Podcast Solybox, épisode#5 w/Inphini (suite)

C: Quel est le plus gros challenge que vous avez rencontré? Et le plus formateur?

À l’unanimité: MAKE GOLD (le clip).

A: On a tout fait de A à Z. C’est né d’un son que Brice a composé il y a 5, 6 ans. Ça vient de lui. On a eu tout de suite l’idée des images à poser dessus. On a repris le mythe de Midas. On l’a remis au goût du jour. Du coup, c’est né assez rapidement.

La genèse du projet date d’il y a six ans donc on travaillait à ce moment-là. On ne se sentait pas assez prêt. Malgré tout, on l’a travaillé, on a pris le temps, on a pris du recul… Puis ensuite, Quentin le réalisateur avec qui on travaille sur beaucoup d’autres projets. (Quentin et Brice se sont rencontrés à la fac de cinéma). Quentin, lui aussi a monté sa société. Il demandait souvent à Brice de lui faire de la musique pour des projets…

En été 2014, il nous a dit qu’il avait du temps donc on s’est posé la question: on le tourne ou pas ce clip? Le premier défi c’était de se dire: “ok, on y va”. Brice avait quitté son job, c’est devenu pareil pour moi. Du coup, on s’en va produire dans le sud pour des questions économiques.

Le Go de Quentin a été un premier départ. Le deuxième coup c’était André, l’acteur du clip. C’est un des danseurs de Stromae (Tous Les Mêmes – Stromae). C’était un ami d’ami qu’on avait croisé plusieurs fois…

On tente toujours le oui ! On pose toujours la question parce que du moment qu’on ne la pose pas, ça sera toujours non…

A: Ça a été le deuxième coup de départ officiel. On a démarré la pré production qui a duré presque deux mois. C’était tous les jours. Chercher: comment peindre les vêtements (en or!), les décors, les lieux de tournage, les voitures, etc. Tout ça en deux mois! Sachant qu’on avait vraiment bien pensé le projet. On avait écrit tout le synopsis et on a beaucoup été aidé par Quentin et son équipe. Du coup le 4 au 8 octobre on a tourné dans cinq lieux différents pour un petit clip de 5 minutes. Donc on l’a fait comme on le voyait dans nos têtes. Le but c’était vraiment de matérialiser ça. On a commencé par la plus grosse journée, de 8h du mat’ à 8h du mat’ (le lendemain)!

Dans un tournage, même si on prévoit tout au maximum il y a toujours des aléas, des imprévus… C’est tout une gestion un peu relationnelle, une énergie de dingue… On a pas dormi pendant 4 jours! On a tenu grâce aux gens qui étaient là et qui ont cru en ce projet. Ça nous a porté, pour vraiment aller jusqu’au bout du tournage! Parce que plein de choses ne se sont pas passées comme prévu.

B: On a prévu 90 plans et on en avait tourné que 30! Très belle expérience et très formatrice. Quatre journées, nous a apporté trois années d’expérience. Parce qu’on devait tout gérer de A à Z. Une force aussi parce qu’on avait une vision globale, dès le départ. On est beaucoup plus mobile et agile lorsqu’on est indépendant. Prises de décisions très rapides.

La morale de l’histoire: “Une expérience humaine, riche formatrice difficile mais tellement cool, à refaire sans hésitation.”

A: Il n’y a rien de comparable. Quand tu travailles sur un projet qui te porte, il n’y a rien de comparable. Toi face aux gens, face au compte en banque, forcément il faut reconnaître le travail de chacun. Que tous les deux, on aurait pas pu le faire. La collaboration nous a enrichi et ça nous a appris beaucoup de choses pour les prochains tournages. On va garder la même trame mais on va s’organiser différemment avec une équipe plus structurée. Pour pouvoir se consacrer plus à la réal’ et la direction artistique! C’est une belle expérience, avec des leçons pour mieux repartir.

B: C’était un projet ambitieux à la base. L’or c’est la texture la plus difficile à reproduire en 3D!

A: C’est à base de reflets…

B: Donc c’est super super technique en fait!

A: On a tourné avec du vrai matériel, la bonne caméra, la styliste, les lieux de tournage… On a eu des images vraiment de qualité « cinéma »!

B: Avec ça, on a pu se faire prêter beaucoup de choses aussi: les voitures, les chapeaux, des prix pour les maquilleuses etc. Tout le monde a été de super bonne volonté! Sans cette bonne volonté, on n’aurait pas pu faire comme on le voulait.

Ce n’est pas une question de moyen. C’est une question de vibrations, comment on s’adresse aux gens, ce qu’on leur inspire, etc.

C: L’idée du clip c’est la même idée appliquée dans la façon dont vous avez fait les choses…

B: Ça nous permet aussi d’être cohérent dans notre démarche.

Du coup, en étant comme ça, ça permet de garder un fil rouge dans le projet…

A: Le premier soir, à 4h du matin on a eu un vrai coup de blues. On a faillit baisser les bras. Quentin nous a remis sur les railles: « faites une pause d’une demi-heure, posez-vous, on repart, je gère! « Le fait de travailler à plusieurs dans un but commun, ça change tout.

C: Si vous pouviez parler à votre “jeune toi”, qu’est-ce que vous lui diriez?

A: moi je lui dirai: n’est pas peur, n’est pas peur de réaliser tes rêves. N’aie pas peur d’aller au bout parce que si tu y crois, si tu te donnes les moyens, si tu travailles, si tu es déterminé, tu y arriveras!

C: Est-ce que vous avez un mantra ou une citation commune par rapport à une philo de vie en tant qu’indépendant et artiste?

A: Aimer notre travail. Aimer ce que l’on fait. Pour nous c’est vraiment important. On nous a toujours répété: essaye de faire un métier que tu aimes, comme ça tu ne travailleras jamais. Du coup, c’est vraiment ce qu’on essaye d’appliquer dans nos vies. Pour qu’on puisse progresser encore.

B: En fait il faut suivre son intuition. Notre slogan c’est suivre son intuition.

C: Qu’est-ce que tu veux dire par « suivre son intuition »?

B: C’est difficile à exprimer et sans intuition on serait des machines. L’intuition c’est: on voit une foule aller dans un sens et on se dit, il faut aller dans l’autre… Je dirais que c’est la force qui va te faire prendre des décisions qui ne sont pas forcément rationnelles mais, au font de toi, tu sais que c’est bon pour toi. Après l’intuition c’est subjectif, ça peut être fossé. L’égo ça peut être un premier facteur qui brouille ton intuition.

Quelle est votre définition du succès? Est-ce que c’est la même aujourd’hui?

A: pour moi la définition du succès, (toujours dans le cadre d’Inphini parce que c’est clairement lié à ma vie pro et perso): c’est d’avoir des artistes qui soient écoutés, reconnus, et qui apportent un bon moment aux gens. Plus personnellement, pour moi le succès c’est être reconnue en tant que personne pro qui fait bien son travail.

B: Pour moi, le succès ce serait d’être un exemple, devenir un exemple ou une référence… Après le but de l’artiste c’est de diffuser son art à l’univers!

C: Si vous pouviez choisir un message qui apparaîtrait sur tous les billboards de France?

B: Si j’avais le pouvoir de mettre un message pour tous les français… ce serait: RÉVEILLEZ VOUS!

A: Pour moi, ça serait un message d’unité. Qu’on soit tous ensemble dans le même bateau. Un message d’unité, se sentir tous à la même enseigne.

C: Le livre ou film qui a changé votre vie?

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A: The Tree of Life. C’est la première fois que je suis sortie du cinéma avec une émotion assez forte. Tu accroches ou tu accroches pas… Je trouve que ça donne un message d’espoir et en même temps une alerte! Un film basé sur la spiritualité qui pousse à penser au-delà de ce qu’on est, en tant qu’être humain. Quelle est notre mission? Qu’est ce qu’on veut faire et transmettre?

Je l’ai ressenti un peu comme un : il faut faire quelque chose. Il faut préserver la vie… Je suis sortie du cinéma, on l’avait vu ensemble ce film (à Brice), c’est la première fois que je sors d’un cinéma et que je continue à pleurer après un film. Il était magnifique de justesse.

B: Ce film, il est intéressant parce que tu peux le prendre de plein de façons. Si tu le regardes comme un film de divertissement, c’est une successions d’images et c’est toi qui les interprète avec ta propre expérience. Aucun film n’a déclenché ça, chez moi.

Screen Shot 2017-05-19 at 18.49.10A: Un autre film, Cloud Atlas, des soeurs Wachowskis. J’ai beaucoup aimé l’idée de ces histoires qui se passent dans sept espaces temps. C’est la suite histoire de l’humanité à travers de gens qui ont des rôles importants. le fait qu’une personne comme un petit grain de sable puisse changer quelque chose. c’est important de l’avoir en tete qu’on a chacun un rôle. Si on a des bonnes intentions, si on donne des bonnes ondes.

C: on n’est pas ici pas hasard…

« Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous… »Alex (Inphini)

C: Un livre?

B: L’Alchimiste. Justement, qu’il n’y a pas de hasard dans la vie.

A: Oui, aussi et le Pouvoir du Moment Présent de Eckhart tolle.

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Paulo Coelho, L’Alchimiste

Eckhart Tolle, Le Pouvoir du Moment Présent

B: Moi j’ai un courant de pensé qui est qu’on peut prendre le meilleur de tout ce qui existe et en faire sa propre opinion.

A: Ne pas se limiter à ce qui est facilement accessible.

B: Pour écrire, c’est important. Pour trouver des idées, de l’inspiration c’est important!

C: Comment la créativité fonctionne t-elle, d’après toi?

B: Pour moi c’est les vibrations! Parfois tu as des bonnes « vibes », et parfois tu vas te prendre la tête un an, sur un son. Des fois, je bloque lorsque je veux trop maîtriser justement.

C: Si ça doit avoir lieu, ça aura lieu 🙂

B: Quand je buche, je me mets sur un autre projet…

C: Une personnalité qui vous a inspiré en tant qu’entrepreneur?

B: Pour moi, DJ Snake c’est un model de réussite. Il a fait un truc exceptionnel à mon sens. Personnellement pour moi c’est un exemple de réussite à proprement parlé. Jérémie Ellis aussi. Un finger drummer, mais pas dans le même sens. Au niveau de son travail et de ses créations. Quelqu’un qui arrive à allier les deux, artistiquement quelque chose qui se démarque et qui suive dans le business.

Mêler dépassement de soi, réussite et succès financier.

C: Le plus gros préjugé que vous voulez casser?

B: « En France, on ne peut pas y arriver » !

A: Voilà ce qu’on a entendu… et aussi: « tu dois aller à l’étranger… »

B: Moi perso, ça me donne une dynamique coupée. Je suis sûr qu’il y a plein de gens, il en faudrait tellement peu pour qu’ils se lancent. Il faudrait juste une petite étincelle pour qu’ils se lancent et qu’ils y arrivent… « En France on ne peut pas »; « Lui il s’est planté »; « Il a déposé le bilan ». « Oui mais il n’y a pas assez d’offres, c’est bouché, c’est pas la peine d’essayer parce que tu n’y arriveras pas » (A). Il vaut mieux vérifier par soi-même, plutôt que d’écouter ce que les gens disent... et à la surprise de tout le monde, j’y suis arrivée. Pourtant on me l’a souvent dit. L’intuition c’est de se dire: « peut-être qu’ils ont raison mais peut-être aussi qu’ils ont tort ». Donc il faut tester par soi-même!

Un message pour tous

B: Quant on y réfléchit, il y a les gens qui nous aiment et qui souhaitent notre réussite. Puis, il y a ceux qui ne nous veulent pas du bien. Au fond, ils voudraient bien qu’on se plante! Donc il faut partir du principe que les gens ne veulent pas qu’on réussisse et qu’il faut se battre pour combattre cette idée. L’expérience m’a appris ça. 

A: Quand tu montes un projet, tu es le premier à y croire. Si tu n’y crois, pas la moindre personne va te faire douter! Du coup, tu vas rester passif et pas passer à l’acte… Donc réfléchis, écoute-toi. Est-ce que tu es sûr de ce que tu fais? En ton for intérieur. Et si tu es sûr de toi, même si beaucoup de gens te disent de ne pas le faire, fais sauter ce verrou en toi et tu verras que tu vas leur prouver que tu vas y arriver.

Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence.” – Schopenhauer