Conversation avec Benjamin Carboni

Conversation avec Benjamin Carboni

Bienvenue sur le podcast Syndrome Imposteur, le podcast. Un podcast produit par Solybox, dont l’unique but est de t’aider à dépasser tes peurs! Aujourd’hui je t’emmène à la rencontre de Benjamin Carboni, créateur du mouvement Cleanwalker!

(Anciennement) comédien, devenu photographe, formateur et conseiller environnemental.

Extrait spécial: Hypersensibilité & Syndrome de l’Imposteur

Quelques points explorés au cours de cet épisode:

  • Son expérience du syndrome de l’imposteur au début de Cleanwalker
  • La formation qu’il a suivi pour devenir formateur à la communication via des techniques de théâtre
  • Monter sur scène en solo
  • Deux exercices inspirants à faire pour soi, chez soi
  • Travailler sur soi (carapace par carapace)
  • Trouver sa propre légitimité (extrait de son livre)
  • Hypersensibilité et Syndrome de l’Imposteur

Pour retrouver Benjamin, vous pouvez le suivre sur Instagram: @cleanwalker.off

Retrouvez-moi sur les réseaux: Instagram @solybox_ et Facebook @solybox !

Transcription de l’épisode:

Introduction (présentations)

C: Comédien connu grâce à la chaine Youtube Habile avec Axel Lattuada. Depuis tu es devenu photographe, formateur com. Tu as fondé Cleanwalker en 2018. Un mouvement qui va devenir une association. Il y a un an tu décides de quitter la scène en tant que comédien mais aussi la Seine de Paris! (Rires) En partant vivre à Capbreton pour passer à une vie plus proche de la nature.

C: Est-ce qu’il y a des choses qui ont changé ou que tu souhaites éclaircir? 

B: Déjà le côté comédien, je me définis plus comme comédien. D’ailleurs c’est une question que je me posais ces derniers temps, je me suis dis, « est-ce que vraiment un jour je me suis défini en tant que tel? » Vaste question déjà!

C: Tu t’es présenté en tant que comédien pendant un certain temps?

B: Oui. Je me présentais en tant que comédien parce que c’est ce que je faisais. C’est ce qui me faisait gagner ma vie. Après, est-ce que je me suis senti pleinement comédien un jour? C’est une bonne question… Aujourd’hui je ne me définis plus comme ça. Ce n’est plus ce que je fais. C’est ce qui est perturbant. On aime pas trop qu’on nous mette des étiquettes et en même temps on aime bien quant on en a, parce que ça nous rassure. Là, en ce moment j’ai plus trop d’étiquette, donc je sais plus trop…

C: Ta première expérience du syndrome? Dans mes recherches, j’ai trouvé une interview avec Camille Etienne (Graine de possible) où tu évoquais ce syndrome à l’occasion du tout début (Cleanwalker). Tu en avais parlé à Axel qui t’avait dit: c’est le syndrome de l’imposteur. Tu peux nous en dire plus?

B: Moi j’ai toujours peur de ça. 

B: Déjà avec Axel qui est un de mes meilleurs amis depuis 8 ans, c’est une question qu’on a beaucoup eu ensemble, sur tout ça. Mais comment? Je ne serai pas dire précisément comment c’est apparu. Je pense que c’est lié clairement à toute la partie enfance, adolescence où la mise en confiance et la confiance en soi était pas au max. Clairement on était plus dans le minimum… Et j’ai peur de confondre parfois le fait de vouloir prendre la lumière et celui de paraître quelqu’un d’autre.

En tout cas, pour revenir à la phrase citée, c’est une de mes peurs. Lorsque je prends la parole que ce soit en présentiel ou que ce soit sur les réseaux, c’est ma peur de paraître comme quelqu’un qui ne cherche qu’à se mettre en avant ou quelqu’un d’assez pédant, quelqu’un qui clairement est là pour d’autres choses que ce qu’il prône. Ça clairement, c’est une inquiétude. Parfois pendant certain temps je ne prends pas la parole sur certain sujet, de peur de ça. Voilà.

C: Donc c’est par rapport à ta prise de parole et notamment de comment l’autre va le percevoir en fait?

B: Oui absolument, alors que tout le temps tu ne peux pas gérer comment l’autre va recevoir la chose donc tu ne gères que ta parole à toi. C’est lié à tout ce que je fais actuellement. Il y a quelques mois j’ai fait une formation sur la prise de parole. Donc tout est lié.

C: Ça t’a apporté quoi?

B: Elle est arrivée un peu par hasard. Aujourd’hui je gagne encore ma vie en tant qu’intermittent du spectacle. Lorsque tu es intermittent tu dois renouveler un statut. Arrivé ici avec ce statut je me suis dis “mince, ma transition n’est pas aussi rapide que je le souhaites”. Il faut que je trouve une solution. Et j’avais la solution de faire une formation. Pour moi, les formations ça a toujours sonné un peu négatif. Je me suis dis “bon bah va s’y cherche”.

Et donc je cherchais et je tombais sur des trucs du genre, « Chekhov en trois actes » ou « Shakespeare dans son détail« , enfin des trucs… Je me disais “mais non mais non”… Puis à deux heures du matin je tombe sur une formation: “formation pour devenir formateur à la communication via des techniques de théâtre” et en fait, la semaine d’avant, j’avais des amis ici qui me demandaient des conseils sur la prise de parole. Et là, “tout s’aligne”. Le lendemain j’appelle et on me dit qu’il reste une place pour cette formation.

Je me suis dis “va s’y”, les signes sont tous bien regroupés. Je m’inscris. Elle a démaré avant le confinement. Au lieu de durer un mois et plus, elle a duré six mois. Je l’ai fini fin juillet. Ça a changé beaucoup de choses. Avec cette carrière de comédien, tu te dis que tu sais communiquer, et en fait tu te rends compte que tu ne sais pas communiquer du tout!

Tu fais tomber plein de barrières, de carapaces et tu en as encore mille en fait. Sur la fin de la formation, avec un formateur, il s’appelle Hubert (son thème c’était d’oser), on a fait un exercice simple: citer nos parcours de vie, des expériencesEn l’écrivant et en l’énumérant aux autres on se rend compte de notre parcours. Il m’a dit “arrête l’autoflagellation« . Il y a eu encore une étape, une prise de conscience: “Arrête de croire que tu n’es pas à ta place. Arrête de croire que tu es un imposteur.”

10:00

C: C’était des intermitents du spectacle aussi les formateurs?

B: La plupart sont de bases du milieu du spectacle. Ils sont formateurs maintenant, dans les entreprises. Il y avait une personne qui faisait le chemin inverse, il venait de l’entreprise et il allait vers le spectacle…

C: Justement, tu pensais à remonter sur scène (référence interview), en solo?

B: Ça on est au top of the top du syndrome de l’imposteur. J’espère qu’un jour j’oserai le faire. Pour l’instant je suis comme ça, c’est-à-dire même pas oser le faire une fois. J’ai osé une fois. Un festival, pour parler de Cleanwalker. Au fur et à mesure de la journée je vois que tout le monde fait pareil. Tu vois ça toute la journée… En fait je me dis pourquoi te prendre la tête de faire un truc comme ça. Je me suis dis profite de ces dix minutes que tu as. Pour essayer de faire des blagues. Un mini sketch de ma présentation.

Je me rappelle de rien. Mais je suis monté sur scène et improbable, il y avait Pierre Chevelle d’ailleurs qui était juste avant, je l’adore. Il est très calme, très carré, je passe derrière et j’arrive alors qu’il y avait cinquante personnes. Je me suis surpris en train de crier “ok, ça va?! ». En fait j’ai fait 5, 10 minutes de blagues. J’ai pris du plaisir à le faire. Pour revenir à la question, oui j’espère qu’un jour je monterai sur scène tout seul. C’est arrivé en plus. Seul en scène sur la vie de Voltaire (15 lettres de Voltaire) avec une danseuse à côté de moi. Ça a été une très belle expérience aussi. Il y a l’envie de le faire vraiment. Ce qui freine c’est la peur et un côté un peu fénéant. J’ai la flemme d’écrire un truc.

C: Tu sais que ce côté fénéant ça fait partie du syndrome de l’imposteur. Soit tu fais 200% du travail parce que tu as besoin de te prouver quelque chose. Tu crois que tout vient de l’extérieur. Soit, tu le fais pas, comme ça rien ne t’arrive et tu es pépère!

B: Même le fait de quitter Paris. Il y a 80% du fait que l’environement ne me convenait plus. J’avais besoin de calme et tout. Mais il y avait aussi un peu de fuite. Quand je dis que j’ai fait le tour du métier de comédien, soit je basculais vraiment dedans, soit non. Je pense. Il y a un peu de ça aussi. Si je suis réaliste, j’ai pas fait grand chose dans ce métier. J’ai joué trois, quatre pièces, une ou deux chaînes Youtube… Jamais de ciné, ni de pub. 

C: Pour toi, ce n’est pas grand chose. Pour quelqu’un qui n’a rien fait de tout ça et qui veut y aller c’est différent… 

B: Oui, si je prends par exemple, l’exemple de (rire) d’aventures que j’ai eu avec la troupe des Franglaises qui est un spectacle assez réputé mine de rien. Je suis parti où j’étais ouvreur à Bobino et j’ai fini dans le spectacle un an après au même endroit. Très bizarre. Même là, je me rapelle de plein de moments, où dans une salle avec 2000 personnes, j’étais en train de jouer, pendant que je jouais je me regardais en me disant mais “Qu’est-ce que tu fous là?!”. Je change et je suis en moi même en train de me regarder et à me dire mais “mec qu’est-ce que tu fais là?” et à m’auto juger en me disant “C’est pas bien…”. Terrible alors que j’étais là et j’avais le droit d’être là.

C: En plus, les gens ne sont pas partis en plein spectacle? 🙂

B: Ça a marché. Ça a rigolé. Je chantais pas très bien. C’était un bordel monstre. Il y avait plein d’anecdotes là dessus. Parfois je sortais de scène et le gars avec qui je chantais en duo, il sortait, me tapait dans les mains et me disait “mec c’est trop bien là!” Il y a une partie de moi qui kiffait pas le truc. Un peu comme le discours des joueurs de foot qui disent “ok on voit le match d’après” Il n’y avait pas le kiff, pas beaucoup de moments comme ça.

C: Elles viennent d’où ces peurs?

B: On dit tellement qu’il y a plein de choses qui viennent de l’enfance et même peut-être d’avant. Il y a plein de choses qui viennent de mon enfance aussi. J’ai des parents séparés depuis tout petit. J’ai une très bonne période de mon enfance où j’ai habité avec une personne pas très cool. Elle nous rabaissait toute la journée. C’était de la persécution psychologique pendant sept ans.

C: Ça rentre bien en plus…

19:00

B: Ça a le temps de rentrer. J’allais faire une image terrible, terrible (surprise dans l’épsiode).

C’est bien profond. C’est terrible. Passons vite. Ça a le temps de rentrer, le fait que tu n’es pas capable, que tu es pas bon, pas doué, pas ci, pas ça. 

C: Tu as la chance d’être conscient de savoir que ça ne vient pas de toi. Tu vois ce que je veux dire?

B: Clairement. Si on prend une image, (j’aime bien les images), si on prend une image de jeu vidéo, j’ai passé mille niveaux depuis. À 12, 13 ans je ne parlais pas. Je parlais très peu. Une semaine sur deux chez ma mère puis chez mon père. À un moment donné on a cru à une forme d’authisme ou autre.

J’ai fait un chemin de fou. Parce que j’ai eu la chance d’avoir d’autres personnes dans la vie qui m’ont mis en confiance. Moi même, je ne me remercie pas assez. J’ai osé plein de fois pour arriver là où j’en suis. Même si aujourd’hui je suis ici et j’ai peut-être abandonné certaines choses. Ce n’est pas définitif. Ça peut changer. Puis je suis fière d’être là aujourd’hui. “Mec, arrête c’est génial ce que tu as fait” et d’autre moment “clairement non”… Voilà ça aussi.

C: Tu as dis, s’il y avait plusieurs niveaux au jeu vidéo, tu es arrivé au millième. Tu parlais d’un exercice pendant ta formation. Peux-tu le décrire pour nos auditeurs, ça peut être intéressant de le faire?

23:00

B: En gros, on devait faire deux frises chronologiques: On devait faire une frise personnelle et une frise professionnelle. Où en gros on mettait ce qui semblait pour nous des étapes importantes de notre parcours et voilà. Tu prends 10 minutes, 15 minutes avec toi même tu fais le bilan avec toi même. Tu notes ce qui selon toi, sont des étapes importantes de ta vie

C: La naissance par exemple?

B: Tu peux mettre naissance. Moi de naissance à 18 ans par exemple, il n’y a pas grand chose. C’est un autre sujet (les naissances, les renaissances). J’ai mis 2018, création de Cleanwalker, tout ce qui a suivi derrière. À la fin tu partages avec les autres ce que tu as écrit. L’idée c’est que les autres puissent avoir un regard bienveillant, sans jugement. Et qu’ils notent ce que tu leur a livré. Après tu as des retours un petit peu… J’avais noté des étapes importantes au niveau personnel. Et sur le côté professionnel j’avais noté plein de départs, 16-17 ans lorsque je suis parti travailler, le départ à Paris, les Franglaises, puis j’ai écrit un livre (imposteur on est bien là).

C’est un exercice vraiment intéressant. Ça permet juste de te rendre compte en fait. Il y a un autre exercice partagé il y a pas longtemps sur Instagram. À un moment donné où pareil je me posais plein de questions. Elle me dit, juste « note tout ce que tu as fait dans l’année et note pour l’année d’après ce que tu as envie de faire ». Pas une to do liste (je déteste ça). Ce que tu as envie de faire, où tu as envie de le faire (dans quel cadre) et qui tu veux être. Pareil, je l’avais fait. Quand tu le lis, tu te dis “ouah”, de l’impostance que les choses ont eu en fait. Se faire un peu d’auto bien. Ça se dit?

C: D’auto bienveillance?

B: Auto plaisir, auto amour

C: Ça fait partie des remèdes du syndrome, écrire les accomplissements pour les relires en moment de doute...

B: Écrire c’est très dure aussi. C’est lié à cet aspect renaissance que j’ai un tout petit esquissé toute à l’heure. Il y a quelques années il y a eu vraiment une renaissance. Par les rencontres, l’envie d’apprendre à me connaître. Pourquoi je m’entendrais pas bien avec moi même?

À travers mes rencontres j’ai rencontré une “chaman”, elle m’a aidé sur pas mal d’étapes. Il y a une étape un jour, où j’ai eu l’impression que c’était la première fois de ma vie que j’ouvrais les yeux. C’était un peu avant Cleanwalker. C’était il y a trois, quatre ans. 

28:00

C: On ne dit pas je suis bête ici 🙂 C’est interdit !

B: Je note. C’était avant car regard différent après. Il y a eu une anecdote. J’étais arrivé là bas. J’avais retiré tout ce que j’avais sur moi (clés, montre, téléphone). Je suis reparti avec cet aspect de voir pour la première fois et ce sentiment de là je peux me faire écraser par une voiture c’est pas grave. 10 minutes après cette personne me dit que j’ai oublié ma montre. Je ne suis jamais allé la récupérer. Symboliquement il y avait ce “je ne cours plus après le temps”.

Anecdote, en rapport avec la mort (initialement évoqué en interview).

J’avais peur de ne pas vivre pleinement. Clairement pour beaucoup d’années on est sur un échauffement, un entracte. Si je prends les 12 premières années j’ai passé mon temps à attendre. Au sens physique du terme. Ces fameuses sept années par exemple j’attendais. Dans cette chambre, où je ne me sentais pas de faire les choses. Je ne faisais rien. J’étais assis et j’attendais. Je pense que à cette époque j’avais une possible maturité de me dire “ok attends”.

C: Tu crois au bon timing?

B: Je crois que rien n’arrive par hasard. Si tu commences à écouter les messages qui te sont proposés, rien n’arrive par hasard et chaque chose vient à point, à qui sait attendre. Mais oui, j’ai eu des années de peur de mourrir d’une maladie grave. J’avais clairement une forme d’hypocondrie. Ça me paralysait sur des journées. Je me disais “ok, j’ai quelque chose qui me fait mourrir”. Donc c’était une peur de vivre

Un gros souffle s’est libéré ce jour là. Lorsque tu entames le chemin d’apprendre à te connaitre tu te rends compte que tu soulèves une carapace puis il y en a encore une autre

C: C’est comme les poupées russes… 

B: C’est pour ça que c’est le travail de toute une vie, d’apprendre à se connaitre… 

C: Ce travail sur toi tu l’as commencé quand?

B: Je pense que ça a démaré avec Axel par exemple. Il y a cinq ans un peu près. On commençait à avoir des discussions sur des choses un peu plus, spirituelles ou philosophiques. Pourquoi il m’arrive ça? Je ressens ça?

Tu avances petit à petit. La vie t’envoie des messages, parce que tu es prêt à les voir. Du coup, tu avances. Tu te rends compte que tu apprends à te connaître, à voir des choses chez toi, que tu peux comprendre. La base de ça: on parle souvent du fait d’être en paix avec soi même juste avant de mourir. Souvent comme tu n’y as pas pensé avant, tu dois répondre un truc du genre “là, pas de ouf”. Pourquoi ne pas essayer d’être en paix avec soi même de son vivant? C’est l’objectif quoi. Essayer d’être en paix avec moi même. Je me dis qu’à 28 ans bientôt, j’ai fait pas mal de chemin là dessus. Je me sens un peu mieux avec moi même. 

C: Tu as beaucoup parlé de rencontres, de questions, est-ce que tu as eu recours à des spécialistes (n’importe quoi)? As-tu expérimenté d’autres choses que les livres?

B: Et bien non ! (rires) 

Oui comme je t’ai dis, j’ai rencontré donc cette personne qui fait des soins énergétiques. Je me suis ouvert à la médecine chinoise plus qu’à la médecine traditionnelle qu’on connait. Clairement aller voir un médecin généraliste, pas trop envie d’y aller. Pour revenir sur toute à l’heure, j’étais l’hypocondriaque qui ne va pas voir le médecin. Le fuillard tu vois? Dernièrement j’ai fait une prise de sang. Pas pour le Covid. Tout ça pour que à la fin un ordinateur te dit “tout va bien”. Et moi “sûr hein?” Même là où c’est écrit noir sur blanc, “sûr”? !

Médecine chinoise aussi et on y pense pas. Mais aussi l’osthéo et kiné. 

C: Ça dépend des ostéo, kiné…

B: Pour la petite anecdote, qui est lié à tout ce qu’on dit depuis toute à l’heure. J’étais à l’époque dans le troupe des Franglaises, on reprenait à Bobino. On avait des kiné qui étaient venus. Il y a ce fameux monsieur, je ne sais pas le nom

C: L’homme mystérieux

B: J’ai jamais retrouvé cette personne. Je m’assois sur le bord de sa table de travail. On discute. Il me pose des questions: est-ce que vous avez des frères et soeurs?

Je réponds, oui j’ai un frère. Il me dit: “c’est tout?”. Je fais, oui oui, j’ai un frère. Et après il me fait: vous êtes sûr? Le mec ne me connaît pas! On s’est jamais vu. Au bout de trois, quatrième fois qu’il me demande je dis oui mais il semblerait qu’il y ait eu une fausse couche, qu’il y ait eu une soeur à un moment donné. Et il me fait ok vous avez un frère et une soeur. Je m’installe sur la table, il masse au niveau de la nuque pendant une 20aine de minutes. Il met tout son poid sur moi puis je prends une immense bouffée d’air. Je me mets à pleurer et il me dit voilà c’est 80% de votre problème.

C: Ouah !

B: Derrière tu appels ta mère et tu lui en parles un peu et tu te rends compte que c’est un truc qu’elle a jamais géré. Tu en parles à ton père et c’est pareil. Tu te retrouves sur un nouveau truc qui est que Ah mais est-ce que c’est en lien parce que tu te sens pas la possibilité de vivre? Parce que tu as pris la vie de quelqu’un d’autre? Tu retombes sur plein de fils… 

40:00

B: On fait pas attention à ça mais les kiné et ostéo ça joue.

C: Des rencontres fortuites, très intéressantes… Tu te dis “c’est une blague?”

B: Surtout que je n’allais voir personne. C’était juste pour nous remettre un peu en ordre. J’ai un autre ami ostéo, des discussions qu’on a eu aussi sur plusieurs séances. Sur la façon physique où je suis né. Le moment venu je remettrait mon nez là dedans.

C: C’est fort. Le travail sur soi commence bien avant

B: Je pense que tu imprimes encore même avant. Si il y a eu aussi une rencontre avec une personne, pour un possible spot de sensibilisation. Quelques jours après on a parlé de mes vies antérieures. C’était fou. Tu te retrouves à faire des rêves. C’est un truc en ce moment les rêves aussi. 

C: C’est lucide… Tu as toujours été ouvert à tout ça?

B: Une bonne partie de cette existence là, intérêt pour rien, ouvert sur rien. Il y a eu une rencontre aussi. 

B: Je me livre beaucoup alors que des gens vont écouter ça 🙂 

C: On va pouvoir couper 🙂

B: Il a vécu avec une autre personne qui aujourd’hui est une deuxième maman. Elle a fait énormément de choses pour moi. Là que d’en parler c’est émouvant. Elle a fait beaucoup pour moi. Elle m’a poussé à des moments où on était pas beaucoup à y croire. La personne qui par exemple, tu es en train de te perdre à travailler dans un resto, en formation cuisine et où en fait, déjà voilà, j’ai arrêté ça très vite, j’ai travaillé dans des villages vacances. Elle laisse trainer l’ordinateur avec une page ouverte sur une école de théâtre… Elle me dit: Regarde, va s’y fais le… qu’est-ce que tu peux rater? 

Donc oui cette personne a changé beaucoup de choses. Elle m’a permis à 13, 14 ans à assumer que j’étais là.

C: Et donc la cuisine !? (rire)

B: Le vrai truc qui a démaré. Il n’y avait pas de dialogue avec mon père jusqu’à deux semaines avant mon bac j’ai dis “ok j’arrête”. Il m’a dit “il faut l’avoir pour pouvoir arrêter”. Aujourd’hui de par sa vie, de par l’homme qu’il est et de par l’éducation qu’il m’a offerte avec ma mère qui est exceptionnelle c’est quelqu’un de très important aussi. Tu arrives à un moment aussi où tu n’es plus enfant – père. Limite c’est toi qui apprends à ton père maintenant, tu vois? 

C: C’est très intéressant. Quand tu l’as fait évoluer, il se passe des choses…

B: C’est là par exemple, où l’aspect des vies antérieures est intéressant. Tu te sens plus vieux que la personne en face de toi peu importe ton âge. Il y a eu des rencontres qui ont fait avancer les choses.

50:00

[Sujet: Légitimité]

Délic écologique, édité par Rustica éditions

C: Tu as écrit page 46 de ce livre (on va rebondir dessus): 

À la question “Qui suis-je?”, je répondrai simplement Benjamin Carboni, une âme semblable à une autre avec ses vécus ayant la même importance que celle de ma voisine ou du président du Brésil (je vous laisse seul juge des exemples proposés)

À la question de quel droit puis-je me permettre je répondrai que nous avons tous le droit de porter haut et fort une parole, un avis et une pensée que nous avons sur les choses qui forment notre monde. Mais pour être entendu voir entendu il faut que cette envie, cette parole, cette pensée, soit plein de bienveillance, en ayant comme but de partager quelque chose et non de vouloir le déformer.

Et enfin oui, je vous suggère de faire de même, d’arriver vous aussi à une prise de conscience, la vôtre.

Cette partie là: soulignée. J’aimerai que ce soit un message qui apparaisse avant que quelqu’un souhaite publier ou commenter sur les réseaux. Pour se rendre compte de la règle bienveillance. Elle devrait être partout. 

B: Ça devrait être avant Liberté, Égalité, Fraternité. Ça devrait être Bienveillance, Liberté, Égalité, Fraternité. 

C: C’est ça… 

51:00

C: Est-ce que cette réponse aujourd’hui a changé? Est-ce que tu te retrouves encore à dire “qui suis-je pour?”

B: Sur certaines choses oui. Par exemple le fait de faire des vidéos par exemple. Déjà on revient sur l’autre syndrome de l’imposteur qui est le côté fénéant. J’ai mille idées de faire des vidéos. Certaines où vraiment tu vas me dire c’est bien mais à côté je ne vais pas le faire, pas grave. Sur d’autres, dernièrement j’ai fait deux, trois posts comme on dit en 2020, sur Instagram j’écris des choses que je pense vraiment. Je le dis. En essayant de m’auto-censurer le moins possible. Plus je vais dire ce que je pense, plus je vais être naturel, plus ça a écho en face et c’est appréciable en fait.

C: Tu ne mets pas de filtre, en fait. Ça touche vraiment les gens…

B: En fait c’est pas tant le côté vrai. J’ai toujours voulu être quelqu’un, le plus possible, même si c’est compliqué parfois avec les peurs, être quelqu’un d’honnête. franc dans le sens de dire les choses. Il y a plus chez moi de je m’en fou de plaire à certain que de j’ai envie de plaire à tout le monde. Il y a aussi ça dans l’aspect de création. Dans l’exemple de la scène, d’un côté je sais que je peux le faire. Mais, d’un autre côté je me dis, à quoi bon le faire…  

Il n’y a plus sur ce point là, j’ai pas envie, je m’en fou qu’il plaise ou pas le post. J’ai juste envie de le dire donc je vais le dire. On revient sur l’écriture. La fameuse chaman m’a dit un moment donné que j’aurai besoin d’écrire. Dans mon quotidien, j’ai du mal à le mettre en place: écrire pour moi. Je pense que c’est un peu pareil pour la scène c’est pour ça que je ne me précipite pas. Aujourd’hui si je le fais c’est pour m’auto-convaincre ou pour plaire ou autre. Si un jour j’ai vraiment envie de le faire, c’est vraiment important, ça le fera. C’est le résumé de tout. Je laisse faire les choses en fait. Je n’ai pas envie de forcer les choses.

Par exemple, mon déménagement ici. Quand j’ai voulu partir, j’ai forcé les choses. Cette fameuse personne elle m’a dit là tu ne peux pas partir parce que tu n’es ni là bas, et tu es contre ici (Paris). Donc comprends pourquoi tu veux aller là bas puis ça se fera naturellement. Aujourd’hui je me sens bien ici. Le nouveau mot important c’est devenu équilibre. De trouver son équilibre.

C: Tu trouves ta légitimité à travers ton équilibre?

B: Il faut arriver à doser un peu tout ça. La dernière question en ce moment c’est l’aspect d’hypersensibilité. Où je me suis dis: ah tiens il y a pas mal de points qui me ressembles. Il y a deux points: le côté de passer par un moment de… j’ai beaucoup le ressenti du “je vais m’ennuyer très vite” sur des choses. Lié à ça, au niveau émotionnel d’être très vite dans un bonheur plein quand je suis avec des gens ou quand je créé, dix minutes après je suis tout seul chez moi et je me dis “allez hop je vais creuser un trou dans le jardin ! Ça sera prêt” (rire).

C’est un sujet qui m’intéresse en ce moment. Comme un bon imposteur je m’y intéresse en cherchant pas et comme les rêves, je m’y intéresse en cherchant à moitié. 

B: Ça fait du bien de parler de soi (…)

1:00:00

[Fire Questions]

C: Ta dernière prise de conscience

B: Prendre conscience que dans mes relations amicales et intimes j’avais encore des carapaces…

C: Ton message sur tous les billboards de France

B: Pense à toi (apprends à te connaitre, écoute toi, équilibre toi), pour penser aux autres… Si tout le monde se sent bien avec soi même, on se sent bien avec les autres.

C: Une expérience extra sensorielle qui t’a marqué

B: L’histoire de la montre.

(C: ou en rapport avec la nature?)

Les couchers de soleil. Il y a des gars derrière ! Des réal’ et tout… Il y a un truc. C’est le plus beau truc qui se fait.

C: Le livre que tu as le plus offert autour de toi

B: J’avais bien aimé le livre de Laurent Gounelle, Le Philosophe qui n’était pas sage. Et classiquement je dirai Les Accords Toltèques (de Miguel Ruiz).

C: La dernière fois que tu es sorti de ta zone de confort?

B: Hier, ça parait rien mais c’était pas mal. Hier j’ai accompagné un ami, prof de surf. On y est allé sauf que c’était des murs! Ça fait un an que je surf, je commence à me débrouiller. Là j’ai une nouvelle planche, quand tu changes c’est comme tout sport. Dès que tu changes de matériel tu sais plus faire. Hier, il m’a fait rentrer dans l’eau. Pendant une heure et demi j’ai essayé et je n’y arrivais pas. Plein de moments j’ai eu peur. Là je suis sorti un peu de ma zone de confort où d’habitude j’y vais pas… J’ai essayé de le faire en affrontant cette peur du moment.

C: Ton dialogue intérieur en deux phrases…

B: Qu’est-ce que tu fous là? Qu’est-ce que tu vas faire? Qu’est-ce qu’on fait en fait après?

C: Ta lecture du moment (BD, roman grapghique)?

B: Je suis allé m’inscrire à la médiathèque!

Souvenirs d’un Elficologue (Tome 1), de Paul Laforêt 

[On parle aussi de In Waves, de AJ Dungo]

C: Pourquoi la photographie?

B: J’ai toujours aimé ça. C’est pas une passion mais j’aime le faire c’est des moments agréables. Je devais avoir dix, onze ans. Mon père nous avait offert un safari, j’y étais allé avec un appareil photo jetable. Incroyable. Les photos étaient vachement bien! Ça m’a toujours plus. Une implication à moitié. Il y a une période où je faisais des portraits de copains. Aujourd’hui je prends plaisir. Ça fait deux mois, j’attends un objectif que j’ai acheté (100/400 mm). Je prends beaucoup de plaisir à prendre en photo la biodiversité. Tout ce qui est insecte, papillon, oiseaux, tout ce qui m’effrayait lorsque j’étais petit (anecdote: serre à papillons). Aujourd’hui je fais aussi des photos de surf. 

C: Tu as le choix entre deux mots: formation ou enseignement? 

B: J’ai changé d’avis avec le terme formation ces derniers temps. J’aimerai enseigner, mais je pense que formation est peut-être plus important pour moi aujourd’hui. Aujourd’hui je dirai formation et hier j’aurai dit enseigner

C: Pourquoi Coluche?

B: Il fait rire les autres mais très sérieux parce qu’il fait passer des messages. Pour faire rire avec des conneries il faut être quelqu’un de très intelligent.

Référence au film: Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne.

1:23:00

La suite: nous parlons de la suite pour Cleanwalker. Le mouvement devient officiel, avec la création de l’association (août 2020). 

-Credits-

Host : Camille Havis

Guest : Benjamin Carboni

Son (musique) : Spit it Out de Kaituhi

Syndrome Imposteur avec Axel Lattuada

Syndrome Imposteur avec Axel Lattuada

Bienvenue sur Syndrome Imposteur. Podcast produit par Solybox, dont l’unique but est de t’aider à dépasser tes peurs. Aujourd’hui je t’emmène à la rencontre d’Axel Lattuada, co-créateur de ETLMSF (Et Tout Le Monde S’en Fout) mais aussi auteur, réalisateur, comédien, monteur et musicien engagé.

Voici un sommaire des sujets explorés au cours de cet épisode:

  • Sa première histoire
  • Sa première expérience du syndrome de l’imposteur
  • L’hypersensibilité
  • L’auto sabotage
  • Monter sur scène
  • La genèse de TLMSF 
  • Le syndrome de l’imposteur en tant que comédien
  • La bienveillance et la validation
  • La solitude
  • La légitimité dans son métier 
  • Les croyances limitantes
  • Comment dissocier la bonne de la mauvaise peur
  • Ses pratiques aidantes
  • Travailler sur soi, (tout) seul
  • Son message sur tous les billboards de France
  • Sa plus grande Peur
  • Son intention
  • Son film idéal en tant que réalisateur
  • Boris Vian, L’Écume des Jours

Vous remarquerez la participation de Socrate, son chat, avec quelques “miaou » pendant l’épisode 🙂. Vers le début, nous avons changé de micro donc la qualité du son s’améliore. On fait avec les moyens du bord !

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Syndrome Imposteur – Un Remède Complet sur la Solitude Syndrome Imposteur, le Podcast

Bienvenue sur le podcast Syndrome Imposteur. Un podcast produit par Solybox, dont l’unique but est de t’aider à dépasser tes doutes et tes peurs à travers des témoignages et remèdes inspirants. Sans Transition J’enchaîne avec un sujet déjà évoqué sur le podcast, qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus. Il me porte à coeur et j’ai envie d’aider le plus grand nombre: comment se sentir moins seul… dans une société qui nous encourage à rester confiné. Et oui, la solitude c’est LE mal (être) du siècle. Surtout depuis le premier confinement. Après avoir fait deux découvertes cette semaine: Découverte #1: Le Japon a nommé un ministre de la solitude suite à une hausse inquiétante du taux de suicides dans le pays. (source: Le Journal du Dimanche) Découverte #2: Alors que je regardais une (autre) vidéo d’Eckhart Tolle sur le sujet Does a Relationship Complete us? (traduction: est-ce que une relation nous complète). Je découverte qu’en anglais il y a deux mots pour parler de « solitude ». Le Cambridge Dictionary propose les définitions suivantes: #1 Solitude : the situation of being alone without other people. #2 Loneliness : the state of being lonely. Citation de la vidéo [12 min] : « Solitude is beautiful. Loneliness is not »  Retrouvez-moi sur les réseaux: Instagram @solybox_ et Facebook @solybox ! -Credits- Host : Camille Havis Son (musique) : Spit it Out de Kaituhi
  1. Syndrome Imposteur – Un Remède Complet sur la Solitude
  2. Syndrome Imposteur – Conversation avec Sylvie Ganter (Atelier Cologne)
  3. Syndrome Imposteur – Épisode Spécial: Avortement et Deuil
  4. Syndrome Imposteur – Le Retour, Bilan fin d'année 2020, Bonjour 2021
  5. Syndrome Imposteur – Le stoïcisme comme remède: vulnérabilité, honnêteté et concret !

Transcription : Syndrome Imposteur, le Podcast avec Axel Lattuada

# “Déléguer c’est comme faire un enfant et dire à quelqu’un d’autre de s’en occuper” 

C: En titre on voit auteur, réalisateur, comédien, et monteur… mais on voit plus trop monteur parce que j’imagine que tu n’as plus trop le temps? Tu continues à monter?

A: C’est toujours moi qui monte les épisodes en tout cas. Ça reste quand même ce que je préfère faire. Oui, bah, en fait déléguer le montage c’est comme faire un enfant et dire à quelqu’un d’autre “bah tiens, va s’y élève le”.

C (murmure): Il y en a qui le font 🙂

A: Oui, je sais mais je ne comprends pas! Je ne comprends pas. Je suis incapable de déléguer le montage. En plus je suis encore plus chiant quand quelqu’un d’autre fait le montage. Ça prend encore plus de temps.

C: Dans une autre interview tu parlais du fait de déléguer, donc ça n’a pas changé?

A: Pas du tout. En tout cas pour les gros projets. Les projets principaux on va dire, non. Après pour les choses annexes je garde toujours un oeil dessus mais c’est plus moi qui fait le gros du travail. 

# Auteur, réalisateur, comédien, monteur, musicien engagé

C: Donc monteur. Puis j’ai rajouté musicien, et pour tout ça, engagé… (miaou). Tout a commencé très tôt en fait, tu me dis si je me trompe: Enfant, tu prends goût à raconter des histoires. Ton premier public c’est ta soeur, et tu réussis à dégoter le matériel nécessaire, à une époque sans smartphone… Tu utilisais quoi?

A: Nous on a commencé avec mon pote, on avait juste un micro et un ordinateur. Au début, au collège, on a même commencé avec mon pote Alex, on faisait des livres de dessins. On racontait des histoires dessinées. Après on est passé au dessus, on a eu un micro. Là on a commencé à raconter des histoires audio et après il y a une pote qui nous a prêté une caméra, cassette.

C: Tu les as encore?

A: Oui je les ai encore! Je les ai gardé, évidemment…

# Première histoire

C: Et la toute première histoire que vous avez écrite, raconté, c’était quoi?

A: Première histoire, oui, elle est pas glorieuse. Elle est pas gentille cette histoire. C’est ouf de se rappeler de ça. Je crois que la toute, tout premier truc qu’on ait fait, oui ok ça partait mal ma carrière dis donc… En fait on avait créé un personnage à partir d’une fille de notre classe quant on était au collège. On se moquait un peu d’elle dans notre coin. C’est pas très glorieux ça dis donc… C’est pas très bienveillant en tout cas. Donc oui ça c’était la première histoire. On mettra pas dans l’interview ça (rire). Oui non, j’avais jamais repensé à ça. Ça été un peu…

C: Mais elle l’avait vu? Vous avez fait ça de votre côté, comme des enfants? C’était l’âge…

A: C’était exactement ça.

C: C’était pas pour lui faire du mal…

A: Non pas du tout. Et en fait, ça a lancé ce truc. En se détachant d’elle, on a créé un personnage à partir de ce qui nous faisait rire en tout cas, à partir de là on a commencé à faire de la caricature beaucoup. À l’époque, on écoutait énormément le Festival Robles et les Deux Minutes du Peuple surtout. C’est comme ça qu’on a commencé à faire des sketchs audio aussi. À partir des Deux Minutes du Peuple et on s’était dit avec mon pote Alex, on créait des centaines de personnages, on avait leur voix dans la tête, on avait leur parcours, on avait tout ce qu’ils faisaient et c’était beaucoup de la private joke c’est-à-dire que ça pouvait faire rire que nous mais ça a nourrit vraiment ce truc de création de personnages de fiction un peu barrés qui sont aujourd’hui extrêmement présents dans les ETLMSF

C: Ça a inspiré donc il fallait passé par là, c’était pas si méchant que ça…

# Trouver l’osmose parfaite entre l’humour et le reste

C: Ton objectif je pense que c’est toujours d’actualité, c’est trouver l’osmose parfaite entre humour et poésie. Tu l’as trouvé ?

A: C’est moins vrai, c’est plus trop le cas en ce moment en tout cas. Tout simplement parce que juste le côté poétique est un peu moins présent vu ce qu’on fait aujourd’hui. Tu regardes ETLMSF tu ne dirais pas que c’est poétique. 

C: Oui mais c’est juste quand même, ça sonne bien

A: En tout cas, cet équilibre entre l’humour et le reste, je serai pas quoi dire. L’humour c’est tellement le centre dans ma vie, dans tous, tous les aspects. En tout cas l’humour c’est un outil qui m’aide à équilibrer toute ma vie, mes relations, tout ce qui est bancal et imparfait, c’est-à-dire tout le reste. Je me sers beaucoup de l’humour pour canaliser, catalyser, pour tout quoi. 

C: Donc aujourd’hui ça serait, “l’humour et le reste”. En fait, c’était à l’époque où tu avais fait, tes six courts métrages, et une pièce de théâtre… C’était à cette époque le poétique?

A: Oui, ce que je voulais dire par l’équilibre entre la poésie et l’humour c’est que j’ai beaucoup écrit. Il y a deux choses qui m’intéressaient dans la vie, c’était l’humour et l’amour. Et donc comme je voulais écrire des histoires d’amour mais que je ne voulais pas être nian-nian tu vois? Et bah en fait l’humour, j’ai remarqué qu’en mettant de l’humour dans du truc hyper sentimentale ça créé un équilibre.

Tu peux vraiment parler de trucs hyper clichés et romantiques et l’humour vient le crédibiliser parce qu’il lui amène du recul en fait. Si je devais me rapprocher de ce qu’on fait aujourd’hui je dirai que j’essaye de trouver le bon équilibre, l’équilibre parfait entre l’humour et le sérieux sauf que demain on tourne un épisode qui explique aux gens que l’humour c’est sérieux. Le truc pour moi le plus sérieux dans la vie c’est l’humour. Donc c’est l’humour et le grave. Tu vois ce qu’on considère comme grave? Et moi ce que je fais beaucoup dans la vie c’est prendre des trucs graves et y mettre de l’humour. (miaou)

# Première expérience du syndrome de l’imposteur

C: Parlons sérieux, parlons syndrome. Ta première expérience du syndrome de l’imposteur que l’on appelle normalement phénomène de l’imposteur…

A: Euh, la naissance (rire). J’ai tellement ça tout le temps. Je sais exactement d’où ça vient. Je travaille ça depuis cinq dans ma vie, dans ma psychanalyse en lisant des bouquins, je connais tout mon syndrome par coeur. Mon syndrome de l’imposteur il vient comme tout le monde de mon enfance. Donc, malgré eux, de mes parents. et c’est un problème de reconnaissance en fait, en tout cas chez moi c’est le problème de croire que je ne suis pas assez bien… 

C: Donc validation… ?

A: Validation… qui vient des sautes d’humeurs de ma mère qui ont eut comme conséquence quand j’étais petit d’avoir l’impression de ne pas être vu. Parce que comme des fois elle était de bonne humeur ou de mauvaise humeur, quant elle était de mauvaise humeur, vu quelle avait été de bonne humeur avant et que là elle l’était pas, c’était de ma faute. J’étais dans une inconstance en fait. Et donc pour un enfant c’est hyper…

C: Déstabilisant… ?

A: Oui déstabilisant et pas sécurisant. et mon père a lui le syndrome du “oui c’est bien mais ça pourrait être mieux…” 

C: Perfectionniste…

A: Oui, je ne sais pas s’il est perfectionniste. En tout cas ce que moi j’en ai ressenti, et ce que j’en ai gardé c’est le sentiment de ne jamais faire assez bien. Et le fait que mon père soit un peu avare de compliments. Je m’entends super bien avec mes parents. Tout va bien. Mes parents m’ont toujours soutenu dans ce que je faisais. Lorsque j’ai fait mes études de cinéma. Mais il y avait un truc de mettre la barre hyper haute, notamment mon père qui lui est un artiste aussi qui en a pas fait son métier. Il n’a pas gagné sa vie avec son art mais en tout cas c’est un truc qu’il faisait.

Quant je lui ai dit que je voulais être artiste, ça a été oui ok un artiste c’est ça ça et ça c’est un message c’est machin. En plus, je suis issue d’une famille du côté de mon père en tout cas, hyper politisée donc j’ai totalement rejeté le côté politisé de ma famille. Je ne comprenais rien, ça me faisait peur et je ne voulais surtout pas mettre les pieds là dedans. Et donc quand mon père me disait: un artiste c’est un message. Dans ma tête c’était ok donc un message, c’est un message politique… Ça m’allait pas et donc imposture encore. C’est l’accumulation de manque de reconnaissance pour moi. 

C: Et tu penses que ça t’a bloqué pendant un moment ?

A: J’ai eu la chance que ça me boost plutôt qu’autre chose. En fait, encore une fois mes parents m’ont poussé quand je leur ai dit que je voulais être artiste… C’est juste en fait la réalité m’ennuie tellement… Ça va mieux. Mais au final dans l’absolue, la réalité m’emmerde donc c’est pour ça que je raconte des histoires notamment l’humour parce que l’humour ça embellie la réalité et ça la rend moins morose en tous cas. Mais ça, je l’ai eu très très vite. L’école, je comprenais pas… Je pense que j’ai un truc d’hypersensibilité tous ces mots un peu à la mode qu’on entend en ce moment, donc je pense qu’il y a de ça. C’est génétique dans ma famille, du côté de ma mère j’imagine.

Ça semble cohérent, même vu les gens qui m’entourent. Et donc c’était assez dure, même socialement parlant j’étais un souffre douleur en plus j’ai pas mal souffert quand j’étais gosse de ça. J’étais très très sensible donc je pleurais beaucoup. Et comme je pleurais beaucoup on se moquait de moi tout ça. Et donc j’ai toujours eu un pote avec qui on faisait tout, on faisait des histoires… La réalité c’était compliqué de la vivre. Je me réfugiais là dedans. C’est pour ça que malgré mon syndrome de l’imposteur j’ai pris cette direction très tôt parce que je n’avais pas le choix parce que sinon je mourrais en fait, symboliquement parlant tu vois. incapable de faire un métier dit “normal”.

C: Tu y es passé quand même ou pas du tout ?

A: Non, j’ai eu cette chance. Encore une fois, comme mes parents m’ont poussé dans ce que je voulais faire. Une fois, mon père m’a dit: « quand même ça serait bien que tu vois un peu ce que c’est de bosser« . Mon père a un peu ce côté là… et donc “je t’ai trouvé un entretien pour être caissier chez…”. J’y suis allé. J’ai passé un entretien. Perdu. On était deux à l’entretien (…) Bien sûr je n’ai pas été pris. Et ça a été la seule tentative. Après mon père a arrêté de me faire chier avec ça. Donc non j’ai même pas… Si un petit peu, j’ai été hôte, j’ai distribué des flyers.

Je l’ai fait mais j’ai essayé tout de suite de rentre dans la branche que je voulais. J’ai passé des années à filmer des mariages. Toutes mes études, les week-ends je filmais des mariages pour un photographe en Picardie. Je faisais des montages derrière. J’étais déjà dans un truc “créatif”. J’ai beaucoup de mal avec les mariages aujourd’hui. J’étais payé misère bien évidemment. Donc si j’ai fait des trucs un peu chiant. Mais je savais où j’allais et je voulais que tout soit cohérent.  

C: Tu n’as pas fait de faux pas? Peut-être dans le milieu, mais pas en dehors?

A: Je savais exactement ce que je voulais. À la base je voulais faire du dessin animé, je voulais être infographiste. Parce que mon pote Alex avec qui je faisais des films, lui aussi c’est ce qu’il voulait. On a commencé à faire de la 3D ensemble. Lui, il avait un très bon niveau en dessin et moi pas assez. On a eu un an de décalage parce que j’ai redoublé. Lui, s’est retrouvé à faire un BTS d’infographie, auquel j’étais refusé l’année d’après.

J’ai fait une fac d’art plastique. Je me suis fait chier comme un rat mort. Je voulais faire des dessins animés et en art plastique on t’apprend pas ça. Et en fait, quand j’ai fait cette première année, j’ai vu dans cette fac il y avait une catégorie cinéma et théâtre et j’ai dit à mon pote lui qui se faisait aussi en BTS, j’ai dit “viens on s’inscrit en fac de cinéma”... Et c’est comme ça…

C: Donc tous les deux vous êtes allés en fac de cinéma ?

A: Oui

C: Et lui fait des dessins animés aujourd’hui?

A: Non. On s’est un peu perdu de vu. Alors c’est marrant on s’est retrouvé là il y a quelques semaines. On s’est écrit. Nos chemins s’étaient un peu séparés. On avait monté une asso sur Paris avec nos potes de fac. D’ailleurs les premiers court métrages ont été produit par l’asso et d’autres trucs. On avait vraiment cette idée de créer notre propre structure. Monter une asso avec tes potes c’est une super mauvaise idée. Sa s’est pas mal terminé mais sa s’est pas bien terminé non plus. Chacun a pris un peu sa route et tout. Ce pote Alex, il n’y a pas longtemps j’ai appris qu’il allait bien et qu’il refaisait des projets, du théâtre, à Lyon. Ça m’a fait plaisir de savoir qu’il allait bien.

# L’hypersensibilité et le Syndrome de l’Imposteur

C: Au sujet de l’hypersensibilité: tu l’as expérimenté, tu l’es? 

(changement de micro, changement de qualité sonore)

A: Je ne sais pas ce que ça va m’apporter de savoir ça parce que j’ai aussi un syndrome de l’élu. 

C: Qu’est-ce que ça t’apporterai au fond?

A: De savoir plus. 

C: Tu sais déjà ce que tu as expérimenté en fait.

A: Et j’ai envie de sortir. Je bosse sur le fait de sortir de la mentalisation et de l’intellectualisation. Parce que ça c’est bon. Comprendre des trucs avec ma tête c’est bon. Ça je sais faire… Mais en ce moment j’expérimente de comprendre avec mon corps. C’est mieux. En tout cas, je manque de ça donc… (bruit vélo) 

# Le syndrome de l’imposteur et l’auto sabotage

C: Une des conséquences du syndrome de l’imposteur c’est l’auto sabotage (très connu chez les hypersensibles) qui va soit procrastiner, soit trop faire, pour se prouver qu’on est à l’origine et que ce n’est pas que de la chance. Tu disais toute à l’heure que tu l’expérimentes toujours?

A: Oui, je remarque. En tout cas.

# Monter sur scène

C: L’année dernière, tu as décidé de monter sur scène. Ça devait être une autre étape. Il n’y a pas eu une différence, une étape, un avant et un après?

A: Rien que le fait de devenir comédien c’est-à-dire passer de l’autre côté de la caméra c’est un truc que j’avais pas du tout prévu dans ma vie. Je m’étais dis si j’ai l’occase pourquoi pas… Quand j’écrivais oui. En fait, les premiers films, dont je te parle, quand je suis avec mon pote et que je fais les sketchs c’est nous qui jouions dedans. (rire) Jouions ? C’est pas très jolie jouions dis donc ! Il faut savoir qu’avec ce pote on marchait beaucoup par comparaison et compétition bienveillante. 

C: Entre vous?

A: Oui. C’est-à-dire que moi je l’adorais énormément, je trouve que c’est un artiste de ouf, c’était vraiment le mec le plus drôle que j’ai rencontré dans ma vie. Il me faisait vraiment mourir de rire des fois. Avec un côté très triste et grave aussi. Un côté très, un peu, noir, un peu dark mais hyper drôle pour compenser tout ça. Très semblablement un hypersensible d’ailleurs. Et donc, à chaque fois qu’il faisait un truc je disais “ah c’est ouf”. Alors je faisais tout pour le dépasser. Et il disait “ah trop bien…”. Et on marchait comme ça…  Tu vois?

C: Oui…

A: Ce qui a marché un certain temps. Et ça a pété aussi peut-être pour ça. Tu vois. Avec Fabrice par exemple, avec qui je fais ETLMSF, on s’est rencontré dans la créativité aussi et on marche beaucoup plus par accord plus que par comparaison et compétition c’est plutôt par…

C: Harmonie ?

A: Oui harmonie. Complémentarité en fait. Et en plus avec Marc qui est arrivé par derrière. Son frère qui est arrivé par la suite ça marche très bien. Et… c’était quoi la question de base ? (rire)

C: L’avant et l’après scène…

A: Alors oui, je suis allé de l’autre de la caméra, j’ai osé y aller parce que Fabrice, qui est quelqu’un qui soutient énormément, parce qu’il est coach, évidemment. Enfin, il soutient pas parce qu’il est coach. Il est coach parce qu’il soutient. Parce qu’il m’a dit “moi je pense que tu peux le faire”. Va s’y. Et donc je l’ai fait et il m’a dit “non c’est bien…”. Et aujourd’hui, pareil pour la scène il m’a dit “non non je me fais aucun soucis je pense vraiment que tu peux le faire”. 

C: Mais c’est lui qui a donné l’idée de la scène? 

A: Non, le spectacle c’est une boite de prod’ qui nous a appelé en disant tiens, vous voulez pas faire du théâtre? Comme tout le reste, vous voulez pas faire un livre? Vous voulez pas en faire un…? Oui d’accord. Et donc on disait oui à tout ce qui se présentait. Moi j’étais très excité par le fait de faire de la scène mais ça me faisait un peu peur juste parce que je ne l’avais jamais fait et pareil je me disais “oui mais tous mes potes comédiens qui font ça depuis des années et qui galèrent et moi j’arrive. Ça fait six mois que je fais un spectacle, tous les soirs c’est complet. Alors que c’est la première fois de ma vie que je monte sur scène et en plus je monte tout seul ».

Vraiment le paramètre Fabrice qui me soutient c’était cinquante pour cent du travail, on va dire. Et les autres cinquante pour cent c’est moi qui me dis “ok va s’y en fait, au pire qu’est-ce qui se passe ? Rien, tu vas pas mourir…”. Et ce qui s’est passé en fait c’est que je me suis jamais senti aussi bien ailleurs que sur une scène. Ça me manque beaucoup d’ailleurs. En fait la scène c’est juste le prolongement de tout le reste. En fait, la scène c’est là où toute mes névroses fleurissent, mais au sens positif, c’est-à-dire que je me suis rendu compte que ce que je faisais sur scène quand j’improvise surtout. Quand je réagis à ce qui se passe c’est exactement les mêmes mécanismes que quand je suis dans un bar et que je fais marrer les gens. 

Mais juste parce que c’est mon masque principal, social. Tu vois… Et c’est le truc que je maitrise le plus aujourd’hui. Ma manière de me faire intégrer dans le monde, c’est d’arriver et de faire rire. Comme ça c’est “regardez, je suis rigolo”. Et évidemment vu que c’est ce que j’ai fait le plus dans ma vie. Quand je le fais sur une scène, je le fais bien. En tout cas, ça fonctionne et en plus je me sens bien. Donc bizarrement je n’ai pas eu d’imposture là dessus. Tu vois, c’est paradoxale. 

# Un vrai sentiment d’imposture (débuts de #ETLMSF)

C: Donc au final tu es plus en alignement avec la scène, que auparavant avec la caméra? 

Dans les interviews, dans les commentaires, les gens qui me reconnaissent, tout ça. Et ça, ça a fait un syndrome de l’imposteur gigantesque parce que au début je me suis dis: ok les gens croient ça. Donc j’ai eu un moment de ok donc si les gens croient ça ils m’aiment pour ça donc si ils m’aiment pour ça, il faut que je sois ça. Donc j’ai commencé à être quelque chose qui n’existe pas. C’est à dire trois personnes à la fois. En tout cas, la symbiose de trois cerveaux comme ça. Ce qui était un poids énorme. Et en plus comme je l’étais pas, et bah je m’en voulais de ne pas l’être, donc mon imposteur il grandissait. Et en plus toute ma vie, toute mon adolescence, j’ai vraiment cru que j’étais bête. J’avais vraiment la croyance que j’étais bête, parce que j’ai pas beaucoup de culture et je me mettais avec des gens très intelligents, sûrement pour me prouver que j’étais bête tu vois…

Je viens de me rendre compte de ça mais, une sorte d’auto sabotage. Et j’ai toujours le sentiment que je suis pas capable par exemple. En fait un truc con j’ai le sentiment que je suis pas capable d’écrire un épisode de ETLMSF tout seul, mais ce qui est normal puisque ça n’existe pas si je suis tout seul. Ça me mettait un poids. C’est pour ça qu’on a mis beaucoup d’énergies dans le fait de médiatiser très vite le fait qu’on était trois et de mettre l’équipe en avant et de dire ETLMSF c’est un projet en groupe. Aujourd’hui c’est un peu fluctuant. Des fois ça revient. Des fois ça repart. Mais le fait d’accepter qu’elle est ma place là dedans, dans ce projet, ça ça m’a beaucoup aidé à avoir le sentiment d’imposture qui baissait et donc d’avoir moins d’auto sabotage etc. et d’être plus « peace” parce que là…

C: Vous en avez discuté et tu as émis le souhait de ré accorder le truc?

A: Oui, il y a eu ça. Ça s’est fait petit à petit en fait. En fait je l’ai compris à force de voir ce que les gens projetaient sur moi. Je me disais “ah oui en fait ce qui se passe c’est ça”. Et donc ça a pas été une décision, un déclic. C’était petit à petit, on a mis le truc en place. Et par exemple avec le spectacle, au début du spectacle c’est revenu ce truc là, dans les articles: “ETLMSF, avec Axel Lattuada”. On a été obligé d’appeler les journalistes pour leur dire “mais le spectacle on est trois à écrire…”. Ça c’était un peu chiant de devoir mais on l’a fait et tout, parce que moi je déteste ça.

C: Mais surtout qu’il y avait l’information sur… 

A: Oui mais t’as des journalistes qui font pas très bien leur métier tu sais…hein?

C: Ne vous sentez pas tous visés 🙂 Il y a un journaliste dans l’équipe ! (miaou). Donc c’est délicat, c’est comme s’il y avait une mauvaise communication. Ils se sont tellement pris au jeu, du personnage, ils ont pas pris de distance.

A: La bonne nouvelle c’est qu’on fait bien notre travail parce que du coup, il y a encore des gens, très peu, mais je sais qu’il y a encore des gens qui pensent que je suis vraiment ce personnage et tout. Je me rappelle de la première fois qu’on a sorti le premier bêtisier, il y a plein de commentaires qui étaient “ah mais en fait vous nous jouez la comédie, je suis super déçu”. Ils croyaient vraiment que j’avais ce débit de parole et que j’étais ce mec dans cette cave. Je trouve ça mignon, triste, rassurant et effrayant en même temps. (rire)

C: Tout ça ?

A: Tout ça en même temps. (rire)

C: Donc il n’y a pas d’avant, après en fait. Il y a un process.

A: Il y a un process. Il y a un avant après mais qui est pas immédiat. C’est un long process qui est fluctuant. Et en plus qui va avec tout le travail que je fais sur moi au quotidien depuis depuis… (miaou) 

C: (Le chat valide).

A: Juste quand tu (le chat) es arrivé en fait, non un petit peu avant. ETLMSF c’est né le jour où, on a avec Fabrice décidé d’arrêter de faire en sorte que ça marche. 

# La genèse de ETLMSF 

C: Alors, justement, retournons à avant. À la genèse, la petite graine de ETLMSF…

A: Un dimanche, on se fait chier. Et on se dit tiens on a plus de producteur. Le producteur avec qui on avait des projets de longs et courts métrages avait arrêté. Et donc nous on ne sait plus quoi faire. On a envie de créer mais on sait pas quoi. Et, moi j’avais commencé Youtube avec un autre pote (#habile). Presque un an avant. Je crois. Juste parce que en fait j’ai besoin de créer des trucs tout le temps. Tu vois la graine, c’est la rencontre avec Fabrice notamment.

Fabrice je le rencontre, via ce producteur, qui me dit un jour “tiens, je vais te montrer un court métrage d’un mec que j’ai rencontré. J’ai bien envie de bosser avec lui, j’aime bien ce qu’il fait…” et il me montre le court métrage et là je m’énerve, et je dis “bah super tu prends un mec qui fait la même chose que moi”. Ça sert à rien, on va se taper sur la gueule. Je regarde son court métrage j’étais vénère parce qu’il est super bien et tout mais avec tout plein d’idées que j’avais aussi. Genre le personnage principal de son court métrage c’était exactement le même que celui que j’étais en train d’écrire. C’était ouf. C’était au moment de ma pièce de théâtre.

Donc j’entendais parler de Fabrice. On entendait parler l’un de l’autre par ce producteur interposé. et un jour la pièce se joue et à la fin je vais voir mes comédiens dans les coulisses et une de mes comédiennes me dit “c’était dur ce soir, il y avait un mec devant là qui faisait la gueule c’était super dur de jouer et tout…”. Elle tourne la tête et là elle voit le producteur qui arrive avec Fabrice et elle me dit “putain c’est lui !” “c’est lui, il faisait la gueule et tout !”

Et en fait c’était juste que le producteur avait dit à Fabrice: “Tu regardes la pièce d’Axel et tu lui dis tout ce qui va pas dedans”. Parce que comme Fabrice est prof de dramaturgie, et moi je connaissais pas la dramaturgie il lui a dit ok tu lui dis ce qui ne va pas. Et donc Fabrice avait une pression de ouf parce que il ne me connaissait pas et il fallait qu’il regarde le truc que j’ai mis trois ans à faire et qu’il me dise “ça ça va pas, ça ça va pas”.

Donc évidemment il faisait la gueule il était concentré. Je crois qu’on s’est eu au téléphone une fois ou deux avant. On s’est vraiment rencontré ce soir là. Je me rappelle ce soir là on a marché pendant deux heures dans Paris. On a discuté de plein de trucs. Et à partir de là on a créé cette relation à la base professionnelle. On a dit, ok au lieu de se taper sur la gueule, on a qu’à se regrouper vu qu’on fait la même chose. Et en fait, très vite on est devenu hyper potes. Et, moi je commençais #habile en parallèle. Deux ans après je crois. On a eu deux ans de ok avec ce producteur de projet court et long donc on travaillait chacun sur le projet de l’autre. Puis un jour ce producteur a arrêté et là on s’est retrouvé vraiment comme des cons. 

Et donc je dis à Fabrice, écoute moi j’ai testé Youtube. Parce qu’on est pas du tout des consommateurs de Youtube, moi j’y connais rien. Aujourd’hui un petit peu plus parce que je rencontre des gens sinon c’était pas du tout mon truc… Je regardais plutôt des films. Et donc je dis “bah tiens j’ai testé Youtube. C’est un endroit dans lequel il y a du public si tu postes un truc. Va s’y on a qu’à faire une vidéo sur des sujets qui nous parlent”. Et la phrase ETLMSF c’est un truc qu’on se disait beaucoup entre nous, qui vient de l’exoconférence d’Alexandre Astier. Où il parle à un moment donné de la relativité du temps et il te dit un truc de ouf et il te dit “bah là c’est comme ça que marche le monde” et il dit “tout le monde s’en fiche”. Ça nous avait fait rire la manière dont il disait, la nonchalance tu vois de “c’est ouf et tout le monde s’en fou!”.

Fabrice à ce moment là il terminait sa formation de coaching en neurosciences appliquées et tous les jours il me téléphonait en disant “ah mec j’ai appris un truc de ouf sur le cerveau, ça marche comme ça comme ça”. On arrêtait pas de ce dire “et tout le monde s’en fou”. Un jour je lui dis “bah va s’y on a qu’à faire une vidéo”, moi ça faisait longtemps que j’avais pas tourné mais j’avais besoin de tourner tout le monde et je dis on se met sur ton canap’ on se film en train de discuter des sujets et on appelle ça et tout le monde s’en fou. Comme ça ça fait un espèce de “talk” entre deux personnes. Et il m’a dit moi j’ai pas du tout envie d’être filmé mais si tu veux va s’y je te film toi. “Oh, d’accord…”. Et c’était vraiment comme ça. Un dimanche, bah attend on va pas se mettre dans ton salon y a tes colloques ça va les faire chier… bah on va se mettre dans ta cave? Oui bon d’accord…

Et on ouvre la cave et on fait ok mais qu’est-ce qu’un mec foutrait dans une cave? Attend, on a qu’à dire que c’est un espèce de hacker machin, j’avais mon gilet bordeaux à ce moment là que je venais d’acheter, on a pris des lunettes de soleil Decathlon on a pété les verres tiens va s’y en fait on s’est dit ok on va pas le faire à deux on va le faire à un donc on va le faire en mode Youtube normal. La seule référence qu’on avait c’était Norman. Ok on fait pas toi Axel qui parle dans ta chambre, on va créer un personnage. Parce que c’est ce qu’on aime comme on écrit de la fiction. Et donc voilà dans la cave on s’est dit “ok un mec un hacker”. Des contraintes on a créé ce personnage. Cet humour condescendant c’est un truc qu’on faisait entre nous, qui nous faisait rire. Mais vraiment on le faisait entre nous ça faisait rire personne d’autre que nous tu vois le fait de prendre les gens de haut et de parler au mec comme s’il avait quatre ans parce qu’ils sont bêtes. Et donc on s’est dit “va s’y on va mettre ça dans ce personnage”. Et donc voilà on a fait le premier épisode, on l’a écrit. 

C: Vous avez écrit en faisant en fait ?

A: Oui pratiquement. En fait on a créé le personnage. Va s’y on a cette base là. On a fait le cadre. Va s’y on parle du sujet dont on parle le plus comme ça on a même pas de recherche à faire c’est tous les trucs. Vraiment le premier épisode il est sorti, il y avait rien à faire. 

C: Accouchement facile…

A: Oui, très facile. On l’a tourné, on l’a monté. Je suis rentré chez moi j’avais une petite idée du rythme et tout ça. Je lui ai envoyé, il m’a dit: “ah c’est cool franchement…”. On l’a mis sur Youtube donc on l’a envoyé à nos potes et on avait trois cent vues on était ouf! Et je me dis bah tiens quand même on parle de féminisme, il y a peut être des magasines féminins qui pourraient le relayer… Donc je cherche et je vois juste sur la page facebook de aufeminin.com en banderole c’était écrit: “envoyez-nous vos vidéos à telle adresse…”. Je dis bah va s’y, j’envoie. Il n’y a rien eu d’explosif. Je me suis dis “ok j’envois la vidéo”. Ils me disent oui très bien votre vidéo peut tout à fait convenir à notre ligne éditorial. Nous allons la partager dès demain. Et ils l’ont partagé et en cinq jours ça fait… 10 millions de vues !!! 

C: Tu as dit à un moment donné c’est au moment où on voulait plus que ça marche…

A: Oui, en fait pourquoi est-ce qu’on fait ETLMSF comme on le fait, parce que on a plus d’objectifs. On a juste, viens on se fait kiffer ! Viens on fait ce qu’on veut nous. Pas qu’est ce qui marche, qu’est-ce qu’on attend de nous? Qu’est-ce qu’il faut faire pour avoir des subventions… 

C: Dès le début c’était comme ça?

A: En fait, il y a eu tout, il y a eu toute notre carrière avant c’est-à-dire nos court métrages, nos machins, qui étaient très perso aussi mais qui étaient pas avec la même… Il y avait quand même une intention. On était dans un objectif. Et, là ELMSF ça a été: “Viens on fait juste ça presque pour nous”. Sans producteur, juste nous. Avec ce qu’il y a là (tripes) et ce qu’il y a là (coeur). Il y a plein de paramètres. Il y a aussi le moment où c’est sorti. Parce que c’est sorti plusieurs mois avant #metoo, je crois. Et donc il y avait le fait qu’on était des garçons qui parlaient de féminisme.

C: Ça c’était un hasard au final? Vous n’aviez pas la recette? Vous aviez accouché du bébé en mettant le cadre. Après tu as eu quand même l’idée d’envoyer la vidéo… 

A: Oui autant essayer de la diffuser quand même. J’avais eu la toute petite expérience avec #habile, où aujourd’hui on avait 20 000 abonnés, je crois. Ce qui est cool. On a eu Minute Buzz à l’époque qui nous avait partagé un épisode. On avait fait 100 000 vues sur Facebook on était comme des fous! Donc je voyais le mécanisme. Je me suis dis ok, l’idée c’est de partager. Donc s’il y a un média qui le partage je me suis dis pourquoi pas, les magazines féminins. Jamais on aurait cru faire 10 millions de vues en cinq jours. Et à partir de là ça a été n’importe quoi. 

C: Depuis le début en fait?

A: Ah oui c’est-à-dire qu’on est passé de l’anonymat à une des plus grosses chaines Youtube dans cette catégorie là, en tous cas, très très vite. C’est n’importe quoi ce projet. Vraiment. C’est ouf. 

# Le Syndrome Imposteur qui vient frapper à la porte (en tant que comédien) 

C: Et le Syndrome de l’Imposteur, là il t’a pas frappé à la porte en mode… “salut!”?

A: Bien sûr que si ! Évidemment, en plus je me fais connaitre en tant que comédien. Mais évidemment… Je me rappelle au début, le premier épisode avant de le diffuser je l’avais montré à des potes et tout. Il y avait des réactions genre: “oui oui c’est pas mal”. Je me rappelle, une des premières à avoir vu épisode de tout le monde s’en fou avant tout le monde c’était Marion Seclin parce que à ce moment on l’avait eu en “guest” dans #habile et on était devenu potes. Un jour il y avait Benjamin de #habile et Marion qui étaient chez moi, on parlait de projets et tout puis je leur dit: “Regardez, j’ai fait ça”. Et ils ont dit: “oh, c’est cool et tout”. Et genre le lendemain on l’a diffusé ça a fait (bruit) donc oui oui c’était, là ça a été explosif. Ça a été le vrai buzz.

C: Tu as du gérer le truc ? Tu faisais déjà un travail sur toi ? Parce que ça devait être un choc malgré tout. Tu peux très bien décoller… 

A: En fait, on s’est dit très vite parce que mine de rien on avait de l’expérience dans l’audiovisuel. On sait ce que c’est un projet. On s’est dit ok on a un truc là qui est en train de brûler il faut absolument qu’on en fasse quelque chose. Nous on s’était dit on en fera un de temps en temps. Se faire plaisir sur un sujet qui nous parle. On voulait parler de psycho et de physique quantique c’était les trucs qui nous intéressaient. Et donc on s’est dit ok là on a un vrai truc. Il faut faire les choses intelligemment. Donc intelligemment ça veut dire quoi? Ça veut dire, penser à long terme. Pérenniser le truc. Donc Fabrice m’a dit: “il va nous falloir un journaliste”. Je connais une seule personne au monde qui peut nous abreuver de sujets comme ça et tout, c’est mon frère, que je n’avais jamais rencontré où j’avais dû le croiser une fois comme ça Marc. On a appelé Marc qui était plus aux faits que nous de la vidéo internet parce qu’il avait monté des pôles vidéos.

Fabrice l’appelle et il nous a dit les gars, là vous êtes comme dans Mario Bros, vous venez de choper une étoile donc vous êtes invincible et vous clignotez pendant quelques secondes, et maintenant faut savoir ce que vous faites avec ça. Et on s’est dit ok il nous faut une prod’, pour cadrer ça, et Fabrice m’a dit écoute moi j’ai un prod’ avec qui il avait fait ce fameux premier court métrage que j’avais vu qui était fait dix ans avant. Il m’a dit le seul prod’ honnête que je connaisse dans ma vie c’est Christophe. Viens, on l’appelle. On a appelé Christophe qui connaissait que dalle en Youtube non plus. J’ai rencontré Christophe. Il est parti se renseigner sur ce que c’est internet il est revenu il a dit je comprends pas y a pas de schéma pré établi en fait puisque c’est un média hyper neuf. Encore plus, il y a quatre ans. Ça va très très vite.

Déjà il y a quatre ans, nous on est des vieux là aujourd’hui. Et donc il nous a dit ok moi je vais produire ça comme un objet audiovisuel classique. C’est à dire, qu’il va faire ce qu’il savait faire. Et donc ok on dit va s’y, deuxième épisode, on a choisi le sujet avec Marc. Au début, on s’est dit toutes les deux semaines parce qu’il faut avoir de la régularité. Puis on a mis en place un planning comme ça petit à petit et puis plus les épisodes sortaient, plus on avait de vues. Et donc on était contacté à droite à gauche. Évidemment on a eu des messages de toutes les grandes boites qui gèrent les Youtubers et qui te prennent 80% de tout ce que tu gagnes. Et donc nous on a eu la chance et l’intelligence de dire “non”.

À tout ce genre de trucs en tous cas au début. Et de rester indépendant parce qu’en fait notre communauté elle se faisait toute seule on avait pas besoin de, on avait pas de pub jusqu’à il y a quelques mois, on avait pas de pub. On a été énormément médiatisé au début. On a eu les Inrocks, Télérama, tout ça très très vite. N’importe quoi. On a même eu  les premières réunions de prod’ où Christophe me disait: “Bon j’ai eu Canal Plus et Comédie qui veulent faire un prime d’une heure et demi sur ETLMSF”. J’étais là mais “Comment? On a fait ça dans la cave il y a deux semaines!”. Donc ça a été vraiment très très vite, beaucoup. Il a fallu calmer l’égo parce qu’il y avait un truc et l’imposteur était là…

Aujourd’hui ça se calme un peu. On a trouvé un rythme de croisière. C’est quand même toujours la folie. On a fait deux livres, un spectacle, là on a un jeu de cartes qui sort au mois d’octobre. Là on est en train de préparer le long métrage tout ça…

C: Long Métrage?

A: C’est un projet pour l’instant. C’est le but depuis toujours. Moi je ne fais que ça pour faire du cinéma, bien sûr. Tout ça, c’est un écran de fumé. Fabrice et moi c’est là d’où on vient, même Christophe. Et Marc a découvert aussi l’écriture de fiction. Et oui bien sûr. Mare d’écrire des trucs que didactique. D’ailleurs ça sa voit, plus les ETLMSF avancent plus il y a de la fiction dedans. Les personnages et machin. Parce que moi j’ai envie d’écrire des dialogues. Mare des trucs face caméra d’un mec qui dit “je vais t’expliquer comment marche tel truc”. On commence un peu à saturer… 

C: Oui et en même vous devez rester fidèle pour ceux qui…

A: Oui, pas plus de vingt pour-cent de nouveauté. Oui c’est la loi de Hudson. En dessous de dix pour-cent les gens s’ennuient et au dessus de vingt pour-cent les gens flippent. Donc il faut trouver le bon équilibre entre dix et vingt de nouveautés à chaque nouveau cycle. 

# La bienveillance

C: Tu parles beaucoup, de la bienveillance dans l’équipe. Tu en as parlé aussi au sujet de Fabrice. Ça t’a aidé par rapport au syndrome de l’imposteur? On a l’impression que ça te portait vers le haut.

A: Oui bien évidemment. C’est ça qui était le socle. La première bienveillance qu’il faut vraiment avoir c’est envers soi mais c’est plus facile de s’appuyer sur celle des autres.

# La validation

C: Oui, c’est pour ça, que je pose la question. Il y en a plein qui disent que t’as pas besoin d’être validé par quelqu’un d’autre. 

A: C’est des conneries ça! Enfin, dans l’absolu oui et même moi je me dis oui mais pareil l’amour de soi faut pas être aidé… En vérité c’est qu’on est des animaux sociaux et que notamment, je sais que Fabrice dans tous les exercices de coaching qu’il a et dans tous les trucs qu’on met dans les épisodes, il y a toujours un paramètre qui est, un des paramètres pour avoir une estime de soi solide, c’est d’avoir au moins dans ton entourage huit personnes sur qui tu peux compter. Donc il faut, et je me le dis à moi même, *arrêter de croire que l’autonomie c’est la solitude*. Moi j’ai beaucoup tendance à confondre ça. Quant on m’a dit travaille ton autonomie je me suis dis ok c’est la solitude et en fait non les autres sont importants faut juste pas en dépendre. C’est toujours l’équilibre qui est chaud à trouver.

C: Il y en a plein qui disent “c’est bon, je peux être seul” et puis après “euh non”…

A: Grave, moi le plus gros exemple que j’ai du fait que les autres ne suffisent pas. Si moi je dépendais des applaudissement des gens en spectacle, en fait c’est sans fin. C’est-à-dire que iI y a cent personnes qui m’applaudissent je me dis ok c’est cool mais en fait j’en veux encore. Là, il y a mille personnes, oui mais c’est pas assez. Deux milles c’est pas assez…

C: Il n’y aura jamais assez de validation?

A: Oui, c’est Dalida qui s’est suicidée en disant que personne ne l’aimait, alors qu’elle était adulée par des millions de personnes tu vois. Ça, ça m’avait marqué cette histoire. Donc c’est l’équilibre entre son amour propre et celui des autres. Et celui des autres, c’est moins évident parce que notamment le public, *je dis toujours que le public c’est un pervers narcissique*. Que la foule, un jour elle peut t’aimer le lendemain te détester. Dans mon cas à moi de personne exposée au public il faut faire attention à ça parce que je suis allé voir un peu ce que c’était l’égo d’être connu. Et ça n’a aucun intérêt, vraiment.

C: Ça a aucun intérêt, c’est-à-dire?


A: Non mais quand on fait des conférences après il y a des gens qui viennent te voir et tout et là je prise un peu et prend tout les compliments et tout et en fait c’est complètement fictionné parce que ce sont des projections sur toi.

C: Parce que tu en es conscient.

A: Oui. En tous cas ce que je vois c’est que c’est facile de péter un plomb, de dépendre de ça et de devenir un connard. Vraiment je vois que la frontière, elle est là. Si t’es un peu fragile de ce côté là et si t’as pas conscience de toi, oui c’est facile. 

# La solitude

C: Pour la solitude avec les autres, est-ce qu’elle ta parlé cette citation de Robin Williams qui disait que *le pire c’est d’être entouré de gens et de se sentir seul…*

A: Oui. 

C: Tu penses que c’est un équilibre aussi? Tu penses que c’est possible de le ressentir dans ce milieu aussi?

A: En tous cas moi je le ressens. Ça m’arrive de me sentir seul alors que… d’avoir peur d’être seul même alors que je reçois des messages tous les jours de remerciement et tout. Après comme je suis quelqu’un de très positif, au final, de très enthousiaste et qui en plus travaille sur lui, je m’enfonce pas là dedans. Mais encore une fois je vois que ça existe et je vois comment tu peux tomber là dedans en fait. 

C: Le truc t’es passé en fait. Comme tout d’ailleurs, comme une émotion en fait…

A: La reconnaissance c’est un sacré travail. L’acceptation de l’imperfection aussi. Je suis en plein dedans. (rire)

C: On a parlé bienveillance maintenant on va parler de légitimité. Est-ce que… on va peut être pas parler du côté acteur, comédien dans le sens où ça t’est tombé dessus tu as eu le syndrome c’est passé maintenant t’as pu trouver une joie à travers ça. 

A: Oui, parce que je joue pour l’instant mon personnage. 

C: Ah oui?

A: J’aimerai jouer autre chose oui. Pour voir en fait. Ça fait quatre ans que je fais ça. Que j’écris ce personnage. Après je serai curieux maintenant moi en tant que comédien de jouer autre chose pour voir si j’en suis capable. Et d’ailleurs j’ai passé, on m’a proposé des casting. Et les casting c’était l’enfer. Là c’était l’imposture totale ! Après les casting et les pires situations du monde. Tu as quelqu’un qui te juge, sur un truc que tu n’as pas eu le temps de bosser. Et oui j’en ai fait un qu’on m’a proposé pour une série Netflix en plus, pour un petit rôle. J’étais super content. Je suis arrivé. Et un lapin pris dans les phares. En plus, ils m’ont fait passer le casting parce que si tu veux ils savaient que j’étais Youtuber et que c’était le rôle d’un présentateur télé. Et le mec me disait “va s’y fait comme dans tes vidéos”. Je fais mais t’as pas vu mes vidéos en fait parce que je n’ai rien à voir avec un présentateur télé. Je fais un personnage complètement barré.

C: C’est un problème de communication en fait

A: Bah tu sais il y a les ponts entre cinéma et Youtube. Tu sais Youtube c’est en dessous, c’est bien en dessous, c’est oui oui de vidéos où ils font leur conneries dans leur chambre c’est ça?

# La légitimité dans ton métier

C: La légitimité dans ton métier de monteur, et dans tes courts métrages. *Est-ce que j’ai besoin de faire des études pour être légitime?*

A: Moi de mon expérience, les diplômes c’était plutôt mes parents qui en avaient besoin. Ma légitimité d’avoir envie d’être réalisateur et de faire des films je me suis même jamais posé la question mais parce que en fait c’est la seule chose que je voulais en fait. Vu que c’est la seule chose que je voulais, je me sentais pas illégitime tu vois. Après, dans la faisabilité pour te lancer t’es obligé d’avoir un peu d’orgueil. Parce que le jour où tu dis à tes potes, j’ai écris un film, là on va le réaliser pour de vrai. Il y a deux choses il y a l’orgueil de dire ok oui je vais le faire et je vais diriger quinze personnes et je vais dire à tous ce que moi j’ai dans la tête et on va dire à tous faire en sorte de faire sortir ce qu’il y a dans ma tête. Réalisateur c’est pas un métier c’est un caprice. Donc il y a eu ce truc de.

Pareil c’est un équilibre. Moi il faut que je me donne de la puissance pour y aller. En même temps je le fais avec des gens qui me soutiennent parce que c’est mes potes. Il y a toujours cet équilibre entre toi et les autres. Et l’autre paramètre c’est l’expérience. Dans le sens où, sans que ce soit dans cette optique d’avoir de l’expérience, j’ai commencé avec des dessins puis ensuite j’ai fait des histoires avec un micro puis après avec une caméra. Et mine de rien, tout ça, depuis que je suis au collège je fais ça. Et donc c’est juste je me suis créé des sillons neuronaux et c’est comme faire du vélo, c’est comme jouer un instrument. Plus tu en joues et plus tu es légitime. Aujourd’hui je me sens pas légitime de prendre une guitare et de faire un do, parce que je le fais automatiquement. Tu vois ce que je veux dire?

C: Tu ne te poses même plus la question de le faire en fait parce que tu l’es. C’est par automatisme

A: C’est ça. Et le montage, juste parce que c’est le truc que j’ai fait le plus dans ma vie après des blagues. J’ai aucune question de légitimité, juste parce que je l’ai fait tellement et en plus j’ai été validé dans le montage. 

C: Oui parce que tu as été payé pour ça…

A: Oui et en fait je sais, je sais ce qu’il faut faire pour qu’un montage fonctionne, j’en suis sûr. Et en même temps, et comme j’ai pas de problème de légitimité là dessus je n’ai pas peur d’écouter les avis des autres. Parce qu’en fait l’avis de l’autre ne remet pas ma posture en question. Moi ma posture, elle est assise, il n’y a pas de soucis en fait. Et donc c’est d’autant plus riche quand tu te sens légitime d’un truc parce que tu es capable d’entendre les autres. Et si quelqu’un te dit un truc et que tu te sens rabaissé, c’est un signe pour voir que tu te sens pas légitime. 

C: Et comment tu nourris cet orgueil, de façon saine? 

A: C’est que j’avais pas le choix. Aujourd’hui c’est d’autant plus facile parce que mine de rien on est connu et reconnu. Donc dans le fait de lancer un projet, ça me donne un assise en fait. J’ai encore moins de difficulté à… Et encore on s’est fait refusé des projets. Malgré tout ça. Mais en tous cas, dans l’élan créatif je fais confiance à mes idées en fait.

C: Donc c’est à travers l’idée que tu vas produire, en soi, elle te donne cette légitimité?

A: Oui et surtout je n’ai pas peur de me planter. 

C: Ça vient d’où?

A: Je pense c’est le résultat de tout ça. J’ai eu la chance de… de me créer des bons sillons neurones pour ça. En fait c’est que j’ai des _croyances aidantes_ tout simplement. 

C: Ok, qui sont?

A: Ah c’est une bonne question ça, c’est quoi mes croyances aidantes… (miaou). Par exemple, une croyance aidante que j’ai et qui m’aide beaucoup c’est que je ne peux tomber en addiction à rien, à aucun produit. Je fume pas. J’ai jamais fumé. Et ça, ça me permet de tester plein de trucs. (point). Sans avoir peur en fait parce que souvent il y a la peur de l’addiction, et par exemple ça je l’ai pas. Dans la créativité tu vas avoir ce même genre de mécanisme. J’ai pas peur de me planter parce que… les meilleurs moments de ma vie c’était les moments où je créaient des trucs.

Les moments que je préfère c’est quand je mets de la musique sur un montage, sur de l’image, ça crée un… en fait je trouve ça tellement ouf ce que ça fait que je m’en fou de savoir si je suis légitime ou pas en fait je le fais. Un paramètre aussi c’est que avant je le faisais pour moi. C’est-à-dire que tous ces courts métrages que je faisais c’est pas comme aujourd’hui où tu avais la potentialité d’être vu tout de suite avec les réseaux sociaux. Et mine de rien je pense que l’exposition personnelle pour les générations plus récentes que moi c’est un truc qui est omni présent. Moi quand je crée un truc c’est pour moi et je passe beaucoup de temps à regarder ce que je fais. Même avec, mes courts métrages je les ai vu énormément. Je les regardais beaucoup, je les analysais… 

C: C’était pour perfectionner ou par satisfaction? 

A: Un peu les deux. Mais il y avait beaucoup de “Je suis content de ce que j’ai fais”, “C’est moi qui ai fait ça? Je suis super content” ! Et ça j’ai beaucoup de mal à l’avouer. Je crois que c’est la première fois que je le dis d’ailleurs. 

C: Tu le faisais mais t’en parlais pas?

A: Ah oui, non non. J’ai un souvenir au collège. J’avais fait un, c’était un truc en Anglais. J’avais créé un prospectus, j’avais découpé des trucs sur un jeu, sur Metal Gear Solid à l’époque. En anglais, bourré de fautes d’orthographes en anglais d’ailleurs j’avais eu une note de merde mais j’avais crée un objet super cool, pliable et tout. Et, j’étais hyper fier de ce truc là. (miaou) Et j’ai eu des notes dégueulasses parce que c’était de l’anglais et tout l’anglais dedans était… Et ça ça *c’était un premier truc d’injustice*. J’avais créé cet object moi même et je me rappelle j’ai un souvenir de m’être levé dans la nuit en me disant “il faut que j’aille le regarder”.

Je viens de me souvenir de ça et juste parce que j’étais super fier en fait. Et, j’ai des souvenirs comme ça de fierté de truc que je fais et de demande de validation de l’extérieur en disant “regardez, je crois que ce que j’ai fait c’est bien” et en fait, non. Et ça j’ai quelques souvenirs comme ça qui tombe. (miaou) Notamment une fois, ma mère passait l’aspirateur dans ma chambre. J’étais tout petit. Et j’avais envie de lui dire “maman je trouve que j’ai beaucoup d’imagination”. et là ma mère m’a répondu “ah oui, pourquoi t’as de si mauvaises notes en rédaction alors”. là tu as l’imposteur qui est venu: “bonjour, c’est moi, signé ici…”.

Ça c’était une des grosses balafres là dedans. Mais bizarrement ça ne m’a pas empêché de faire des trucs au contraire.

C: Bah, tu es sorti de ta zone de confort mais tu disais toute à l’heure que c’était le contraire de “mort”…

A: Le fait que je continue malgré tout à faire des trucs c’est que comme j’avais un énorme, ça a créé aussi un énorme manque de reconnaissance donc au lieu de m’enterrer et de dire “ok je n’existe pas”, c’est “là tu m’as pas vu? Et bah je peux te dire qu’à partir de maintenant tu vas me voir”. Et donc je suis devenu, comme dit ma psy, un “petit singe savant” pour que juste papa et maman me voient et bah j’ai fait de la musique machin et tant mieux ça m’a servi.

Ça a été fait dans de la souffrance en fait mais de ma nature je pense un peu optimiste et positive, je suis allé plutôt dans la sur enchère que dans la dépression. Pourquoi est-ce que j’ai pas peur de me planter et tout ça? C’est parce que j’ai eu la rage de ne pas être reconnu. Au lieu de m’enfoncer j’ai dis: “si vous allez me voir ».

C: Tu as fait l’opposé en fait…

A: Et pour refaire la boucle sur ce qu’on disait toute à l’heure, c’est là où l’extérieur il est infini et il est incomblable. C’est-à-dire que si à six ans j’avais eu une conscience spirituelle j’aurai dis “jai pas besoin que vous me reconnaissiez, je vais me reconnaitre moi même”. “Tu sais quoi maman ? c’est pas grave”. 

Et donc évidemment c’est là où aujourd’hui j’ai trouvé l’équilibre entre arrêter d’essayer d’être vu et d’être aimé par tout le monde parce que moi c’est ça ma névrose principale que tout le monde doit m’aimer, sans exception. C’est long. Donc syndrome de là aussi, la perfection etc, et c’est accepter donc que tout le monde ne peut pas m’aimer. 

C: Là, c’est bon? C’est accepté?

A: Ça va ça va. Il y a encore des relents des fois… 

# Croyance limitante

C: Tu parlais de croyance aidante. Ta croyance qui t’a le plus limité dans le temps ?

A: J’ai eu une croyance pendant longtemps que j’ai faite sauter avec Fabrice avec un exercice d’ailleurs de coaching. Un jour j’ai dit putain j’ai décelé une croyance là limitante qui était: *“ce sera mieux demain”*. Et j’ai eu l’impression de vivre la majeur partie de ma vie dans une transition. En me disant ok maintenant ça sert pas à grand chose parce que de toute façon ça sera mieux demain. C’est ouf, est-ce que c’est pas juste avant ETLMSF que ça m’a fait sauter cette croyance en plus? 

C: Tu as posé des mots dessus juste avant?

A: En fait, il (Fabrice) m’avait parlé d’un exercice de coaching pour faire sauter des croyances. Et un jour j’ai dit “bah tiens, je crois avoir mis une phrase sur une croyance à moi”. Il m’a fait faire l’exercice, et ces derniers temps c’est vrai que j’ai beaucoup moins cette sensation de transition permanente. Comme par hasard ça va aussi avec le fait que les projets sont… tu es obligé d’être dans le moment présent pour abattre tout le travail qu’on abat depuis ETLMSF. On est obligé d’être là. Et j’ai moins ce sentiment qui était un truc un peu triste en plus d’attendre quelque chose de mieux. Donc ça oui c’était une croyance que j’ai réussi à faire sauter.

C: Donc tu es plus dans l’instant présent maintenant?

A: Je pense oui.

# Dissocier la bonne de la mauvaise peur

C: Comment tu dissocies la bonne de la mauvaise peur ?

A: Je dirai, il faut écouter son corps. Et en ce moment je commence à entendre mon corps dans le sens ressentir des trucs. Et communément ce qu’on appelle l’*instinct*. Toutes les peurs sont bonnes. Juste il faut savoir les doser et en doser les conséquences comportementales chez toi. La peur qui t’empêche de faire quelque chose, comme l’*auto sabotage* tu vois il faut y faire attention. En gros la mauvaise peur c’est celle qui est pas conscientisée, qui est pas réfléchit. Alors comment tu l’as décèles ?

C: Tu as l’instinct à côté d’une fenêtre qui va te dire: “non n’y va pas”. Heureusement qu’il est là. Puis tu as l’intuition sur des projets qui te disent d’y aller et parfois qui te dit “non”, tu sais pas pourquoi d’ailleurs. Et au final c’est une peur. C’est une peur en mode il y a vraiment un risque derrière. Il y a un truc qu’on ne peut pas forcément expliquer. Mais toi est-ce que tu as décelé un truc, en mode “là ma peur c’est juste parce que je suis en dehors de ma zone de confort et que je fais un truc nouveau” donc par exemple, monter sur scène la première fois? Et l’autre peur qui est en mode “je le sens pas”. 

A: Moi ça dépend des domaines. La plupart du temps notamment dans le travail, quand, j’ai peur j’y vais. Et alors que dans le perso, notamment par exemple, dans le domaine des relations amoureuses, dès que j’ai peur je fais “non j’y vais pas”.

C: Tu fais tout le contraire?

A: Si j’arrivais à faire dans ma vie perso ce que je fais dans ma vie pro… Ça irait beaucoup mieux! Ça dépend du moment aussi, il y a des fois, mais non moi j’ai plutôt tendance à y aller quand j’ai peur. Mais après, je suis quelqu’un d’hyper raisonnable. Je prends très peu de risques dans ma vie. C’est pour ça que, un truc con mais j’ai bu de l’alcool très très tard, dans ma vie parce que ça me faisait peur. J’avais peur de perdre le contrôle tout ça. Fumer, pareil. Donc je suis vraiment vraiment hyper raisonnable, je suis un peu peureux, mine de rien. Mais dès que ça touche au danger de mort. Monter sur scène je ne peux pas mourir en fait. Faire un projet, monter un film pareil.

Comme j’ai aussi énormément manqué d’audace quand j’étais plus jeune notamment avec les filles. J’ai eu plein de regrets de “j’aurai dû leur parler” et un jour je ne sais plus quand, j’ai dit “je ne manquerai plus jamais d’audace dans la vie, plus jamais, quitte à me prendre des murs”, je préfère me prendre un mur, _avoir des remords plutôt que des regrets_. Ça c’est une phrase que mon père m’a dit très tôt dans la vie: “il vaut mieux avoir des remords que des regrets”. Donc, après je me mets jamais en danger. On a chacun sa vision du danger. Je flippais des fonds marins par exemple, j’ai fait quand même de la plongée sous marine. Pas parce que je flippais mais je me suis dis ça a l’air cool, il y a des gens qui le font…

Ça se dose une peur, il faut la regarder en fait. *La mauvaise peur c’est celle que tu regardes pas*. Tout simplement. C’est celle à laquelle tu réagis tout de suite tu dis, ah non. *La mauvaise peur c’est celle qui te fait être raciste*, parce que tu restes à la surface et tu vas pas voir est-ce qu’elle est cohérente cette peur ? 

C: Tu restes dans ta sa zone de confort

A: Oui, pour moi c’est celle que tu refuses de regarder parce qu’elle touche ton intérieur en fait. Et moi ça, ça répond à une névrose mais j’ai tellement peur de pas être quelqu’un de bien. Et j’ai lu que se remettre en question c’est quelque chose de bien et je suis d’accord avec ça donc je me remets tout le temps, tout le temps, tout le temps en question. Trop. C’est trop mais en même temps je préfère ça qu’autre chose. Les gens qui se remettent pas en question…

C: Tu as trop peur quand tu vois ce que c’est…

A: Oui, j’ai très très peur d’être quelqu’un de mauvais en fait. Vraiment et je sais que c’est trop. Mais au final je préfère être comme ça que le contraire. Après il est toujours question d’équilibre. J’essaye de trouver mon équilibre, d’accepter l’imperfection etc etc. Mais oui, j’ai extrêmement peur d’être quelqu’un de mauvais. Mais c’est relié à ma peur de ne pas être aimé par tout le monde. Qui vient du fait de ne pas être reconnu par mes parents, enfin de ma vision de ne pas être reconnu par mes parents. Tout est né là. Et en fait j’ai tellement besoin d’être aimé, je me sens pas aimable. Et donc on revient à ok “il faut que je m’aime moi-même avant”… 

C: Ça tu l’as fait, c’est bon? (humour)

A: Non c’est pas réglé. Après ça va de mieux en mieux, ça sera jamais parfait. De toute façon, vu que je travaille tout le temps sur moi, et que j’aime ça. Parce que j’aime ça en fait. C’est pas du travail ou de la torture en fait. En fait, ça ira de mieux en mieux. Et notamment en ce moment il y a des trucs qui s’ouvrent de ouf. C’est trop bien en fait. C’est trop bien. Je comprends d’autant moins les gens qui refusent de se remettre en question parce que ça apporte tellement de trucs. Ça m’énerve, ça me met en colère les gens qui ne se remettent pas en question. 

# La pratique qui t’a le plus aidé

C: La pratique, qui t’a le plus aidé notamment ces derniers (amour propre)? Une nouvelle habitude… 

A: Le confinement ça m’a beaucoup aidé. Alors c’est pas le confinement, ça a amené c’est ok, c’est toutes les remises en question que ça a mis sur les injonctions à la créativité par exemple. Tu vois, au début du confinement, j’étais très très très créatif.  Je faisais une vidéo tous les jours. Et c’était cool en plus je refaisais des trucs tout seul et j’étais content. Et puis à un moment donné je vais “ah bah aujourd’hui il faut que je fasse une vidéo, mais j’ai pas envie.

J’ai pas envie en fait. Viens je le fais pas, j’ai pas envie”. Et le lendemain pareil, j’ai pas envie non plus. J’ai eu un moment de “oh, trop bien ”. Et puis rien aucune deadline, aucune injonction. Donc, la discipline, la méditation ça m’aide beaucoup. Après j’en faisais avant mais je vois que c’est mieux avec. Pour le coup. Je vois que les moments où je suis vraiment bien et où les choses s’ouvrent c’est quand je prends le temps de méditer.  

C: Tu veux dire, de façon régulière quand tu dis je prends le temps, c’est une fois par jour?

A: Oui. Notamment, la semaine dernière je me suis fait opéré de la myopie. C’est trois jours les lentilles de protection et deux jours un peu chiant. Et là depuis hier je vois, c’est trop bien.

C: Tu es dans un nouveau monde ?

A: Oui ! ça change tout. surtout que j’étais hyper myope. Mais surtout j’ai eu cinq jours hyper compliqués. En plus c’est un peu ma faute. Au bout, tu troisième jour normalement ça va mieux et j’ai pas envie en enlevant les lentilles justement je me suis fais mal et j’ai eu peur j’ai eu très très peur. J’ai vraiment eu une panique, j’étais tout seul en plus. J’ai appelé à l’aide et pour que moi j’appelle à l’aide il faut vraiment que je sois dans une panique. Pendant ces cinq jours où j’avais très très mal et où j’ai eu en plus peur au bout de trois jours j’ai beaucoup médité. Je n’avais rien d’autre à foutre surtout, j’étais avec des lunettes de soleil à avoir mal tu vois. En plus j’étais sous efferalgan Codéiné donc j’étais un peu défoncé mais pas la bonne défonce, ne prenez pas oui…

J’ai eu des expériences de méditation de ouf. C’est vraiment la discipline pendant quatre jours, tu es dans le noir. Tu n’as pas le loisir de faire ça souvent. Mais oui notamment je suis persuadé que j’ai fais de l’auto guérison. J’ai vraiment été dans un processus de “ok, va s’y, j’ai mal, j’ai besoin de me guérir tout seul”. Et ça m’a beaucoup aidé.

C: C’est la première fois que ça t’arrive?

A: À ce point là oui. J’ai déjà eu des expériences de, je vais pas dire de transe parce que c’est pas ce truc là mais j’ai eu quelques méditations notamment en groupe qui m’ont fait partir très très loin et je remarque c’est souvent après une longue période où je le fais régulièrement et plus tu… Moi la méditation il y a trois, quatre ans ça m’a sorti de la dépression. J’ai fait une petite dépression. Pas énorme mais j’étais vraiment dedans et je méditais matin et soir et force est de constater que je m’en suis très bien sorti. Et je pense que sans ça, ça aurait pas été aussi probant. 

C: Donc tu t’en es sorti sans médicament?

A: Oui, totalement. Ah non moi c’était hors de question ça. Non, parce que c’était une petite et je le voyais. J’en étais conscient. Et je me suis dis “ok j’aime pas ça, je vais m’en sorti”. J’étais pas du tout dans un truc fataliste. 

C: Parce que les spécialistes, ils en donnent très facilement. 

A: Bah oui. Je ne suis pas allé chez le médecin pour ça. Si, en plus je suis allé chez le médecin, elle m’a dit: “si vous voulez je peux vous en donner”. J’ai dis: “non”. Et après je suis allé vers des trucs alternatifs. J’ai tout fait. 

C: Ah oui?

A: J’ai dit “ok, je ne veux pas être comme ça”. J’ai tout fait, de l’acupuncture, de l’hypnose, de machin, de l’EMDR (Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires). J’ai un pote en production qui m’a dit mais “mec ça sert à rien en fait, c’est comme si tu prenais un médicament de plein de trucs”. 

C: Tu as essayé plein de choses pourtant, c’est bien non?

A: Oui, alors c’était cool dans le sens, mais moi dans ma tête en plus c’était genre ok “prends mon cerveau réparez-le”. J’avais pas capté en fait que c’est toi qui va te guérir tout seul. Les gens, je remets ça entre vos mains. Mais en fait quand j’ai compris non que ça venait de moi bah je vais suivre un truc. Et c’est pour ça que j’ai trouvé ma psy avec qui je travaille depuis quatre ans.

Mais la pratique qui m’aide c’est que je vois quelqu’un toutes les semaines. Et que toutes les semaines depuis quatre ans je me paye “une remise sur le chemin”. Ah vraiment. En fait, c’est tout ce qu’elle fait. Je suis sur mon chemin, plus le temps avance, plus je dévie, et donc j’y vais, elle me fait “non c’est par là”. Et je lui donne soixante euros. Et ça fait quatre ans qu’elle me répète les mêmes choses. Mais c’est normal. Et donc la pratique c’est que je m’offre du temps pour prendre soin de moi. 

C: Oui

A: Et on est pas dans des sociétés qui nous poussent à faire ça.

C: Déjà les gens ne voient pas ça comme un bénéfice pour soi. Ils voient ça comme “je suis malade, j’ai un problème”. 

# Travailler (tout) seul sur soi 

A: Alors on est tous névrosés tous! (point). C’est à dire que si vous n’êtes pas névrosé vous êtes psychopathe. Il y a que deux choix en fait donc c’est vous qui voyez. Il y a quelqu’un qui m’a dit, il y a pas longtemps “ah moi je me connais bien je pense que j’aurai jamais besoin de voir un psy”. 

C: Alors ça, c’est un énorme sujet! Et pourtant ces gens veulent du bien. 

A: Oui c’était quelqu’un d’intelligent en plus qui effectivement se connaissait bien mais…

C: Ils sont cultivés, ils sont curieux puis dès que tu leur dis “t’as fait un travail sur toi?”. Ils te disent: “oui je lis, j’ai même tenu un journal”. Et voir quelqu’un? “Ah non j’ai pas besoin”. Alors que quand quelqu’un dit “j’ai pas besoin” (justement)…

A: Justement, tiens prends le numéro. 

C: Tu penses que c’est possible? Travailler sur toi tout seul, genre avec des livres?

A: Oui ça doit être possible mais c’est plus facile de faire réparer sa voiture par un mécanicien qui s’y connait en fait. Parce que en tout cas moi, j’ai vu que les outils ok j’en avais plein. J’ai plein d’outils. Et j’ai ouvert le capot de ma bagnole j’ai fait “d’accord, à quoi ça sert ça en fait?”. Oui tu peux te soigner tout seul, même tu as une appendicite tu peux t’ouvroir tout seul l’enlever mais franchement avoir un chirurgien ça sera plus sécure en fait, c’est juste ça. 

C: Il doit y avoir des tutoriels sur Youtube ! (rire)

A: Il doit y avoir ça oui. C’est du bon sens pour moi simplement. Même si tu es mécanicien toi même parfois tu as besoin d’avoir l’avis d’un autre mécanicien pour réparer ta bagnole tout simplement. Et malheureusement en Occident on pense que effectivement aller voir quelqu’un c’est “être malade”. Alors que au contraire, c’est quand tu vas bien qu’il faut aller voir un psy pour nettoyer en profondeur… Parce qu’on ne va jamais vraiment bien malheureusement.

C: Non non, ou on se le cache. 

A: Ce n’est pas possible d’aller vraiment bien dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. Ce n’est pas possible. Trop déconnecté de plein de choses. C’est pas possible, en fait. Donc il faut l’accepter c’est tout. Et se dire “ok c’est un terrain de jeu de ouf”, le développement personnel. Alors après, tu choisis tes armes.

Moi ce qui m’a parlé beaucoup c’est la spiritualité, il y a eu des mots au début dedans qui me faisaient chier parce que je suis issu d’une famille en plus hyper anti clérical et donc moi aussi j’avais des idées anti cléricales et donc le mot “Dieu” m’écorchait les oreilles. Et quand j’ai réussi à mettre de côté ça, à voir ce qu’ils voulaient dire dans les bouquins quant ils parlaient de “Dieu” je fais “ok ok je vois”. Ça me fait toujours un peu chier le mot “Dieu”, mais parce que personne ne comprend ça. 

C: Non, personne ne sait de quoi il parle. 

A: Donc aujourd’hui j’arrive à voir ce qu’il y a derrière. Et ça me fascine en fait la spiritualité, les énergies tout ça.

C: Mais c’est parce que tu l’as expérimenté. C’est pas les mots que tu as lu? Au final c’est ça la spiritualité…

A: Oui puis ça me parle. En termes de poésie, en termes de… ça me parle. Et surtout j’ai compris que tu lis un bouquin de psychologie hyper machin, en fait vous dites la même chose les gars, vous utilisez des champs lexicaux différents, arrêtez de vous taper sur la gueule en fait… 

C: Et on a besoin de ces autres façons de le dire. Parce que pour des gens, A, B, C, en parlent ils ne comprennent pas. Par contre la personne D en parle, c’est bon. Ils te disent, “tu as entendu parlé de D?”. Et toi tu réponds “mais je t’en parle depuis trois ans”. C’est ça qui est étrange. On a tous un même language et on aura beau avoir tous le même discours, il y en a avec qui ça passe et d’autre pas. 

A: C’est parce que l’être humain a besoin d’avoir raison. Même quand t’es d’accord avec l’autre. D’avoir plus raison en fait. (miaou)

# Un message sur tous les billboards de France

C: Si tu pouvais choisir un message qui apparait sur tous les billboards de France ça serait quoi? Tous les billboards de France… Un message…

A: Ça serait: Pour aller mieux le monde n’a pas besoin de quelques personnes qui font les choses parfaitement mais il a besoin que tout le monde fasse les choses même si c’est de manière imparfaite. Je l’ai vu quelque part, ça parlait de “zéro déchet”. 

# Un seul titre

C: Si tu devais avoir une carte de visite avec un seul titre, ça serait quoi?

A: Axel Lattuada, imparfait…

# Un livre

C: Le livre que tu as le plus offert ou donné autour de toi?

A: Les Accords Toltèques (Miguel Ruiz)

# La plus grande Peur

C: Ta plus grande peur aujourd’hui? 

A: C’est toujours la même, c’est d’*être quelqu’un de mauvais*. Même si j’ai travaillé dessus et que ça va mieux. Au final je vois quand je suis un peu en énergie basse, je suis un peu triste, c’est ça qui ressort. Si je suis un peu triste et que par exemple je picole un peu, c’est là que tu vas des fois toucher des trucs et des fois je regarde et en fait j’ai peur de pas être bien, j’ai peur de pas être assez bien. ::Ce qui me fait pleurer par exemple.

Ces derniers temps je sens que j’ai besoin de pleurer, j’y arrive pas. Pendant ces méditations où notamment j’ai beaucoup pleuré, qui parlait de la colère d’ailleurs. Et ce qui m’a fait pleurer c’est quand le mec de la méditation guidée a dit, “vous avez le droit d’être bien”. Vous avez le droit d’être confortable. Ça, ça m’a fait partir.:: Donc ce qui est sous jacent à ça c’est que j’ai peur de vraiment peur d’être quelqu’un de pas bien, d’être méchant. Ma psy serait là, elle dirait “tu vois bien que c’est relié à ta peur de ne pas être aimé”. Je pense que c’est vrai mais elles se tirent la bourre. 

C: C’est toi vis-à-vis de toi aussi surtout. 

A: Sauf que j’ai tellement mis de temps et d’énergie à être moi vis-à-vis des autres, genre “si les autres me voient j’existe”. Je suis en train d’essayer de voir ce que ça fait de vivre qu’à travers moi. Donc j’ai pas encore mon île. Je vis beaucoup sur l’île des autres. Je flotte. 

# Intention

C: Ton intention du moment? (en un mot)

A: L’équilibre, toujours.

C: Parce que l’équilibre ce n’est que la compensation permanente de la chute

# Tout premier film (spectateur)

C: Ton tout premier film, que tu as vu enfant, qui t’a marqué? Celui qui t’a fait prendre conscience que tu voulais faire des dessins animés, que tu voulais créer, que tu voulais raconter des histoires… 

A: Il y en a tellement ! *Dark Crystal* (1982) on va dire. 

C: Tu avais quel âge?

A: En fait, les trois films qui m’ont marqué c’est *Dark Crystal*, *Beetlejuice* (1988) et *Les Aventures du baron de Münchhausen* (1988). Ce sont des films que je regardais en boucle. Alors avant ça il y avait d’autres trucs, mais qui étaient pas des films, c’était des dessins animés, c’était *Capucine la Petite Taupe* (1982), c’est un dessin animé polonais je crois (tchèque). *Gédéon* (1976), c’était l’histoire d’un caneton avec un grand coup et des dessins super chelou. C’est ce que ma mère m’achetait dans les magasins bizarres. Et je regardais ça en boucle. Mais film vraiment film, oui le baron de Münchhausen je regardais beaucoup. En boucle.

# Film idéal (réalisateur)

C: Ton film idéal ce serait quoi? (ta propre production)

A: Mon film idéal, aujourd’hui ce serait quoi? Mon film idéal je le ferai avec Fabrice et Marc. Je jouerai dedans je pense, parce que je trouve ça cool de jouer. Et ce serait une comédie avec une univers style punk un peu. Un peu genre, *la Cité des Enfants Perdus* (1993). Avec un vrai décor pas la 3D. Comme le film la Cité des enfants perdus c’est un des derniers films français qui a été fait dans un décor à taille réelle. En comédien, il y aurait: Alain Chabat, Albert Dupontel, Muriel Robin, Alexandre Astier bien évidemment, toute l’équipe de Kaamelott en “guest”. Ça parlerait de l’enfance, du contraste entre l’enfance et l’adulte.

C: Alors ton propre remix, c’est-à-dire *les personnalités qui t’ont inspiré et qui ont fait la personne que tu es aujourd’hui*? On le dit pas assez mais on s’inspire tous de parents, de ce qu’on voit à la télé… 

A: *Jim Carrey* de ouf évidemment. *Michel Courtemanche* aussi c’est même école. *Alexandre Astier* parce que très clairement, en terme de légitimité Alexandre Astier m’a beaucoup aidé (malgré lui). Moi j’aimais pas Kaamelott quand c’est sorti, je trouvais ça nul. Je comprenais pas pourquoi ça faisait rire. Et c’est mon pote Alex qui a commencé à regarder ça et à me tire “c’est tellement drôle !”. Je faisais “ah bon?”. Et là j’ai commencé à regarder Kaamelott pour de vrai et j’ai fait “mon dieu mais c’est génial”! 

C: Il faut rentrer dedans en fait…

A: Ce génie de l’écriture du dialogue. Ça a comblé un vide dans mon cerveau et mon humour il a pris deux cents points XP en plus. Et ma pièce de théâtre c’est que des dialogues et ça ressemble beaucoup à l’écriture de Kaamelott avec des punchlines, des trucs absurdes, des personnages un peu débiles. Donc Astier a été une grosse partie, très récente. Ça a été une grosse grosse influence. Mes bases d’humour c’était *Michel Courtemanche*, de base. J’adore le mime.

Je suis un gros fan de mime. J’adore ça. On voulait en mettre dans le spectacle mais on en a mis au début ça fonctionnait pas trop. Mais oui, *Courtemanche*, *Jim Carrey*, *François Pérusse*, *L’Album du peuple*, que j’ai rencontré. On était invité au Canada dans une convention de geeks. Il était là, invité. On me dit “bah viens, je vais te le présenter”. Pareil, cinquante pour cent de mon humour c’est François Pérusse, tu vois? C’était au tout début, à peine un an qu’on avait fait TLMSF,  et je lui dis “j’adore ce que vous faites depuis que je suis gosse, j’adore tous vos sketchs par coeur, je les écoute régulièrement…”. Et il me dit “ah oui et toi tu fais quoi?”. Je lui dis “je fais ETLMSF” et il me répond “ah oui, je regarde avec mes enfants…” !

Je demande: “je peux faire une photo avec vous”, il me dit: “non non c’est moi qui fais une photo avec toi”.

Je fais: “ok, je peux arrêter ma carrière” (rire).

Et Muriel Robin aussi encore, j’insiste. C’est du génie d’écriture, dans l’absurde, j’adore.

C: C’est la seule femme que tu as mis dans la liste… ?

A: C’est vrai que paradoxalement… Mais parce qu’elle sont pas trop beaucoup mises en avant aussi tu vois. Être féministe, j’ai découvert que je l’étais en côtoyant Fabrice. Mais j’avais pas ce combat là dans les tripes. Comment dire… j’avais un point de vue sur ce que doit être le monde entre l’égalité homme – femme. Mais j’étais pas conscient de toutes les inégalités, c’est en les découvrant, à travers Fabrice, et que j’ai mis beaucoup d’humour, parce que je trouvais ça fou, je trouvais dingue en fait. Je me disais mais c’est pas possible?

On est vraiment débiles en fait… Et c’est comme ça qu’est né TLMSF, c’est ce regard un peu neuf. Si un extraterrestre arrivait chez nous, il dirait: “Ils sont encore vivants eux? Comment c’est possible?”. Et donc oui, j’ai pas été nourri par beaucoup d’artistes femmes, dans ma jeunesse. Mais parce que des réalisatrices il y en a pas beaucoup. Mais juste parce que le milieu est sexiste en fait. Et comme j’étais pas dans une recherche forcément d’aller chercher, bah oui il y a beaucoup d’hommes dans mes mentors en fait…

C: Aujourd’hui, plaisir ou devoir (dans ce que tu fais tous les jours)?

A: Plaisir

# Boris Vian et L’Écume des Jours 

C: Pourquoi Boris Vian? (très présent dans ses courts métrages)

A: Parce que j’aimais pas l’école. Je déteste les devoirs justement. Moi à partir du moment où tu m’imposes quelque chose mon cerveau est incapable de s’y intéresser. Et Boris Vian c’est quelqu’un qui est venu désamorcer ça (malgré lui aussi). Mais quand j’ai découvert, parce que j’étais obligé de lire *L’Écume des Jours* en cours de Français. Je lisais pas quand j’étais petit. Mais mère a essayé de me faire lire quand j’étais petit, elle lisait beaucoup. Et en fait, je n’aimais pas ça. Je préférais regarder des films. Et même les livres qu’on était obligés de lire à l’école je me démerdais pour pas les lire. J’ai toujours réussi à me démerder. Et là Boris Vian je l’ai lu et j’ai fait “mais mon dieu, ce mec est dans ma tête en fait”. Toutes ces métaphores, ces figures de style, ce qu’il racontait… Je me rappelle la première fois que j’ai lu quand Colin marche dans les escaliers et décrit la danse des jupes des demoiselles d’honneur.

Il décrit les mouvements des jupes pendant que les femmes montaient. À partir de là, j’ai tout acheté de Boris Vian. Il y a des trucs qui sont illisibles. En fait, il fait référence à des trucs que je ne connais pas. Donc ça a aucun intérêt. Oui cette vision, c’est ça que je veux faire dans la vie. C’est prendre le monde et le rendre beau. Et même des trucs beaux il les rend encore plus beaux à travers les mots. Et même ça me buggait Boris Vian, je regardais beaucoup de film donc j’étais beaucoup dans l’image. Pour moi les livres c’était en dessous du cinéma parce que c’est mieux de voir. Et là j’ai compris ce que c’était que de jouer avec les mots et d’écrire des trucs que tu ne peux pas mettre en image. Et j’ai cru que Gondry avait gâché ma vie. Alors non, il n’a pas gâché ma vie.

J’ai une anecdote assez marrante. C’est que, j’ai voulu faire du cinéma à partir du moment où j’ai lu L’Écume des Jours. Et là je me suis dis “ok”, je veux adapter ça au cinéma. Je veux moi mettre des imagines là dessus. C’était plus fort que moi “je veux filmer ça”. Et ça a été mon immotivé pendant toutes mes études et tout. C’était mon but. J’avais commencé à savoir quel comédien je voulais. Tous les courts métrages que j’écrivais étaient inspirés de ce que je voulais voir dans mon film Écume des Jours.

Mon producteur qui m’a suivi depuis le début était au courant de ça “il me dit oui t’inquiète on va le faire”. Je me rappelle un jour j’étais chez mes parents, j’étais revenu pour le week-end et je revoyais une de mes potes que j’avais pas vu depuis longtemps et qui me balance comme ça au cours d’une citronnade: “est-ce que tu as vu que Michel Gondry va adapter l’Écume des Jours?”. J’ai fait: “quoi?!” et là mon monde s’est écroulé. Je suis allé prendre mon téléphone et il n’y avait rien de prévu. C’était juste une idée pour moi mais c’était le but de ma vie. J’appelle mon prod et j’ai dit tu as vu? j’étais démuni et j’ai dit ok plus rien n’a d’intérêt. Il me dit non t’inquiète. Il y a déjà une version qui existe que je n’ai pas vu d’ailleurs, de 1972 avec Jacques Perrin qui est dur à trouver. J’ai jamais réussi à la voir. Mon prod me dit t’inquiète ça veut dire que tu as eu bonne idée, que ton idée elle est viable. On verra.

Avant ça, c’était annoncé qu’il allait le faire et plusieurs années après, j’habitais dans le 18ème il y a encore six mois, et un soir je rentre chez moi. J’habite sur le trottoir de droite et pourquoi ce soir là je rentre par le trottoir de gauche, j’en sais rien. Je marche. Je passe à côté d’un poteau sur lequel était scotché une page blanche et je ne sais pas pourquoi je m’arrête et je vais lire cette affiche. Je regarde le truc et je vois tournage la semaine prochaine dans la rue Lamarck de l’Écume Des Jours de Michel Gondry, entre le numéro 30 et le numéro 34. J’habitais au 32. Donc il est venu tourner ce film en bas de chez moi

C: C’est excellent !

A: J’ai rien vu. C’était tourné dans une appart en fait. Tu vois le cerveau, l’inconscient. Puis bon voilà, j’ai vu ce film et ce film est mauvais quoi. Et c’est pas de sa faute c’est juste qu’il est inadaptable. J’exagère.

C: Tu avais une idée du truc…

A: J’aime bien Romain Duris mais tu ne prends pas Romain Duris et tu ne prends absolument pas Audrey Tautou ! Et Amélie Poulain est mon film préféré mais tu ne prends pas Audrey Tautou… Bon en plus il a pris Alain Chabat pour faire le cuisiner c’est exactement ce que je voulais faire ! En plus ça fonctionne pas. Pourtant c’était cohérent, tu te dis Michel Gondry qui fait l’Écume Des Jours tu te dis oui évidemment.

C: oui c’est son style. C’est pas si mal que ça t’est pas plus. Il y aura une version 2030. Aujourd’hui non. Mais rien n’empêche que ça t’a poursuivi un moment…

A: Tu vois ça a été ça mon orgueil de pourquoi je veux faire du cinéma, parce que moi je veux adapter l’Écume Des Jours. Tu vois, et pas pour être connu c’est parce que je veux faire ça, je veux mettre des images là dessus. 

C: C’est pas pour rien…

A: Non. Il ne faut pas essayer de le comprendre surtout. 

C: Il y aura une suite !

La Créativité selon Woody Allen

La Créativité selon Woody Allen

“La douche… vous savez il y a des ions positifs sous la douche provenant de l’eau qui tombe, l’électricité, ça aide à la réflection, à générer des idées. Si je me déshabille et que je vais sous la douche, pas que j’en ai besoin, (je peux très bien avoir pris une douche trois heures auparavant lorsque je me suis levé), mais juste rester sous l’eau, vous changez de lieu, vous laissez le monde réel derrière et les choses s’ouvrent à vous. »

« Ce que les gens (qui n’écrivent pas), ne comprennent pas c’est qu’ils pensent que vous inventez les lignes consciemment alors que c’est faux. Je suis assis dans la pièce, je pense à la fille qui rentre dans la pièce, elle parle et mon inconscient fait une blague. Je rigole à cette blague parce que je l’entends pour la première fois. »

« Vous savez, je crois beaucoup à la chance, je le répète dans mes films, les gens disent que je provoque ma chance, la même personne descend la rue et un piano lui tombe sur la tête,  » l’arroseur est arrosé « . La vérité c’est que votre vie ne peut être contrôlée. Vous savez une personne peut chanter, une autre peut dessiner et faire du mieux qu’il peut et puis rester à la merci de la chance. »

Source: Interview of Woody Allen by Cal Fussman, 2013

The shower, you know there are positive ions in the shower coming from the water coming down, the electricity, it helps your thinking in terms of ideas if I take my clothes off and go into the shower not that I need a shower I may have had a shower three hours ago when I woke up but just to stand under water in the shower its the change of venue and you’ve left the real world behind and things open up for you.
What people don’t understand that don’t write is that they think that you make up the line consciously but you don’t so I’m sitting in the room and thinking at the girl comes into the room and she says and my unconscious it makes the joke and I laugh at it because I’m hearing it for the first time myself
You know I’m a great believer I’ve said this in my movies in luck people say well I make my luck and the same guy walks down the street and a piano drops on his head that’s name hoisted (l’arroseur arrosé) the truth of the matter is your life is very much out of your control you know one person can sing one can draw and do the best you can and then you’re at the mercy of fortune.”

« On ne cesse jamais d’apprendre » – M.

« On ne cesse jamais d’apprendre » – M.

2ème partie du 6ème épisode, de la saison 1 du Podcast: première partie disponible ici.

à écouter et télécharger sur SoundCloud: ici.

Épisode #6 avec Mély du Chaudron Pastel

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Transcription de l’épisode :

Un processus de création : par “vague” de création…

C: Tu vas avoir une idée, tu vas la noter, et puis après ?

Déjà ce sont des idées, il y a les trois-quarts des idées qui viennent de moi-même après il y a un peu moins des un-quart qui viennent soit de suggestions de lecteur. D’ailleurs, des fois quant un lecteur me soumet une idée ça peut mettre plusieurs mois avant de se concrétiser. Il y a souvent les projets du moment. J’ai une idée d’un article, d’une vidéo, pour ça sorte, il peut se passer plusieurs mois. C’est vraiment un processus très lent de maturation, de créativité et des fois ça se fait de façon rapide mais c’est quand même une minorité. Il y a des articles, ou des videos que je fais en une semaine. C’est très rare mais ça arrive. Du coup, c’est vraiment des élans des vagues c’est comme quelque choses qui me traverse et que je dois ressortir si je ne ressors pas sur papier, téléphone ou ordinateur ça bouillonne et ça fait comme une espèce de cocotte minute donc une fois que je note ça après c’est par bout et par vague de création. Des fois, il peut y avoir quelque chose qui coince et qui peut durer quelques jours, voir quelques semaines et au début je forçais vraiment. Tel jour, je me disais à telle heure, et telle heure je travaille sur cet article et à telle heure j’aurai fini. J’ai fait ça pendant à peu près trois ans ce qui m’a un peu épuisé, enfin ça ne m’a pas épuisé mais c’était fatiguant parce que des fois je n’arrivais pas à créer et du coup je culpabilisais à la fin de la journée de ne pas avoir créé suffisamment et j’ai beaucoup lâché prise par rapport à ce processus de création et de vague et maintenant mon activité est telle que j’ai plusieurs, même au delà de la facette de création d’articles et de vidéos. j’ai plein d’autres choses à faire donc si un moment donné il n’y a pas ce processus de création qui est en moi ce n’est pas grave, j’ai dix-mille choses qui m’attendent à côté donc je ne m’ennuie pas.

Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui fonctionnent en flux tendu. Puis, un mois avant la deadline, une pression de malade! Il y a beaucoup de gens qui fonctionnent comme ça. Même si ce n’est pas forcément un processus créatif… Pendant longtemps j’ai fonctionné comme ça. Je pense que je fonctionne beaucoup moins comme ça, qu’il y a dix ans. Même s’il y a toujours une partie de moi qui fonctionne toujours comme ça, elle est vraiment très faible par rapport à auparavant. Non c’est plutôt cette sorte de vague par contre admettons que je me suis dis de neuf heure à midi je fais ma comptabilité mensuelle parce que chaque mois, je dois l’envoyer à mon cabinet d’expertise comptable et que le lundi à 7h30 en me réveillant j’ai une vague de création alors là, je balance tout ce qui est compta et je le fais! Les seules choses que je ne peux pas mettre de côté, parce que c’est un engagement, et pour rien au monde je le ferai, ce sont mes rendez-vous et consultations de naturopathie et quand ce sont des choses que je me suis données, des tâches avec moi-même alors là, je mets tout de côté en standby, et ça attendra.

C: Tu as cette flexibilité entre une structure et en même temps, tu continues à suivre… Tu n’es pas dans la réactivité du moment. Tu es dans les deux. Une structure mais tu ne te prives pas de la casser?

M: Je n’ai pas toujours fait ça comme ça, avant j’étais beaucoup plus. Ça c’est de par mon papa qui est extrêmement organisé, beaucoup plus que moi. Ma constitution Naturopathique, (en naturopathie comme en Ayurveda, il y a les Doshas) le montre bien. En naturopathie, il y a quatre constitutions et selon celle que l’on a, on a des qualités et des défauts et une des qualités liée à ma constitution c’est une très grande capacité d’organisation. Ces gens font souvent de très bons chefs de projets ou chefs d’entreprises. De par, aussi, mes études (assistante de gestion). Tout ce qui touche à l’organisation, pour moi c’est plus qu’un truc inné, ça a été constant dans ma vie.

Lorsque je me suis mise à mon compte, j’étais très psychorigide, c’était un truc de fou! Et maintenant, c’est beaucoup plus dans la flexibilité dans le “lâché prise”, parce que je pense qu’aussi lorsque tu es chef d’entreprise, tu subis. Moi j’en ai subi une certaine pression et si on apprend pas a lâcher prise, à danser et suivre le rythme de la vie tu finis par t’y briser les os en fait, et t’épuiser. Donc la vie m’a quelque part amené à apprendre cette flexibilité pour survivre.

C: Ça t’a pris du temps, pour trouver ton équilibre?

M: Oui et je continue toujours à trouver mon équilibre. On apprend toujours on ne cesse jamais d’apprendre.

C: Question rituels! Tu en as?

M: Alors je suis “miss rituels”, c’est-à-dire que si on m’enlève mes rituels, alors c’est vraiment parce que je suis très flexible pour beaucoup de choses mais pour beaucoup de choses mais par contre il y a des trucs si on m’enlève mes rituels, je suis pommée! Mais genre c’est la catastrophe… Alors je pense que le rituel, j’en ai un seul c’est le matin. C’est le matin, c’est a dire me lever super tôt (Miracle morning) mais moi ça je le fais depuis 2005 (donc bien avant que le livre ne sorte) ! Et moi, si on ne me laisse pas ma bulle de tranquillité le matinje suis seule et je fais des trucs très régressifs, je suis dans mon plaid, je ne suis pas maquillée, je suis entourée avec ma tenue koala, j’ai des plaids par dessus et je me balade dans mon appartement, je fais mon petit déjeuner cocooning, j’ouvre la fenêtre pour aérer , je mets de la musique douce , je zone sur Pinterest mais je me nourrie aussi de belles images, de belles citations, sur Tumblr je regarde des petites videos mais vraiment des choses super douces, en pleine conscience, des choses qui me nourrissent visuellement, artistiquement, spirituellement émotionnellement et après voilà, on peut commencer. Par exemple, lorsque je suis en voyage ou que je dois être avec un groupe de personnes et que je n’ai pas ce rituel du matin à midi je suis épuisée, mais épuisée… Je n’en peux plus et il faut me recharger… voilà donc, ça c’est mon rituel mis à part ça, tout le reste de la journée il peut se passer n’importe quoi, des choses stressantes… moi c’est “peace and love”, tout va bien, il n’y a pas de problème, on avance pas à pas.

C: Et la méditation ou le yoga?

M: Non… Peut-être un jour, dans 10 ans… des trucs très yogi, plus spirituels mais non là, c’est aussi simple que ca.

C: Aujourd’hui on est dans un monde ultra connecté. Pas forcément vers l’intérieur mais plutôt vers l’extérieur… Est-ce que tu as un rituel par rapport à la déconnexion digitale? Que je peux trouver (personnellement) parfois “overwhelming” (écrasant ou envahissant)…

M: Je pense que j’ai beaucoup appris sur ça et j’ai beaucoup progressé. J’ai acquis un équilibre qui est (je pense) plus sain pour moi. Aujourd’hui plus, qu’il n’y a quelques années mais j’ai encore des progrès à faire comme beaucoup de gens sur beaucoup de sphère… Alors plusieurs choses au niveau de la technologie pure et ça c’est valable pour la radio, la télé, les blogs, les réseaux sociaux, n’importe quoi… tous ces outils, toutes ces sources d’informations peuvent êtres de formidables sources d’informations, d’idées, d’opportunité pour se recharger avec des ressources positive. Tout comme des choses qui vont te vider, qui te font culpabiliser qui te “overwhelm”, surcharge, se faire dépasser, submerger… Et en fait, la seule chose qui peut faire la différence c’est nous-même, c’est-à-dire “comment on utilise cet outils?”; “comment on utilise la radio, les podcasts, la télé, les réseaux sociaux, Facebook, etc.?”

Donc c’est vrai que parfois c’est difficile de faire la part des choses. Quant on vit dans un système où des fois, on voit même plus “comment on le vit”. En fait, ça peut paraître assez fou, mais c’est vraiment le cas. Moi, je suis une geek mais avec le temps j’ai appris à ne pas me sentir submergée, et lorsque je me sens submergée, ça peut être intellectuellement (épuisée psychologiquement parlant) ou alors chaque chose a une facette obscure et lumineuse… mon SII (Syndrome de l’Intestin Irritable), lorsque je suis trop stressée, mon corps me dit “stop”. Tu appuis sur “pause”. tu te recharges et après tu pourras à nouveau recommencer… Il y a beaucoup de personnes pour qui le corps n’arrive pas à ressentir cela. Par ma part, j’ai un système qui me fait ressentir de façon assez “forte”, du coup je sais qu’à certains moments je dois recharger. Soit, je suis épuisée dans ma tête, soit c’est mon corps qui me le dit et qui s’exprime (à sa manière). Et aussi, je me suis beaucoup renseignée autour du “minimalisme”. Il y a le minimalisme dans la maison, ainsi que sur les réseaux sociaux et de plusieurs autres manières… Moi avant même ça, je sentais que mon téléphone qui est pour moi très important, il y avait beaucoup trop d’applications! Rien que le fait de regarder l’écran ça me “overwhelm” donc j’ai mis sur la première page le “strict minimum” et ensuite sur la deuxième et troisième page j’ai des dossiers et tout, mais c’est quelque chose que je ne vois pas. Et j’ai désactivé les notifications. Je n’ai aucune notification sauf pour les appels. Même les textos, Whatsapp, Messenger, c’est seulement si je vais sur mon telephone que je vois un message sinon il n’y a rien (pas d’alerte).

Et puis au niveau de la réactivité des fois, je peux très bien ne pas consulter mes emails pendant deux jours, comme je peux aussi les consulter le dimanche à 23h parce que ça ne me pose pas de problème. Donc, j’ai appris a être à l’écoute de mon niveau d’énergie et de mon niveau de fatigue ainsi que la capacité que j’ai à ce moment là, à donner à autrui, à répondre à des commentaires, à répondre à des emails etc. Je préfère que la personne attende, 6h, 24h voir 48h et qu’elle est une réponse vraiment pleine d’amour, et beaucoup plus riche pour elle.

C: Comment fais-tu la distinction entre le moment où tu consommes (les médias) et le moment de création (l’écriture de tes articles par exemple)?

Deep focus

M: J’oscille entre les deux. Je suis toujours en train d’essayer de trouver mon équilibre et de le peaufiner donc il y a des jours où (par exemple) je suis très centrée sur la poutre et des fois, je suis debout rien de spécial et je me laisse un peu balloter mais je sens en fait le moment, où je commence à m’épuiser et du coup, là, je descends de la poutre et je me recharge.

C: Tu as débuté ta carrière en tant qu’assistante de gestion (3 années) pour après “changer” de métier en faisant une reconversion en Naturopathie. Quelle est ton approche du travail à l’heure actuelle?

M: Elle a beaucoup changé. J’ai été élevé par un papa formidable mais j’ai été élevé par un papa qui est parti de chez lui a 14 ans et qui a commencé apprenti forgeron, ouvrier dans une usine et qui a fini Directeur Informatique dans une très grande banque. Donc, il a gravi les échelons et il m’a pas chômé… et j’ai vécu, grandi avec un papa qui me disait “il faut travailler dur, tout le temps”, “il ne faut pas arrêter”… Et oui, dans notre société, on nous demande de travailler dur avec le “no pain, no gain”, etc.

C: et parfois jusqu’au burnout

M: Effectivement, a beaucoup de gens ça arrive. Donc moi, je pense qu’effectivement il y a certaines choses (en tout cas mon experience, mais après chacun son chemin et sa vie). Mon experience c’est sur que le Chaudron Pastel, il est aujourd’hui ce qu’il est parce que j’ai beaucoup investi de temps et d’énergie. Je n’ai jamais eu peur de l’échec. J’ai une très grande confiance mais j’ai vraiment beaucoup investi de temps et d’énergie . Je peux enfin lever le pied et m’accorder un peu plus de temps libre et quand je dis un peu plus, ça se compte en une à trois demi-journée par semaine donc c’est pas non plus le bout du monde mais par rapport à il y a trois ans c’est beaucoup. Je pense qu’au début je culpabilisais beaucoup. Je me disais: “mais non, je ne peux pas me reposer, je ne peux pas faire moins ou autrement… Il faut vraiment être productif, productif, etc.”. Donc quant on lance une entreprise, le premier but c’est d’essayer de financièrement toucher les deux bouts, en fait. subvenir à ses besoins. Une fois que ce but est atteint, et moi je l’ai atteint, le but et ça reste toujours le but même pendant cette première phase qu’on travaille à notre compte, qu’on soit mère au foyer, ou qu’on travaille en tant que salarié etc., le but de la vie c’est d’être heureux et ça tu peux et tout le monde peut atteindre ce point peu importe ses conditions de vie: célibataire, en couple, avoir sa propre entreprise. Enfin, évidemment que certaines conditions de vie facilitent les choses c’est une évidence. Mais après voilà, j’ai beaucoup travaillé sur moi, en pleine conscience, des lectures, du yoga des chaines youtube par exemple: Marie Forleo qui dit “oui il faut se battre mais il y a quand même une certaine dimension spirituelle chez elle!”

C: Et du “Hard Work” (travailler dûr) !

M: C’est une battante mais oui j’ai dû apprendre à déculpabiliser donc maintenant mon papa a appris (aussi) de moi. C’est même lui, des fois, qui me dit: “Mélanie, tu devrais te reposer” et ça je m’en rend compte en te le disant. Ça, jamais au grand jamais, il n’a eu ces paroles jusqu’à il y a peu. Et maintenant c’est lui qui me dit “Mélanie tu devrais te reposer…” Oui, c’est un grand pas pour lui comme pour moi je pense. Maintenant j’apprends à être plus “cool”, encore j’ai plein de projets mais je ne culpabilise pas!

Par exemple, le matin je me réveille, j’avais prévu de faire ça et ça et que je suis épuisée ou qu’alors mon SII se réveille un peu (ce qui est “Dieu merci”, de plus en plus rare) et bien je me dis: “bon, je vais écouter mon corps il m’envoie un message c’est à moi de l’écouter et de le respecter”. Puis je me repose…

C: Dernière question, un conseil pour nos auditeurs? ou à toi-même il y a dix ans?

M: Je peux en donner deux ? (C) Oui 🙂 !

Alors le premier c’est d’avoir foi en eux et quand je dis “en eux” ce n’est pas dans leur projet, c’est dans leur coeur, c’est vraiment de rester fidèle à soi. Si au moment où on a un projet, entre une idée de projet et la concrétisation de ce projet, il se passe cinq ans, peut-être que la veille où on frôle du doigt ce projet on aura moins envie de voir ce projet autrement et on a le droit de le changer en cours de route. On a le droit et il est de notre devoir si on ne se sent plus en phase, à tel moment, de le modifier. Ça, c’est mon premier conseil…

Et le deuxième (dans la prolongation du premier): Toujours avoir la sagesse d’écouter ce que les autres peuvent nous donner comme conseil que ce soit nos amis, notre famille ou un lectorat. Tout dépend l’entreprise que l’on veut développer mais conserver ses propres valeurs même si les valeurs bousculent un peu les choses établies dans notre société. Si elle ne porte préjudice à personne, on les conserve. Même si c’est très novateur… Si c’est fou, ce n’est pas grave. Si c’est novateur et que ça porte préjudice à personne et qu’on se sent nourrie en créant et en faisant ce projet, alors on le fait.

C: Ce sont les deux choses si jamais tu les appliques tu es sûr d’être en alignement avec toi-même.

M: Et ne pas oublier aussi qu’il n’y a pas d’échec. Je sais que c’est un conseil qui peut paraître “bateau”, comme ça. Mais vraiment, si un jour un projet ou quelque chose n’aboutit pas comme on le veut, (c’est un truc par contre que mon papa m’a répété depuis l’âge de 9 ans, donc ca aussi je pense que ça m’a énormément servi), à partir du moment où on arrive à tirer une leçon de quelque chose, peu importe la leçon, ce n’est pas un échec. C’est une expérience. Et ça, c’est extraordinaire parce que ça peut nous aider à rebondir autrement. À refaire autre chose, autrement ou, à nous donner un nouveau cap et une nouvelle direction…

C: La formule scientifique ou mathématique du succès, elle intègre l’échec.

Il faut aimer le processus. Les échecs sont fait pour apprendre. S’il n’y a pas d’échec alors on n’apprend pas…

M: Ne pas culpabiliser, ne pas se dire “c’est moi qui ai mal fait”. C’est fait c’est comme ça, à partir de là, nous on peut changer notre manière d’accueillir ces choses là. C’est à nous de changer. Il n’y a pas de temps aux regrets.

Merci à Mély pour son précieux temps accordé à l’occasion de cette belle interview!

« Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours… »

« Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours… »
PodcastSolybox#Épisode#4 – Première partie
 
J’ai le plaisir de vous présenter un nouvel invité du Podcast. Dans cette première partie (A) de l’épisode #4, je vous introduis Xavier Rodriguez, co fondateur du groupe Inergens. Son entreprise intervient dans le domaine du conseil en management et de la formation.
 
Dans les prochaines lignes, vous trouverez une trame de l’épisode avec quelques extraits et citations. Cette dernière vous permettra de sauter directement au passage qui vous intéresse le plus. Bonne Écoute et Belle Lecture à vous !
 
Les présentations
 
X: Je m’appelle Xavier Rodriguez. Je dirige le groupe Inergens. Nous intervenons dans le domaine du conseil en management …
 
C: En tant qu’entrepreneur, c’est ton premier projet?
 
X: Bonne question, parce que ça depend comment on définit le terme entrepreneur. On dit souvent, “entrepreneur un jour, entrepreneur toujours”…
 
X: Cette expérience d’entrepreneur vient de loin. Entre cette première expérience et aujourd’hui, j’ai monté un cabinet sur les nouvelles technologies : innovation par transposition…
 
C: C’est venu naturellement ou c’est une ambition que tu avais très jeune?
 
L’approche de l’entrepreneuriat (notamment en France)
 
X: J’ai travaillé dans de grands groupes…
Je suis chagrin sur la façon dont l’entreprenariat est présenté en France. Ce n’est pas chose simple et il ne faut pas minimiser. J’ai eu la chance d’avoir une famille d’entrepreneurs. J’ai grandit dans cet état d’esprit avec des entreprises qui ont très bien marché. D’autres qui ont moins bien marchés.
L’entrepreneuriat quelque part, j’ai grandit avec et j’ai eu l’opportunité de me lancer dans l’entrepreneuriat donc je savais à quoi m’attendre et aujourd’hui lorsque je vois les propositions posées par le gouvernement… je trouve ça quelque peu incohérent par rapport à ce que demande réellement l’entreprenariat.
À travers le message et les mesures on sous entend que l’entrepreneuriat “c’est facile”, alors que ça demande de réels efforts et des choix. C’est un point fondamental. On parle beaucoup d’entreprises libérées, de qualité de vie, et du bien-être au travail.
Réellement derrière tout cela, il y a des portes. Peu importe les ambitions…
 
Par performance je ne parle pas forcément de devenir milliardaire. Par performance je parle d’avoir le choix de choisir sa vie. Un entrepreneur s’investit pour avoir ce droit. Il fait des choix qui amènent à des responsabilités fortes. D’autant plus fortes, lorsqu’il investit de l’argent, emploi des salariés et fait fonctionner un éco système.
L’entrepreneur investit et prend des risques par rapport à un patrimoine. Un salarié aujourd’hui n’est pas dans la même dynamique… Le salarié bénéficie d’un matelas et tous les entrepreneurs ne peuvent pas bénéficier de cette sécurité.
Ça bloque beaucoup de personnes. On ne trouve pas la même sécurité qu’en tant que salarié…
Il faut le souligner et le rappeler. il faut rappeler quel est le statut d’un entrepreneur en France: c’est un statut qui est très très mal protégé. Il n’y a aucun sujet la dessus mais rappelons-le. Des personnes confiantes qui ont suffisamment approfondie le sujet.
Je ne sais pas si c’est le cas de tous les « néo » entrepreneurs qui souhaitent fuir un contexte ou par l’inspiration profonde d’un idéal de vie…
 
Une définition personnelle de l’entrepreneur
 
L’entrepreneur pour moi c’est quelqu’un qui va travailler sur trois axes: Le premier axe, c’est qu’il ne faut pas lâcher ! La vie d’entrepreneur est faite de choses difficiles… d’obstacles et tu as beaucoup d’obstacles pour une réussite et ça, il faut le savoir. Cette façon d’avancer tous les jours en ayant cet élément en tête, en disant je ne lâche pas…
Mais il ne faut pas se “prendre le mur”. Parfois on prend de mauvaises décisions. On ne prend pas toujours des bonnes. Il faut savoir aussi écouter son marché, ses collaborateurs, son entourage. Aujourd’hui un bon entrepreneur c’est un entrepreneur bien entouré. Un entrepreneur qui va savoir composer une équipe complémentaire… C’est un individu qui sera écouter ses proches et qui le moment venu … sera rebondir et faire preuve de résilience.
 
C: C’est intéressant tu es passé de persévérance à résilience, pourquoi?
 

X: Oui d’où l’importance de l’écoute. La résilience va nécessiter du travail et de la persévérance. Dans la résilience il y a de la persévérance. Mais quelque part, quand tu decides en tant qu’entrepreneur de mettre en place un certain nombre d’actions par rapport à une vision (qu’un entrepreneur a pu avoir), alors souvent il y a des retours qui ne sont pas favorables et qui en tous les cas, peuvent t’empêcher d’avancer. Faire la part des choses, et se dire à quel moment ma conviction est plus forte que les retours que j’obtiens… D’où l’importance de cette notion de persévérance et d’écoute.

Il faut savoir s’arrêter… car dans le mot entrepreneur il y a « entre ». L’entrepreneur doit savoir être « entre » et donc savoir s’arrêter. Pour beaucoup de personnes ce mot « arrêter » n’est pas souvent évident.
 
« Des milestones… « 
Se dire dans un an, dans trois ans, je fais quoi… ? Une sorte de remise en question sur des éléments qui sont bien clairs. J’y vais ou est-ce que je continue?
 
« Un entrepreneur qui réussi c’est un entrepreneur qui sait s’arrêter ».
 
C: Quelle est ta propre définition du management? Qu’est ce qui te différencie de tes concurrents?
 
X: Alors aujourd’hui ce qui va amener mon positionnement sur le marché c’est la façon dont je vais accompagner le management.
La définition du management pour moi c’est toute personne qui dans une organisation donnée qui va engager un ensemble d’accords… Donc quelque part, la voie hiérarchique n’est pas l’unique approche managériale… Un eco système fait de collaborateurs mais également d’indépendants.
 
Quant on parle d’uberisation, il y a plusieurs interpretations possibles derrière ce mot.
 
Il y aura une organisation avec une marque, une façon de faire, des salariés et des acteurs, et tout ce beau monde il faut le faire travailler de concert. Après… qu’une organisation soit pyramidale ou plate c’est un choix stratégique et organisationnel. Ce qui me gêne, c’est une philosophie qui idealise le fonctionnement.
Il faut une colonne vertébrale alignée et cette colonne vertébrale est faite de managers. C’est la clé de la réussite. Il y a une façon de fonctionner dans l’organisation. Le manager c’est quelqu’un qui doit être conscient des personnes avec qui il va fonctionner. Il doit avoir la feuille de route la plus claire possible. C’est ça la clé.
Aujourd’hui dans les organisations, il y a des personnes en situation difficile et il faut en être conscient, c’est vrai mais c’est pas uniquement… alors bien sûr il y aura des mauvais choix.
La question est la suivante: on rentre dans une nouvelle ère, comment faire en sorte que l’organisation donne les moyens à tout le monde de se réaliser?
 
C: En tant que personne, quel impact, quel rôle souhaites-tu avoir dans la société?
 
X: … Je le vois à petite échelle mais de façon la plus efficace possible avec de vraies réalisations. Je m’investis depuis trois ans dans un projet sportif qui s’appelle Pôle Avenir (domaine du football). On a sélectionné une vingtaine de jeunes qui ont entre 12 et 17 ans et qui ont un vrai potentiel pour devenir joueur professionnel. On donne la possibilité à ces enfants de faire un choix: réaliser vos rêves…
On va créer les conditions pour former les leaders de demain et donc être de futurs membres d’une organisation. Ils auront appris à se dépasser et à atteindre un niveau de performance qui leur permettra de faire des bons choix dans leur vie.
Ce projet m’anime, j’y mets beaucoup d’énergie et pour moi…, c’est leur donner des chances de réussite… Les jeunes vivent ensemble, grandissent ensemble, avec des valeurs et une affinité commune…
 
C: Quel conseil donnerais-tu à ton « jeune » toi?
 
X: Il y a un élément primordial, c’est se donner à fond. Dans la vie on ne peut pas toujours saisir toutes les opportunités qui s’offrent à nous et on fait aussi des erreurs!
À partir du moment où on fait un choix, ce choix il faut l’assumer et se donner à fond. On revient sur la notion d’entrepreneur qui doit savoir s’arrêter… J’ai dû arrêter le football parce que mon organisme n’arrivait plus à tenir et je voyais bien que par rapport aux défis qui s’offraient à moi, pour jouer dans la cour des grands, je me mettais en danger, donc il a fallu faire un choix.
Jusqu’à ce choix là, pour ne pas regretter, il faut mettre toutes les chances de son côté.
 
C: Qu’est ce que le travail d’équipe t’a apporté?
 
X: J’ai déjà lancé un projet seul mais je crois qu’aujourd’hui je ne le referai pas. Je suis quelqu’un qui ne fonctionne pas pleinement seul. J’ai besoin de confronter mes idées. J’ai mon naturel qui a besoin des autres pour exister et c’est un élément moteur. Je crois qu’après un point plus rationnel dans le monde dans lequel on vit aujourd’hui: il faut confronter les points de vue, les regards parce que tout change à une telle vitesse… deux yeux ne suffisent plus. Pour être pro actif, soit réactif dans les temps nécessaires. Je trouve que ceux qui réussissent seuls ont beaucoup de mérite et une force exceptionnelle que je n’ai pas mais quelque part si je pouvais donner mon point de vue, j’inviterai à toutes les personnes qui se lancent de regarder à deux fois l’association en question. La collaboration n’est pas toujours facile parce qu’il y a des points de vue divergents…
 

La collaboration peut amener à des clashs parce que c’est humain. Je dirais que tout ça s’anticipe. Il y a un cadre juridique qu’il faut savoir appliquer. Un associé, il faut savoir l’appliquer dans les bons comme dans les mauvais moments. Néanmoins ceci ayant été posé, je reste sur le fait qu’avoir une personne pour pouvoir partager ça reste un facteur clé de succès.

Les bonnes bases d’une coopération: la complémentarité et surtout surtout, éviter de faire du mimétismeQuelqu’un qui va apporter un regard différent est intéressant et fondamental.
Pour retrouver ou découvrir la deuxième partie de cet épisode (#4), c’est par ici.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Un artiste favori …

G: Un céramiste auprès duquel j’ai pris des cours en Californie. Il s’appelle Ed Thompson qui est mort d’un cancer, il y a quelque années (après être rentrée en France). C’était un homme parfaitement généreux qui partageait toutes ses techniques. Il n’y a pas de recoins, qu’il gardait pour lui. Il faisait des pièces soit trop grandes, soit trop petites. Il faisait beaucoup de travail sur la matière. Ses pièces étaient triées en 3D. Une approche très géométrique. Il était tellement simple. Quelqu’un d’assez connu, il était formidable! Il avait fait un workshop, sur comment rajouter du volume sur des spirales? Ce n’est pas esthétiquement ce que j’adore, mais cet homme là était admirable!

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C: As-tu des sources d’inspirations, des artistes en particuliers… 

G: C’est difficile à dire. C’est sûr que j’ai des influences. En France, pas particulièrement. Il y en a deux qui me viennent à l’esprit. Une qui est plus que connue, elle s’appelle Lucie Rie. Elle a beaucoup travaillé en Angleterre. Elle était Viennoise. Elle réalisait des bols élégants, et très simples, avec des formes aériennes magnifiques.

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Puis Jennifer Lee qui est moins connue. Elle est écossaise. J’avais vu son travail dans ce fameux livre, Make Up ClayElle ne tourne pas ses pièces. En ce qui me concerne, je suis folle du tour! Elle faisait du colombin. Elle associait des terres différentes pour constituer des gobelets qui ont des courbes « toutes douces ». À la fin, ça donne un résultat asymétriques. Pièce en terre brut, nue. D’une élégance c’est magnifique.

J’aimerai tellement tenir une de ses pièces. Je les ai vu dans des livres mais jamais pu les voir dans la vraie vie! Effectivement j’aimerai tellement pouvoir les tenir dans les mains. Pour moi c’est indissociable…

L’enseignement

G: J’adorais enseigner. C’est un plaisir pour moi. C’était aussi indissociable du métier de chercheur. Quant on cherche, c’est aussi pour partager les connaissances. Et j’avais envie de partager tout ce que j’apprenais.

Je prends des gens en cours en hebdomadaire avec des stages le weekend. Ainsi que des stages pendant les vacances scolaires. C’est tout le temps comme ça…

C: Aujourd’hui on est dans une société qui privilégie particulièrement le travail

D’abord moi. Il faut d’abord que je me fasse plaisirC’est vrai que j’ai cette liberté de dire non. Et ça, pour moi c’est plus précieux que quoi que ce soit d’autre. C’est ça qui m’a permis de décider pour ce boulot. Là je me retrouve complètement libre de ce que je fais.

Et d’ailleurs, je ne pourrais jamais revenir en arrière.

Sur toutes ses facettes, pour moi, c’est un métier qui est du plaisir. C’est que du bonheur. Bien sur qu’il y a des contraintes. Mais tout ça c’est que du plaisir. Je m’organise comme je veux de A à Z. C’est un métier où finalement, il y a peu de responsabilité. Je n’ai pas la vie de quelqu’un entre les mains. Si jamais je suis malade, ou je ne peux pas donner mon cours du lundi matin, ça n’a aucune importance. On est dans le loisir pur. Aucune vie est en jeu.

Pareil pour la production. Si je n’ai que la moitié des bols, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme! Donc, c’est mon envie de répondre (ou pas) aux gens mais ce n’est pas plus grave que ça. Je n’ai pas d’impact négatif en fait. On peut avoir un impact positif en faisant un objet ou en donnant des cours mais je ne vois pas trop l’impact négatif que je peux avoir avec mon boulot…

Ici on fait un objet utile et utilisable. Là, tout d’un coup on s’émerveille. J’ai un élève qui est chef d’entreprise et il s’émerveillait de faire un bol à cacahuètes. Ils y trouvent tous une satisfaction. C’est fou ! Parce que tout d’un coup on fait un objet, utile ! Ça obsède! J’ai un client très gentil, ça l’obsède tellement qu’il veut construire son propre tour chez lui! Par ailleurs, je pense qu’il ne lâchera jamais son boulot mais c’est un truc où tu mets le doigt, c’est un engrenage! Et pour tous le monde. Ça va de la marchande de glace au chef d’entreprise. Tous le monde, tout d’un coup, fait un objet utile!

Les activités manuelles à l’école

Un idée de cours pour la petite enfance !

Des cours de gentillesses en Scandinavie. Il nous faudrait des cours sur comment sont faites les choses, d’où viennent les choses? Comment c’est fait? En plus ça amènerait énormément de connaissances! Et on se rendrait mieux compte de la valeur d’un objet, son recyclage, le processus qu’il faut mettre en place pour le réaliser, et les ressources nécessaires à sa création.

Est-ce que tu as déjà enseigné aux tout petits?

À la poterie, j’avais un enfant de 6 ans. À Chatou il y a de super écoles, dont une avec la pédagogie Steiner-Waldorf, ils sont avec le même professeur pendant 7 ans. Ils apprennent les maths en faisant du tricot, ils construisent des petits ours en 3D!

J’avais un élève, Eliot, 6 ans et demi, il arrivait à se concentrer !

En cours de poterie, il faut se concentrer et il était à fond dedans. Il était petit mais il se sentait super bien ! Sinon je fais rarement des cours pour les tout petits….

Merci à Géraldine pour le temps accordé à l’occasion de cette interview. Vous pouvez retrouver la première partie de cette interview, en vidéo sur l’article suivant: ici.

Les produits de Géraldine K. sont dès lors disponibles sur la plateforme solybox.com.

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Rencontre avec Marine Escurat (Les Garçonnes)

Rencontre avec Marine Escurat (Les Garçonnes)

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La vidéo est accessible ici. 

Camille : Peux-tu te présenter 🙂 ? 

Marine : Je m’appelle Marine Escurat, j’ai 29 ans et je suis la créatrice de la marque Les Garçonnes. Une marque de pantalons pour femmes.

Camille : Comment as-tu trouvé ta vocation d’artiste ?

Marine : Après avoir passé le Bac, je suis partie pour Londres. Je savais que je voulais faire un métier manuel. Une vocation plutôt artistique, architecte, peintre ou sculpteur… je ne savais pas trop à cette époque. J’ai fait une école de stylisme. J’ai une connaissance qui m’a présenté le directeur pédagogique d’une école. Les années ont passées et j’ai réalisé à quel point j’aimais ça. Je me suis rendue compte que c’était quelque chose qui me plaisait. D’ailleurs j’avais du mal à en passer… et surtout que je prenais plaisir à faire ça. C’était pas une obligation je me levais avec plaisir le matin c’était plus un loisir qu’un travail… je suis sortie major de ma promo ça m’a donné confiance et je me suis dis que c’était vraiment ça que je voulais faire…

Camille : …et ta marque ? Quand as-tu débuté l’aventure ?

Marine : Il y a un an plus ou moins, j’ai récupéré du vestiaire de ma grand mère des pantalons à plis trop grands pour moi mais que j’adorai porter. Je suis ‘garçon manqué’ depuis toute petite. Du coup, beaucoup de gens m’ont dit que mes pantalons étaient super, originaux, « où est ce que tu les as trouvé? ». « Ils sont sympa avec des jolis coloris », « de très belles couleurs et matières » et au fur et à mesure du temps j’ai commencé à me dire que ça serait pas mal de faire quelque chose avec ça. Ma grand mère est morte et ça a été un déclic. Je me suis dis « voilà », je bosse en freelance pour plusieurs marques depuis quelques années, je n’ai pas connu de marque que j’ai vraiment adoré alors je me suis dis que c’était le moment ! J’ai pas 30 ans, j’ai pas d’enfant c’est le moment de le faire alors je me suis lancée

Camille : Quelles sont les valeurs de ta marque ?

Marine : Alors moi ce que j’aime bien c’est de partager les choses. À chaque vente de mes pantalons j’aime avoir les retours de mes clientes. « C’est bien, c’est serré, c’est trop court ? » Même si c’est dans la critique, c’est intéressant car ça peut être constructif. Donc c’est ça que j’aime… plus ma marque va évoluer plus les années vont passer plus je vais me perfectionner.. plus j’aurai une collection plus grande et variée qui pourra répondre aux attentes de plusieurs femmes différentes. C’est vraiment le partage. Celles qui m’ont dit que mes pantalons sont supers et que je pouvais faire quelque chose avec… Aujourd’hui je leur répond en disant « voilà, j’ai fais me propres pantalons et j’espère qu’ils vont vous plaire ! » et que ça va correspondre à vos attentes…

Camille : Quelle est ta mission en tant qu’artiste ?

Marine : Une mission je sais pas mais je sais que j’aimerai que ma marque dure dans le temps. Je suis partie sur des pantalons intemporels. Le but c’est qu’un pantalon acheté aujourd’hui, la cliente puisse le remettre dans vingt ans… et que pourquoi pas, ça serve à sa petite fille un jour. Là je suis dans l’air du temps. Je sais que c’est à la mode de porter des pantalons à plis mais j’aimerai que ça reste malgré tout.

Camille : Toutes les générations portent tes pantalons…

Marine : Oui voilà est c’est super! Ma mère et ma nièce portent mes pantalons aussi. De 15 à 70 ans pour l’instant ça fonctionne. Après il faudrait que je continue à créer des pantalons qui encore une fois correspondent à toutes générations et envies du moment. 

Camille : Quels sont tes rituels ?

Marine : Je marche au coup de coeur sur la matière je vais voir mes fournisseurs sur Paris, avec qui je bosse depuis beaucoup d’années. Ils me proposent de nouvelles matières. Le touché, la couleur, c’est vraiment sur le coup de coeur de la matière. Si je me vois dedans tout de suite… Étant que je veux des pantalons confortables, cocooning surtout en hiver ! Je veux des matières qui soient douces et confortables, souples et en même temps qui durent dans le temps…

Camille : Qu’est-ce qui rend ta marque unique ?

Marine : Déjà je suis dans le mono produit. De plus en plus de marques font du mono produit donc je pense que c’est une nouvelle tendance. Après les pantalons c’est quelque chose que je porte quotidiennement donc c’est une vraie envie. C’est-à-dire que dès que je crée je me vois dedans. Alors après tout le monde n’est pas comme moi mais j’ai vraiment une envie de confort et j’ai envie de partager ça avec la cliente. Je me fais plaisir et j’ai envie de faire plaisir aux autres et je pense que c’est déjà une bonne base !

Camille : Quelles sont tes sources d’inspiration ? 

Marine : En plus de la matière, j’ai des muses, des femmes qui sont importantes à mes yeux. Mes cinq premiers pantalons portent le nom d’icônes et d’actrices des années 50: Lauren Bacall, Katharine Hepburn, Marlene Dietrich, Jane Birkin… Elles ont toutes marqué leur temps par leur indépendance et leur charisme. Un aspect un peu garçonne qui reste extrêmement efféminé donc c’est vraiment des femmes qui représentent très bien ma marque. Elle représentent aussi ce que j’aimerai être ou ce que j’ai été. Ça va continuer comme ça. Mon prochain short va porter le nom de ma grand-mère, Jeanne. C’est un petit clin d’oeil. 😉

C’est des petits coups de coeur. Jeanne c’est aussi Jeanne d’Arc, Jane Birkin et c’est un prénom qui revient beaucoup dans mes inspirations…

La boutique Solybox, Les Garçonnes est disponible ici.

Have you met Jane (Avez-vous rencontré Jane?) – à découvrir ici.

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Interview with Ema Mamisu

Interview with Ema Mamisu

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video available here.

Camille : Can you please present yourself ?

Bára (Ema Mamisu) : I am from Prague, I founded this company in 2013, alone. After one year Petra Maskova joined me. She is right now on maternity leave. So I’m alone in the business for now. Sometimes some assistants come help me, when needed.

Camille : What is the meaning of your brand ?

Bára (Ema Mamisu) : We want to make beautiful and useful products. The most important thing is « good functioning » and « good to use ». Things need to be solid in order to last long, at the same time they are unique and interesting, so when people hold them in their hands their heart is pounding with joy, when using it.

Camille : What are your main values at Ema Mamisu ?

Bára (Ema Mamisu) : At first place, it’s the function of the product. When I create something it must be functional to the maximum. Sometimes I add an esthetic value but it’s really important to be mainly functional.

Camille : Do you have rituals during the process of creation ?

Bára (Ema Mamisu) : First I need to clean my working area before I start to work. I like it when it’s clean and I like to listen to audiobook during the process of creation. I play audiobook and I began. Which genre ? Like detective most of the time. Sometimes when I’m listening to them the dark atmosphere of the genre is taking place around me. I compensate it, with colours of dots, and other tenderness. I remember one moment, I was listening to a dark and uncomfortable book while painting small little dots on the cups. Which were also very small. They were very cute afterwards ! It was the biggest contrast in what was going on. I like to listen to Maigret. I know him a lot. So only from time to time. Plus, I like new detective stories coming out, mainly Scandinavian. Yes also Jo Nesbo but not as much !

Camille : Where do you find your inspiration ?

Bára (Ema Mamisu) : Definitely not from detective audiobooks. Much more from everything around me. When I see some interesting things, even from another specialization. I’m going through different magazines, about Home or Design. There I collect inspiration in shapes and decoration. Sometimes in the nature as well but nature is not good inspiration for practical products. But when I create things, in oven working with wood, yes. I remember once I wanted to create a vase that look like a wasp nest. Colours, structure and shape included. I haven’t been able to realise it yet !

Camille : When did you started Ema Mamisu ?

Bára (Ema Mamisu) : It was around 2012. My job at the time didn’t worked well for me. Intern relationships included and the impulse was that I was fired… So I realized now it’s time to start and stop finding excuses, on why I can’t.

Camille : What is the authenticity of your products ?

Bára (Ema Mamisu) : Our authenticity is in the preparation of our materials. We make it ourselves. Not that we mix the glaze as someone else, but we mix it on our own way and from there we mix everything we need plus we are mixing other things than just glaze ! That’s what I think is making us unique. In ceramic there is infinite spectrum of colours that you can make, depending on which glaze you may use. Each glaze look different on various materials. So it’s in combining glaze with materials it can make you special because nobody else knows the ingredients. We can keep our originality. Plus, we are doing the procedures. Unless you put it into the mold you can’t copy it. Huge big part of the products is handmade work. For example, the finger-pressed bowl, which I offer on Solybox (here)… this bowl I press it with my fingers which is my specific shape. Since everybody has a different shape. Finger pressing by another person look different. Then there is quite a long process of creation. And it’s not easy to discover how to make it…

Camille : What is your favorite part of the creation process ?

Bára (Ema Mamisu) : Definitely inventing the product in my head when I got the idea and I’m thinking on how to compile it. Then, I love the part when I shape it on the wheel that’s quick procedure, nothing that much creative. But then comes the second stage when the product becomes dry and I need to finalize it adding details and finalize the shape ! That’s the moment when I’m finally creating. Of course, when I’m opening the oven and it’s done perfectly, I see the final result. That’s the cherry on top of the cake.

Camille : Do you have favorite artists ?

Bára (Ema Mamisu) : form international artist Lucie Rie that dedicated her life to ceramic from her youth ’till her death with a very interesting style and from Czech artist which I know, Martin Hanus who’s autodidact, he works in South Bohemia. He uses wood-fired oven. His attitude to life and ceramic is very sympathic. So everytime when I’m talking to him, he’s very inspirational. I think many products we create, exist thanks to him because I was at his workshop. plus Martin Hadrava who works with him. He is a source of technology somehow. 

Camille : How was the beginnings ?

Bára (Ema Mamisu) : At the beginning I was working from home. I was going to workshop to « burn » the products. But you can’t do it for a long period of time because ceramic creates a lot of dust and dirt so we were looking for a place. We set up a budget and we wanted some size and my demand was to have the place in Létna because I live here. So I have it close to work. We were searching for something and we found with this amazing big window. It was clear since we wanted a shop in here.

The Boutique Solybox with all Ema Mamisu creations, is here.

One of her latest creation : Ceramic plate, blue is the new black

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Rencontre & Interview exclusive, avec l’artiste Tereza Cermakova

Rencontre & Interview exclusive, avec l’artiste Tereza Cermakova

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Camille : Peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Tereza : Je m’appelle Tereza, je viens de République Tchèque mais j’ai vécu plusieurs années à l’étranger. J’ai vécu en Italie pendant environ 6 ans, où j’ai étudié la création de bijoux. Je suis tombée amoureuse de l’Italie, mais par la suite j’ai réalisé que le meilleur endroit dans le monde entier, c’est Prague ! Donc je suis rentrée à Prague.

Camille : Viens-tu originairement de Prague ?

Tereza : Non, je viens de l’Est de la République Tchèque. Je travaille et profite de la vie à Prague !

Camille : Tu es de retour depuis quand ?

Tereza : Je suis rentrée à Prague il y a un an et demi.

Camille : Quels sont les débuts de ta passion ?

Tereza : Ma carrière a commencé progressivement. Dans mon enfance, je me souviens avoir une passion pour les pierres précieuses. Mais je ne savais pas quoi étudier, ni quoi faire de ma vie. Alors je suis partie voyager dans le monde entier. J’ai voyagé comme cela pendant 10 années, puis il était temps de rentrer chez moi. Je suis rentrée pour étudier ici ou repartir étudier à l’étranger. Je voulais étudier le Design d’Intérieur. Je me souviens du moment où ma mère m’a dit : « ne veux-tu pas faire de la création de bijoux ? » et je lui ai répondu : « pourquoi pas ?« . J »ai donc choisi une école à Rome. C’est à l’Académie de la Mode où j’ai étudié la création de bijoux

Camille : Pendant combien de temps ?

Tereza : Pour deux années. J’aurai aimé étudier plus longtemps mais cette école n’était que sur deux ans. 

Camille : Et l’Italie? C’était un choix personnel ou tu étais déjà passionnée par ce pays ?

Tereza : Oui, j’ai toujours aimé l’Italie. J’avais passé plusieurs années là-bas auparavant donc je parlais déjà l’italien. J’y suis allée lorsque j’avais 19 ans. J’ai toujours aimé l’Italie. Et bien sûr, l’Italie est une très bonne référence pour le Design. 

Camille : C’est l’endroit parfait ! Qu’en est-il de ton authenticité de tes produits qui sont véritablement uniques?

Tereza : Tout d’abord je pense et je considère qu’ils sont uniques. Car je ne copie pas les idées des autres. Elles viennent toutes de mes propres idées, de ma propre imagination. En quelque sorte, elles viennent de moi même et de mes propres sentiments. C’est pour cela que je fais principalement des formes abstraites si vous regardez bien je ne fais pas beaucoup de formes que l’on peut facilement reconnaître ! 

Camille : Comment ce passe ton processus de création ? As-tu des rituels en particulier ?

Tereza : Tu veux dire, comment je trouve mes idées ?

Camille : Le début.

Tereza : Le début d’une création c’est la partie la plus difficile, celle de trouver une idée. Donc ça va dépendre. Je sais que dans mon cas, j’ai besoin de temps de pause, durant lesquels j’aime aller prendre l’air, me promener ou passer quelques jours en dehors de Prague. Juste pour me retrouver avec moi même. Ça dépend. Parfois je vais à une exposition puis je rentre chez moi et soudainement j’ai un flash dans mon esprit et je vois la forme de quelque chose donc je lui donne la forme d’une bague !

Camille : Donc tu trouves ton inspiration dans la vie de tous les jours ?  

Tereza : Oui, je ressens… tout ce qui se passe !

Camille : Okay ! Et as-tu des rituels spécifique durant le processus de création de la bague ou du bijou en général ? 

Tereza : La méthode que j’emploie s’appelle la technique de la cire perdue. J’utilise cette cire en faisant des modèles. Ces modèles seront plus tard en argent. Donc dans un premier temps je dois réaliser un modèle et par la suite j’en fais faire un moule pour la fonte en argent ou en or. N’importe quelle sorte de métal. Puis par la suite je polis le métal mais ça peut prendre plusieurs heures. Chaque partie de ce processus prend plusieurs heures. 

Camille : Combien de temps exactement ?

Tereza : Cela dépend de la difficulté du modèle. Le modèle en cire peut prendre 5 à 7 heures de travail. Mais polir prend aussi beaucoup de temps pour avoir ce résultat… 

Camille : Quelle est ta création favorite et peux-tu nous raconter son histoire ? 

Tereza : Oui je dois dire que j’en ai pas mal de favorites. Je pense que actuellement ma creation favorite c’est la bague appelée Painful Separation (« séparation douloureuse » en français). L’idée de cette bague m’est venue durant une période particulièrement difficile. Une période qui n’était pas très agréable pour moi… J’avais un petit ami, nous sommes restés ensemble de nombreuses années presque six ans et à un moment j’ai senti c’était fini. Je devais partir et rentrer à Prague. Je me disais : « je dois rompre avec lui ». Je me souviens de ce moment où, je me suis assise à une table et j’ai commencé à dessiner cette bague. J’ai vraiment senti, comme si j’avais mis cette sorte de douleur dans cette bague. Et tu sais, je pense que les gens peuvent sentir cette peine à travers la bague. Un jours j’avais une cliente. Elle avait décidé d’acheter cette bague en particulier, parce qu’elle avait vécu une histoire similaire derrière elle. Elle voulait « réparer » ce moment avec la bague. Donc elle a décidé de l’acheter !

Camille : Et elle l’a trouvé… Quelles valeurs cherches-tu à promouvoir à travers des bijoux? 

Tereza : C’est une question difficile… Ce que je veux communiquer à travers mes créations et ce que je souhaite c’est que mes clients se sentent plus forts en portant mes créations. Qu’ils aient de l’assurance et confiance en eux. Moi-même, je sens que lorsque je me prépare très rapidement le matin et que j’oublie de mettre une bague, je dois rentrer chez moi et en mettre une parce que je me sens juste mieux. Et je veux vraiment que les gens se sentent mieux grâce à mes créations.  

Camille : C’est comme donner des super pouvoirs ? 🙂

Tereza : Oui !

Camille : C’est top ! Une dernière question pour clôturer cette interview, quelle est ton intention derrière chacune de tes créations ? 

Tereza : Tu sais, pour moi lorsque je crée une nouvelle pièce et lorsque je l’a donne au client, la meilleure partie de tout ce processus c’est le bonheur de mes clients et voir que je leur ai pas seulement créé un objet ou une bague en argent, ou en or mais quelque chose avec lequel ils se sentent vraiment bien. Vous savez quelque chose qui donne confiance. De temps en temps, mes clients portant mes créations, les compares à un talisman. Donc c’est très important pour moi. Qu’ils puissent sentir la force et l’énergie que j’ai pu mettre dans ma création.  

Camille : C’est comme donner du bonheur et de véritables valeurs … 

Tereza : Oui, parce que je considère mettre beaucoup d’émotion. Et je suis très heureuse lorsque les gens me disent qu’ils sentent ces émotions à travers la création. Sans que je le leur demande d’ailleurs. Vous savez c’est comme la meilleure satisfaction !

Camille : Oui c’est dit de façon naturelle… Magnifique ! 

Interview with Tereza Cermakova

Interview with Tereza Cermakova

I met Tereza, through a student who became a friend (Ahoj Viktor!) and I’m so thankful (ever since) for the opportunity. If you got the opportunity to meet Tereza one day (at her workshop, for instance), you will see joy, kindness and beauty all at once

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Camille : Can you please present yourself ?

Tereza : My name is Tereza, I’m from Czech Republic but I lived for many years abroad. I’ve been in Italy for about 6 years and I studied design. I felt in love with Italy but then I realised the best place in the world is Prague so, I came back to Prague.

Camille : Are you from Prague ?

Tereza : No I come from Eastern part of Czech Republic, but I work here, live here and enjoy! 

Camille : You are back since ?

Tereza : I have been back for a year and half. 

Camille : What about the start of your Jewellery passion ?

Tereza : It started very slowly, I would say. When I was a kid I remember I had a passion for precious stones. But then I kind of didn’t know what to study and what to do. I traveled for 10 years and it was time to go back home, to study. I wanted to do Interior Design and I remember the moment when my mom said : “well don’t you want to do jewellery design?”, and I said “well, why not!”. I chose a school in Rome, The Fashion Academy and I studied Jewellery Design there.

Camille : For how long ?

Tereza : For two years. I would’ve like to study for more but this school was just for two years. 

Camille : And Italy, it was just a personal choice, or you were passionate about Italy ? 

Tereza : Yeah I always liked it and I spent a couple of years there before so, I spoke Italian already. I went there when I was 19 years old. I always loved Italy. And of course where should you study design more than in Italy?  

Camille : It’s the Perfect place ! What about the Authenticity and Uniqueness of your art and design?

Tereza : I wouldn’t call it art I think I just, you know, call it “design”. I don’t think it’s art. First, I hope I think there are unique because I don’t copy anyone elses ideas, they are all my own ideas. And they kind of come from my feelings. Mostly from my feelings. Thats why I do abstract and I don’t do many forms that you can recognise immediately. 

Camille : How is your process of creation ? Do you have rituals ?

Tereza : You mean how I come up with ideas, or the process ?

Camille : The start.

Tereza : The start is always the most difficult part to get the idea so it depends, you know I need a lot of quiet time so I like to go for a walk or spend couple of days out of Prague, just to be with myself. And, sometimes it depends. Sometimes I go to an exhibition and then I come back, I have this flash in my mind and I see… I see a shape of something and I give it a form of a ring.

Camille : So its like everyday inspiration ? 

Tereza : Yeah, kind of feel… what’s going on ! 

Camille : Okay ! And the specific rituals regarding the process of making it ?

Tereza : Yes sure, its kind of always the same the technique that I use is called lost-wax technique. And I use this kind of special jewellery wax and I make a model from this wax. Model of a jewellery which is gonna be silver later on. So first I have to make a model. And then I get it casted in silver or gold, depend of the kind of metal. And then I polish it… You know, it takes many hours, every part of the process takes many hours.

Camille : How long (average time) the process take ?

Tereza : It depends how difficult is the model. The wax model might take… just to make the wax and then polish it might take 5, 6 or 7 hours. Because all my jewellery are polished so it takes really a lot of time, to polish them as they are…

Camille : What is your favorite creation ’til today and what’s the story behind it ? 

Tereza : My most favourite one is the one called ‘painful separation’. And the idea came actually from a period which was very not nice for me. I had this boyfriend, we stayed together for many years (almost 6 years). At one moment I felt like that’s it… I have to leave and I have to go back to Prague. I have to break-up with him. I sat down, I remember that moment. I sat down to the table, and created this ring as I really felt. I kind of put my pain into the ring. And I think you know… people around me, they feel it from the ring. I had a client she bought it because of that. She had kind of the same story behind her and she wanted to fix that moment in the ring. So, she bought it !

Camille : And she found it… What values are you promoting through your product (like key words, or specific meaning) ?

Tereza : Well, its very hard to answer this question but… What I think is what I want to sell with my jewellery. All I want that people feel putting on my jewellery is that they feel stronger, they feel self confident and I feel when I go wild in the morning and I forgot to put a ring I have to go back and I have to put it on because I just feel better you know and I just want people feel better with my jewellery. 

Camille : It’s like giving superpowers 🙂

Tereza : Yeah

Camille: So cool ! Then I got a final question, maybe hard but I believe everybody have his life purpose, what would be yours ? How would you define it ? What is your intention behind your everyday creation ? What makes you alive ?

Tereza : You know for me when I create jewellery and when I give it to the client or to someone, for me like the best part of all this process is see the client happy and see I gave him not only a piece of silver or gold, but something that he really feels good with it. Something that gives him/her confidence. And like help him/her find his/her identity. Sometimes my clients wear the piece of jewellery, I created for them, as a talisman! This is very important for me so they feel the strength that I put into the jewellery.

Camille : So you are giving happiness and true value … 

Tereza : Yeah and emotions because I think I put a lot of emotions into the jewellery and I am very happy when people feel it. When they tell me they feel the emotion from it. Without me asking them you know, this is the best satisfaction !

Camille : Yeah it’s the natural way. Like a natural process… Beautiful !

Many thanks again to my dear friend, Tereza. You can find her Solybox page and products here.

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