Rencontre avec Maëlle Chassard (co fondatrice Lunii)

Un livre qui a changé ta vie 
Joseph Campbell, Le Héros aux milles et un visages
 
M: Fastidieux mais très dense et riche! Il donne une ouverture d’esprit gigantesque. Le parcours du héros fait partie du parcours d’entrepreneur. Après attention: dans le mythe du héros, le personnage principal est solitaire. L’entrepreneur ne peut pas être solitaire!
Un film 
Fight Club
 
M: Je trouve que Fight Club est un film qui permet de casser les codes et d’être surpris et plongé dans un univers rempli d’inconforts. On en ressort en se posant mille questions. À la fois au début avec la routine dans laquelle se trouve le héros. Puis à quel point ça peut être violent d’être trop dans son monde et qu’il faut aussi s’ouvrir l’esprit! Créer un personnage parce qu’il était trop dans son monde, je trouve ça dingue et ça m’a permis de réfléchir à énormément de choses. Ça m’a beaucoup parlé, ce film m’a beaucoup parlé…

Ta définition du succès

M: Ça serait à chacun de trouver son équilibre. Le succès il est là pour tous le monde et ce n’est pas forcément vendre un million de produits et être sur toutes les couvertures de magazine! Le succès c’est plus trouver son équilibre: « Comment je peux être heureuse? Comment je peux me challenger au quotidien? Est-ce que être heureux dans la vie, pour moi, c’est être mère au foyer, est-ce que c’est avoir un carrière…? »  
Pour moi le succès c’est trouver son équilibre et trouver ce que l’on veut!
C: Tu l’as trouvé ton équilibre?
M: “Mon équilibre c’est de ne jamais trouver mon équilibre!”
C: Cette approche du succès a t-elle changé depuis ces quatre dernières années ou c’est toujours la même?
M: Disons que Je n’avais pas matérialisé ou mis des mots concrets dessus. J’ai toujours pensé que c’était une question d’équilibre!

Le Billboard : ton message au monde, ça serait quoi?

M: Ça serait de dire aux gens de sortir de leur zone de confort. C’est la meilleure manière de grandir et d’apprendre. 
« I’m still learning. »
Je continue à apprendre.
Faire prendre conscience aux gens que même adultes, ils peuvent continuer à apprendre. Ça permet de grandir et de ne jamais se retrouver cloisoné dans « une » pensée.
C: C’est quoi les qualités premières d’un entrepreneur?
M: Tout le monde peut arriver à faire des choses. Pour moi un bon entrepreneur c’est un entrepreneur passionné. C’est un parcours qui est fait de beaucoup d’embuches et la passion te permet de te surpasser, de partager avec les autres ce que tu as envie de partager et dans les moments difficiles de continuer à garder ça en tête. Je n’ai jamais douté… Ça ne fait pas partie de l’équation. Quoi qu’il arrive je vais y arriver! Je ne sais pas où je serai plus tard mais je sais que j’arriverai à atteindre mes objectifs, parce que… parce que c’est comme ça. Ça ne peut pas être autrement!
Forcément je vais allé voir d’autres horizons, en cohérence avec mon parcours. Je pense que ce parcours Lunii va durer longtemps mais que son évolution va être étonnante. On va se retrouver à des endroits où on ne s’y attend pas et en fait ce qui est hyper intéressant c’est qu’on est confronté à des problématiques qui concernent énormément de monde. Je pense à ce côté d’industrialisation. On a été déçu de ne pas pouvoir produire en France. Pourtant j’ai envie de faire quelque chose pour mon pays. Donc avoir un impact plus grands
Ce parcours à Lunii m’a permis d’avoir cette vision là, que mes associés partagent d’ailleurs. Du coup je ne sais pas quel va être mon parcours, je sais juste que ça ne va pas tourner en rond et que ça va évoluer. 
C: Quel impact souhaites-tu avoir à long terme?
M: Si je peux motiver des gens à devenir entrepreneur ou à créer des projets, à se lancer, à ouvrir leur esprit au monde et comprendre qu’il y a plein de choses qui se passent autour d’eux. On est dans une situation aussi globale. Il faut penser systémique, au « tout » et pas juste à sa situation. On fait partie d’un tout… soit inspirer, soit faire prendre conscience. Je serai très heureuse d’en arriver là. J’aimerai aider des entrepreneurs qui cherchent à se lancer.

C: … & par rapport à Lunii?

M: J’aimerai bien que Lunii soit un produit qui soit intemporel c’est-à-dire qui dure (vraiment) dans le temps. Ça peut être un produit qui dure, qui évolue (avec l’enfant) et qui lui apprenne plein de choses. Dans le monde pédagogique aussi. On prône un apprentissage où l’enfant est actif et pas passif, où il se pose des questions et pas juste exécute!
Notre Relation au Digital
M: Grâce à mon parcours à Strate, j’ai un nouveau regard sur le digital. J’étais très enfermée sur le côté écran et interphases. À la fois je voyais beaucoup de choses émerger, ultra intéressantes mais j’avais ce côté « écran » qui me butait un petit peu… Puis j’ai découvert que les interphases tangibles. Ça m’intéressait plus… On peut faire autre chose, plein d’autres choses grâce au numérique!
Du coup je prône plus ce genre d’utilisation. Aujourd’hui c’est plus comment bien réfléchir, si on peut apporter quelque chose en plus sur un objet totalement physique… Quelle est la meilleure réponse pour l’utilisateur?
C: Tu as une certaine routine vis-à-vis du Digital?
M: Honnêtement, je ne fais pas de travail particulier pour me couper des écrans ou des réseaux sociaux. Je suis totalement victime de ma génération. Effectivement je passe énormément de temps devant les écrans. Pas que pour le travail mais aussi pour me détendre. Après j’ai réussi à trouver des moments où je m’évade. J’ai une platine chez moi et la musique est quelque chose de très important pour moi. C’est le moment où je suis très créative. Les moments où je réussie à m’évader, je me mets soit à rêver, soit à penser à plein de choses et ça permet de me couper de cette routine « écran/travail », pour m’évader. Ça a été ma réponse à moi pour déconnecter.
Je pense que c’est d’autant plus important quant on est enfant. Encore une fois, c’est à faire mais pas dans l’extrême. On parle encore d’ « équilibre ». C’est aussi aux parents d’éduquer leurs enfants et leur apprendre qu’il y a un temps pour chaque chose. L’ennui est hyper important quant on est enfant parce que ça permet d’être créatif… Imaginer que leur lit est un bateau par exemple! 
Pas se couper des écrans juste pour « se couper des écrans », il faut aussi l’expliquer. En tant qu’adulte à chacun de se poser les bonnes questions. Est-ce que c’est bon pour moi de passer autant de temps sur les écrans? 
Aujourd’hui je ne me pose pas la question parce que ça fait partie de mon quotidien et ça fonctionne très bien comme ça. Peut être qu’au bout d’un moment j’aurai plus envie de me déconnecter pour une certaine raison. Encore une fois à chacun de trouver sa bonne réponse!
C: Quel est le plus gros préjugé sur l’entrepreneuriat? 
M: Je ne sais pas si j’ai un préjugé à casser mais il y a une image très cool qui est donnée à l’univers des start ups. Tout le côté Silicon Valley, un côté un peu « too much » (trop) qui a un certain aspect « vrai » mais ça ne sert à rien d’en « faire des caisses »…
Oui c’est un univers super intéressant parce que ce sont des montagnes russes. C’est un univers où on est confronté à rencontrer des gens différents tout le temps. Ça fait partie de notre quotidien.
L’enrobage autour de l’univers start up me dérange. Ça serait bien d’en parler de manière encrée dans la réalité. Chaque parcours dans ce milieu partage des points communs, mais chacun se différencie à sa manière. 
C: Si tu pouvais créer Ton Propre Titre (pour tes cartes de visites, à la place de « co fondatrice »)… 
M: « Apprentie de la Vie »
Sincèrement. Parce que je ne sais pas si je serai entrepreneure toute ma vie. J’ai envie de continuer à apprendre et ça me fait grandir donc « apprentie de la vie » je trouve ça plutôt pas mal !
Chacun a sa propre manière de voir l’entrepreneuriat. Pour moi c’est d’apprendre parce que ça permet aussi de ne jamais savoir qui on est. C’est à la fois confortable et inconfortable.
C: Quelle expérience marquante t’a beaucoup appris ces dernières années?
M: À part mon parcours global, je n’ai pas d’expemple précis. Chaque expérience vaut le coup d’être racontée. Je pense que la chose la plus marquante pour moi ça a été de me lancer, de me dire « ça y est on se lance dans l’aventure ». Et un moment marquant aussi ça a été de réaliser (son avancée), c’est aussi important de se poser et de réaliser le parcours qu’on a accompli… Avec mes associés on a trop tendance à se dire « c’est quoi la next step », plutôt que de se poser (et regarder tous nos mini succès).
Il y a trois mois, je me baladais dans la rue et j’ai eu une prise de conscience soudaine, je me suis dis « tu as crée un produit qui est dans les magasins, dans les rayons, 20 000 pièces… ». Ok voilà. c’est cool. C’est ça un des moments les plus marquants!

L’ampleur des choses

M: Il y a quelque chose que je devrai plus faire aujourd’hui. Au début du lancement, pour chaque événement, j’étais comme un enfant. J’apprenais une nouvelle, j’étais réjouie, l’énorme smile :)… Aujourd’hui les moments comme ça arrivent moins et je devrai (en faire autant)… comme il y a quelques jours!

Des modèles et sources d’inspirations

M: Je m’identifie à énormément de Youtubers. Je suis pro univers des créateurs de vidéos, indépendants. Ma recette, c’est de chercher à droite à gauche quelque chose qui me plaît chez une personne ou une autre. C’est hyper important d’aller chercher ce qui nous parle. Du coup c’est comme ça que j’apprends sur d’autres choses (la politique, l’histoire, le monde culturel, etc).
Des exemples…
M: Raphael Descraques et Vincent Tirel par exemple… Ça me permet de me sortir du « réel«  et voir des choses absurdes ça aide vraiment à se déconnecter… Ça me permet aussi de faire raisonner des choses. Une barrière très fine entre le perso et le pro. Ce que j’aime, ce que je suis aujourd’hui s’inspire aussi de choses qui n’ont pas de lien avec ce que je fais. C’est essentiel. Et ce n’est pas forcément à lire des livres classiques du genre “les 10 choses à ne pas faire en tant qu’entrepreneur” ou autre chose du genre. C’est bien mais c’est bien aussi d’aller voir ce qui n’est pas directement lié à l’univers de l’entrepreneur!
Le moment d’évasion, c’est ce qui va permette un certain déclic. Suivre ses intuitions c’est pas mal. et aller voir des trucs qui peuvent déclencher des intuitions ça permet de prendre du recul …
C: Quelle est ta définition d’une journée productive?
M: Je n’ai pas de réponse à cela. Chaque jour est différent. Je n’ai pas encore trouvé mon équilibre d’arriver à organiser mon temps avec toutes les tâches qu’on a à faire aujourd’hui. Je n’ai pas encore trouvé d’équilibre sur cette partie là et du coup je n’ai pas de réponse à apporter.

C: Un message pour les lecteurs & auditeurs Solybox ?

M: Parlez de votre projet à plein de monde, à des gens avec qui vous vous sentez à l’aise et des gens avec qui vous avez des challenges. N’écoutez pas forcément tout le monde, écoutez vous et rencontrez de nouvelles personnes. Foncez !
Retrouvez la première partie de cet épisode #3, ici.
 
Merci encore à Maëlle de m’avoir consacré de son précieux temps. J’espère que vous aurez trouvé des réponses à vos questions ainsi que de l’inspiration pour votre projet ou tout simplement un bon moment d’évasion! À très prochainement sur le Podcast et le Blog.
With love,
C.
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