Une Dose de Créativité à la Leonardo Da Vinci

Une Dose de Créativité à la Leonardo Da Vinci

Source: L’artiste anglais Ralph Steadman illustrant la vie de L.D.V.

Un cadeau: outil, exercice On Creativity, inspiré des pratiques de L. Da Vinci, disponible en fin d’article.

Cette semaine je souhaite partager avec vous les secrets du créateur Leonardo Da Vinci. En se posant les questions suivantes: En quoi cet homme est-il unique ? Quelles étaient ses pratiques et ses habitudes ?

« Son comportement est volontairement excentrique. Il cultive une extravagance vestimentaire, se déclare végétarien et vit entouré de beaux jeunes hommes, ce qui déclenche en 1476 une accusation d’homosexualité dont il sera finalement disculpé. De plus, contrairement aux autres artistes de son temps, habitués à enchaîner les commandes pour vivre, Léonard élabore minutieusement ses tableaux, les laissant parfois inachevés, et leurs commanditaires furieux. Il affiche l’image d’un homme qui vit à sa guise, sans rendre comptes à personne. Un vicaire général des carmélites rapporte que l’homme mène une vie imprévisible et capricieuse; il semble vivre au jour le jour. »

Extrait d’un article de la Revue, L’Éléphant, par Éric Monsinjon

La Curiosité

“Ouvre l’oeil” (lui disait son grand-père, Antonio Di Vinci)

Da Vinci est une référence en matière de créativité grâce à son profil atypique. Contrairement à ses contemporains, il avait le don de s’intéresser à plusieurs domaines. De par la connaissance de ses oeuvres, on aura tendance à le mettre dans la case: artiste peintre. Pourtant, il n’a qu’une vingtaine de tableaux à son actif. Son authenticité: il associe et introduit des découvertes scientifiques dans ses créations. Ainsi et pour la première fois dans l’histoire de l’art, il combine peinture et anatomie!

Dans notre monde actuel, il serait difficile de le catégoriser en le rattachant à un seul métier. Il est à la fois ingénieur, architecte et artiste… L’un de ses ultimes secrets c’est son infinie curiosité pour de nombreux domaines. On les retrouve tous (sans exception) dans ses carnets (publiés par la British Library). Et comme le note nombreux professeurs, il est difficile pour nous d’imaginer un homme capable d’exceller dans autant de domaines. C’est la partie exceptionnelle qui rend le profil de Leonardo unique en son genre.

L’importance du temps

« Un génie ne crée jamais à partir de rien, mais toujours à partir d’une ligne, d’une généalogie commencée avant lui, qu’il intègre spirituellement pour ensuite s’en extraire et imposer une nouvelle création au monde. »

Extrait de la Revue, L’Éléphant, par Éric Monsinjon

À l’âge de 30 ans, Leonardo Da Vinci est payé pour dessiner des cadavres! Les années précédentes, il enchaîne les travaux inachevés. Étonnement, il n’a pas bénéficié d’éducation particulière. Il est autodidacte et s’intéresse à différentes matières, en pratiquant de façon quotidienne. Ce n’est qu’à l’âge de 46 ans, qu’il commence à connaître un certain succès et une reconnaissance. Il apprend la peinture auprès de son maître réputé Verrocchio à Florence. Pour après devenir un pair, capable de se lancer dans ses propres créations.

Ce qui nous rappelle l’importance du temps. Lorsque l’on vous présente l’oeuvre phare d’un artiste, on ne vous parle jamais du vécu (échecs) de ses expériences passées. Il y a bien entendu les exceptions comme Tiger Wood ou Mozart. La seule différence: ils ont commencé très tôt dans leur vie et ce directement dans leur domaine d’expertise.

Tout est dans la pratique

« Contempler la nature »

Leonardo se baladait toujours avec son carnet sur lui. Au moindre courant et soupçon d’idée, de créativité ou de mouvement (nature), il ouvrait son calepin pour « encrer » et dessiner toutes ses inspirations du moment. Ainsi il jouait le rôle d’observateur attentif, prêt à passer à l’action pour capturer ces indices.

De cette pratique on retient deux points essentiels :

Le pouvoir du duo papier + stylo: écrire sur papier est différent de taper des mots sur clavier ou écran. D’après les neurosciences, nous retenons mieux en écrivant. Le processus de création est tout autre et plus libérateur lorsqu’on matérialise une idée sur une forme matérielle et tacite, comme le papier.

Capturer et noter ces idées futiles parfois éphémères: le monde de la création et des idées m’a toujours inspiré. Comme par magie, il nous arrive de nous réveiller, ou de nous surprendre avec une idée venue de nul part. Souvent, on ne lui accorde que peu d’importance. On la laisse gambader, circuler sans rien y ajouter. Elle ne sera qu’une énergie passante si nous ne lui accordons pas le moindre intérêt. Un conseil clé: notez quoi qu’il arrive. Si vous n’avez pas de carnet, vous pouvez très bien enregistrer un mémo vocal sur votre smartphone.

Plus d’informations sur le sujet, dans l’Atelier en ligne: On Creativity…

Un outil inspiré des pratiques de Leonardo Da Vinci

Aujourd’hui je vous offre un outil, que j’utilise en Coaching Créatif.

Régulièrement et dans le but de trouver le sujet de ses prochaines recherches et ainsi, une certaine direction dans ses travaux, Da Vinci se posait autour d’un exercice simple, celui des 100 questions

Je vous propose une mise en pratique :

Les questions que vous vous posez sont intimement liées à votre chemin de vie et objectif du moment. Cet exercice permet un véritable recentrage, en sortant des limites car on s’intéresse ici au questionnement. Ce qui nous empêche d’être dans le jugement. Enfin, en le réalisant on prend vite compte des thématiques importantes et des questions essentielles auxquelles nous souhaitons répondre dans le cadre de nos quêtes et projets.

N’hésitez pas à partager votre vécu dans les commentaires !

La Magie des Machines (à Écrire)

La Magie des Machines (à Écrire)

La Machine à Écrire = Provocateur de Créativité

Vous en avez peut être déjà entendu parlé, à l’occasion de la sortie du premier livre (best-seller) de Marie Kondo, mais les objets auraient une âme. Difficile à croire lorsqu’on a tendance à tout jeter…

D’après les croyances japonaises: “un objet peut acquérir une âme et s’animer s’il atteint son 100ème anniversaire ; plus rarement il peut également prendre vie par rancoeur et par amertume s’il a été abandonné ou abîmé”.

What ?!?!?

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Et bien, à la découverte de ma première machine à écrire, c’est devenu comme une évidence!

Pourtant, ceux qui me connaissent, dirons que je me débrouille assez bien avec tout ce qui touche au high tech. J’ai toujours été débrouillarde en la matière, ayant accédé à un ordinateur assez tôt…

Alors, pourquoi retourner en arrière ?

Ceci étant, il y a une partie de moi, qui reste très attachée à l’avant 2006. La période qui a précédé le premier iPhone. Je trouvais que la vie allait à un rythme plus calme et que tout était plutôt simple. (Illusion ???). Bref, j’ai eu la chance de grandir avec ces changements, et de connaitre l’avant et l’après Facebook. 

Le tournant a eu lieu quelque temps après un burnout. Depuis, tout a changé. Mon rapport aux écrans n’était pas très équilibré, voir excessif. J’avais littéralement besoin de me déconnecter.

Disclosure: attention, je ne suis pas passée d’un extrême à l’autre. Je considère que les écrans font parties de nos vies mais que nous restons libres de (mieux) les utiliser à notre manière…

Alors, je me suis tournée vers leurs ancêtres. Je suis revenue au iPod (ancienne génération) qui me permet d’écouter mes podcasts et ma musique sans être (forcément) connectée!

Pour l’écriture, je suis retournée au duo carnet + stylo. Parfait pour de la prise de notes, mais j’ai très vite réalisé que j’avais perdu la main – depuis l’école, nous n’écrivons plus aussi souvent et longuement sur papier. À ma grande surprise, j’ai découvert l’utilisation de la machine à écrire, chez certains de nos contemporains. Loin d’être démodée, des personnalités comme Woody Allen et Lady Gaga l’utilisent, encore aujourd’hui! Un autre exemple avec le projet KickStarter Hemingwrite…

Contrairement au papier + crayon, elle permet d’écrire plus rapidement et de se fatiguer moins vite. Mieux que l’ordinateur, elle permet de créer et d’écrire sans électricité, sans Internet, sans multitasking. Tout ce qui est, « est » et reste aussi simple que le papier et les lettres qui se posent l’une après l’autre sur fond blanc. Le son des touches est très stimulant. C’est comme jouer au piano, sauf qu’on se retrouve avec une partition imprimée par nos soins. On se (re)connecte (véritablement) à ce que l’on fait.

C’est alors que j’ai décidé d’investir dans ces machines. Plus j’en apprenais sur elles, plus j’en découvrais ses facettes (cachées), son charme et ses secrets.

J’ai toujours été très manuelle. Enfant, j’avais mon propre atelier à la maison. Alors mettre mes mains dans l’inconnu ne me faisait pas peur, au contraire. C’est en expérimentant avec des machines cassées que j’apprenais à en comprendre le fonctionnement. Après quelque temps, j’étais capable de les réparer et de les remettre aux goûts du jour:

Des beautés enfin disponibles sur solybox.com…Screen Shot 2017-10-26 at 17.18.46.png

Ainsi, je me suis rendue compte de quelque chose: les machines à écrire sont quasi indestructible. Comme une montre, il y a un mécanisme spécifique dépendant de pièces facilement remplaçables. Une fois que l’on comprend le mécanisme et le fonctionnement de la machine, il devient facile de la réparer, voir d’en améliorer son fonctionnement. J’ai passé tout l’été 2017, à disséquer ces machines + (accessoirement) à les rénover.

Aujourd’hui, notre ordinateur et la majorité de nos écrans sont concernés par ce qu’on appelle l’obsolescence programmée (= une stratégie visant à réduire la durée de vie d’un produit pour augmenter son taux de remplacement et provoquer un nouvel achat prématurément). Nos smartphones et nos laptops, ne seront pas amenés à se faire réparer par nos soins – sauf si ça fait partie de notre domaine. Je trouve ça frustrant. Ça nous déconnecte véritablement du fonctionnement de la machine que nous utilisons dans notre quotidien. Pour quelqu’un qui a besoin de comprendre comment les choses fonctionnement et qui n’aime pas dépendre des autres quant à son utilisation, c’est très frustrant.

Vous allez me dire, « mais les machines à écrire c’est démodé, on a des ordinateurs aujourd’hui qui font très bien le travail, en mieux ». Je ne peux pas dire le contraire. L’ordinateur restera une machine ultra développée face à de simples machines comme une machine à écrire. Nonetheless, ne sous estimez pas le pouvoir de la machine à écrire qui pourrait bien finir par vous surprendre.

Alors oui, je le dis haut et fort: la machine à écrire c’est certes une ode à la mélancolie (au 21ème siècle), mais c’est aussi un outil créatif, productif et romantique. Lorsque vous écrivez, vous jouez, vous composez, et vous faites sortir une page tapée de votre (propre) patte. Là est la prouesse que nous avons perdu face au digital.

Sur une machine à écrire, on est obligé d’écrire spontanément, d’être bordélique, on se lâche, on s’exprime et personne d’autre que nous avons accès à ces pages. Nous avons le choix. Nous pouvons les brûler. Nous pouvons les cacher. Nous pouvons les transcrire, les scanner, ou même les publier comme telles…

Je trouve une plus grand satisfaction & liberté à écrire sur une machine à écrire. C’est une autre expérience. Une expérience qui ne pourra jamais être remplacée par les nouvelles technologies aussi récentes soient-elles. Je n’ai pas la fatigue liée à l’utilisation excessive d’un écran, ni la distraction, ni l’envie de me rendre sur Internet ou de consulter (inutilement pour la dixième fois de la journée) mes emails.

La machine à écrire est indémodable et à l’heure actuelle, (du moins aux États-Unis) elle connaît un vive succès sur les écrans de cinéma : California Typewriter.

Un film documentaire dédié à La Machine, avec de belles personnes comme: Tom Hanks (acteur) et Sam Shepard (écrivain) – qui nous a quitté l’été dernier.

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Tom Hanks ne peut que vous convaincre quant à l’utilisation de ces machines… Rien que la bande annonce vous donne des frissons

“J’ai probablement plus de 250 machines à écrire dans ma collection et je dirai que 90% d’entre elles fonctionne parfaitement.“ – Tom Hanks

“Une machine à écrire ne vous juge pas, ça ne fait que dire “tout de suite monsieur, tout de suite monsieur, comme vous le souhaiterez.” – John Mayer

“Individuellement je pense que nous sommes une culture, mais la vision d’ensemble de cette culture n’a aucun sens pour moi.” – Sam Shepard

“J’ai toujours eu un rêve, que les gens retournent aux machines à écrire.”

“Lorsque je démonte ces machines, je vois des gens, je “nous” vois en elles.”

“J’avais ce moment de rébellion, ce sentiment d’être malade du monde digital, et à quel point il peut être intrusif. Je suis allé à ma machine et j’ai écrit ce manifesto… 

The Typewriter Manifesto

We assert our right to resist the Paradigm,

Nous revendiquons notre droit de résister au Paradigme,

to rebel against the Information Regime,

de se rebeller contre la Révolution de l’Information

to escape the Data Stream.

d’échapper au Flux de Données.

We strike a blow for self-reliance,

Nous frappons un grand coup pour l’indépendance,

privacy,

l’intimité,

and coherence

et la cohérence,

against

contre

dependency,

la dépendance,

surveillance,

la surveillance

and desintegration.

et la désintégration.

We affirm the written word,

Nous affirmons/proclamons la parole écrite,

and written thought,

et la pensée écrite,

against

contre

multimedia,

le multimédia

multitasking,

le multitâche

and the meme.

et le mème.

We choose the real over representation,

Nous choisissons le réel à la représentation,

the physical over the digital,

le physique/matériel/concret au digital,

the durable over the unsustainable,

le durable au non-durable,

the self-sufficient over the efficient.

l’autonomie à la performance/à l’efficient.

THE REVOLUTION WILL BE TYPEWRITTEN

LA RÉVOLUTION SERA DACTYLOGRAPHIÉE. »

 

– Richard Polt (son livre)

 

Le 17 octobre dernier, Tom Hanks publiait son premier livre de “short stories” d’histoires courtes, écrites et composées sur sa machine. Disponible en langue originale (anglais uniquement) pour le moment.

Le film lui sera disponible sur iTunes, le 21 novembre (2017) prochain.

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Nouveautés sur le Shop

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« On ne cesse jamais d’apprendre » – M.

« On ne cesse jamais d’apprendre » – M.

2ème partie du 6ème épisode, de la saison 1 du Podcast: première partie disponible ici.

à écouter et télécharger sur SoundCloud: ici.

Épisode #6 avec Mély du Chaudron Pastel

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Transcription de l’épisode :

Un processus de création : par “vague” de création…

C: Tu vas avoir une idée, tu vas la noter, et puis après ?

Déjà ce sont des idées, il y a les trois-quarts des idées qui viennent de moi-même après il y a un peu moins des un-quart qui viennent soit de suggestions de lecteur. D’ailleurs, des fois quant un lecteur me soumet une idée ça peut mettre plusieurs mois avant de se concrétiser. Il y a souvent les projets du moment. J’ai une idée d’un article, d’une vidéo, pour ça sorte, il peut se passer plusieurs mois. C’est vraiment un processus très lent de maturation, de créativité et des fois ça se fait de façon rapide mais c’est quand même une minorité. Il y a des articles, ou des videos que je fais en une semaine. C’est très rare mais ça arrive. Du coup, c’est vraiment des élans des vagues c’est comme quelque choses qui me traverse et que je dois ressortir si je ne ressors pas sur papier, téléphone ou ordinateur ça bouillonne et ça fait comme une espèce de cocotte minute donc une fois que je note ça après c’est par bout et par vague de création. Des fois, il peut y avoir quelque chose qui coince et qui peut durer quelques jours, voir quelques semaines et au début je forçais vraiment. Tel jour, je me disais à telle heure, et telle heure je travaille sur cet article et à telle heure j’aurai fini. J’ai fait ça pendant à peu près trois ans ce qui m’a un peu épuisé, enfin ça ne m’a pas épuisé mais c’était fatiguant parce que des fois je n’arrivais pas à créer et du coup je culpabilisais à la fin de la journée de ne pas avoir créé suffisamment et j’ai beaucoup lâché prise par rapport à ce processus de création et de vague et maintenant mon activité est telle que j’ai plusieurs, même au delà de la facette de création d’articles et de vidéos. j’ai plein d’autres choses à faire donc si un moment donné il n’y a pas ce processus de création qui est en moi ce n’est pas grave, j’ai dix-mille choses qui m’attendent à côté donc je ne m’ennuie pas.

Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui fonctionnent en flux tendu. Puis, un mois avant la deadline, une pression de malade! Il y a beaucoup de gens qui fonctionnent comme ça. Même si ce n’est pas forcément un processus créatif… Pendant longtemps j’ai fonctionné comme ça. Je pense que je fonctionne beaucoup moins comme ça, qu’il y a dix ans. Même s’il y a toujours une partie de moi qui fonctionne toujours comme ça, elle est vraiment très faible par rapport à auparavant. Non c’est plutôt cette sorte de vague par contre admettons que je me suis dis de neuf heure à midi je fais ma comptabilité mensuelle parce que chaque mois, je dois l’envoyer à mon cabinet d’expertise comptable et que le lundi à 7h30 en me réveillant j’ai une vague de création alors là, je balance tout ce qui est compta et je le fais! Les seules choses que je ne peux pas mettre de côté, parce que c’est un engagement, et pour rien au monde je le ferai, ce sont mes rendez-vous et consultations de naturopathie et quand ce sont des choses que je me suis données, des tâches avec moi-même alors là, je mets tout de côté en standby, et ça attendra.

C: Tu as cette flexibilité entre une structure et en même temps, tu continues à suivre… Tu n’es pas dans la réactivité du moment. Tu es dans les deux. Une structure mais tu ne te prives pas de la casser?

M: Je n’ai pas toujours fait ça comme ça, avant j’étais beaucoup plus. Ça c’est de par mon papa qui est extrêmement organisé, beaucoup plus que moi. Ma constitution Naturopathique, (en naturopathie comme en Ayurveda, il y a les Doshas) le montre bien. En naturopathie, il y a quatre constitutions et selon celle que l’on a, on a des qualités et des défauts et une des qualités liée à ma constitution c’est une très grande capacité d’organisation. Ces gens font souvent de très bons chefs de projets ou chefs d’entreprises. De par, aussi, mes études (assistante de gestion). Tout ce qui touche à l’organisation, pour moi c’est plus qu’un truc inné, ça a été constant dans ma vie.

Lorsque je me suis mise à mon compte, j’étais très psychorigide, c’était un truc de fou! Et maintenant, c’est beaucoup plus dans la flexibilité dans le “lâché prise”, parce que je pense qu’aussi lorsque tu es chef d’entreprise, tu subis. Moi j’en ai subi une certaine pression et si on apprend pas a lâcher prise, à danser et suivre le rythme de la vie tu finis par t’y briser les os en fait, et t’épuiser. Donc la vie m’a quelque part amené à apprendre cette flexibilité pour survivre.

C: Ça t’a pris du temps, pour trouver ton équilibre?

M: Oui et je continue toujours à trouver mon équilibre. On apprend toujours on ne cesse jamais d’apprendre.

C: Question rituels! Tu en as?

M: Alors je suis “miss rituels”, c’est-à-dire que si on m’enlève mes rituels, alors c’est vraiment parce que je suis très flexible pour beaucoup de choses mais pour beaucoup de choses mais par contre il y a des trucs si on m’enlève mes rituels, je suis pommée! Mais genre c’est la catastrophe… Alors je pense que le rituel, j’en ai un seul c’est le matin. C’est le matin, c’est a dire me lever super tôt (Miracle morning) mais moi ça je le fais depuis 2005 (donc bien avant que le livre ne sorte) ! Et moi, si on ne me laisse pas ma bulle de tranquillité le matinje suis seule et je fais des trucs très régressifs, je suis dans mon plaid, je ne suis pas maquillée, je suis entourée avec ma tenue koala, j’ai des plaids par dessus et je me balade dans mon appartement, je fais mon petit déjeuner cocooning, j’ouvre la fenêtre pour aérer , je mets de la musique douce , je zone sur Pinterest mais je me nourrie aussi de belles images, de belles citations, sur Tumblr je regarde des petites videos mais vraiment des choses super douces, en pleine conscience, des choses qui me nourrissent visuellement, artistiquement, spirituellement émotionnellement et après voilà, on peut commencer. Par exemple, lorsque je suis en voyage ou que je dois être avec un groupe de personnes et que je n’ai pas ce rituel du matin à midi je suis épuisée, mais épuisée… Je n’en peux plus et il faut me recharger… voilà donc, ça c’est mon rituel mis à part ça, tout le reste de la journée il peut se passer n’importe quoi, des choses stressantes… moi c’est “peace and love”, tout va bien, il n’y a pas de problème, on avance pas à pas.

C: Et la méditation ou le yoga?

M: Non… Peut-être un jour, dans 10 ans… des trucs très yogi, plus spirituels mais non là, c’est aussi simple que ca.

C: Aujourd’hui on est dans un monde ultra connecté. Pas forcément vers l’intérieur mais plutôt vers l’extérieur… Est-ce que tu as un rituel par rapport à la déconnexion digitale? Que je peux trouver (personnellement) parfois “overwhelming” (écrasant ou envahissant)…

M: Je pense que j’ai beaucoup appris sur ça et j’ai beaucoup progressé. J’ai acquis un équilibre qui est (je pense) plus sain pour moi. Aujourd’hui plus, qu’il n’y a quelques années mais j’ai encore des progrès à faire comme beaucoup de gens sur beaucoup de sphère… Alors plusieurs choses au niveau de la technologie pure et ça c’est valable pour la radio, la télé, les blogs, les réseaux sociaux, n’importe quoi… tous ces outils, toutes ces sources d’informations peuvent êtres de formidables sources d’informations, d’idées, d’opportunité pour se recharger avec des ressources positive. Tout comme des choses qui vont te vider, qui te font culpabiliser qui te “overwhelm”, surcharge, se faire dépasser, submerger… Et en fait, la seule chose qui peut faire la différence c’est nous-même, c’est-à-dire “comment on utilise cet outils?”; “comment on utilise la radio, les podcasts, la télé, les réseaux sociaux, Facebook, etc.?”

Donc c’est vrai que parfois c’est difficile de faire la part des choses. Quant on vit dans un système où des fois, on voit même plus “comment on le vit”. En fait, ça peut paraître assez fou, mais c’est vraiment le cas. Moi, je suis une geek mais avec le temps j’ai appris à ne pas me sentir submergée, et lorsque je me sens submergée, ça peut être intellectuellement (épuisée psychologiquement parlant) ou alors chaque chose a une facette obscure et lumineuse… mon SII (Syndrome de l’Intestin Irritable), lorsque je suis trop stressée, mon corps me dit “stop”. Tu appuis sur “pause”. tu te recharges et après tu pourras à nouveau recommencer… Il y a beaucoup de personnes pour qui le corps n’arrive pas à ressentir cela. Par ma part, j’ai un système qui me fait ressentir de façon assez “forte”, du coup je sais qu’à certains moments je dois recharger. Soit, je suis épuisée dans ma tête, soit c’est mon corps qui me le dit et qui s’exprime (à sa manière). Et aussi, je me suis beaucoup renseignée autour du “minimalisme”. Il y a le minimalisme dans la maison, ainsi que sur les réseaux sociaux et de plusieurs autres manières… Moi avant même ça, je sentais que mon téléphone qui est pour moi très important, il y avait beaucoup trop d’applications! Rien que le fait de regarder l’écran ça me “overwhelm” donc j’ai mis sur la première page le “strict minimum” et ensuite sur la deuxième et troisième page j’ai des dossiers et tout, mais c’est quelque chose que je ne vois pas. Et j’ai désactivé les notifications. Je n’ai aucune notification sauf pour les appels. Même les textos, Whatsapp, Messenger, c’est seulement si je vais sur mon telephone que je vois un message sinon il n’y a rien (pas d’alerte).

Et puis au niveau de la réactivité des fois, je peux très bien ne pas consulter mes emails pendant deux jours, comme je peux aussi les consulter le dimanche à 23h parce que ça ne me pose pas de problème. Donc, j’ai appris a être à l’écoute de mon niveau d’énergie et de mon niveau de fatigue ainsi que la capacité que j’ai à ce moment là, à donner à autrui, à répondre à des commentaires, à répondre à des emails etc. Je préfère que la personne attende, 6h, 24h voir 48h et qu’elle est une réponse vraiment pleine d’amour, et beaucoup plus riche pour elle.

C: Comment fais-tu la distinction entre le moment où tu consommes (les médias) et le moment de création (l’écriture de tes articles par exemple)?

Deep focus

M: J’oscille entre les deux. Je suis toujours en train d’essayer de trouver mon équilibre et de le peaufiner donc il y a des jours où (par exemple) je suis très centrée sur la poutre et des fois, je suis debout rien de spécial et je me laisse un peu balloter mais je sens en fait le moment, où je commence à m’épuiser et du coup, là, je descends de la poutre et je me recharge.

C: Tu as débuté ta carrière en tant qu’assistante de gestion (3 années) pour après “changer” de métier en faisant une reconversion en Naturopathie. Quelle est ton approche du travail à l’heure actuelle?

M: Elle a beaucoup changé. J’ai été élevé par un papa formidable mais j’ai été élevé par un papa qui est parti de chez lui a 14 ans et qui a commencé apprenti forgeron, ouvrier dans une usine et qui a fini Directeur Informatique dans une très grande banque. Donc, il a gravi les échelons et il m’a pas chômé… et j’ai vécu, grandi avec un papa qui me disait “il faut travailler dur, tout le temps”, “il ne faut pas arrêter”… Et oui, dans notre société, on nous demande de travailler dur avec le “no pain, no gain”, etc.

C: et parfois jusqu’au burnout

M: Effectivement, a beaucoup de gens ça arrive. Donc moi, je pense qu’effectivement il y a certaines choses (en tout cas mon experience, mais après chacun son chemin et sa vie). Mon experience c’est sur que le Chaudron Pastel, il est aujourd’hui ce qu’il est parce que j’ai beaucoup investi de temps et d’énergie. Je n’ai jamais eu peur de l’échec. J’ai une très grande confiance mais j’ai vraiment beaucoup investi de temps et d’énergie . Je peux enfin lever le pied et m’accorder un peu plus de temps libre et quand je dis un peu plus, ça se compte en une à trois demi-journée par semaine donc c’est pas non plus le bout du monde mais par rapport à il y a trois ans c’est beaucoup. Je pense qu’au début je culpabilisais beaucoup. Je me disais: “mais non, je ne peux pas me reposer, je ne peux pas faire moins ou autrement… Il faut vraiment être productif, productif, etc.”. Donc quant on lance une entreprise, le premier but c’est d’essayer de financièrement toucher les deux bouts, en fait. subvenir à ses besoins. Une fois que ce but est atteint, et moi je l’ai atteint, le but et ça reste toujours le but même pendant cette première phase qu’on travaille à notre compte, qu’on soit mère au foyer, ou qu’on travaille en tant que salarié etc., le but de la vie c’est d’être heureux et ça tu peux et tout le monde peut atteindre ce point peu importe ses conditions de vie: célibataire, en couple, avoir sa propre entreprise. Enfin, évidemment que certaines conditions de vie facilitent les choses c’est une évidence. Mais après voilà, j’ai beaucoup travaillé sur moi, en pleine conscience, des lectures, du yoga des chaines youtube par exemple: Marie Forleo qui dit “oui il faut se battre mais il y a quand même une certaine dimension spirituelle chez elle!”

C: Et du “Hard Work” (travailler dûr) !

M: C’est une battante mais oui j’ai dû apprendre à déculpabiliser donc maintenant mon papa a appris (aussi) de moi. C’est même lui, des fois, qui me dit: “Mélanie, tu devrais te reposer” et ça je m’en rend compte en te le disant. Ça, jamais au grand jamais, il n’a eu ces paroles jusqu’à il y a peu. Et maintenant c’est lui qui me dit “Mélanie tu devrais te reposer…” Oui, c’est un grand pas pour lui comme pour moi je pense. Maintenant j’apprends à être plus “cool”, encore j’ai plein de projets mais je ne culpabilise pas!

Par exemple, le matin je me réveille, j’avais prévu de faire ça et ça et que je suis épuisée ou qu’alors mon SII se réveille un peu (ce qui est “Dieu merci”, de plus en plus rare) et bien je me dis: “bon, je vais écouter mon corps il m’envoie un message c’est à moi de l’écouter et de le respecter”. Puis je me repose…

C: Dernière question, un conseil pour nos auditeurs? ou à toi-même il y a dix ans?

M: Je peux en donner deux ? (C) Oui 🙂 !

Alors le premier c’est d’avoir foi en eux et quand je dis “en eux” ce n’est pas dans leur projet, c’est dans leur coeur, c’est vraiment de rester fidèle à soi. Si au moment où on a un projet, entre une idée de projet et la concrétisation de ce projet, il se passe cinq ans, peut-être que la veille où on frôle du doigt ce projet on aura moins envie de voir ce projet autrement et on a le droit de le changer en cours de route. On a le droit et il est de notre devoir si on ne se sent plus en phase, à tel moment, de le modifier. Ça, c’est mon premier conseil…

Et le deuxième (dans la prolongation du premier): Toujours avoir la sagesse d’écouter ce que les autres peuvent nous donner comme conseil que ce soit nos amis, notre famille ou un lectorat. Tout dépend l’entreprise que l’on veut développer mais conserver ses propres valeurs même si les valeurs bousculent un peu les choses établies dans notre société. Si elle ne porte préjudice à personne, on les conserve. Même si c’est très novateur… Si c’est fou, ce n’est pas grave. Si c’est novateur et que ça porte préjudice à personne et qu’on se sent nourrie en créant et en faisant ce projet, alors on le fait.

C: Ce sont les deux choses si jamais tu les appliques tu es sûr d’être en alignement avec toi-même.

M: Et ne pas oublier aussi qu’il n’y a pas d’échec. Je sais que c’est un conseil qui peut paraître “bateau”, comme ça. Mais vraiment, si un jour un projet ou quelque chose n’aboutit pas comme on le veut, (c’est un truc par contre que mon papa m’a répété depuis l’âge de 9 ans, donc ca aussi je pense que ça m’a énormément servi), à partir du moment où on arrive à tirer une leçon de quelque chose, peu importe la leçon, ce n’est pas un échec. C’est une expérience. Et ça, c’est extraordinaire parce que ça peut nous aider à rebondir autrement. À refaire autre chose, autrement ou, à nous donner un nouveau cap et une nouvelle direction…

C: La formule scientifique ou mathématique du succès, elle intègre l’échec.

Il faut aimer le processus. Les échecs sont fait pour apprendre. S’il n’y a pas d’échec alors on n’apprend pas…

M: Ne pas culpabiliser, ne pas se dire “c’est moi qui ai mal fait”. C’est fait c’est comme ça, à partir de là, nous on peut changer notre manière d’accueillir ces choses là. C’est à nous de changer. Il n’y a pas de temps aux regrets.

Merci à Mély pour son précieux temps accordé à l’occasion de cette belle interview!

Épisode #6 w/ Mély du Chaudron Pastel

Épisode #6 w/ Mély du Chaudron Pastel

Nouvel épisode, de la saison 1 du Podcast Solybox: (première partie)

à écouter et télécharger sur SoundCloud: ici.

Épisode #6 avec Mély du Chaudron Pastel

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Transcription de l’épisode :

C: Tes années passées au Moyen-Orient, c’est depuis ta naissance ou c’est arrivé plus tard, après la France?

M: J’étais conçue au Moyen Orient. Ma mère est venue accoucher en France parce qu’elle avait peur d’accoucher à l’étranger. Ensuite, à l’âge de 21 jours, je suis retournée au Moyen-Orient et j’ai vécu à l’étranger entre le Moyen-Orient et l’Inde jusqu’à mes 15 ans. J’ai vécu les 15 premières années de ma vie à l’étranger. Donc pour moi jusqu’à mes 15 ans, la France était plus un pays étranger que « la maison ».

C: Tu rentrais pour visiter?

M: Comme des vacances, pour moi ce n’était pas la maison. C’était plutôt le pays où j’étais censé être. C’était censé être le mien, mon pays d’origine mais pour moi dans mon coeur ce n’était pas mon pays d’origine. Enfant, je ne me posais pas vraiment la question. Je me disais, « c’est les vacances, c’est le lieu des vacances », c’est tout.

C: Le retour à 15 ans. Non seulement, c’est censé être un pays familier parce que tu parles la langue, mais en même temps tu te sens étrangères, non?

M: Oui pour moi c’était… j’étais une étrangère dans ce pays et j’y ai été accueilli comme une étrangère. Souvent, on dit que les enfants et les adolescents sont horribles entre eux. C’est vrai qu’au début, pour moi les pays où j’avais vécu la première partie de ma vie (toute ma vie à l’époque), c’était les plus beaux pays. C’était des pays extraordinaires avec une différente culture, ainsi qu’une chaleur humaine débordante. En fait, tout le monde était la famille de tout le monde même si on ne se connaissait pas, on s’accueillait grand les bras. Il n’y avait pas jugement puisque c’était un “melting-pot” culturel immense. Moi, j’ai vécu ça comme étant balancée en France dans un pays où il faisait froid, où l’on travaillait jusqu’à 18h au Moyen-Orient, je travaillais jusqu’à 13h et j’avais des après-midi de libres. On faisait des activités, on était avec des copines, on allait à la piscine, etc. Là-bas, tout le monde avait une piscine, c’était comme avoir un frigo ici en fait. Et donc j’étais catapultée en France, où il faisait froid, où il y avait beaucoup de jugement. Il y avait des clans, ici au collège et au lycée. Des clans, des groupes des fois un peu rivaux, ceux qui sont geeks, ceux qui sont considérés un peu comme les intellos, donc on se moque un peu d’eux. Ceux qui sont gros, ceux qu’on considère comme retardés, mais c’est juste qu’il ont un fonctionnement psychologique qui est différent… Et ça a été vraiment une très grosse claque et donc moi j’étais fière de dire d’où je venais. Et donc maintenant, je ne dis plus le pays du Moyen Orient où j’ai vécu c’est pour ça que je dis (seulement) Moyen-Orient. L’Inde, je le dis mais Moyen-Orient non. Parce que dans l’inconscient collectif, en France, ce pays là précisément est est très mal vu. Alors que toutes les personnes à qui j’ai dit d’où je venais, n’y ont jamais mis les pieds… mais ça ne les empêchait pas de juger, et d’associer ce pays à un pays qui était entre guillemets “mauvais”.

Une enfance à l’étranger et une arrivée en France difficile.

Après, ça t’a faite évoluer de façons complètement différente… Ça t’a rendu plus forte.

Un rapport positif vis-à-vis de ce passé.

Tout à fait, je pense qu’à l’heure actuelle c’est une de mes plus grandes richesses émotionnelles et même psychologiques parce que du coup je pense avoir une certaine ouverture d’esprit. Très grande par rapport à cette enfance et ce passé très riche!

C: Mély tu es officieusement poète, créatrice de douceurs, pleine de sagesse et de ressources, officiellement naturopathe. Ici on va parler de ton projet, le Chaudron Pastel. Le 1er mars 2007 tu as écrit ton tout premier article. Ça fait dix ans depuis peu (10 bougies). Avec le temps tu es restée super fidèle à toi-même. à ton authenticité. Dans certaines dtes vidéos, tu dis bien qu’il n’était pas question de changer le nom.

Je trouve qu’avec le temps tu es restée super fidèle à toi-même, à ton authenticité et dans certaines de tes vidéos justement tu dis qu’il n’était pas question de changer quoi que ce soit parce que malgré les conseils… ca ne te convenait pas. Ce qui m’a le plus charmé sur ton blog c’est ça, et je voulais donc débuter cet épisode d’abord en te disant “merci” pour cette jolie bulle de confort.

C’est un blog où l’on peut prendre le meilleur. Il n’y a pas de règles, ou de structure rigide. Tu sors toujours des sentiers battus. Parfois tu surprends, avec des sujets qui sont liés mais qui ne sont pas forcément liés à la naturopathie et ton approche aussi est ultra flexible. Notamment ton livre, sorti le 22 février dernier. C’est le premier livre ce sont des recettes adaptables à chacun. En marketing, on nous apprend à “caser” dans des boîtes alors que quand tu peux t’adapter aux gens, c’est juste génial!

Qu’elle était ton intention de départ, qu’elle était la graine plantée le 1 er mars 2007?

C: Quelle graine plantée à la date du premier poste?

M: Le premier mars 2007, j’ai l’impression que c’était une autre vie. C’était, je m’en souviens de cette époque là, je me souviens de la Mély de cette époque là. Bien sûr, on évolue tous, tout au long de notre vie on change tous mais j’ai vraiment l’impression que c’était tellement loin et en même temps j’ai l’impression que c’était hier. La graine, déjà c’était une graine pour moi en fait c’était vraiment mon côté “geek” qui avait envie d’avoir un support sur lequel je pouvais expliquer mes impressions lorsque je réalisais une recette. Voilà, je me mettais à cuisiner et j’avais envie de voir un petit peu si j’aimais bien telle association, si j’aimais bien telle recette etc. Donc c’était vraiment un support. J’ai toujours été une geek . J’adorais lire des livres, tout ce qui est jeux vidéo j’ai eu un passage de ma vie où je jouais jusqu’à 3 heure du matin, où je faisais des “in real life”, des IRL en groupe etc. On jouait à Counterstrike, je ne sais pas si tu te souviens? Voilà, Warcraft, Starcraft, ça aussi c’était encore une autre vie avant.

C: C’était les années 90 – début 2000 ?

M: J’ai même utilisé ICQ à l’époque! je suis une “geekette”…

C: Donc tu as codé ton propre site?

M: J’ai tout appris par moi même en fait.

M: J’ai bidouillé. À l’époque je n’avais pas de webmaster, donc j’ai vraiment bidouillé donc c’était un rose criard avec un vert criard mais c’était mon bébé de toutes les couleurs criardes. Donc je m’amusais. Je l’ai changé entre 2007 et 2011, là ou j’ai fait appel à un webmaster. Il a beaucoup changé en quatre ans. Je l’aimais bien comme ca.

C: et donc… Tu as fais ça pour toi?

M: Oui.

C: Tu n’as pas fait ça avec business plan?

M: Non.

C: Concernant ton approche qui aujourd’hui est passée de personnel à professionnel. Comment décrirais-tu ce parcours? Comment sa s’est fait?

Une deuxième naissance en fait…

Ça a commencé pour le personnel et c’est devenu professionnel.

C: Comment sa s’est fait ? Décris ton parcours.

M: Ça s’est fait de manière assez lente, de manière assez fluide mais avec plein de rebondissements. Donc, d’un point de vue extérieur, on peut effectivement penser « ah, elle avait un blog, et puis elle a fait une reconversion et du coup elle y a greffé ses nouvelles études et puis voilà, ça a été assez simple”. Mais c’était pas du tout comme ça en fait. C’était très… je ne vais pas dire chaotique mais il y a eu plein de projets qui sont tombés à l’eau. Là, à l’heure actuelle je crois que j’ai cinq ou six partenaires. Je ne sais même plus. Mais il faut savoir que j’ai proposé à plus de 30 entreprises différentes de devenir partenaire avec moi et j’ai eu plein de refus en fait. Donc, oui le nombre de projets qui a avorté … depuis même avant que je devienne professionnelle, ils sont très nombreux mais ce n’est pas grave… c’est la vie!

Ça fait partie du processus !

C: C’est hyper intéressant parce que aujourd’hui on est dans une époque grâce aux technologies, où on a l’impression que tout va super vite. On a l’impression qu’en un an c’est fait….

M: Je pense que ça dépend de beaucoup de monde. Par exemple, un blog français que j’apprécie beaucoup: Victoria de Mango&Salt. Elle elle a commencé à écrire bien après moi, en 2010 – 2012. Maintenant elle est professionnelle et elle en vit. Elle n’est pas richissime mais elle arrive à en vivre donc rien que ça c’est déjà super chouette. Je pense que voilà, chacun a un chemin different, un rythme différent ça depend également du domaine où tu écris et du ton auquel tu écris. Parce que moi j’ai totalement conscience que mon ton qui est un peu doux, où il y a un aspect aussi assez spirituel de pleine conscience, qui peut faire peur à certaines personnes donc c’est vrai qu’à un moment donné, il y a beaucoup de personnes au contraire pour qui c’est un point fort qui vont vouloir me suivre plus parce que il y a cette dimension là mais il y a quand même une majorité de gens, en tout cas en France, dans notre société pour qui il y a encore tout ce truc holistique, médecine douce, de pleine conscience, qui fait un peu hippie. Ça peut un peu effrayer. J’en ai totalement conscience et d’ailleurs il y a trois-quatre ans lorsque je me suis mise à mon compte, je me suis posée la question: est-ce que je ne devrais pas faire autrement et avoir un discours un peu plus “monsieur et madame tout le monde” ? En fait, je me suis dis que “non”, parce que déjà ça, il y avait plein de blogs de cuisine végétarienne ou alternative etc., qui n’avaient pas cet aspect un peu plus “holistique” et que moi je préférais avoir un lectorat, toucher moins de monde mais toucher peut-être plus en profondeur… je ne sais pas, en tout cas j’avais juste envie d’être authentique à moi-même et je n’ai jamais pu faire quelque chose qui n’était pas moi. Si j’avais voulu essayer, je me serai perdue en cours de route en fait…

« Ça depend du chemin de chacun. Ça depend également du domaine et du ton auquel tu écris. J’ai totalement conscience que mon ton un peu doux et spirituel peut faire peur à certaines personnes ».

Une Voie vers Soi.

C: D’ailleurs, ce qui m’a beaucoup impressionné c’est le partageComment fais-tu pour garder cette limite parce que tu partages beaucoup de choses personnelles tout en arrivant à mettre une certaine ligne… On a l’impression que tu as fait un trait autour de toi et tu vas écrire, écrire écrire… des choses qui touchent. Comment as-tu créé cette bulle?

M: Je pense que c’est dû à deux choses: déjà, tout ce que je crée, je le crée tellement avec le coeur que je suis forcément obligée de découper un morceau de mon coeur et de mon âme, de le mettre en forme, de le livrer au monde et puis après qui veut le prend… mais voilà, c’est un processus. Mon processus de création passe par une certaine transparence. En fait dans ce que je crée, dans ce que je mets à disposition j’entrouvre une partie de moi-même. Alors après, j’utilise effectivement beaucoup de métaphores et c’est ça qui crée cette impression un peu de marge – pas fossé – mais c’est cette espèce de “bulle”.

Alors, ce n’est pas vraiment de la pudeur parce que je pense que pour faire ce que je fais, la pudeur, il ne faut pas forcément en avoir beaucoup. Mais c’est plutôt mon côté introverti en fait. Alors je ne suis pas timide. Alors là, pas du tout timide. Tu me mets dans n’importe quelle pièce avec une centaine d’inconnus très différents de moi, je suis alaise tout de suite. Par contre, je ne vais pas pouvoir tenir toute une soirée ou en tout cas plusieurs soirées d’affilées. Je suis très introvertie donc jai besoin de ma bulle à moi. J’ai besoin qu’on respecte ma bulle. Si on essaye de pénétrer ma bulle alors que je n’ai pas ouvert la porte, je vais fuir avant qu’on est pu ouvrir la bouche et m’appeler.

M: C’est un language universel en fait c’est pour ça que ça touche des gens. Ça, par contre, ce n’est vraiment pas calculé. Ce sont des mots qui viennent sans vraiment que j’y réfléchisse, ça vient naturellement et je sais que ça c’est un retour que j’ai beaucoup. Les gens ça leur parle parce que c’est un language. je ne sais pas comment je fais. Je n’ai pas suivi de cours ou quoi que ce soit. Ça vient naturellement et c’est quelque chose qui est vraiment universel et qui fait écho en fait au niveau émotionnel, au niveau du vécu et des expériences de chacun. Maintenant en parlant avec toi je me demande aussi si cette espèce de “bulle” que je crée lorsque je partage, c’est peut-être fait inconsciemment, également créé par le fait que j’ai besoin de conserver pour me préserver moi-même. Une espèce de barrière sécuritaire… parce que je suis thérapeute. Je ne suis pas juste blogueuse. Donc des fois les gens que j’accompagne, je dis “vous” tout le temps et mes lecteurs c’est le “tu”. Alors des fois, dans les commentaires les gens ne savent plus trop. Alors en fait le “vous” je l’utilise principalement dans mes consultations en naturopathie parce qu’il faut qu’il y ait un role de thérapeute. Je ne suis pas la “copine” des personnes que j’accompagne, je suis vraiment la thérapeute donc il ne faut pas lier l’émotionnel dans cela et ça inconsciemment c’est vraiment important pour les personnes que j’encadre. Du coup, je pense aussi que vu que le Chaudron Pastel c’est lié, c’est indépendamment de ma partie “thérapeute”, mais c’est aussi lié, donc je pense que tout ça, ça fait un espèce de “mix” qui fait que, quelque part, cette bulle doit être faite.

C: C’est bien parce que je trouve que tu as réussi à faire cette barrière sous forme de bulle, qui n’est pas blindée. Ce n’est pas un mur, c’est transparent parfois flouté de façon jolie. Il n’y a pas le côté trop exhibé de la chose qu’il peut y avoir souvent sur les réseaux sociaux. En fait, tout ce que tu as fait, ça a toujours été automatique ou tu as dû travailler, pour publier des choses plus personnelles? Parce que ce n’est pas quelque chose que tu as fait, dès le départ.

M: Tu veux dire m’ouvrir plus, et me livrer plus?

C: Oui.

M: Non ça ne m’a pas demandé de me faire violence. Par contre, tout ce qui est la partie “technique” par exemple: faire des vidéos. La partie montage, oui ça, ça m’a demandé des recherches mais pour me livrer, non ça m’a jamais demandé…

Alors si il y a deux choses…

Il y a une chose qui m’a vraiment, je me suis faite violence je ne sais pas si ça s’est fait sentir mais j’étais en age et d’ailleurs jai filmé cette video sur deux jours et à la fin j’étais en age et en sueur. C’est La vidéo d’une heure sur “pourquoi mon alimentation n’est plus végétarienne”. Parce que c’est un sujet tellement sensible dans notre société, surtout en naturopathie.

Je sais que j’ai les trois-quarts des personnes qui me suivent pour qui l’alimentation c’est vraiment quelque chose qui les intéresse et qui sont très sensibles à la condition animale etc. Donc, je savais et j’ai eu beaucoup de chance parce que je n’ai eu aucun retour négatif. Je n’ai pas eu de lynchage en place public. Je n’ai pas eu ça, mes lecteurs sont de véritables “bisounours”.

Par contre des fois j’ai eu envie de partager certains aspects ou certaines histoires, dans les expériences de ma vie et au moment où j’avais l’attention et au moment d’écrire l’article ou de faire la chose ou de créer un post Instagram, il n’y avait pas un blocage émotionnel mais je n’arrivais pas à mettre en forme ce qu’il y avait dans mon coeur et donc dans ce cas ci, je ne force jamais le processus. Soit j’abandonne, soit simplement ça a besoin de temps pour arriver à maturation. Ça peut être quelque jours voir plusieurs mois et ensuite je crée lorsque ça sort naturellement. C’est vraiment une espèce de vague en fait, qui sort…

La suite de cet épisode est disponible ici.