L’influence du Digital sur notre Créativité

Première partie de l’épisode #3 :
 
Dans ce troisième épisode, nous partons à la rencontre de Lunii, une start up (magique) co fondée par Maëlle Chassard. Elle nous emmène dans son monde et partage son expérience en tant que créatrice + designer + entrepreneure !
M: Lunii c’est une fabrique à histoires pour les enfants (dès trois ans). L’enfant sélectionne quatre éléments pour construire sa propre histoire. Le but étant de l’éloigner des écrans et de l’aider à développer son imaginaire.
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Le Profil de Maëlle
M: J’ai fait des études de Designs, complétées par une formation à l’entrepreneuriat (à l’ESCP Europe). L’idée est née pendant mes études de Design, c’est pour cette raison que j’ai fait la formation Business (par la suite). Lunii est à la base: mon projet de diplôme… 
Maëlle est partie d’un constat…
M: L’imaginaire des enfants est bridée par les représentations numériques. L’idée était de proposer un objet ludique qui revienne à du récit audio pour nous permettre de nous évader.
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Les co-fondateurs
Des amis de longue date (10 ans). On a pas du tout les mêmes parcours: Éric (ingénieur), Igor (communication, marketing, business school) et Thomas (école de multimédias) = Une équipe 100% complémentaire. Ces quatre profils ont permis de commercialiser le produit sans faire appel à d’autres corps de métiers.
Concrètement: ça faisait déjà quelques mois qu’on se réunissait une fois par semaine. Il y a eu un tel accueil de l’idée (Lunii) qu’on a décidé de se lancer. Mais avant que Lunii ne naisse, on savait déjà qu’on allait monter un projet ensemble. Concrètement on a commencé à travailler sur Lunii en octobre 2013. En juin 2014, on avait les dix premiers prototypes fonctionnels. Après Futur en Seine, on a eu le Grand Prix du Public et on a pu partir en phase industrielle !
Aucun d’entre nous ne savait comment ça se passait pour passer du prototype au produit industriel. On avait pour objectif un volume de 20 000 pièces (pour la première année). 
La fabrication du produit
Aujourd’hui nous avons d’excellents contacts avec nos partenaires (en Chine), mais pas depuis le début. Ce qui a été très compliqué, c’est la différence qu’on a pu trouver dans notre manière de travailler (entre la Chine et la France). Ça nous a pris un an et demi pour arriver au produit qu’on voulait et aujourd’hui on a de très bonnes relations avec nos usines. Ça a été très fastidieux
Une relation qui s’est construite dans le temps avec un certain coût… mais ça vaut le coup d’y aller étant donné la satisfaction trouvée aujourd’hui! 
Prochainement…
On pourra rajouter des histoires, en plus des 48 histoires préalablement disponibles. L’importance pour nous c’est la qualité de contenu et d’écoute, afin qu’elle soit optimale!
La créativité chez les enfants 
De 3 à 8 ans. En dessous de 3 ans les enfants n’ont pas encore la concentration totale pour écouter un récit audio. Après 8 ans, ils sont à la recherche de plus d’interactivité qu’un récit audio. Sur notre contenu on essaye de proposer un pack interactif (d’ici le mois de juin juillet), où l’enfant va faire des choix pendant qu’il écoute son histoire. Sur la tranche basse, on va sortir des histoires simples avec des comptines par exemple… 
Le Digital
Passionnée d’imaginaire, j’ai effectué un travail de recherche passionnant. Souhaitant répondre aux questions suivantes: Quelle est la place de la créativité aujourd’hui? & Comment est-elle exploitée? 
Un exemple de mise en situation : on a demandé à des enfants (lors d’un atelier) de dessiner un ogre. Ils ont tous dessiné Shrek ou Hulk. Du coup, c’est bien la preuve qu’aujourd’hui l’univers des enfants est bridé! Il y a beaucoup d’influence personnelle parce que les récits audio ont fait partie de mon enfance. 🙂 La question était de se demander: Qu’est-ce que je peux apporter pour revenir à ce récit audio? L’idée, c’était de lui proposer son propre produit!
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 Le Design du Produit 
Une petite radio, inspirée du vieux transistor, revisitée avec du plastique et des couleurs punchs! Et surtout, c’est la propriété de l’enfant. Il peut l’utiliser comme il le veut, quand il veut, comme nous, on utilisait les cassettes quant on était petit! Ça marche hyper bien en transport, pour les longs trajets en train ou en voiture. Écouter ses histoires avec ses écouteurs…
Ce qui peut être complémentaire mais c’est tout le temps dans l’excès que c’est mauvais. L’enfant peut développer son imaginaire.
Un constat suite à ses recherches 
La créativité est réduite à cause des écrans. Des choses tangibles simples et pas multi fonctionnelles. Quant un produit propose trop de choses, c’est mauvais pour la concentration de l’enfant. L’importance est de se concentrer sur une tâche en particulier.
Faire aussi écrire les histoires aux enfants. Aider les enfants à construire leur propre histoire. Ils ont choisi leur personnage et ont écrit ces blocs à histoires. Une application permettait de structurer les éléments des récits et de mélanger les différents récits des enfants. Un travail amusant à faire avec eux!
Dans le Packaging Lunii, on trouve aussi un carnet à dessins. C’est à l’enfant de dessiner ce qu’il écoute, comme ça c’est à lui d’imaginer ce qu’il entant. Ce qui lui permet d’être actif pendant l’écoute de l’histoire. On est en train d’imaginer aussi d’autres produits: un casque, une sacoche et une gamme d’usage avec par exemple, des stickers repositionnables pour s’approprier le produit (en le customisant).
Ta carrière
Le design c’est un métier génial parce qu’on ne s’ennuie jamais et on ne reproduit jamais la même chose. J’ai su que je voulais devenir entrepreneur dès ma première année en école de Design. Je voulais absolument concrétiser mon projet. Je n’imaginais pas du tout ce qui m’attendait concernant mon parcours d’entrepreneur… J’ai eu la confirmation de ce que je voulais faire lors de mon stage en troisième année, chez le partenaire design de Microsoft. Une start up qui travaille en partenariat avec la grande marque, une petite structure avec différents projets. Le meilleur stage au monde! Une aventure incroyable qui m’a conforté avec l’idée de vouloir monter ma propre boîte. 
Par contre, ce que je n’imaginais pas encore c’est qu’aujourd’hui mon métier de designer, je le retrouve dans ma manière de penser avec le design thinking mais concrètement je ne fais plus de design en soi. Le côté créa n’existe plus vraiment aujourd’hui. Malgré tout, je ne m’ennuie jamais et aujourd’hui je me retrouve à réfléchir sur la stratégie d’une boîte qui reste aussi créative. C’est un très beau parcours et j’ai hâte de voir ce qui m’attend par la suite…
Un métier multi casquette
C: Être curieuse. C’est ta forme de design !
M: C’est exactement ça! Avec toute mes expériences, et ce que j’ai pu apprendre au fur et à mesure. Aujourd’hui, j’ai réussi à trouver un équilibre qui continue à évoluer parce que je continue à apprendre au quotidien. Chaque situation m’apprend une nouvelle chose et c’est génial! Je me suis toujours dis, au courant de mes études, que si je pouvais être étudiante toute ma vie je le ferai. En fait je continue puisque je continue à apprendre. Je ne m’ennuie pas une seconde et c’est vraiment ce que je voulais…
On sort souvent de sa zone de confort. On est souvent confronté à réagir dans l’instant à trouver des solutions tout de suite.  C’est aussi hyper challengeant!
Le travail d’équipe
C: Qu’est-ce que ça t’a apporté?
M: C’est la base et à la fois la chose la plus difficile! Ça permet de ne pas être seul dans son travail. L’entrepreneur se renferme. Il est important de parler et d’aller voir des gens tout le temps. On a aussi une force créative à rebondir sur les idées des uns et des autres … Après, on travaille ensemble 24/24. Au début de l’aventure on vivait pratiquement ensemble! Les uns sur les autres, du coup il y a des conflits et il faut être assez mature et intelligent pour résoudre ces conflits parce que ce sont nos associés. En plus de ça, nous sommes amis de base et on entend beaucoup trop de start ups qui s’éfondrent à cause de l’équipe. Faire face aux conflits et que le conflit soit source de progrès… Se poser les bonnes question: qu’est-ce qu’on fera différemment la prochaine fois ?
Mantra ou Philosophie de vie en tant que créatrice et entrepreneure
Je prône beaucoup la *naïveté*. Je trouve qu’être naïf, ça permet de voir des choses que des experts ne voient pas. Je m’inspire beaucoup, j’essaye de regarder autour de moi des gens qui peuvent m’apporter quelque chose et me porter vers les haut. Ces gens là m’inspirent au quotidien pour faire mieux comme Alexandre Astier qui pour moi m’inspire tous les jours et me donne la force de croire en ce que je fais. Comment confronter ses idées au monde qui nous entoure?
L’utilisation de ces modèles
Dans les événements on a rencontré de nombreux entrepreneurs. En discutant avec les différents profils, il y en a qui me faisaient tilter. En observant un petit peu, on se fait sa propre petite recette, puis on devient l’entrepreneur qu’on veut devenir aussi grâce aux échanges avec les autres.
Il faut savoir prendre du recul par rapport à son travail. Il faut s’appuyer sur ses proches qui ne comprennent pas forcément toujours ce qu’on vit. Partager ses doutes et ses craintes avec des personnes qui comprennent et puis il y a ceux qui te disent: “c’est trop compliqué” ou “ne le fais pas”, mais plus de manière à t’apprendre la vie plutôt que te donner des conseils… 
Il y a toujours des personnes qui vont le faire de manière plus négative. Moi ces gens ils me donnent encore plus envie de leur montrer que je vais y arriver! Toujours quelque chose de nouveau à la clé donc foncez les gars! Foncez ça donnera toujours quelque chose de bien. 🙂
S’écouter
L’intuition est très importante dans l’entrepreneuriat. Quand quelque chose que vous voyez dans votre vie vous inspire, vous marquez un temps pour comprendre que vous avez été interloqué et que c’est important. L’intuition c’est ultra intéressant et du coup si vous avez une intuition plutôt négative sur quelque chose, écoutez-vous!
C: Mais comment distinguer la bonne intuition de la mauvaise?
M: Tu le sens quand c’est une sensation de crainte ou au contraire, une sensation de “oui je vais y aller!”. C’est tellement impulsif et animal. Mais attention je me suis trompée aussi, mais in fini ça m’a appris des choses. Du coup c’est pour ça que je dis « foncez », car quoi qu’il arrive ça va vous apprendre quelque chose. Écouter son intuition c’est bien, mais j’ai aussi énormément de chance d’avoir mes associés qui peuvent m’apporter du concret et des choses tangibles.
Aujourd’hui je suis beaucoup moins crédule dans ma façon de fonctionner. Je suis toujours ce côté très intuitif et impulsif mais je pense aussi “moyen terme”, parce que j’ai l’expérience. Après il y a toujours une part d’aléatoire!
C: Quel est le pire conseil que tu as pu recevoir?
M: « Faites une application »… C’est plus simple !
En découvrir plus sur Maëlle et Lunii, rendez-vous dans la deuxième partie de cet épisode, ici.
Quelques Notes :
D’où la volonté aussi de réaliser ce podcast. Je crois en ces fichiers audio qui nous permettent de nous évader n’importe où et n’importe quand. Les podcasts ne nécessitent pas d’écran et c’est toujours un plaisir de pouvoir prendre les transports, faire ses tâches ménagères, faire de l’exercice (son sport, à la gym par exemple) ou tout simplement, se balader avec une source d’inspiration aux oreilles. Je trouve que c’est un véritable plaisir sur lequel on devrait davantage porter notre attention. En effet, que ce soit les vidéo youtube ou autres, les écrans ne nous permettent pas de nous évader de la même façon. Le podcast c’est en quelque sorte une rencontre entre l’ancien monde déconnecté et le monde moderne du digital! 
– Notes écrites et partagées par Camille. 
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