Épisode #6 w/ Mély du Chaudron Pastel

Nouvel épisode, de la saison 1 du Podcast Solybox: (première partie)

à écouter et télécharger sur SoundCloud: ici.

Épisode #6 avec Mély du Chaudron Pastel

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Transcription de l’épisode :

C: Tes années passées au Moyen-Orient, c’est depuis ta naissance ou c’est arrivé plus tard, après la France?

M: J’étais conçue au Moyen Orient. Ma mère est venue accoucher en France parce qu’elle avait peur d’accoucher à l’étranger. Ensuite, à l’âge de 21 jours, je suis retournée au Moyen-Orient et j’ai vécu à l’étranger entre le Moyen-Orient et l’Inde jusqu’à mes 15 ans. J’ai vécu les 15 premières années de ma vie à l’étranger. Donc pour moi jusqu’à mes 15 ans, la France était plus un pays étranger que « la maison ».

C: Tu rentrais pour visiter?

M: Comme des vacances, pour moi ce n’était pas la maison. C’était plutôt le pays où j’étais censé être. C’était censé être le mien, mon pays d’origine mais pour moi dans mon coeur ce n’était pas mon pays d’origine. Enfant, je ne me posais pas vraiment la question. Je me disais, « c’est les vacances, c’est le lieu des vacances », c’est tout.

C: Le retour à 15 ans. Non seulement, c’est censé être un pays familier parce que tu parles la langue, mais en même temps tu te sens étrangères, non?

M: Oui pour moi c’était… j’étais une étrangère dans ce pays et j’y ai été accueilli comme une étrangère. Souvent, on dit que les enfants et les adolescents sont horribles entre eux. C’est vrai qu’au début, pour moi les pays où j’avais vécu la première partie de ma vie (toute ma vie à l’époque), c’était les plus beaux pays. C’était des pays extraordinaires avec une différente culture, ainsi qu’une chaleur humaine débordante. En fait, tout le monde était la famille de tout le monde même si on ne se connaissait pas, on s’accueillait grand les bras. Il n’y avait pas jugement puisque c’était un “melting-pot” culturel immense. Moi, j’ai vécu ça comme étant balancée en France dans un pays où il faisait froid, où l’on travaillait jusqu’à 18h au Moyen-Orient, je travaillais jusqu’à 13h et j’avais des après-midi de libres. On faisait des activités, on était avec des copines, on allait à la piscine, etc. Là-bas, tout le monde avait une piscine, c’était comme avoir un frigo ici en fait. Et donc j’étais catapultée en France, où il faisait froid, où il y avait beaucoup de jugement. Il y avait des clans, ici au collège et au lycée. Des clans, des groupes des fois un peu rivaux, ceux qui sont geeks, ceux qui sont considérés un peu comme les intellos, donc on se moque un peu d’eux. Ceux qui sont gros, ceux qu’on considère comme retardés, mais c’est juste qu’il ont un fonctionnement psychologique qui est différent… Et ça a été vraiment une très grosse claque et donc moi j’étais fière de dire d’où je venais. Et donc maintenant, je ne dis plus le pays du Moyen Orient où j’ai vécu c’est pour ça que je dis (seulement) Moyen-Orient. L’Inde, je le dis mais Moyen-Orient non. Parce que dans l’inconscient collectif, en France, ce pays là précisément est est très mal vu. Alors que toutes les personnes à qui j’ai dit d’où je venais, n’y ont jamais mis les pieds… mais ça ne les empêchait pas de juger, et d’associer ce pays à un pays qui était entre guillemets “mauvais”.

Une enfance à l’étranger et une arrivée en France difficile.

Après, ça t’a faite évoluer de façons complètement différente… Ça t’a rendu plus forte.

Un rapport positif vis-à-vis de ce passé.

Tout à fait, je pense qu’à l’heure actuelle c’est une de mes plus grandes richesses émotionnelles et même psychologiques parce que du coup je pense avoir une certaine ouverture d’esprit. Très grande par rapport à cette enfance et ce passé très riche!

C: Mély tu es officieusement poète, créatrice de douceurs, pleine de sagesse et de ressources, officiellement naturopathe. Ici on va parler de ton projet, le Chaudron Pastel. Le 1er mars 2007 tu as écrit ton tout premier article. Ça fait dix ans depuis peu (10 bougies). Avec le temps tu es restée super fidèle à toi-même. à ton authenticité. Dans certaines dtes vidéos, tu dis bien qu’il n’était pas question de changer le nom.

Je trouve qu’avec le temps tu es restée super fidèle à toi-même, à ton authenticité et dans certaines de tes vidéos justement tu dis qu’il n’était pas question de changer quoi que ce soit parce que malgré les conseils… ca ne te convenait pas. Ce qui m’a le plus charmé sur ton blog c’est ça, et je voulais donc débuter cet épisode d’abord en te disant “merci” pour cette jolie bulle de confort.

C’est un blog où l’on peut prendre le meilleur. Il n’y a pas de règles, ou de structure rigide. Tu sors toujours des sentiers battus. Parfois tu surprends, avec des sujets qui sont liés mais qui ne sont pas forcément liés à la naturopathie et ton approche aussi est ultra flexible. Notamment ton livre, sorti le 22 février dernier. C’est le premier livre ce sont des recettes adaptables à chacun. En marketing, on nous apprend à “caser” dans des boîtes alors que quand tu peux t’adapter aux gens, c’est juste génial!

Qu’elle était ton intention de départ, qu’elle était la graine plantée le 1 er mars 2007?

C: Quelle graine plantée à la date du premier poste?

M: Le premier mars 2007, j’ai l’impression que c’était une autre vie. C’était, je m’en souviens de cette époque là, je me souviens de la Mély de cette époque là. Bien sûr, on évolue tous, tout au long de notre vie on change tous mais j’ai vraiment l’impression que c’était tellement loin et en même temps j’ai l’impression que c’était hier. La graine, déjà c’était une graine pour moi en fait c’était vraiment mon côté “geek” qui avait envie d’avoir un support sur lequel je pouvais expliquer mes impressions lorsque je réalisais une recette. Voilà, je me mettais à cuisiner et j’avais envie de voir un petit peu si j’aimais bien telle association, si j’aimais bien telle recette etc. Donc c’était vraiment un support. J’ai toujours été une geek . J’adorais lire des livres, tout ce qui est jeux vidéo j’ai eu un passage de ma vie où je jouais jusqu’à 3 heure du matin, où je faisais des “in real life”, des IRL en groupe etc. On jouait à Counterstrike, je ne sais pas si tu te souviens? Voilà, Warcraft, Starcraft, ça aussi c’était encore une autre vie avant.

C: C’était les années 90 – début 2000 ?

M: J’ai même utilisé ICQ à l’époque! je suis une “geekette”…

C: Donc tu as codé ton propre site?

M: J’ai tout appris par moi même en fait.

M: J’ai bidouillé. À l’époque je n’avais pas de webmaster, donc j’ai vraiment bidouillé donc c’était un rose criard avec un vert criard mais c’était mon bébé de toutes les couleurs criardes. Donc je m’amusais. Je l’ai changé entre 2007 et 2011, là ou j’ai fait appel à un webmaster. Il a beaucoup changé en quatre ans. Je l’aimais bien comme ca.

C: et donc… Tu as fais ça pour toi?

M: Oui.

C: Tu n’as pas fait ça avec business plan?

M: Non.

C: Concernant ton approche qui aujourd’hui est passée de personnel à professionnel. Comment décrirais-tu ce parcours? Comment sa s’est fait?

Une deuxième naissance en fait…

Ça a commencé pour le personnel et c’est devenu professionnel.

C: Comment sa s’est fait ? Décris ton parcours.

M: Ça s’est fait de manière assez lente, de manière assez fluide mais avec plein de rebondissements. Donc, d’un point de vue extérieur, on peut effectivement penser « ah, elle avait un blog, et puis elle a fait une reconversion et du coup elle y a greffé ses nouvelles études et puis voilà, ça a été assez simple”. Mais c’était pas du tout comme ça en fait. C’était très… je ne vais pas dire chaotique mais il y a eu plein de projets qui sont tombés à l’eau. Là, à l’heure actuelle je crois que j’ai cinq ou six partenaires. Je ne sais même plus. Mais il faut savoir que j’ai proposé à plus de 30 entreprises différentes de devenir partenaire avec moi et j’ai eu plein de refus en fait. Donc, oui le nombre de projets qui a avorté … depuis même avant que je devienne professionnelle, ils sont très nombreux mais ce n’est pas grave… c’est la vie!

Ça fait partie du processus !

C: C’est hyper intéressant parce que aujourd’hui on est dans une époque grâce aux technologies, où on a l’impression que tout va super vite. On a l’impression qu’en un an c’est fait….

M: Je pense que ça dépend de beaucoup de monde. Par exemple, un blog français que j’apprécie beaucoup: Victoria de Mango&Salt. Elle elle a commencé à écrire bien après moi, en 2010 – 2012. Maintenant elle est professionnelle et elle en vit. Elle n’est pas richissime mais elle arrive à en vivre donc rien que ça c’est déjà super chouette. Je pense que voilà, chacun a un chemin different, un rythme différent ça depend également du domaine où tu écris et du ton auquel tu écris. Parce que moi j’ai totalement conscience que mon ton qui est un peu doux, où il y a un aspect aussi assez spirituel de pleine conscience, qui peut faire peur à certaines personnes donc c’est vrai qu’à un moment donné, il y a beaucoup de personnes au contraire pour qui c’est un point fort qui vont vouloir me suivre plus parce que il y a cette dimension là mais il y a quand même une majorité de gens, en tout cas en France, dans notre société pour qui il y a encore tout ce truc holistique, médecine douce, de pleine conscience, qui fait un peu hippie. Ça peut un peu effrayer. J’en ai totalement conscience et d’ailleurs il y a trois-quatre ans lorsque je me suis mise à mon compte, je me suis posée la question: est-ce que je ne devrais pas faire autrement et avoir un discours un peu plus “monsieur et madame tout le monde” ? En fait, je me suis dis que “non”, parce que déjà ça, il y avait plein de blogs de cuisine végétarienne ou alternative etc., qui n’avaient pas cet aspect un peu plus “holistique” et que moi je préférais avoir un lectorat, toucher moins de monde mais toucher peut-être plus en profondeur… je ne sais pas, en tout cas j’avais juste envie d’être authentique à moi-même et je n’ai jamais pu faire quelque chose qui n’était pas moi. Si j’avais voulu essayer, je me serai perdue en cours de route en fait…

« Ça depend du chemin de chacun. Ça depend également du domaine et du ton auquel tu écris. J’ai totalement conscience que mon ton un peu doux et spirituel peut faire peur à certaines personnes ».

Une Voie vers Soi.

C: D’ailleurs, ce qui m’a beaucoup impressionné c’est le partageComment fais-tu pour garder cette limite parce que tu partages beaucoup de choses personnelles tout en arrivant à mettre une certaine ligne… On a l’impression que tu as fait un trait autour de toi et tu vas écrire, écrire écrire… des choses qui touchent. Comment as-tu créé cette bulle?

M: Je pense que c’est dû à deux choses: déjà, tout ce que je crée, je le crée tellement avec le coeur que je suis forcément obligée de découper un morceau de mon coeur et de mon âme, de le mettre en forme, de le livrer au monde et puis après qui veut le prend… mais voilà, c’est un processus. Mon processus de création passe par une certaine transparence. En fait dans ce que je crée, dans ce que je mets à disposition j’entrouvre une partie de moi-même. Alors après, j’utilise effectivement beaucoup de métaphores et c’est ça qui crée cette impression un peu de marge – pas fossé – mais c’est cette espèce de “bulle”.

Alors, ce n’est pas vraiment de la pudeur parce que je pense que pour faire ce que je fais, la pudeur, il ne faut pas forcément en avoir beaucoup. Mais c’est plutôt mon côté introverti en fait. Alors je ne suis pas timide. Alors là, pas du tout timide. Tu me mets dans n’importe quelle pièce avec une centaine d’inconnus très différents de moi, je suis alaise tout de suite. Par contre, je ne vais pas pouvoir tenir toute une soirée ou en tout cas plusieurs soirées d’affilées. Je suis très introvertie donc jai besoin de ma bulle à moi. J’ai besoin qu’on respecte ma bulle. Si on essaye de pénétrer ma bulle alors que je n’ai pas ouvert la porte, je vais fuir avant qu’on est pu ouvrir la bouche et m’appeler.

M: C’est un language universel en fait c’est pour ça que ça touche des gens. Ça, par contre, ce n’est vraiment pas calculé. Ce sont des mots qui viennent sans vraiment que j’y réfléchisse, ça vient naturellement et je sais que ça c’est un retour que j’ai beaucoup. Les gens ça leur parle parce que c’est un language. je ne sais pas comment je fais. Je n’ai pas suivi de cours ou quoi que ce soit. Ça vient naturellement et c’est quelque chose qui est vraiment universel et qui fait écho en fait au niveau émotionnel, au niveau du vécu et des expériences de chacun. Maintenant en parlant avec toi je me demande aussi si cette espèce de “bulle” que je crée lorsque je partage, c’est peut-être fait inconsciemment, également créé par le fait que j’ai besoin de conserver pour me préserver moi-même. Une espèce de barrière sécuritaire… parce que je suis thérapeute. Je ne suis pas juste blogueuse. Donc des fois les gens que j’accompagne, je dis “vous” tout le temps et mes lecteurs c’est le “tu”. Alors des fois, dans les commentaires les gens ne savent plus trop. Alors en fait le “vous” je l’utilise principalement dans mes consultations en naturopathie parce qu’il faut qu’il y ait un role de thérapeute. Je ne suis pas la “copine” des personnes que j’accompagne, je suis vraiment la thérapeute donc il ne faut pas lier l’émotionnel dans cela et ça inconsciemment c’est vraiment important pour les personnes que j’encadre. Du coup, je pense aussi que vu que le Chaudron Pastel c’est lié, c’est indépendamment de ma partie “thérapeute”, mais c’est aussi lié, donc je pense que tout ça, ça fait un espèce de “mix” qui fait que, quelque part, cette bulle doit être faite.

C: C’est bien parce que je trouve que tu as réussi à faire cette barrière sous forme de bulle, qui n’est pas blindée. Ce n’est pas un mur, c’est transparent parfois flouté de façon jolie. Il n’y a pas le côté trop exhibé de la chose qu’il peut y avoir souvent sur les réseaux sociaux. En fait, tout ce que tu as fait, ça a toujours été automatique ou tu as dû travailler, pour publier des choses plus personnelles? Parce que ce n’est pas quelque chose que tu as fait, dès le départ.

M: Tu veux dire m’ouvrir plus, et me livrer plus?

C: Oui.

M: Non ça ne m’a pas demandé de me faire violence. Par contre, tout ce qui est la partie “technique” par exemple: faire des vidéos. La partie montage, oui ça, ça m’a demandé des recherches mais pour me livrer, non ça m’a jamais demandé…

Alors si il y a deux choses…

Il y a une chose qui m’a vraiment, je me suis faite violence je ne sais pas si ça s’est fait sentir mais j’étais en age et d’ailleurs jai filmé cette video sur deux jours et à la fin j’étais en age et en sueur. C’est La vidéo d’une heure sur “pourquoi mon alimentation n’est plus végétarienne”. Parce que c’est un sujet tellement sensible dans notre société, surtout en naturopathie.

Je sais que j’ai les trois-quarts des personnes qui me suivent pour qui l’alimentation c’est vraiment quelque chose qui les intéresse et qui sont très sensibles à la condition animale etc. Donc, je savais et j’ai eu beaucoup de chance parce que je n’ai eu aucun retour négatif. Je n’ai pas eu de lynchage en place public. Je n’ai pas eu ça, mes lecteurs sont de véritables “bisounours”.

Par contre des fois j’ai eu envie de partager certains aspects ou certaines histoires, dans les expériences de ma vie et au moment où j’avais l’attention et au moment d’écrire l’article ou de faire la chose ou de créer un post Instagram, il n’y avait pas un blocage émotionnel mais je n’arrivais pas à mettre en forme ce qu’il y avait dans mon coeur et donc dans ce cas ci, je ne force jamais le processus. Soit j’abandonne, soit simplement ça a besoin de temps pour arriver à maturation. Ça peut être quelque jours voir plusieurs mois et ensuite je crée lorsque ça sort naturellement. C’est vraiment une espèce de vague en fait, qui sort…

La suite de cet épisode est disponible ici.