La Créativité selon Woody Allen

La Créativité selon Woody Allen

“La douche… vous savez il y a des ions positifs sous la douche provenant de l’eau qui tombe, l’électricité, ça aide à la réflection, à générer des idées. Si je me déshabille et que je vais sous la douche, pas que j’en ai besoin, (je peux très bien avoir pris une douche trois heures auparavant lorsque je me suis levé), mais juste rester sous l’eau, vous changez de lieu, vous laissez le monde réel derrière et les choses s’ouvrent à vous. »

« Ce que les gens (qui n’écrivent pas), ne comprennent pas c’est qu’ils pensent que vous inventez les lignes consciemment alors que c’est faux. Je suis assis dans la pièce, je pense à la fille qui rentre dans la pièce, elle parle et mon inconscient fait une blague. Je rigole à cette blague parce que je l’entends pour la première fois. »

« Vous savez, je crois beaucoup à la chance, je le répète dans mes films, les gens disent que je provoque ma chance, la même personne descend la rue et un piano lui tombe sur la tête,  » l’arroseur est arrosé « . La vérité c’est que votre vie ne peut être contrôlée. Vous savez une personne peut chanter, une autre peut dessiner et faire du mieux qu’il peut et puis rester à la merci de la chance. »

Source: Interview of Woody Allen by Cal Fussman, 2013

The shower, you know there are positive ions in the shower coming from the water coming down, the electricity, it helps your thinking in terms of ideas if I take my clothes off and go into the shower not that I need a shower I may have had a shower three hours ago when I woke up but just to stand under water in the shower its the change of venue and you’ve left the real world behind and things open up for you.
What people don’t understand that don’t write is that they think that you make up the line consciously but you don’t so I’m sitting in the room and thinking at the girl comes into the room and she says and my unconscious it makes the joke and I laugh at it because I’m hearing it for the first time myself
You know I’m a great believer I’ve said this in my movies in luck people say well I make my luck and the same guy walks down the street and a piano drops on his head that’s name hoisted (l’arroseur arrosé) the truth of the matter is your life is very much out of your control you know one person can sing one can draw and do the best you can and then you’re at the mercy of fortune.”

De la Sagesse à “La Casa De Papel”

De la Sagesse à “La Casa De Papel”

Attention Spoiler: si vous n’avez pas regardé la dernière saison de Casa De Papel, cet épisode contient du spoiler. Vous aurez été prévenu…

Extrait de la Saison 3, Épisode 8: “La dérive”.

Berlín est un personnage déstabilisant, qu’on pourrait caractériser de pervers, voir narcissique. Il reste tout de même attaché à des valeurs “honorables”. On a du mal à le discerner, de par sa personnalité complexe. Malgré sa folie, il apporte un point, ici, essentiel: l’importance du “lâcher prise”.

Le professeur, grand joueur d’échecs croît pouvoir tout contrôler de la vie. Il pense à chaque partie du plan, et à chaque possibilité sans laisser de marge à l’imprévu et l’incontrôlable. Berlín lui, rappelle le “chaos”. Ce sur quoi nous n’avons aucun contrôle, ni pouvoir. Lorsque “la vie” a une idée derrière la tête, ça se passera, qu’on le veuille ou non.

Une dualité entre le chaos, l’amour et l’imprévisibilité de ces derniers. L’importance de rester “dans le contrôle” en évitant tout risque supplémentaire, comme celui des émotions qui pourraient amener l’échec d’un plan…

Berlín: Ils ne se doutent de rien. Tu es si pessimiste.

El Profesor: Tu la connais depuis quand ? Tatiana.

Berlín: L’amour ne se mesure pas. L’amour se vit.

El Profesor: Ne risque pas tout pour une femme. C’est la première règle. Aucune relation ne doit compromettre la mission. Jamais. Ce n’est pas dur à comprendre.

Berlín: Tu es mignon.

El Profesor: Le moindre détail nous coûtera la vie.

Berlín: Là-bas, nos vies sont en jeu. Comprends bien ça. Mourir est une possibilité.

El Profesor: Seulement si tu fais des erreurs.

Berlín: Non. C’est ça, le plus drôle. Tu fonces droit vers le chaos absolu et tu veux avoir le contrôle.

El Profesor: Le chaos n’existe pas si le plan est parfait.

Berlín: Nom de Dieu, bien sûr que le chaos existe. Le chaos s’immisce toujours. On peut toujours se faire tuer. Il me reste combien? Trois ans. J’ai commis quelle erreur?

Berlín: Quelle erreur? Aucune. Ça arrive. Tu n’y peux rien. Quelle erreur a commis papa?

El Profesor: Il a dû en commettre.

Berlín: C’est plus simple que ça. Une patrouille qui était trop près. Ou on l’a vu entrer ou son arme s’est enrayée. Mon frère, tu es intelligent. Un accident. Le mystère de la vie. C’est insensé de vivre comme toi.

El Profesor: C’est-à-dire?

Berlín: Sans Tatiana. Je veux dire… Sans plaisir. Au final, c’est tout ce qui compte. On est là. À chaque étape. Parce qu’un jour, il se passera un truc. Tu pourrais mourir ou bien pire. Ce jour-là, tu ne pourras pas penser que tu es coupable d’une chose qu’on ne contrôle pas. Tu comprends? C’est la vie. Profites-en… jusqu’à la fin de la fête.

La Sagesse de Stranger Things

La Sagesse de Stranger Things

Beware Beware (Note d’Attention): Dans cet article, j’évoque la fin de la récente saison (numéro 3) de Stranger Things (disponible sur Netflix). Si vous ne l’avez pas (encore) vu, attention au spoiler (vous êtes prévenus) !

Pour une expérience sonore: mettez vos écouteurs

Depuis le début de sa diffusion (2016), j’ai une affection particulière pour la série Stranger Things. Une grande surprise, moi qui n’aime pas les films d’horreur. Je ne suis pas une grande fan des frissons et de l’adrénaline procurée par la peur. Pourtant, cette série m’a envouté. Je ne la trouve pas particulièrement effrayante. J’aime son côté nostalgique et le nombre infini de références cinématographiques, de “Retour Vers Le Futur” à “E.T.”.

J’ai trouvé le monologue de fin émouvant et original. Je ne me souviens pas d’une fin pareille dans les deux précédentes saisons. Chaque personnage a évolué, laissant place à une certaine forme de sagesse. La dernière personne que vous auriez cru capable d’une telle évolution: c’est Hopper. Un homme colérique, alcoolique, qui a bien du mal à gérer ses émotions… Son écrit et discours évoqué en fin est extra. Il parle des sentiments, de la peur du changement, mais aussi de l’importance de “rentrer” dans l’arène. Pour citer une référence de Théodore Roosevelt, reprise récemment par Brené Brown :

“Ce n’est pas celui qui critique qui est important, ni celui qui montre du doigt comment l’homme fort trébuche ou comment l’homme d’action aurait pu faire mieux. L’hommage revient à celui ou à celle qui se bat dans l’arène, dont le visage est couvert de poussière et de sueur, qui va de l’avant vaillamment, qui commet des erreurs et commettra encore, car il n’y a pas d’efforts humains sans erreurs et imperfections. C’est à lui ou à elle que revient l’hommage, à celui ou à celle dont l’enthousiasme et la dévotion sont grands à celui ou à celle qui se consume pour une cause importante, à celui ou à celle qui, au mieux, connaîtra le triomphe du succès, et au pire, s’il échoue , saura qu’il a échoué en agissant courageusement”.

Voici l’Extrait Coup de Coeur de Stranger Things

Nos sentiments. Bon Dieu. La vérité, c’est que j’avais oublié ce que c’était, les sentiments. J’étais coincé, comme dans une grotte. Une grotte sombre et très profonde. Et un jour, j’ai laissé des gaufres dans les bois, tu es entrée dans ma vie, et pour la première fois depuis longtemps, j’ai redécouvert les sentiments. J’ai ressenti du bonheur. Mais depuis quelque temps, j’ai l’impression qu’un fossé s’est creusé. Comme si tu t’éloignais de moi. Nos soirées jeux de société me manquent, nos montagnes de gaufres au petit matin, regarder des westerns ensemble avant de s’assoupir. Mais je sais que tu vieillis. Que tu grandis. Que tu changes. Et je pense pour être tout à fait honnête, que ca me fait peur. Je ne veux pas que ça change. C’est pour ça que je suis venu te parler, pour essayer… d’arrêter ce changement. Pour remonter le temps. Pour que les choses redeviennent comme avant. Mais je sais que c’est naïf. La vie ne fonctionne pas comme ça. La vie avance. Elle avance toujours, que ça nous plaise ou non. Parfois, c’est douloureux. Parfois, c’est triste. Et parfois, c’est surprenant. Joyeux. Alors tu sais quoi? Continue à grandir. Ne me laisse pas t’en empêcher. Fais des erreurs, apprends de ces erreurs, et quand la vie te fera souffrir, car ça arrivera, souviens-toi de la douleur. La douleur est positive. Elle signifie que tu es sortie de la grotte. Mais je t’en prie, si tu le veux bien, pour le bien de ton pauvre papa, laisse la porte entrouverte”.

À tous les Créateurs et Entrepreneurs: ce qu’il faut retenir ici c’est l’importance de ressentir et reconnaitre ses émotions (les laisser passer – elles ne sont que temporaires et repartent aussi vites qu’elles ne sont arrivées). Vivre en expérimentant et non pas en imaginant les scénarios dans sa tête. Être dans l’arène signifie: se mettre dans une situation inconfortable, devenir vulnérable. Pour preuve, on ne peut expérimenter l’amour sans être vulnérable et à coeur ouvert…

La saison se termine avec une musique légendaire. Je vous invite à l’écouter en lisant ce passage, ce pourrait devenir une source d’inspiration 🙂

Titre: Heroes, morceau de Bowie interprété par Peter Gabriel (une chouette version).


Sagesse de film: Life Itself

Sagesse de film: Life Itself

Je souhaite partager la découverte d’un film dont deux répliques qui m’ont tout particulièrement marqué. Une certaine forme de sagesse à travers une histoire qui traverse âges et générations. Life Itself, est un film qui fait à la fois pleurer et sourire. Il est vraisemblablement surprenant. À travers les minutes on traverse plusieurs chapitres, différents personnages dont l’histoire est liée d’une façon ou d’une autre. À la toute fin, la boucle est bouclée.

Le premier extrait fait référence à une prise de conscience qui sera le sujet de thèse d’un des principaux personnages. L’idée est la suivante: toute histoire connait un narrateur non fiable. Cela de par sa perception, qui n’est pas 100% identique à celle du personnage principal. Même si l’histoire est racontée à la première personne, il y aura toujours une question de perception et de temps (l’histoire est racontée après l’évènement relaté et non pas à l’instant même). Ce qui rend l’histoire différente selon le sujet et les yeux de la personne visualisant et vivant l’expérience.

La conclusion est la suivante: La Vie serait le seul narrateur fiable parce que la vie sait ce qu’il adviendra du personnage. Mais elle reste peu fiable étant donné qu’il est impossible de prévoir la suite qu’elle nous réserve. Il y aura toujours des surprises et du suspens qu’on le veuille ou non. Il y a toujours une part de hasard, une part non contrôlée. Ce qui nous ramène à l’idée même de vie comme illusion, depuis la perception qui nous est propre, celle de l’ego (référence à Eckhart Tolle).

Le narrateur non fiable (réplique #1)

“ Il s’agit d’un article littéraire. Il est peu commenté, parce que c’est un expédient, un truc. Sauf les Contes de Canterbury du fait de sa valeur. Mais typiquement, c’est du polar, du thriller à pop-corn. Agatha Christie, Usual Suspects, etc. Je postulerai que tout narrateur, par définition, est non fiable. Car raconter une histoire implique un décalage entre l’histoire et le fait de la relater. Par conséquent, toute histoire jamais racontée comporte un narrateur non fiable. Le seul qui serait fiable raconterait une histoire qui se déroule en direct: impossible. Alors, conclusion ? Seule la vie est un narrateur fiable. Mais la vie, n’est, par ailleurs, pas du tout fiable. Parce qu’elle nous balade, nous embarque dans un voyage dont il est impossible de prévoir la prochaine étape! La vie, comme comble du narrateur non fiable !

Le deuxième extrait : voici les derniers mots, les dernières paroles d’une mère mourante, à son fils. Je trouve que ces phrases sont justes, touchantes mais aussi rassurantes. Vraisemblablement, mon passage préféré du film.

Basta. Ça suffit. (réplique #2)

“ Écoute-moi. Tu as connu des hauts et des bas. Trop. Il y en aura d’autres. C’est la vie. La vie fait ça. La vie peut te mettre à genoux, plus bas que tu n’aurais cru possible, mais si tu te relèves, et tu avances, sit u vas un peu plus loin, tu trouveras toujours l’amour. J’ai trouvé l’amour, en toi. Et ma vie, mon histoire continueront après mon départ parce que tu es mon histoire. Tu es celle de ton père. De ton oncle. Rigo, mon corps m’abandonne mais tu es moi. Alors pars maintenant. Donne-moi une vie merveilleuse. La plus belle de toutes. Et si la vie nous met à genoux, relèves-nous. Relève-toi. Et avance plus loin et trouve-nous l’amour. Tu feras ça ?

Life Itself, version française “Seule La Vie”, réalisé par Dan Fogelman, avec Antonio Banderas, Olivia Wilde, Oscar Isaac et Annette Bening…