Une société en pleine carence

deer behind grass

La définition du verbe « écouter » selon le Dictionnaires Le Robert est la suivante: « S’appliquer à entendre, prêter son attention à (des bruits, des paroles) ».

Je fais ce que les anglais appelle un « statement ». Un constat alarmant stipulant que notre société ne prend que rarement le temps d’écouter l’autre, de façon générale. Ce n’est pas malheureusement pas un modèle de comportement exposé dans nos médias.

Alors que je rendais visite à ma famille, la radio était allumée. Ce qui est dans le cadre du domicile de mes parents une habitude. Vous trouverez tous les jours, chaque heure de la journée et de la nuit, une radio fonctionner dans la maison.

C’était la station Europe 1. L’invité du jour était à l’origine d’une offre de séjour « unique » dans un parc animalier français. Je n’ai pas besoin d’en citer le nom. Ce n’est pas le plus important. Ce qui m’a le plus étonnée (et en même temps pas tant que ça) c’est le nombre de fois où l’invité a dû se répéter sur un détail qu’il avait éclairci dès la première question. Mais à deux autres reprises la journaliste a repris cette référence alors qu’il avait bien fait comprendre que ce n’était pas cela. On sentait à sa voix qu’il était agacé.

Comment en sommes-nous arrivés là? Pourquoi ne pas prendre le temps d’écouter la personne que nous avons en face de nous? Pour moi le rôle d’une interview et du journalisme c’est l’échange avec l’autre dans le but de partager une vérité, sa vérité, parmi d’autres. Ce n’est pas « la vérité », ou « la référence » imposée par un modèle de pensées.

Lorsque je travaillais à Prague j’étais en mission pour la radio nationale tchèque. Je m’étais plus qu’étonnée d’entendre une cliente me répéter quelle devait « être neutre » à l’antenne dans ses propos peu importe son opinion politique. Ce n’est pas ce que je retrouve dans la majorité des journaux. Je trouve les interviews d’aujourd’hui parfois arrogantes, dirigées, rapides. Elles ne vont pas au fond des choses et manque véritablement d’écoute et de compassion.

Encore hier, j’entendais sur cette même radio une journaliste appelée fameuse « experte » (c’est drôle, nous sommes dans un monde rempli d’experts). On peut avoir un expert sur la pauvreté dans le Tiers monde. Je vous parie que cette même personne a certainement lu sur le sujets dans les livres, étudié je ne sais combien d’années. Par contre la question que je me pose c’est : a-t-elle vécu cette fameuse pauvreté dans le Tiers monde ou ailleurs? Parce que pour moi à mes yeux, le vécu est de mise. Le vécu est même plus important que le savoir. Bref.

Cette experte expliquait comment « communiquer » avec les « complotistes » en disant qu’il ne valait mieux pas les « contredires » car « ça leur donnait encore plus raison ». À ma connaissance, à aucun moment elle n’a parlé d’écoute. À aucun moment elle n’a considéré prendre en compte la vérité ou l’expérience de l’autre. Et là je me dis il y a problème. Vraiment.

Je ne dis pas que je suis complotiste ou que je crois en ces théories. Ce n’est pas le sujet ici. Ce que je veux dire c’est que si je prends le temps d’écouter ce que le monde a, à me dire, alors la moindre des choses c’est d’en faire autant en retour. Il n’y a pas de vérité générale. Pour moi, il y a autant de vérités dans ce monde que d’êtres humains. Cela je l’ai appris grâce à l’enseignement d’Echkart Tolle et de la vie qui répète la folie d’un monde qui ne s’écoute pas lui-même. Un monde coincé dans une identité statique, n’allant pas au delà des choses. Nous n’avons soit disant plus le temps de le faire. Pourtant les technologies précédemment inventées sont censées nous faciliter la vie. Pas nous la rendre plus compliquée.

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