La Sagesse de Brel

La Sagesse de Brel

Une Leçon de Vie, avec Jacques Brel

Dans une interview donnée au printemps 1971, le belge et chanteur Jacques Brel parle de sa conception du succès, mais aussi du talent et de l’importance de sortir de sa zone de confort. Quelqu’en soit le prix, il va jusqu’à parler d’exhibitionnisme – pour tout artiste qui décide de se lancer!

Alors, qu’est-ce que la réussite? Pour Jacques Brel, il est question de réaliser ses rêves. Du moins, les projeter

“Alors il y a deux notions là-dedans, d’abord réussir quoi? Il faut s’entendre sur le mot réussir. Moi, je crois qu’on ne réussit qu’une seule chose: on ne réussit que ses rêves. On a un rêve et on essaye de bâtir, de structurer ce rêve. Alors, dans ce sens là il est exact que j’ai travaillé pour réussir. Pour réussir mon rêve”.

Pour réussir ce rêve? Or ce rêve à ce moment-là, ce n’était pas de chanter, pas du tout. C’était de projeter mon rêve à l’extérieur. C’est un phénomène de compensation. En termes clinique, il a des mots beaucoup plus effroyables que ça. Pour reprendre l’expression de Duhamel (…), on raconte ce que l’on rate. On raconte ce que l’on n’arrive pas à faire. C’est un phénomène de compensation et j’ai voulu réussir ce phénomène de compensation. J’ai dû travailler beaucoup pour ça, bien évidemment”.

En partant de sa conception du succès et de l’importance de réaliser ses rêves, il nous introduit son approche du talent comme une “simple” envie. Pour le moins surprenante car pour Brel, il n’y a pas d’accident ou de hasard: il faut travailler “avec une grande énergie”. Une approche quoi que différente de ce que peut être l’artiste comme génie, hasardeux, créatif et talentueux.

Le talent ça n’existe pas. Le talent c’est avoir l’envie de faire quelque chose. Je prends l’exemple d’un homme qui rêve d’avoir envie de quelque chose. Il prétend avoir envie de manger un homard. Il a le talent, à ce moment-là, dans l’instant. Il a le talent, à ce moment-là, pour manger un homard, pour le savourer convenablement. Et je crois que d’avoir envie de réaliser un rêve c’est le talent et tout le reste, c’est de la sueur, c’est de la transpiration, c’est de la discipline, je suis sûr de ça! L’art, moi, je ne sais pas ce que c’est. Les artistes je connais pas. Je crois qu’il y a des gens qui travaillent à quelque chose et qui travaillent avec une grande énergie finalement et l’accident de la nature je n’y crois pas. Pratiquement pas”.

New York ou le “mal être” des grandes villes. Brel, n’aimait ni New York, ni Paris, ni les grandes villes en général.

“Je ne déteste pas New York. Je déteste y être. Ce qui est très différent, attention!”

Pourquoi?

“Je suis pas très heureux… finalement je n’aime que la campagne. J’ai besoin d’horizon. J’aime pas vivre à Paris non plus. Et qu’en on me dit “Ah, New York, vous êtes heureux.” Non! J’y suis pas très heureux moi. Je n’aime pas être au 32ème étage. J’aime pas beaucoup”.

Puis, il évoque l’enfance. Un grand sujet pour Brel, qui s’est toujours dit enfant, peu compris des adultes. Une approche quoi que personnelle du cycle de vie où il met en avant deux étapes…

“Je crois qu’en fait un homme passe sa vie à compenser son enfance. Je m’explique. Je crois qu’un homme se termine vers seize, dix-sept ans. Il n’y a pas de loi générale, mais vers seize, dix-sept ans un homme a eu tous ses rêves. Il ne les connaît pas mais ils sont passés. Ils sont passés en lui. Il sait s’il a envie de brillance, ou de sécurité ou d’aventure ou de… il sait, il ne le sait pas bien mais il a ressenti le goût des choses comme le goût du chocolat, comme le goût de la soupe aux choux, il a le goût de ça et il passe sa vie à vouloir réaliser ces rêves là. Et je crois qu’à dix-sept ans, un homme est mort ou il peut mourir. Et après, je sais que moi j’essaye de réaliser les étonnements plutôt que les rêves. J’essaye de réaliser les étonnements que j’ai eu jusqu’à mettons 20 ans… et à 40 ans on s’en aperçoit. Ça c’est un autre problème. Jusqu’à 40 ans, je ne le savais pas. Maintenant, je sais que c’est comme ça. Et peut être qu’à 60 ans, je vais découvrir autre chose”.

Puis, Brel évoque une difficulté connue de tous: sortir de sa zone de confort. Le départ étant plus difficile, que l’arrivée. Une peur naturelle de quitter le nid, la maison, le cercle d’amis… Bref, un confort que nous nous sommes créés et qui peut parfois paraître dangereux – sur le long terme.

“Ce qu’il y a de plus dur pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui veut aller vivre à Hong Kong ce n’est pas d’aller à Hong Kong, c’est de quitter Vilvoorde. C’est ça qui est difficile, c’est que ça qui est difficile. Parce qu’après Hong Kong, tout s’arrange. Il suffit d’avoir une santé et une folie et puis… Hong Kong est à la portée de tout le monde mais quitter Vilvoorde ça c’est dur”…

Enfin en tant que créateur, écrivain, chanteur, acteur et metteur en scène, il définit le rôle du créateur (un de mes sujets favoris)! Pour cela, il utilise l’image de l’aspirine. Il évoque alors, le pouvoir que toute créationsur le monde, qui nous entoure. Nombreux sont les artistes et chanteurs qui ont déjà pu évoquer ce processus de guérison apporté par toute forme d’art.

“Quand on invente quelque chose, on est une aspirine. Je continue à croire ça. Je croirai ça encore très longtemps, je crois. On est une aspirine et si tu peux être une aspirine pour les autres, le temps d’une chanson, d’un film, et qu’ils ne pensent plus à ce truc qui les ronge à longueur de vie, ils pensent à autre chose, et ça c’est bien. C’est du rêve artificiel, en fait. C’est ça que j’ai essayé de faire. C’est une forme de médecine”.

Un peu plus loin, il évoque de nouveau cette “aspirine” médicinale, ou plutôt de ses effets secondes. N’en déplaise à certains, on ne peut pas plaire à tout le monde. Les critiques font partie du rôle de l’artiste. Ces dernières sont inévitables et relèvent de la vie de tout créateur.

“Tu comprends, écrire des chansons, les chanter, être comédien ou faire de la mise en scène tout ça, ce sont des travaux d’aspirine, mais qui ont une forme sur le plan extérieur comme projection extérieure. Il y a une forme d’exhibitionnisme, et bien il faut l’assumer! Il faut dire: je veux bien bon, j’ai choisi d’être exhibitionniste, avec des intentions morales, philosophiques, peu importe… Tu dois assumer cette fonction là, un état primaire, si tu veux. ll arrive un moment où toutes tes intentions sont gommées par ton activité exhibitionniste. Ils aiment pas? Bah c’est bien fait pour ma gueule hein j’avais qu’à pas le faire…

C’est très moral et puis des gens ont parfaitement le droit de ne pas aimer. Bon sang, tu crois que je les aime tous? Moi j’essaye de les aimer tous mais je n’y arrive pas. Je ne leur dis pas dans les journaux… Je ne dis pas que c’est plaisant mais ce n’est pas la fin du monde. C’est comme ça.”

Enfin, il évoque quelque chose de familier et pour le moins intemporel: les excuses, que nous créons. Celles que nous utilisons pour ne pas passer à l’action. Que ce soit pour des projets, aussi signifiants soient-ils. Malgré tout, ces projets restent important dans une vie. Puis il souligne l’importance des peurs et de savoir surpasser, voir passer outre ces peurs. Car vivre sans peur, ce n’est pas une vie pour Brel…

“Je connais un million de types qui vont écrire un livre. Tu es bien d’accord? J’en connais, j’en ai rencontré un million dans ma vie. Des types qui disent: alors tu sais encore 2 ans, je vends des bretelles encore 2 ans… mais alors en 73, j’écris un livre. Et puis si un jour on les rencontre en 73, ils diront: je continue à vendre mes cornichons, je vis avec mes cornichons, j’ai une femme, j’ai deux enfants, j’ai le machin, j’ai une petite amie, ma voiture est vieille… Je vends des cornichons jusqu’en 75, et en 75, j’écris un livre. Le livre étant le symbole dans tout ça. Moi je crois que bretelles ou cornichons, quand on a envie de faire un truc il faut plonger comme un fou et le faire, quitte à se tromper. Je préfère me tromper et je préfère plonger. Et je plonge”.

Vous n’avez pas peur?

“Si si je trouille (j’ai peur), mais je trouille tout le temps dans la vie, tu sais. Bien sûr je trouille, mais tu vois j’ai chanté 17 ou 18 ans, j’ai été vomir avant chaque tour de chant de peur, et quand j’avais trois tours de chant trois fois par jour, j’allais vomir trois fois par jour de peur. Et en avion parfois j’ai très peur. Et je fais du voilier parfois j’ai très peur. Et quand je joue la comédie pour un film, j’ai peur. Et là je vais faire un film, en plus je l’ai écrit, j’ai très peur. J’avoue j’ai très peur. Cela dit, un homme qui n’a pas peur, ce n’est pas un homme. L’important c’est d’assumer sa peur mais qu’on ne vienne pas me dire qu’un homme n’a pas peur, c’est un fou, il faut l’enfermer”.

Mais ce besoin que tu as…

“C’est pas un besoin, je trouve ça normal. Je trouve anormal de refuser la peur tout le temps. Je trouve anormal cette espèce de sécurité qu’ont bien des gens. Je ne leur en veux pas du tout, bon sang, je les aime bien, je les respecte mais je ne pourrai pas moi vivre comme ça. Peut être que jai trop de santé, mais vivre sans avoir peur, sans cette espèce de notion, ce n’est pas vivre enfin. Il vaut mieux être mort!

Enfin, je terminerai avec son approche (connue) de la bêtise humaine, avec une définition juste et pleine de sens.

“La bêtise, ah la bêtise c’est terrible. C’est la mauvaise fée du monde. C’est la sorcière du monde. C’est la bêtise. Il n’y a pas de gens méchants. Il y a des gens bêtes mais c’est pas de leur faute. Et des gens qui ont peur, ça c’est de leur faute. Il y a des gens qui ont peur et qui n’assument pas leur peur. Je crois que tout commence un peu comme ça. Mais enfin, ça c’est à un philosophe de déterminer tout ça, c’est pas à moi.

Mais je n’aime pas les gens bêtes, parce que la bêtise c’est de la paresse. La bêtise, c’est un type qui vit et il se dit: ça me suffit. Ça me suffit, je vis, je vais bien, ça me suffit. Et il ne se botte pas le cul, tous les matins en se disant: c’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses… c’est de la paresse je crois la bêtise. Une espèce de graisse autour du coeur qui arrive et une graisse autour du cerveau… je crois que c’est ça”.

À toutes les aspirines de ce monde, je vous dis: Merci 🙂 

with love,
C.

Source Archive: Henry Lemaire, interview de Jacques Brel, au printemps 71, à Knokke. Filmé par Marc Lobet.

INΦNI, un label pour les artistes, avec les artistes…

INΦNI, un label pour les artistes, avec les artistes…

Podcast Solybox #5, première partie (Part A)

Inphini, un label pour les artistes, avec les artistes

Présentation du label

Les deux co-fondateurs : Alexandra Rey et Brice (DJ B-So), il a la casquette de co-fondateur et est le premier artiste du label.

Comment est arrivée l’idée du label ?

B: C’est une idée de longue date. C’était un souhait pour trouver un épanouissement artistique. Un souhait établit dès mes vingt ans. J’ai commencé en 2007 avec une boîte de booking 4U BOOKING, avec Poolpo (Nouvelle Star – 2007). Ça l’a propulsé, il a fait le buzz sur le web avec des millions de vues… Une opportunité pour faire des dates, profiter de son exposition et faire une tournée en tant que DJ. On a fait beaucoup de dates jusqu’au jour où on a reçu une proposition de Microsoft.

Une belle opportunité !

Résultat: un post viral avec Windows Vista, plus 5 millions de vues… De fil en aiguille, d’autres opportunités se sont mises en place. Notamment avec Vodafone et des tournées à travers l’Europe. Trois bonnes années…

B: À partir d’un moment on a préféré arrêter. À la fin de ces trois années, j’ai rencontré Alex (aujourd’hui, co fondatrice) et j’en ai profité pour arrêter l’aventure 4U BOOKING et partir pour de nouvelles aventures.

C: C’était formateur!?

B: J’ai pu découvrir et observer le milieu notamment les pièges, les attitudes et comment gérer les choses… Une expérience assez forte!

A: C’était intéressant de faire le bilan de cette première expérience entrepreneuriale. Faire le bilan, voir qu’au final il faut être préparé. On peut très bien l’affronter à 20 ans. Il n’y a pas de règle d’âge. On avait déjà en tête ce projet (de re créer quelque chose) mais on voulait le faire sur des fondations saines. Être capable d’aborder tous les aspects de l’entrepreneuriat nous-même. Avoir une vision sur chaque aspect de l’entrepreneuriat. Que ce soit avec qui s’associer ou la vision d’un business plan…

Par rapport à notre collaboration et comment on voulait amener ce projet là: comment on voulait le mettre en avant. Le plus important c’était la partie “communication, juridique et administrative”. On a passé presque 7, 8 ans à se former. En reprenant les études avec un Master en Communication. On s’est formé ensemble… Avec une spécialisation en “droit, économie de gestion de l’audiovisuel” à Paris Sorbonne. Pour comprendre tout ce qui touche à la propriété intellectuelle.

C’est important pour Inphini. Brice s’occupe beaucoup plus de la partie artistique. C’est lui qui donne l’impulsion au niveau de l’activité, et moi je suis là pour assurer l’encadrement.

Les débuts

Ne pas vouloir se limiter à un domaine

B: J’étais refroidi suite à mon expérience avec 4U BOOKING. J’ai senti que j’allais perdre pied si je restais dans un domaine précis. J’ai pris goût avec la publicité et le domaine de la communication.

Alexandra, elle, a connu un début de carrière atypique…

A: Un début de carrière dans l’immobilier. On s’est rencontré grâce au travail. Il avait besoin de quelqu’un pour faire du booking en Espagne et on s’est connu à ce moment. J’ai commencé à faire du booking pour 4U BOOKING.

Cette expérience ça m’a permis de réfléchir à ce que j’avais vraiment envie de faire. C’est un métier intéressant et formateur qui me sert beaucoup, encore aujourd’hui. Malgré tout, j’avais envie de continuer mes études dans la communication et le marketing. Et surtout le domaine de la musique qui paraissait être un milieu inaccessible à l’époque et finalement de fil en aiguille on y arrive!

C: Comment vous avez fait pour tenir aussi longtemps?

A : On a bossé, on a décidé de se faire les dents. Comprendre l’industrie de la musique, le fonctionnement des médias, des relations entre artistes, labels, voir leur promotions, etc. Mon expérience chez Lagardère (Virgin radio, RFM, MCM…) était très formatrice. J’étais dans une bonne équipe. C’est clairement ce que j’ai envie de faire.

Après l’ISCOM, on est monté sur Paris où on ne connaissait personne et on a décidé de voir comment ça fonctionnait avant de se lancer.

L’entrepreneuriat, c’est toujours difficile de prendre la décision avant de se lancer. Nous on avait la volonté de se préparer au maximum pour pouvoir affronter cette nouvelle étape. On a travaillé 5 années pour acquérir des compétences…

B: Moi j’ai bossé en agence de publicité et dans le marketing mobile.

C: C’était complémentaire !

C: Et donc le label, ça s’est concrétisé au fur et à mesure ?

B: Le sentiment d’un truc à faire, à achever. C’est le sentiment d’avoir quelque chose à finir. Acquérir des compétences c’est ma logique dans la musique. Du coup c’est un mode de fonctionnement que je retrouve dans tous les domaines (de la musique, au monde de l’entreprise).

A: C’est un objectif de vie. Lié à une passion commune: la musique.

Il y a de la place pour tous le monde. C’était le moyen pour nous d’arriver sur le marché de l’entrepreneuriat et de la musique en étant crédible, tout en restant indépendant.

B: On tient à rester indépendant. C’est un point d’honneur. On tient à rester maître de ce que l’on fait. Des fois il y a des priorités commerciales avec des préférences pour d’autres choses. On essaye d’éviter mais là je m’ouvre un peu plus. On a sorti mon tout premier clip.

MAKE GOLD un titre et un premier clip !

Street Symphony, le son que l’on entend en début et fin du Podcast. Pour télécharger le son du podcast, c’est par ici.

B: On est face à un public “formaté”, donc il faut savoir rentrer dans le moule. Garder certains repères, pour toucher un maximum de personnes. Une offre un peu différente tout en réussissant à se faire entendre. Diffuser au maximum notre vision des choses à travers nos musiques. Qu’une cible très large puisse écouter et aimer ces projets là…

Tout en restant fidèle à ses propres valeurs. Une protection pour l’artiste.

« Inphini, c’est un label pour les artistes, avec les artistes ».

L’avantage d’être indépendant ! Une liberté dans ses créations.

La particularité de B-So : en général on essaye de mettre les gens dans des cases… Alors que quelqu’un peut être dans plusieurs cases différentes. “Être matraqué ou ne pas être matraqué”, telle est la question 🙂 Il faut se fier aux oreilles. Notre but, c’est de créer des ponts, sans forcément coller une étiquette. Se fier aux oreilles des gens…

L’impact

Motiver d’autres gens à faire de la musique de façon indépendante. Et pas de choisir tout le temps la facilité. Le faire avec panache, finesse et audace! Devenir un exemple, en toute humilité…

La production de Make Gold

Un projet auto financé. Réalisé de A à Z. avec Quentin Uriel le réalisateur. Le clip reflète bien notre vision. 100% made in France. Une vision hybride de la musique.

C: Comment rester fidèle à sa vision et ses valeurs ?

En restant intègre et en respectant ses propres valeurs. Voilà l’enjeux, celui de rester fidèle à notre vision et nos valeurs. Motiver les gens à faire de même.

Le travail en équipe : un binôme qui fonctionne

B: On est ensemble dans la vie et dans le travail.

On partage l’amour de ce que l’on fait, de notre relation avec les gens, l’amour du projet avec un but commun. Pour qu’un projet fonctionne il faut savoir mettre l’égo de côté.

C’est quelque chose qui nous a marqué dans les grands groupes. Le fait de travailler pour sa carrière et pas forcément pour un projet. Nous, notre vision, c’est de travailler pour un projet commun et ce qui est important c’est que le projet puisse aboutir à quelque chose.

Leur secret : La communication et une vision commune !

Deuxième partie de cet épisode, prochainement disponible sur solybox.me 

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Rencontre avec Xavier Rodriguez

Rencontre avec Xavier Rodriguez
 
PodcastSolybox#Épisode#4Deuxième partie
 
Des challenges…
 
X: Le sport m’a forgé. Notamment le football, parce que tu partages un quotidien avec des personnes qui ne sont pas forcément du même milieu que le tien… avec des experiences et des façons de voir le monde complètement différentes. Il faut savoir se mobiliser dans les moments cruciaux, y compris les matchs. Quelque part, cette progression – avec des championnats et des trophées remportés – on a pu la faire parce que tous ensemble, on s’est mis au service de cet élément de performance. On a su mettre de côté nos différents et nos differences, pendant 90 minutes… L’ensemble de ces victoires c’est une victoire en tant que telle qui me sert énormément lorsque je fais face à certaines difficultés.
… Aujourd’hui ce sont des reflexes importants.
 
C: Est-ce que tu as un mantra (ou une citation) représentatif de ta philosophie de vie ?
 
« Le management ça s’apprend davantage dans la cour de récré que sur le banc de l’université ». S.
Je crois beaucoup dans l’apprentissage au travers de nos relations… et de l’écoute… c’est-à-dire que le regard diffèrent du miens, une façon de faire différente de la mienne va m’apporter beaucoup à partir du moment où je comprends…  donc j’adore partager quand je suis à l’étranger sur des façons de faire… Où que je sois dans le monde, jamais tu ne me verras manger dans un restaurant français… J’ai besoin de comprendre la culture du pays, la façon de fonctionner des habitants même si ce sont nos voisins européens. C’est pour moi des éléments qui sont fondamentaux pour pouvoir se développer et grandir.
 
Le conflit
 

X: Le conflit n’est pas négatif à partir du moment où on sait y mettre une limite… Je suis quelqu’un qui peut être parfois assez guerrier, assez “rouge” pour reprendre des termes de principe managériaux qui peut parfois mettre en retenu. C’est une façon de partager mes convictions. Tout le sujet derrière c’est savoir si le message a été entendu et compris.

X: Sur le moment il peut y avoir des désaccords et divergences musclés, l’important c’est d’aller au delà et se poser la question suivante: Qu’est-ce qui s’est passé réellement… ?
 
C: Quel est le pire conseil que tu aies reçu?
 
Je vais citer un collègue consultant américain qui m’a dit :
“Un conseil je ne te le donnerai pas. je te le ferai payer, par contre une idée ou un point de vue, je te le donne avec plaisir!”
 
Donc j’utiliserai plutôt la notion de “point de vue” que de conseil.
“Avance et ne fais confiance qu’à toi, n’écoute que toi…”
 
Surtout pas. Alors, bien entendu, il faut se faire confiance mais il faut aussi surtout écouter ce qui se passe tout autour de soi.
 

C: Mais imagine quelqu’un qui est entouré de personnes dans le doute. Il devrait arrêter?

X: Qu’il y aille mais avec ceinture et bretelle ! Bien sûr qu’il faut y aller parce qu’il faut tester…

“Chercher c’est bien, mais trouver c’est mieux” – C. De Gaulle

À un moment donné, pour réaliser quelque chose il faut d’abord le tenter … par contre si on sait qu’il y a un niveau de risque important, on ne va pas mettre tout son argent sur cette idée !

 
… Je viendrai combattre cette idée et soutenir l’idée que entreprendre c’est pas simple mais c’est une belle realisation de soi !
 
“Entreprendre c’est dur, mais c’est une des plus belles aventures !”
C: Une personnalité du business ou de la culture qui t’a inspiré ou influencé?
 

X: Il y en a plusieurs… Je trouve qu’on vit à une époque où on a pas mal de chance… grâce aux médias on peut écouter de nombreuses personnes ou beaucoup de personnes peuvent se faire entendre, ce qui est un risque également… Il faut avoir une sacré capacité de jugement et un sens critique fort.

Il y a plusieurs typologies de personnes. Il y a quelqu’un comme Madeleine que jaime beaucoup mais depuis qu’il nest plus homme politique et dans le même sens il y a quelqu’un comme Soumier.
Quelque part, je trouve que ce sont des reflexions intéressantes et qui amènent à la réflexion de tout à chacun, des différents événements à vivre dans sa vie.
 
Une grande avocate marseillaise Eliane Keramidas qui a écrit le livre “Comment faites-vous pour les défendre?” … avec beaucoup de discernement, elle fait part de son approche d’avocate et comment elle est allée chercher le bon ou l’explication dans les pires monstres. Je trouve qu’à travers ses démarches, l’exercice qu’elle a pu faire, on apprend beaucoup de choses sur la nature humaine.
Alors, bien sûr, je ne suis pas là pour défendre ceux qui ont fait les pires crimes qui soient. Je trouve que la réflexion, est une approche qui est très humaine.
 
Un livre récent qui m’a beaucoup marqué dans la façon qu’il a été écrit c’est Sapiens – Une brève histoire de l’humanité (par Yuval Noah). Parce que je trouve que c’est une belle façon de mettre en perspective l’évolution de l’humanité et cette façon de raconter l’évolution de l’humanité sur cette échelle temps, je trouve que c’est un exercice formidable et encore une fois je trouve qu’il apprend beaucoup sur nous même et sur notre façon (être humain) d’approcher la vie et le monde.
 
Sinon il y a des thèmes aussi qui me portent beaucoup à réfléchir comme le thème du transhumanisme
Ça pose des questions fondamentales sur l’évolution de l’humanité. Le livre, Google Démocratie (par David Angevin), qui au travers d’un roman, rapporte un fait qui est fort et qui pointe des questions fondamentales et encore une fois des questions auxquelles on va devoir répondre très rapidement. Je crois qu’aujourd’hui, un des vrais sujets pour nous, c’est gagner en clairvoyance par rapport à ce qui nous attend.
Pour dériver sur la politique – et comment ne pas deriver avec l’élection qui nous attend – ce que je reproche quelque part aux candidats… c’est de ne pas s’employer à parler de ces grands sujets… Il y a une responsabilité et un devoir de ces personnes qui vont guider des millions d’individus à aborder ces questions parce que effectivement, on ne peut pas parler de transhumanisme comme on va parler du Rsa ou du salaire minimum, parce que malheureusement dans la vie tous le monde n’a pas les moyens de se poser la question…
Je pense que dans le débat d’aujourd’hui il faut savoir poser des vrais sujets et les deux sujets sont importants pour moi… Il est de leur devoir (les politiques), de créer les conditions pour pouvoir aborder des vrais sujets de fonds.
 
C: Quelle est ta propre définition du succès ?
 
X: Le succès, il est avant tout personnel. Chacun a sa propre défintion du succès. Le succès est très proche de la réalisation de soi. Personnellement je ne cherche pas à avoir une villa a Miami et mon yacht a Tahiti, par exemple…
Aujourd’hui j’avoue qu’un de mes moteurs c’est un certain confort financier… c’est aussi pour pouvoir éduquer mes enfants et leur donner les moyens, d’avoir le choix. Cette notion de choix est fondamentale.
Les nuits blanches et les weekends raccourcis, je vais les faire aussi parce que ce metier m’apporte beaucoup: dans ma connaissance, mon regard sur les autres, et sur le monde et en même temps sur ce que je peux apporter aux autres… J’ai la chance dans ce métier de pouvoir aider des collaboratrices et collaborateurs qui sont dans un schéma mental qui peut leur être dangereux et ils ont besoins de trouver des réponses. À mon “tout petit” niveau. je les aide à se poser les bonnes questions et il n’y a rien de plus beau qu’à la fin d’une intervention, quelqu’un qui vient vous voir et vous remercier.
 
C: Si tu pouvais choisir un intitulé un titre pour définir (aussi simple que possible) ce que tu fais? Dans ton travail et ta vie…
 
X: Deux sujets, qui ne sont pas de moi mais d’un client accompagné depuis de longues années c’est : Performance et Bien-être.
La performance avant le bien être, sachant que la performance n’est pas limité à l’aspect financier ou économique. C’est lié à une dynamique pour avancer, ou une dynamique pour se stabiliser car la performance est liée par rapport à moi, à ce que je veux faire… Si je réalise ce que j’ai envie de realiser, je vais me sentir bien.
 
C: Mais cette performance, elle est liée à tes convictions personnelles, non?
 
X: On ne peut pas s’ignorer en tant que personne, c’est un grand danger!
 
C: Tu dis ça mais… on est beaucoup dans le devoir plus que dans le ”je veux” et…
 
X: Après c’est le “pourquoi”. Forcément ce n’est pas un hasard. Il y a des éléments liés à l’environnement familiale et social… il y a une culture (école) qui va amener des éléments qui vont nous forger… La vrai question c’est: est-ce que fondamentalement j’ai ça en moi? et ce n’est pas rare de voir des personnes aller fondamentalement dans un autre sens.
 

J’ai un copain après HEC qui est parti faire Histoire parce qu’il s’est rendu compte que c’était pas son truc et tant mieux parce qu’il a pris conscience donc il s’est réaligné par rapport à ce qu’il a été donc je crois que … par rapport à l’évolution de l’humanité, par rapport à ce que l’on va vivre, un des éléments, des enjeux majeurs du point de vue individuel, c’est l’alignement. Ça va être la capacité de chacun a être aligné.

Si je reviens sur ce que je ressens, individuellement, c’est de garder cette logique quotidienne entre ce qui me fait plaisir. Pas plaisir au sens gourmandise mais dans lequel je vais être engagé, je vais me sentir dans la volonté d’avancer, je ne vais pas trainer des pieds. Donc quand une mauvaise nouvelle arrive, qu’est ce qui va faire que je vais la dépasser, à quoi je vais me raccrocher? Ça, ce sont des éléments qui sont des éléments qu’on oublie trop souvent, fondamentaux. Comment je fonctionne ? 
 
Je crois beaucoup en l’amour avec un grand A. Je pense que c’est un sentiment qui doit davantage nous animer. L’amour ça se reçoit et se donne… Quelque soit l’approche qu’on a du monde ou le regard qu’on a sur le monde, c’est un sentiment qui va libérer et aujourd’hui on a besoin de se libérer… devenir ce qu’on est réellement et de s’aimer individuellement. On manque beaucoup d’amour propre je trouve, et ça pour gagner de l’amour propre c’est revenir à ce qu’on est fondamentalement, nos organes, nos parents, nos experiences, nos choix, notre vie.
 
C’est en se reconnectant à soi que forcément on va gagner en alignement et on va réussir à être dans les meilleures dispositions possibles pour avancer dans un monde qui est très complexe et très déséquilibrant.
 
La balance de vie, la méditation et le sport…
 
Ma performance, elle est de tenir mon rythme. Je cours 15 km chaque semaine. C’est ma performance. Quoi qu’il arrive. Ma performance c’est d’être au rendez-vous chaque semaine parce que ça fait partie de mon équilibre de vie. Bien évidemment que ça me vide la tête, de me poser d’autres questions et d’être plus serein mais encore une fois, le plus important c’est de revenir à soi et de se dire, c’est quoi finalement la bonne façon d’être soi même?
 

Il y a une façon de vivre.

X: Qu’on le veuille ou non il y a une façon de vivre qui me rend bien. Dans cette façon de vivre, il y a effectivement le partage avec les amis autour d’un bon apéro que ce soit chez un ami, chez moi ou dans un bar du coin… Quand je parle de l’alignement, il faut être conscient de ce genre de chose et pas avoir peur de s‘affirmer…
 
“L’entrepreneuriat à la base c’est un métier”.
 
Aujourd’hui, les écoles de commerce devraient aller encore plus loin sur cet apprentissage. Pour faire face aux difficultés rencontrées en tant qu’entrepreneur, cette notion entre performance et bien-être me permet d’aller chercher encore plus ces plaisirs.
 
Si tu passes ces difficultés tu vas pouvoir accéder à ces moments qui te font du bien.
Pour retrouver ou découvrir la première partie de cet épisode (#4), c’est par ici.
 

 

Rencontre avec Maëlle Chassard (co fondatrice Lunii)

Rencontre avec Maëlle Chassard (co fondatrice Lunii)
Un livre qui a changé ta vie 
Joseph Campbell, Le Héros aux milles et un visages
 
M: Fastidieux mais très dense et riche! Il donne une ouverture d’esprit gigantesque. Le parcours du héros fait partie du parcours d’entrepreneur. Après attention: dans le mythe du héros, le personnage principal est solitaire. L’entrepreneur ne peut pas être solitaire!
Un film 
Fight Club
 
M: Je trouve que Fight Club est un film qui permet de casser les codes et d’être surpris et plongé dans un univers rempli d’inconforts. On en ressort en se posant mille questions. À la fois au début avec la routine dans laquelle se trouve le héros. Puis à quel point ça peut être violent d’être trop dans son monde et qu’il faut aussi s’ouvrir l’esprit! Créer un personnage parce qu’il était trop dans son monde, je trouve ça dingue et ça m’a permis de réfléchir à énormément de choses. Ça m’a beaucoup parlé, ce film m’a beaucoup parlé…

Ta définition du succès

M: Ça serait à chacun de trouver son équilibre. Le succès il est là pour tous le monde et ce n’est pas forcément vendre un million de produits et être sur toutes les couvertures de magazine! Le succès c’est plus trouver son équilibre: « Comment je peux être heureuse? Comment je peux me challenger au quotidien? Est-ce que être heureux dans la vie, pour moi, c’est être mère au foyer, est-ce que c’est avoir un carrière…? »  
Pour moi le succès c’est trouver son équilibre et trouver ce que l’on veut!
C: Tu l’as trouvé ton équilibre?
M: “Mon équilibre c’est de ne jamais trouver mon équilibre!”
C: Cette approche du succès a t-elle changé depuis ces quatre dernières années ou c’est toujours la même?
M: Disons que Je n’avais pas matérialisé ou mis des mots concrets dessus. J’ai toujours pensé que c’était une question d’équilibre!

Le Billboard : ton message au monde, ça serait quoi?

M: Ça serait de dire aux gens de sortir de leur zone de confort. C’est la meilleure manière de grandir et d’apprendre. 
« I’m still learning. »
Je continue à apprendre.
Faire prendre conscience aux gens que même adultes, ils peuvent continuer à apprendre. Ça permet de grandir et de ne jamais se retrouver cloisoné dans « une » pensée.
C: C’est quoi les qualités premières d’un entrepreneur?
M: Tout le monde peut arriver à faire des choses. Pour moi un bon entrepreneur c’est un entrepreneur passionné. C’est un parcours qui est fait de beaucoup d’embuches et la passion te permet de te surpasser, de partager avec les autres ce que tu as envie de partager et dans les moments difficiles de continuer à garder ça en tête. Je n’ai jamais douté… Ça ne fait pas partie de l’équation. Quoi qu’il arrive je vais y arriver! Je ne sais pas où je serai plus tard mais je sais que j’arriverai à atteindre mes objectifs, parce que… parce que c’est comme ça. Ça ne peut pas être autrement!
Forcément je vais allé voir d’autres horizons, en cohérence avec mon parcours. Je pense que ce parcours Lunii va durer longtemps mais que son évolution va être étonnante. On va se retrouver à des endroits où on ne s’y attend pas et en fait ce qui est hyper intéressant c’est qu’on est confronté à des problématiques qui concernent énormément de monde. Je pense à ce côté d’industrialisation. On a été déçu de ne pas pouvoir produire en France. Pourtant j’ai envie de faire quelque chose pour mon pays. Donc avoir un impact plus grands
Ce parcours à Lunii m’a permis d’avoir cette vision là, que mes associés partagent d’ailleurs. Du coup je ne sais pas quel va être mon parcours, je sais juste que ça ne va pas tourner en rond et que ça va évoluer. 
C: Quel impact souhaites-tu avoir à long terme?
M: Si je peux motiver des gens à devenir entrepreneur ou à créer des projets, à se lancer, à ouvrir leur esprit au monde et comprendre qu’il y a plein de choses qui se passent autour d’eux. On est dans une situation aussi globale. Il faut penser systémique, au « tout » et pas juste à sa situation. On fait partie d’un tout… soit inspirer, soit faire prendre conscience. Je serai très heureuse d’en arriver là. J’aimerai aider des entrepreneurs qui cherchent à se lancer.

C: … & par rapport à Lunii?

M: J’aimerai bien que Lunii soit un produit qui soit intemporel c’est-à-dire qui dure (vraiment) dans le temps. Ça peut être un produit qui dure, qui évolue (avec l’enfant) et qui lui apprenne plein de choses. Dans le monde pédagogique aussi. On prône un apprentissage où l’enfant est actif et pas passif, où il se pose des questions et pas juste exécute!
Notre Relation au Digital
M: Grâce à mon parcours à Strate, j’ai un nouveau regard sur le digital. J’étais très enfermée sur le côté écran et interphases. À la fois je voyais beaucoup de choses émerger, ultra intéressantes mais j’avais ce côté « écran » qui me butait un petit peu… Puis j’ai découvert que les interphases tangibles. Ça m’intéressait plus… On peut faire autre chose, plein d’autres choses grâce au numérique!
Du coup je prône plus ce genre d’utilisation. Aujourd’hui c’est plus comment bien réfléchir, si on peut apporter quelque chose en plus sur un objet totalement physique… Quelle est la meilleure réponse pour l’utilisateur?
C: Tu as une certaine routine vis-à-vis du Digital?
M: Honnêtement, je ne fais pas de travail particulier pour me couper des écrans ou des réseaux sociaux. Je suis totalement victime de ma génération. Effectivement je passe énormément de temps devant les écrans. Pas que pour le travail mais aussi pour me détendre. Après j’ai réussi à trouver des moments où je m’évade. J’ai une platine chez moi et la musique est quelque chose de très important pour moi. C’est le moment où je suis très créative. Les moments où je réussie à m’évader, je me mets soit à rêver, soit à penser à plein de choses et ça permet de me couper de cette routine « écran/travail », pour m’évader. Ça a été ma réponse à moi pour déconnecter.
Je pense que c’est d’autant plus important quant on est enfant. Encore une fois, c’est à faire mais pas dans l’extrême. On parle encore d’ « équilibre ». C’est aussi aux parents d’éduquer leurs enfants et leur apprendre qu’il y a un temps pour chaque chose. L’ennui est hyper important quant on est enfant parce que ça permet d’être créatif… Imaginer que leur lit est un bateau par exemple! 
Pas se couper des écrans juste pour « se couper des écrans », il faut aussi l’expliquer. En tant qu’adulte à chacun de se poser les bonnes questions. Est-ce que c’est bon pour moi de passer autant de temps sur les écrans? 
Aujourd’hui je ne me pose pas la question parce que ça fait partie de mon quotidien et ça fonctionne très bien comme ça. Peut être qu’au bout d’un moment j’aurai plus envie de me déconnecter pour une certaine raison. Encore une fois à chacun de trouver sa bonne réponse!
C: Quel est le plus gros préjugé sur l’entrepreneuriat? 
M: Je ne sais pas si j’ai un préjugé à casser mais il y a une image très cool qui est donnée à l’univers des start ups. Tout le côté Silicon Valley, un côté un peu « too much » (trop) qui a un certain aspect « vrai » mais ça ne sert à rien d’en « faire des caisses »…
Oui c’est un univers super intéressant parce que ce sont des montagnes russes. C’est un univers où on est confronté à rencontrer des gens différents tout le temps. Ça fait partie de notre quotidien.
L’enrobage autour de l’univers start up me dérange. Ça serait bien d’en parler de manière encrée dans la réalité. Chaque parcours dans ce milieu partage des points communs, mais chacun se différencie à sa manière. 
C: Si tu pouvais créer Ton Propre Titre (pour tes cartes de visites, à la place de « co fondatrice »)… 
M: « Apprentie de la Vie »
Sincèrement. Parce que je ne sais pas si je serai entrepreneure toute ma vie. J’ai envie de continuer à apprendre et ça me fait grandir donc « apprentie de la vie » je trouve ça plutôt pas mal !
Chacun a sa propre manière de voir l’entrepreneuriat. Pour moi c’est d’apprendre parce que ça permet aussi de ne jamais savoir qui on est. C’est à la fois confortable et inconfortable.
C: Quelle expérience marquante t’a beaucoup appris ces dernières années?
M: À part mon parcours global, je n’ai pas d’expemple précis. Chaque expérience vaut le coup d’être racontée. Je pense que la chose la plus marquante pour moi ça a été de me lancer, de me dire « ça y est on se lance dans l’aventure ». Et un moment marquant aussi ça a été de réaliser (son avancée), c’est aussi important de se poser et de réaliser le parcours qu’on a accompli… Avec mes associés on a trop tendance à se dire « c’est quoi la next step », plutôt que de se poser (et regarder tous nos mini succès).
Il y a trois mois, je me baladais dans la rue et j’ai eu une prise de conscience soudaine, je me suis dis « tu as crée un produit qui est dans les magasins, dans les rayons, 20 000 pièces… ». Ok voilà. c’est cool. C’est ça un des moments les plus marquants!

L’ampleur des choses

M: Il y a quelque chose que je devrai plus faire aujourd’hui. Au début du lancement, pour chaque événement, j’étais comme un enfant. J’apprenais une nouvelle, j’étais réjouie, l’énorme smile :)… Aujourd’hui les moments comme ça arrivent moins et je devrai (en faire autant)… comme il y a quelques jours!

Des modèles et sources d’inspirations

M: Je m’identifie à énormément de Youtubers. Je suis pro univers des créateurs de vidéos, indépendants. Ma recette, c’est de chercher à droite à gauche quelque chose qui me plaît chez une personne ou une autre. C’est hyper important d’aller chercher ce qui nous parle. Du coup c’est comme ça que j’apprends sur d’autres choses (la politique, l’histoire, le monde culturel, etc).
Des exemples…
M: Raphael Descraques et Vincent Tirel par exemple… Ça me permet de me sortir du « réel«  et voir des choses absurdes ça aide vraiment à se déconnecter… Ça me permet aussi de faire raisonner des choses. Une barrière très fine entre le perso et le pro. Ce que j’aime, ce que je suis aujourd’hui s’inspire aussi de choses qui n’ont pas de lien avec ce que je fais. C’est essentiel. Et ce n’est pas forcément à lire des livres classiques du genre “les 10 choses à ne pas faire en tant qu’entrepreneur” ou autre chose du genre. C’est bien mais c’est bien aussi d’aller voir ce qui n’est pas directement lié à l’univers de l’entrepreneur!
Le moment d’évasion, c’est ce qui va permette un certain déclic. Suivre ses intuitions c’est pas mal. et aller voir des trucs qui peuvent déclencher des intuitions ça permet de prendre du recul …
C: Quelle est ta définition d’une journée productive?
M: Je n’ai pas de réponse à cela. Chaque jour est différent. Je n’ai pas encore trouvé mon équilibre d’arriver à organiser mon temps avec toutes les tâches qu’on a à faire aujourd’hui. Je n’ai pas encore trouvé d’équilibre sur cette partie là et du coup je n’ai pas de réponse à apporter.

C: Un message pour les lecteurs & auditeurs Solybox ?

M: Parlez de votre projet à plein de monde, à des gens avec qui vous vous sentez à l’aise et des gens avec qui vous avez des challenges. N’écoutez pas forcément tout le monde, écoutez vous et rencontrez de nouvelles personnes. Foncez !
Retrouvez la première partie de cet épisode #3, ici.
 
Merci encore à Maëlle de m’avoir consacré de son précieux temps. J’espère que vous aurez trouvé des réponses à vos questions ainsi que de l’inspiration pour votre projet ou tout simplement un bon moment d’évasion! À très prochainement sur le Podcast et le Blog.
With love,
C.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Podcast Solybox, Épisode#6 w/GéraldineK.

Un artiste favori …

G: Un céramiste auprès duquel j’ai pris des cours en Californie. Il s’appelle Ed Thompson qui est mort d’un cancer, il y a quelque années (après être rentrée en France). C’était un homme parfaitement généreux qui partageait toutes ses techniques. Il n’y a pas de recoins, qu’il gardait pour lui. Il faisait des pièces soit trop grandes, soit trop petites. Il faisait beaucoup de travail sur la matière. Ses pièces étaient triées en 3D. Une approche très géométrique. Il était tellement simple. Quelqu’un d’assez connu, il était formidable! Il avait fait un workshop, sur comment rajouter du volume sur des spirales? Ce n’est pas esthétiquement ce que j’adore, mais cet homme là était admirable!

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C: As-tu des sources d’inspirations, des artistes en particuliers… 

G: C’est difficile à dire. C’est sûr que j’ai des influences. En France, pas particulièrement. Il y en a deux qui me viennent à l’esprit. Une qui est plus que connue, elle s’appelle Lucie Rie. Elle a beaucoup travaillé en Angleterre. Elle était Viennoise. Elle réalisait des bols élégants, et très simples, avec des formes aériennes magnifiques.

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Puis Jennifer Lee qui est moins connue. Elle est écossaise. J’avais vu son travail dans ce fameux livre, Make Up ClayElle ne tourne pas ses pièces. En ce qui me concerne, je suis folle du tour! Elle faisait du colombin. Elle associait des terres différentes pour constituer des gobelets qui ont des courbes « toutes douces ». À la fin, ça donne un résultat asymétriques. Pièce en terre brut, nue. D’une élégance c’est magnifique.

J’aimerai tellement tenir une de ses pièces. Je les ai vu dans des livres mais jamais pu les voir dans la vraie vie! Effectivement j’aimerai tellement pouvoir les tenir dans les mains. Pour moi c’est indissociable…

L’enseignement

G: J’adorais enseigner. C’est un plaisir pour moi. C’était aussi indissociable du métier de chercheur. Quant on cherche, c’est aussi pour partager les connaissances. Et j’avais envie de partager tout ce que j’apprenais.

Je prends des gens en cours en hebdomadaire avec des stages le weekend. Ainsi que des stages pendant les vacances scolaires. C’est tout le temps comme ça…

C: Aujourd’hui on est dans une société qui privilégie particulièrement le travail

D’abord moi. Il faut d’abord que je me fasse plaisirC’est vrai que j’ai cette liberté de dire non. Et ça, pour moi c’est plus précieux que quoi que ce soit d’autre. C’est ça qui m’a permis de décider pour ce boulot. Là je me retrouve complètement libre de ce que je fais.

Et d’ailleurs, je ne pourrais jamais revenir en arrière.

Sur toutes ses facettes, pour moi, c’est un métier qui est du plaisir. C’est que du bonheur. Bien sur qu’il y a des contraintes. Mais tout ça c’est que du plaisir. Je m’organise comme je veux de A à Z. C’est un métier où finalement, il y a peu de responsabilité. Je n’ai pas la vie de quelqu’un entre les mains. Si jamais je suis malade, ou je ne peux pas donner mon cours du lundi matin, ça n’a aucune importance. On est dans le loisir pur. Aucune vie est en jeu.

Pareil pour la production. Si je n’ai que la moitié des bols, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme! Donc, c’est mon envie de répondre (ou pas) aux gens mais ce n’est pas plus grave que ça. Je n’ai pas d’impact négatif en fait. On peut avoir un impact positif en faisant un objet ou en donnant des cours mais je ne vois pas trop l’impact négatif que je peux avoir avec mon boulot…

Ici on fait un objet utile et utilisable. Là, tout d’un coup on s’émerveille. J’ai un élève qui est chef d’entreprise et il s’émerveillait de faire un bol à cacahuètes. Ils y trouvent tous une satisfaction. C’est fou ! Parce que tout d’un coup on fait un objet, utile ! Ça obsède! J’ai un client très gentil, ça l’obsède tellement qu’il veut construire son propre tour chez lui! Par ailleurs, je pense qu’il ne lâchera jamais son boulot mais c’est un truc où tu mets le doigt, c’est un engrenage! Et pour tous le monde. Ça va de la marchande de glace au chef d’entreprise. Tous le monde, tout d’un coup, fait un objet utile!

Les activités manuelles à l’école

Un idée de cours pour la petite enfance !

Des cours de gentillesses en Scandinavie. Il nous faudrait des cours sur comment sont faites les choses, d’où viennent les choses? Comment c’est fait? En plus ça amènerait énormément de connaissances! Et on se rendrait mieux compte de la valeur d’un objet, son recyclage, le processus qu’il faut mettre en place pour le réaliser, et les ressources nécessaires à sa création.

Est-ce que tu as déjà enseigné aux tout petits?

À la poterie, j’avais un enfant de 6 ans. À Chatou il y a de super écoles, dont une avec la pédagogie Steiner-Waldorf, ils sont avec le même professeur pendant 7 ans. Ils apprennent les maths en faisant du tricot, ils construisent des petits ours en 3D!

J’avais un élève, Eliot, 6 ans et demi, il arrivait à se concentrer !

En cours de poterie, il faut se concentrer et il était à fond dedans. Il était petit mais il se sentait super bien ! Sinon je fais rarement des cours pour les tout petits….

Merci à Géraldine pour le temps accordé à l’occasion de cette interview. Vous pouvez retrouver la première partie de cette interview, en vidéo sur l’article suivant: ici.

Les produits de Géraldine K. sont dès lors disponibles sur la plateforme solybox.com.

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Make Good Art

Make Good Art

Aujourd’hui je veux vous parler d’un artiste. Une véritable source d’inspiration. Neil Gaiman, est un auteur britannique de romans et de bande dessinée. Il a écrit Coraline, un conte noir pour enfants. Mais aussi Sandman, la bande dessinée et Doctor Who, la série de science-fiction (disponible sur Netflix – pour les intéressés), dont il est le scénariste.

Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, je voulais partager ses conseils et ce discours qu’il a donné, lors d’une cérémonie de remise de diplôme.

Le sujet de ce discours – trois petits mots affichés sur mon tableau : 

MAKE GOOD ART

Plusieurs alternatives possibles en français, qui donneraient :

FAITES DE BELLES CHOSES – Faites une (bonne) Oeuvre d’Art

CRÉEZ QUELQUE CHOSE DE BIEN, DE BEAU, DE BON

Voici des extraits ainsi que mes citations favorites de son discours:

Neil est un homme qu’on pourrait appeler ordinaire. À l’exception de son parcours car il semble qu’il n’ait jamais vraiment aimé l’école. Il n’a pas obtenu de diplôme non plus. Un exemple pour tous ceux qui restent persuadés que créer ou faire quelque chose implique forcément une autorisation ou une compétence.

“I never really expected to find myself giving advice to people graduating from an establishment of higher education. I never graduated from any such establishment. I never even started at one. I escaped from school as soon as I could…”

« Je n’avais jamais imaginé me trouver en train de donner des conseils à de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. Je n’ai jamais été diplômé, par un tel établissement. Je n’y suis même jamais entré. J’ai échappé l’école aussi tôt que j’ai pu… »

“I got out into the world, I wrote, and I became a better writer the more I wrote, and I wrote some more, and nobody ever seemed to mind that I was making it up as I went along, they just read what I wrote and they paid for it, or they didn’t…”

« Je suis sortie, j’ai écrit, et plus j’écrivais, meilleur écrivain je devenais, donc j’ai continué à écrire davantage, et personne ne semblait être dérangé par le fait que j’avais tout inventé, tout le long, ils lisaient ce que j’écrivais et ils me payaient pour cela, ou pas… »

Il a cette image de lui même en tant qu’écrivain, dès le début. Au lieu de se faire un plan de carrière, il a décidé de faire une liste de tout ce qu’il souhaitait faire et réaliser dans cette vie.

“Looking back, I’ve had a remarkable ride. I’m not sure I can call it a career, because a career implies that I had some kind of career plan, and I never did. The nearest thing I had was a list I made when I was 15 of everything I wanted to do: to write an adult novel, a children’s book, a comic, a movie, record an audiobook, write an episode of Doctor Who… and so on. I didn’t have a career. I just did the next thing on the list.”

« Avec le recul, j’ai fait un voyage remarquable. Je ne suis pas sûr de pouvoir appeler cela une carrière, parce qu’une carrière implique que j’avais une sorte de “plan de carrière”, et je n’en ai jamais eu. La chose la plus proche que j’ai pu faire (quand j’avais 15 ans), c’était une liste de tout ce que je voulais faire: écrire un roman pour adulte, un livre pour enfants, une bande dessinée, un film, enregistrer un livre audio, écrire un épisode de Doctor Who… et j’en passe. Je n’avais pas de carrière. Je faisais juste la chose suivante sur la liste ».

C’est ainsi qu’il débute son discours, en donnant des conseils qu’il a pu tirer de sa propre expérience d’auteur et d’écran. Avec des débuts difficiles et en dépassant les règles du jeu, qui nous sont parfois imposées.

Son Tout Premier Conseil :

“When you start out on a career in the arts you have no idea what you are doing.”

« Lorsque vous débutez une carrière artistique, vous n’avez aucune idée de ce que vous faites ».

“If you don’t know it’s impossible it’s easier to do. And because nobody’s done it before, they haven’t made up rules to stop anyone doing that again, yet.”

« Si vous ne savez pas que c’est impossible, c’est plus facile à faire. Et parce que personne ne l’a déjà fait, ils n’ont pas créé de règles pour empêcher ou arrêter quiconque à le faire de nouveau – pour le moment ».

Conseil numéro 2, dans lequel il partage le pouvoir de la visualisation et la volonté de réaliser sa propre « mission de vie » (purpose, en anglais).

“If you have an idea of what you want to make, what you were put here to do, then just go and do that.”

« Si vous avez une idée de ce que vous voulez faire, de ce pourquoi vous êtes ici, alors allez-y et faites-le ».

“Something that worked for me was imagining that where I wanted to be – an author, primarily of fiction, making good books, making good comics and supporting myself through my words – was a mountain. A distant mountain. My goal.”

« Quelque chose qui a fonctionné pour moi était d’imaginer où je voulais être – un auteur, principalement de fiction, écrivant de bons livres, créant de bonnes bandes dessinées, de bons films et de subvenir à mes besoins grâce à mes mots – en imaginant que c’était une montagne. Une montagne distante. Mon objectif ».

« And I knew that as long as I kept walking towards the mountain I would be all right. »

« Et je savais que tant que je continuerais à marcher vers la montagne, tout irait bien ».

“I learned to write by writing. I tended to do anything as long as it felt like an adventure, and to stop when it felt like work, which meant that life did not feel like work.”

« J’ai appris à écrire en écrivant. J’avais tendance à faire tout ce qui ressemblait à une aventure et à m’arrêter quand ça ressemblait à un travail, ce qui veut dire que ma vie ne ressemblait pas à un travail. »

Conseil numéro 3 :

“When you start off, you have to deal with the problems of failure.You need to be thick-skinned, to learn that not every project will survive. A freelance life, a life in the arts, is sometimes like putting messages in bottles, on a desert island, and hoping that someone will find one of your bottles and open it and read it.”

« Lorsque on débute, on doit gérer les problèmes de l’échec. Vous devez être blindé, pour apprendre que tous les projets ne peuvent pas survivre. Une vie en tant que freelance (indépendant), une vie d’artiste, c’est parfois comme jeter des bouteilles à la mer, depuis une île déserte, et espérer que quelqu’un trouvera l’une de vos bouteilles, l’ouvrira, et lira votre message ».

Conseil numéro 4 :

“I hope you’ll make mistakes. If you’re making mistakes, it means you’re out there doing something. And the mistakes in themselves can be useful…”

« J’espère que vous ferez des erreurs. Si vous vous trompez, ça veut dire que vous êtes dehors en train de faire quelque chose. Et les erreurs, en soi, peuvent être très utiles… »

“Make good art. I’m serious. Husband runs off with a politician? Make good art. Leg crushed and then eaten by mutated boa constrictor? Make good art. IRS on your trail? Make good art. Cat exploded? Make good art. Somebody on the Internet thinks what you do is stupid or evil or it’s all been done before? Make good art. Probably things will work out somehow, and eventually time will take the sting away, but that doesn’t matter. Do what only you do best. Make good art.”

« Je suis sérieux. Votre mari s’enfuit avec un homme politique? Faites une oeuvre d’art. Votre jambe est écrasée puis dévorée par un boa constrictor mutant? Faites une oeuvre d’art. Le fisc est sur vos traces? Faites de belles choses. Le chat a explosé? Faites une oeuvre d’art. Quelqu’un sur internet pense que vos créations sont stupides, ou malsaines, ou du déjà vues? Faites une oeuvre d’art. Les choses vont probablement s’arranger, le temps viendra dissiper la douleur, et cela n’a pas d’importance. Faites ce que vous seul savez faire de mieux. Faites une oeuvre d’art ».

Conseil numéro 5 :

“Do the stuff that only you can do.”

« Faites ce que vous seul pouvez faire ».

“Most of us only find our own voices after we’ve sounded like a lot of other people. But the one thing that you have that nobody else has is you. Your voice, your mind, your story, your vision. So write and draw and build and play and dance and live as only you can.”

« La plupart d’entre nous ne trouvons notre propre voix qu’après avoir ressemblé à beaucoup d’autres personnes. Mais une chose que vous avez, que personne d’autre n’a, c’est Vous: votre voix, votre esprit, votre histoire, votre vision. Alors écrivez et dessinez et construisez et jouez et dansez et vivez comme vous seul le pouvez ».

Conseil numéro 6 :

“People get hired because, somehow, they get hired. In my case I did something which these days would be easy to check, and would get me into trouble, and when I started out, in those pre-internet days, seemed like a sensible career strategy: when I was asked by editors who I’d worked for, I lied. I listed a handful of magazines that sounded likely, and I sounded confident, and I got jobs. I then made it a point of honour to have written something for each of the magazines I’d listed to get that first job, so that I hadn’t actually lied, I’d just been chronologically challenged… You get work however you get work.”

« Les gens sont embauchés parce que, d’une façon ou d’une autre, ils sont embauchés. Dans mon cas, j’ai fait quelque chose qui, aujourd’hui, serait très simple à vérifier, et qui m’attirerait beaucoup d’ennuis. Lorsque j’ai débuté (avant l’arrivée d’internet), ça semblait un choix de carrière raisonnable: lorsque des éditeurs me demandaient pour qui j’avais travaillé, j’ai menti. J’ai listé une poignée de magazines crédibles, j’avais l’air confiant, et j’ai eu le job. Par la suite, j’ai mis un point d’honneur à écrire quelque chose pour chacun des magazines que j’avais cité pour obtenir ce premier job. Donc je n’ai pas vraiment menti, j’ai juste été chronologiquement défié… Vous trouvez du travail, comme vous le pouvez ».

Voici le grand conseil, non suivi, que lui a donné, à l’époque, l’auteur prolifique Stephen King :

“This is really great. You should enjoy it.”

« C’est vraiment bien. Tu devrais en profiter ».

“And I didn’t. Best advice I got that I ignored. Instead I worried about it. I worried about the next deadline, the next idea, the next story.”

« Et je ne l’ai pas fait. Le meilleur conseil qu’on m’ait donné, je l’ai ignoré. À la place, je me suis inquiété. Je m’inquiétais de la prochaine deadline (date butoir), de la prochaine idée, de la prochaine histoire ».

“That was the hardest lesson for me, I think: to let go and enjoy the ride, because the ride takes you to some remarkable and unexpected places.”

« Pour moi, ce fut la leçon la plus difficile: lâcher-prise et profiter du voyage, parce que le voyage vous emmène dans des endroits remarquables et inattendus ».

Ce discours nous donne l’envie d’avancer et de se mettre à l’action. Tout simplement par le simple acte considéré ici comme courageux : créer quelque chose.

Je pense que cette leçon, ne se limite pas à l’art. Je la considère comme une véritable leçon de vie. Nous sommes tous invités à initier cette dernière, dans nos vies respectives à notre rythme et à notre hauteur.

Je terminerai avec cette citation :

“So be wise, because the world needs more wisdom, and if you cannot be wise, pretend to be someone who is wise, and then just behave like they would.

And now go, and make interesting mistakes, make amazing mistakes, make glorious and fantastic mistakes. Break rules…”

« Alors, soyez sages, parce que le monde a besoin de votre sagesse, et si vous ne pouvez pas être sage, prétendez être quelqu’un de sage, et comportez-vous juste comme il le ferait. Maintenant allez-y, et faites des erreurs intéressantes, faites des erreurs incroyables, faites des erreurs glorieuses et fantastiques. Brisez les règles… »

La vidéo originalehttps://www.youtube.com/watch?v=ikAb-NYkseI

Sources à consulter, pour les anglophones:

– Le livre édité par Neil Gaiman à la suite de ce discours “Make Good Art” – disponible sur Amazon.

– Site de l’Université en question, où le discours inaugural a été donné en 2012 (vidéo disponible en haut de page).

 

Interview avec Ema Mamisu

Interview avec Ema Mamisu

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vidéo disponible ici.

Bára (Ema Mamisu) : Je suis originaire de Prague, j’ai fondé cette entreprise en 2013, seule. Après un an, Petra Maskova m’a rejoint. Elle est actuellement en congé maternité. Donc je suis seule dans l’atelier pour le moment. Parfois, des assistants viennent m’épauler.

Camille : Quel est le sens de votre marque ?

Bára (Ema Mamisu) : Nous créons des produits esthétiques et pratiques. Pour moi le plus important c’est le fonctionnement. Le produit doit être pratique à utiliser. Ce doit être aussi suffisament solide pour durer dans le temps. En même temps, ils sont uniques et captivants. Lorsque les gens ont le produit dans les mains, ils ont la « joie au coeur » en les utilisant. 

Camille : Quelles sont vos valeurs ?

Bára (Ema Mamisu) : À première vue, c’est la fonction du produit. Lorsque je crée quelque chose ce doit être fonctionnel au maximum. Parfois, j’y ajoute une valeur esthétique. C’est très important d’être surtout fonctionnel, au maximum.

Camille : Avez-vous des rituels pendant la création des produits ?

Bára (Ema Mamisu) : D’abord, j’ai besoin d’un espace de travail propre, avant de commencer à travailler. J’apprécie quand c’est propre au début. J’aime écouter un livre audio pendant le processus. Donc je lance un livre audio et je commence…

(Camille) Quel genre ?

Du genre détective, la plupart du temps. De temps en temps en les écoutant l’atmosphère sombre du genre prend place dans la pièce alors je compense avec des couleurs et autre tendresse que je peint sur les tasses par exemple. Je me souviens d’une fois, j’écoutais un livre sombre et inconfortable tout en peignant des petits points sur les tasses, qui étaient très petits onc il étaient très mignons par la suite. C’était le plus grand contraste qui pouvait avoir lieu dans la pièce. J’aime écouter l’auteur Maigret. Je le connais beaucoup donc seulement de temps en temps. Puis, les nouvelles histoires détectives qui sortent dans en librairie principalement scandinaves. Jo Nesbo aussi mais pas autant. 

Camille : Où trouvez-vous l’inspiration ?

Bára (Ema Mamisu) : Définitivement pas les livres audio. Bien plus de tout ce qui m’entoure lorsque je vois des choses intéressantes même dans un autre domaine. Je vais à travers différents magazines, par exemple la décoration ou le design. Et de là je collecte des idées dans les formes et la décoration. Parfois la nature, mais ce n’est pas toujours la meilleure source d’inspiration pour les produits pratiques. Lorsque je crée des choses dans un four traditionnel fonctionnant au bois, oui. Je me souviens d’une fois, j’ai dessiné un vase qui ressemble à un nid de guêpes. Couleurs, structures et formes inclusent. Je n’ai pas pu le réaliser encore ! 

Camille : Quand avez-vous commencé votre marque ?

Bára (Ema Mamisu) : C’était aux alentours de 2012. Mon travail à cette période, ne marchait pas très bien pour moi. Relations professionnelles inclusent. L’impulsion a été mon licenciement… Donc j’ai réalisé qu’il était temps de commencer et d’arrêter de trouver des excuses. 

Camille : Quelle est l’authenticité de vos produits ?

Bára (Ema Mamisu) : Notre authenticité réside dans la préparation que nous faisons au préalable. Pas que nous mixions la glaçure comme les autres. Mais nous mixons tous les éléments, nous-mêmes. Ainsi, nous mixons tout ce dont nous avons besoin. Puis nous y ajoutons d’autres choses en plus. Je pense que c’est ça qui nous rend unique. Il y a une infinie possibilités de couleurs que vous pouvez faire en céramique. Cela dépend de la glaçure que vous utilisez. Chaque glaçure est différent sur divers matériaux. Donc en combinant la glaçure et les matérieux, ça peut vous rendre spécial. Et personne ne peut mixer les mêmes couleurs. Car personne d’autre ne connaît les ingrédients. On peut ainsi garder notre originalité. Puis nous faisons les procédures. À l’exception de le mettre dans un moule, vous ne pouvez pas le copier. Parce que la majeur partie est fait à la main. Par exemple, le bol pressé avec mes doigts un produit que j’offre sur Solybox (ici)… ce bol je le presse avec mes doigts et c’est spécifique à ma taille. Puisque que tous ont différents formes de doigts. Fait par une autre personne le résultat sera différent. Après, il y a un long processus de création. et ce n’est pas évident de savoir comment le faire…

Camille : Quelle est la partie favorite dans le processus de création en céramique ?

Bára (Ema Mamisu) : Pour sûr, inventer le produit dans ma tête. Lorsque j’ai l’idée en tête et que je réfléchis à comment le compiler dans la réalité. J’aime lorsque je fais la forme principale sur le tour. C’est une procédure plutôt rapide. Rien de très créatif mais après arrive la deuxième partie. Lorsque le produit est sec j’ai besoin de le finaliser ! En y ajoutant détails et en définissant la forme finale. C’est véritablement où je commence à créer. Bien sûr lorsque j’ouvre le four et c’est prêt et je vous que ça a bien fonctionné, ça c’est la cerise sur le gâteau. 

Camille : Avez-vous des artistes favoris ?

Bára (Ema Mamisu) : des artistes internationaux Lucie Rie, qui a dédié s vie entière à la céramique. Dès sa jeunesse et jusqu’à sa mort. Avec un style très intéressant. Puis des artistes tchèques, que je connais, Martin Hanus qui est autodidacte il travaille dans le sud de la Bohème et il utilise un four qui fonctionne au feu de bois. J’aime sa vision de la vie et de la céramique. Donc à chaque fois que je lui parle, c’est très inspirant. Je pense beaucoup de produits que nous créons existent grâce à lui car j’ai assisté à ses ateliers. Puis, il y a Martin Hadrava qui travaille avec lui. c’est une source de technologie curieusement.

Camille : Comment étaient les débuts ?

Bára (Ema Mamisu) : Au tout début je travaillais de chez moi. Je me rendais aux ateliers pour faire cuire les produits. Mais c’est difficile de rester comme cela longtemps. La céramique, ça fait beaucoup de poussière. Donc nous recherchions un endroit avec un budget fixe. Et nous voulions une certaines surface. Ma condition était le quartier de Letná parce que je vis ici donc je suis proche de mon lieu de travail. Nous avons fini par trouver ici, avec cette incroyable grande fenêtre. C’était clair vu notre souhait d’avoir un magasin.  

Retrouvez la Boutique Solybox dédiée à l’artiste Ema Mamisu, ici.

Une de ses dernières créationsdisponible ici.

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