La Sagesse de Stranger Things

La Sagesse de Stranger Things

Beware Beware (Note d’Attention): Dans cet article, j’évoque la fin de la récente saison (numéro 3) de Stranger Things (disponible sur Netflix). Si vous ne l’avez pas (encore) vu, attention au spoiler (vous êtes prévenus) !

Pour une expérience sonore: mettez vos écouteurs

Depuis le début de sa diffusion (2016), j’ai une affection particulière pour la série Stranger Things. Une grande surprise, moi qui n’aime pas les films d’horreur. Je ne suis pas une grande fan des frissons et de l’adrénaline procurée par la peur. Pourtant, cette série m’a envouté. Je ne la trouve pas particulièrement effrayante. J’aime son côté nostalgique et le nombre infini de références cinématographiques, de “Retour Vers Le Futur” à “E.T.”.

J’ai trouvé le monologue de fin émouvant et original. Je ne me souviens pas d’une fin pareille dans les deux précédentes saisons. Chaque personnage a évolué, laissant place à une certaine forme de sagesse. La dernière personne que vous auriez cru capable d’une telle évolution: c’est Hopper. Un homme colérique, alcoolique, qui a bien du mal à gérer ses émotions… Son écrit et discours évoqué en fin est extra. Il parle des sentiments, de la peur du changement, mais aussi de l’importance de “rentrer” dans l’arène. Pour citer une référence de Théodore Roosevelt, reprise récemment par Brené Brown :

“Ce n’est pas celui qui critique qui est important, ni celui qui montre du doigt comment l’homme fort trébuche ou comment l’homme d’action aurait pu faire mieux. L’hommage revient à celui ou à celle qui se bat dans l’arène, dont le visage est couvert de poussière et de sueur, qui va de l’avant vaillamment, qui commet des erreurs et commettra encore, car il n’y a pas d’efforts humains sans erreurs et imperfections. C’est à lui ou à elle que revient l’hommage, à celui ou à celle dont l’enthousiasme et la dévotion sont grands à celui ou à celle qui se consume pour une cause importante, à celui ou à celle qui, au mieux, connaîtra le triomphe du succès, et au pire, s’il échoue , saura qu’il a échoué en agissant courageusement”.

Voici l’Extrait Coup de Coeur de Stranger Things

Nos sentiments. Bon Dieu. La vérité, c’est que j’avais oublié ce que c’était, les sentiments. J’étais coincé, comme dans une grotte. Une grotte sombre et très profonde. Et un jour, j’ai laissé des gaufres dans les bois, tu es entrée dans ma vie, et pour la première fois depuis longtemps, j’ai redécouvert les sentiments. J’ai ressenti du bonheur. Mais depuis quelque temps, j’ai l’impression qu’un fossé s’est creusé. Comme si tu t’éloignais de moi. Nos soirées jeux de société me manquent, nos montagnes de gaufres au petit matin, regarder des westerns ensemble avant de s’assoupir. Mais je sais que tu vieillis. Que tu grandis. Que tu changes. Et je pense pour être tout à fait honnête, que ca me fait peur. Je ne veux pas que ça change. C’est pour ça que je suis venu te parler, pour essayer… d’arrêter ce changement. Pour remonter le temps. Pour que les choses redeviennent comme avant. Mais je sais que c’est naïf. La vie ne fonctionne pas comme ça. La vie avance. Elle avance toujours, que ça nous plaise ou non. Parfois, c’est douloureux. Parfois, c’est triste. Et parfois, c’est surprenant. Joyeux. Alors tu sais quoi? Continue à grandir. Ne me laisse pas t’en empêcher. Fais des erreurs, apprends de ces erreurs, et quand la vie te fera souffrir, car ça arrivera, souviens-toi de la douleur. La douleur est positive. Elle signifie que tu es sortie de la grotte. Mais je t’en prie, si tu le veux bien, pour le bien de ton pauvre papa, laisse la porte entrouverte”.

À tous les Créateurs et Entrepreneurs: ce qu’il faut retenir ici c’est l’importance de ressentir et reconnaitre ses émotions (les laisser passer – elles ne sont que temporaires et repartent aussi vites qu’elles ne sont arrivées). Vivre en expérimentant et non pas en imaginant les scénarios dans sa tête. Être dans l’arène signifie: se mettre dans une situation inconfortable, devenir vulnérable. Pour preuve, on ne peut expérimenter l’amour sans être vulnérable et à coeur ouvert…

La saison se termine avec une musique légendaire. Je vous invite à l’écouter en lisant ce passage, ce pourrait devenir une source d’inspiration 🙂

Titre: Heroes, morceau de Bowie interprété par Peter Gabriel (une chouette version).


Sagesse de film: Life Itself

Sagesse de film: Life Itself

Je souhaite partager la découverte d’un film dont deux répliques qui m’ont tout particulièrement marqué. Une certaine forme de sagesse à travers une histoire qui traverse âges et générations. Life Itself, est un film qui fait à la fois pleurer et sourire. Il est vraisemblablement surprenant. À travers les minutes on traverse plusieurs chapitres, différents personnages dont l’histoire est liée d’une façon ou d’une autre. À la toute fin, la boucle est bouclée.

Le premier extrait fait référence à une prise de conscience qui sera le sujet de thèse d’un des principaux personnages. L’idée est la suivante: toute histoire connait un narrateur non fiable. Cela de par sa perception, qui n’est pas 100% identique à celle du personnage principal. Même si l’histoire est racontée à la première personne, il y aura toujours une question de perception et de temps (l’histoire est racontée après l’évènement relaté et non pas à l’instant même). Ce qui rend l’histoire différente selon le sujet et les yeux de la personne visualisant et vivant l’expérience.

La conclusion est la suivante: La Vie serait le seul narrateur fiable parce que la vie sait ce qu’il adviendra du personnage. Mais elle reste peu fiable étant donné qu’il est impossible de prévoir la suite qu’elle nous réserve. Il y aura toujours des surprises et du suspens qu’on le veuille ou non. Il y a toujours une part de hasard, une part non contrôlée. Ce qui nous ramène à l’idée même de vie comme illusion, depuis la perception qui nous est propre, celle de l’ego (référence à Eckhart Tolle).

Le narrateur non fiable (réplique #1)

“ Il s’agit d’un article littéraire. Il est peu commenté, parce que c’est un expédient, un truc. Sauf les Contes de Canterbury du fait de sa valeur. Mais typiquement, c’est du polar, du thriller à pop-corn. Agatha Christie, Usual Suspects, etc. Je postulerai que tout narrateur, par définition, est non fiable. Car raconter une histoire implique un décalage entre l’histoire et le fait de la relater. Par conséquent, toute histoire jamais racontée comporte un narrateur non fiable. Le seul qui serait fiable raconterait une histoire qui se déroule en direct: impossible. Alors, conclusion ? Seule la vie est un narrateur fiable. Mais la vie, n’est, par ailleurs, pas du tout fiable. Parce qu’elle nous balade, nous embarque dans un voyage dont il est impossible de prévoir la prochaine étape! La vie, comme comble du narrateur non fiable !

Le deuxième extrait : voici les derniers mots, les dernières paroles d’une mère mourante, à son fils. Je trouve que ces phrases sont justes, touchantes mais aussi rassurantes. Vraisemblablement, mon passage préféré du film.

Basta. Ça suffit. (réplique #2)

“ Écoute-moi. Tu as connu des hauts et des bas. Trop. Il y en aura d’autres. C’est la vie. La vie fait ça. La vie peut te mettre à genoux, plus bas que tu n’aurais cru possible, mais si tu te relèves, et tu avances, sit u vas un peu plus loin, tu trouveras toujours l’amour. J’ai trouvé l’amour, en toi. Et ma vie, mon histoire continueront après mon départ parce que tu es mon histoire. Tu es celle de ton père. De ton oncle. Rigo, mon corps m’abandonne mais tu es moi. Alors pars maintenant. Donne-moi une vie merveilleuse. La plus belle de toutes. Et si la vie nous met à genoux, relèves-nous. Relève-toi. Et avance plus loin et trouve-nous l’amour. Tu feras ça ?

Life Itself, version française “Seule La Vie”, réalisé par Dan Fogelman, avec Antonio Banderas, Olivia Wilde, Oscar Isaac et Annette Bening…

L’étincelle Folie de Robin.W

L’étincelle Folie de Robin.W

« À LA NAISSANCE, ON NE VOUS DONNE QU’UNE PETITE ÉTINCELLE DE FOLIE. VOUS NE DEVEZ PAS LA PERDRE! » – ROBIN WILLIAMS

C’est avec surprise que j’ai découvert un nouveau film de Robin Williams (je pensais les avoir tout vu)! Il date de 1998, et évoque la vie après la mort, son titre (intriguant): « What dreams may come ». J’y ai trouvé beaucoup de redondance avec le nombre (impressionnant) de livres lus sur le sujet de l’afterlife (l’après vie) – à ce sujet je recommande vivement celui-ci: La Mort Expliquée aux Enfants.

download

Je voulais introduire Robin Williams d’une façon qui m’est propre. J’ai un attachement particulier pour cet acteur et grand artiste qui nous a quitté en 2014. De Jumanji à Dead Poets Society. Je ne serai en sélectionner un parmi tant de films qui m’ont tant marqué…

Récemment sa femme, a évoqué au journal britannique le Guardian que l’origine de sa mort, et de son suicide (cause officielle) provenaient plus particulièrement d’une maladie qui allait bien au delà de la depression. Une maladie appelée la démence à corps de Lewy (DCL). J’en parle car on l’a tellement évoqué dans les médias, je pense qu’il méritait tout de même une meilleure fin que celle qui fut la sienne.

Alors après avoir survolé et visualisé nombreuses de ses interviews, tout particulièrement celles de Charlie Roses (au fil des années). Je découvre la personne qui se cache derrière la multitude de personnages (du moins j’essaye). Afin de débuter cet article il est important de rappeler qu’avant de se retrouver à l’écran, Robin Williams était connu et réputé pour ses stand-up, son comique et ses improvisations (une véritable passion).

Son approche de l’impro’ en une phrase:

Si tu lâches vraiment prise, tu trouveras quelque chose de meilleur.

Dans une interview donnée en 2000, Charlie Rose questionne Robin Williams sur l’influence de son passé en tant qu’acteur.

Charlie Rose: « Être un bon comédien (et impro’) doit forcément venir d’une enfance difficile? »

Robin Williams: « Vous et moi, nous savons qu’être enfant unique signifie une certaine solitude. On est amené à nourrir son imagination… Tu sais que ton imagination est très active. Pour moi (en tant qu’acteur) lorsque je joue c’est comme une explosion d’énergies. Ma première classe d’impro c’était ma première expérience de cela justement ».

Après avoir évoqué ses débuts, on l’interroge sur le sujet de la peur, en général et surtout la peur de l’échec lorsqu’on se retrouve face à un public.

Charlie Rose: « Y a t-il la peur de l’échec lorsque vous êtes sur scène? »

Robin Williams: « Oh oui! Mais j’imagine qu’on la dépasse (à un moment ou un autre). Mais il faut prendre l’opportunité parce qu’il faut échouer pour trouver le nouveau. C’est la raison pour laquelle je continue à retourner dans ce club. Il faut d’une certaine manière prendre sa chance. C’est presque comme si vous lâchiez prise. Ça fait partie du chemin. À première vue ça fait peur, puis on y retourne.
J’imagine que c’est pareil pour plein d’autres choses, lorsque tu joues et que ça ne fonctionne pas… tu y retournes et dans ta tête ça fait: « rendez vous en phase 2”. Avance et après tu trouves, sors puis éventuellement d’une façon ou d’une autre quelque chose va se manifester et c’est pour cela que ça prend du temps, mais si tu as le courage tu peux le faire ».

Charlie Rose: « Et lorsque ça fonctionne comment sa se ressent exactement, dans votre corps? Est-ce que c’est similaire à une expérience hors du corps? »

Robin Williams: « Ton esprit est en train de fonctionner et lorsque ça marche vraiment c’est comme si quelque chose d’autre prenait le dessus »

Charlie Rose: « Êtes-vous un meilleur acteur grâce à votre instinct? »

Robin Williams: « Oui, l’instinct donne une certaine liberté. Tu n’as pas peur d’essayer quelque chose de nouveau. À cause du comique, tu dois essayer tout et n’importe quoi, l’un nourrit l’autre. Le jeu d’acteur procure une certaine concentration, et lorsque tu l’utilises tu peux vraiment rester dans le personnage, l’explorer, et ils se nourrissent mutuellement, c’est quelque chose de symbiotique »!

Dans une interview donnée en 2002, à l’occasion de la sortie du film One Hour Photo, le réalisateur Mark Romanek décrit Robin Williams d’une façon éloquente qui est la suivante:

« Vous savez il y a beaucoup de tension crée parce que nous connaissons Robin Williams des talk-shows, des comédies et stand-up donc nous savons qu’il a cette quantité d’énergie volcanique. Quant il joue ce personnage modéré qui se retient, nous savons qu’il représente ce volcan et ça crée beaucoup de tension ».

Lorsque Charlies Rose, questionne Robin Williams sur son futur et ses projets il répond:

Robin Williams: « Je veux continuer à faire ce genre de film. Des films intéressants. L’important c’est ce qu’on laisse derrière nous, avec un film comme celui-ci on se dit “super”... Quelque chose qui a une sorte de « demi-vie ». Faire du stand-up c’est autre chose. Avoir accès aux deux c’est comme avoir un passeport accédant différents pays ».

En 2002, alors que Robin Williams sort de désintox, il partage son « retour à la vie »:

Robin Williams: « [après la rehab] Je suis sortie de l’autre côté. La vie est extraordinaire et je ne veux pas la rater. La simple gratitude c’est bien. C’est toutes ces choses ».

Enfin, à la suite d’une chirurgie du coeur, il revient devant la caméra pour partager son expérience en 2009 :

Robin Williams: « Après une opération du coeur, vous devenez très émotionnel et sensible ».

Robin Williams: « J’ai appris quelques leçons dernièrement dont celle-ci: écouter c’est très puissant. L’immobilité, le calme c’est aussi très puissant. L’idée de véritablement écouter, c’est-à-dire être engagé dans l’écoute. Mais aussi être engagé dans le moment présent, dans la vie ».

Quelque chose d’iconic c’est quelque chose qui tient par lui même. – R.W

J’ai très envie de terminer cet article avec ce texte, et réplique du film “Jack” de Francis Ford Coppola, datant de 1996. Je trouve ce discours tellement inspirant qu’il n’y a pour moi pas meilleurs mots pour conclure cet article avec une note d’espoir étant donné l’absence terrestre de ce grand génie.

« Je n’ai pas beaucoup de temps ces jours-ci donc je vais la faire rapide, comme ma vie. Vous savez, alors que nous nous rapprochons de la fin de cette phase de vie, nous nous trouvons à essayer de nous remémorer les bons moments, en essayant d’oublier les mauvais… et nous nous mettons à penser au futur. On commence à s’inquiéter en pensant: “Qu’est-ce que je vais faire? Qui serais-je dans 10 ans? 
Mais je vous répond: Hé, regarde moi. S’il te plaît, ne t’inquiète pas autant, parce qu’à la fin, aucun de nous n’a beaucoup de temps sur cette planète – la vie est fugace. Et si vous vous retrouvez tourmentés, jettez un coup d’oeil au ciel d’été, quant les étoiles s’enfilent à travers la nuit veloutée, et lorsque une étoile filante se trace dans la noirceur du ciel passant de la nuit au jour, faites un voeux et pensez à moi. Faites de votre vie quelque chose de spectaculaire. Je l’ai fait… merci ». (extrait de la réplique de Robin Williams donnée dans le film Jack)

“The more detail you are in your work, the more universal it is”. -R.W.