que je peux avoir avec mon boulot…

Ici on fait un objet utile et utilisable. Là, tout d’un coup on s’émerveille. J’ai un élève qui est chef d’entreprise et il s’émerveillait de faire un bol à cacahuètes. Ils y trouvent tous une satisfaction. C’est fou ! Parce que tout d’un coup on fait un objet, utile ! Ça obsède! J’ai un client très gentil, ça l’obsède tellement qu’il veut construire son propre tour chez lui! Par ailleurs, je pense qu’il ne lâchera jamais son boulot mais c’est un truc où tu mets le doigt, c’est un engrenage! Et pour tous le monde. Ça va de la marchande de glace au chef d’entreprise. Tous le monde, tout d’un coup, fait un objet utile!

Les activités manuelles à l’école

Un idée de cours pour la petite enfance !

Des cours de gentillesses en Scandinavie. Il nous faudrait des cours sur comment sont faites les choses, d’où viennent les choses? Comment c’est fait? En plus ça amènerait énormément de connaissances! Et on se rendrait mieux compte de la valeur d’un objet, son recyclage, le processus qu’il faut mettre en place pour le réaliser, et les ressources nécessaires à sa création.

Est-ce que tu as déjà enseigné aux tout petits?

À la poterie, j’avais un enfant de 6 ans. À Chatou il y a de super écoles, dont une avec la pédagogie Steiner-Waldorf, ils sont avec le même professeur pendant 7 ans. Ils apprennent les maths en faisant du tricot, ils construisent des petits ours en 3D!

J’avais un élève, Eliot, 6 ans et demi, il arrivait à se concentrer !

En cours de poterie, il faut se concentrer et il était à fond dedans. Il était petit mais il se sentait super bien ! Sinon je fais rarement des cours pour les tout petits….

Merci à Géraldine pour le temps accordé à l’occasion de cette interview. Vous pouvez retrouver la première partie de cette interview, en vidéo sur l’article suivant: ici.

Les produits de Géraldine K. sont dès lors disponibles sur la plateforme solybox.com.

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