Le monde du eLearning w/ Valentin Fluteau

Tags: #PodcastSolybox#Épisode#2#faceA

Titre: Première partie de l’Épisode #2 du Podcast

Invité: avec Valentin Fluteau, fondateur de MakeULearn (création en juillet 2014)

À l’occasion de mes études à l’Edhec (en MSc « Arts and NGO Management »), j’ai eu la chance de rencontrer des personnalités de différents horizons! Valentin en faisait partie. Il effectuait un Master en Entrepreneurship – à cette période de ma vie, je n’avais aucune idée de mon ambition pour l’entrepreneuriat. Nous partagions des points communs: une amie (sa petite amie) Ségolène – que je salue au passage :), ainsi qu’un intérêt pour l’audiovisuel et le e-learning! Des domaines qui me passionnent…

Dans cette interview, nous parlons de ses débuts (avec la création de sa start-up MakeULearn) ainsi que ses valeurs en tant que personne mais aussi en tant qu’entrepreneur.

V: Avant, j’étais étudiant à l’Edhec. J’ai terminé mes études en mai 2013, avec un parcours orienté vers l’audiovisuel. J’ai passé plusieurs expériences dans le monde de la télévision, jusqu’à me rendre compte que je devais m’en éloigner le plus vite possible si je tenais à ma santé mentale. C’est un milieu qui ne me correspondait pas du tout. Néanmoins, la production de contenu m’intéressait beaucoup. Je ne suis pas mauvais pour créer du contenu. Maintenant, il faut que je monte un business…

La question qu’il s’est posé: comment monter un business basé sur du contenu, qui soit intéressant pour mes clients?

À la fin de mes études, je me suis rendu à la Silicon Valley. C’était en plein dans la période des MOOC (programme e-learning en ligne). Comme quoi, ça fonctionne vraiment par vague! En rentrant en France, je me suis inscrit à deux MOOC et comme beaucoup de gens, je ne les ai pas terminé. Seulement deux à quinze pour cent des participants vont jusqu’au bout. Pour une raison simple, c’est que je m’ennuyais terriblement. Je me suis dit: “tiens, il y a un vrai truc à travailler. L’éducation en ligne, la révolution va passer par les MOOC”. On peut y mettre toutes les caractéristiques qu’on souhaite. Des possibilités infinies mais si le contenu n’est pas bon, ça ne sert à rien… Il faut être capable de scénariser un cours ou une formation qui d’habitude se fait en présentiel (amphi ou salle de cours). Ce, en l’adaptant aux codes et aux usages du web… L’attention moyenne sur Youtube étant de 1 min 40, il faut essayer de créer différemment. Ainsi, je réalise des formations en ligne qui soient les plus percutantes, tout en participant à la transformation de mes clients.

C: Ton business est né de ta propre expérience?

V: Les MOOC à proprement parlé je n’en ai jamais construit. Pour moi, ce n’est pas un format qui convient. Ça reste trop lourd, trop engageant et trop classique dans son contenu. Je ne fais que du contenu spécifique, principalement pour des entreprises.
Une étude du Harvard Business Review, datant d’octobre 2016, est assez catégorique sur le sujet: après avoir étudié les différences de comportement auprès de cadres américains, avant et après formation, il n’y a pas de difference. Le lien entre ce qu’ils vivent au jour le jour et le contenu qu’on a partagé et apporté n’a pas lieu.
Ils reviennent dans leur train-train quotidien et finalement les pratiques et théories partagées, ne seront pas utilisées dans leur travail. En s’appuyant sur cette étude, on est pas sûr que ça contribue à la croissance et à la productivité du pays et c’est à ce titre là que l’on apporte uniquement du contenu spécifique! On a toujours un cahier des charges à trois ligne, sur les enjeux, puis un audit sur la cible. On travaille beaucoup avec la grande distribution. La question souvent posée c’est: comment faire pour les former proprement?
On est capable de prototyper, de tester et de réitérer le processus. Grossièrement, on produit un prototype par semaine, qu’on va tester auprès du comité et de la cible. Pour être certain que ça soit parfaitement adapté à ce dont ils ont besoin…

Il y a beaucoup de demandes. Ça fait deux ans et demi que la boîte est crée. Incluant un an d’incubation (Pleine Image et Incubateur Edhec). Ça m’a permis de tester. Ça fait trois ans et demi que je sème des graines pour que ça arrive. Et ça arrive, avec une image de marque qui commence à se faire connaître. En plus on a une bonne réputation et la qualité de nos productions commence à être remarquée!

C: Qu’en est-il du monde de l’enseignement supérieur? Y-t’il un besoin en terme de e-learning?

V: Vis-à-vis du digital aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’établissements qui ont réussi à trouver un enjeu stratégique dans le digital.

Le cas de Canal Plus
Un projet lancé en 1984, qui a coûté assez cher. Au tout début, les fondateurs visaient les zones aisées (centres villes – dont une audience avec un intérêt pour la culture et le cinéma). Les six premiers mois furent un échec. Ils réalisent que les foyers les plus enthousiastes se trouvent dans les campagnes. Pourquoi? Parce que 120 Francs par mois à la place de quatre places de cinéma, sans frais déplacement ou annexes, ça devient vraiment intéressant. Alors ils ont transformé la contrainte en opportunité à partir du moment où ils ont changé de cible. En passant à une cible qui n’est pas eux en fait. Je pense que le problème des MOOC aujourd’hui c’est ça. Quant on regarde le public des MOOC, ce sont des personnes éduquées avec un travail. Une vraie problématique est posée. Ça va plus loin que la simple “transmission du savoir”, ce à quoi se limite les outils digitaux aujourd’hui. Il y a une vrai reflexion à avoir sur les enjeux du digital et notamment à qui on s’adresse et pour quel développement?

D’ici dix ans, il va y avoir un vrai métier. Aujourd’hui, construire un module eLearning c’est très compliqué. Ce que MakeULearn et ses concurrents sont capables d’apporter, ce n’est pas seulement le temps passé, mais il y a aussi un effet miroir. Il y a un impact relationnel à l’origine entre MakeULearn et son client. Ainsi, le contenu sera de bonne qualité! Parce que l’effet miroir qu’on apporte est assez puissant.
Je ne sais pas comment une technologie va arriver à un niveau de granularité, de précision et d’intelligence artificielle suffisamment fin pour arriver à créer du contenu satisfaisant. Mais concrètement, aujourd’hui, je pense que nous avons toutes les technologies dont nous avons besoin pour diffuser du contenu. Maintenant, pour la production et la création de ce dernier, il faut aller chercher les enjeux humains… Je pense qu’il y a un vrai enjeux. Comment arriver, technologiquement, à automatiser la création de contenu de façon hyper satisfaisante? Il y a énormément de choses à travailler. Pour moi c’est un vrai axe de développement de notre marché…

C: Quel impact souhaites-tu avoir dans ton environnement (macro) ?

V: Redonner du sens à la formation professionnelle. Si aujourd’hui je dois le dire, c’est ça ma mission. Redonner du sens. Il y a un moment où il faut qu’on comprenne pourquoi on nous apprend ces choses et dans quel contexte.
Exemple de cas, avec une ex filiale de Auchan: une formation dédiée à l’ensemble des conseillers de vente.

C: Qu’est-ce qui te différencie de tes concurrents?

V: Notre méthodologie. On utilise une capacité à prototyper et à itérer ces phases de prototypes pour non seulement être le plus adapté possible mais aussi pour tester et faire en sorte que ça fonctionne. Une méthode qui nous permet d’aller vite, tout en étant efficace!
Souvent, on fait exprès de se planter pour que les clients nous disent… et posent les bonnes questions. Comme on est à plusieurs semaines, (voir mois) avant la livraison, ils n’ont pas peur de se livrer et de se planter. Ça permet d’être efficace et percutant au moment du déploiement.

Dans une relation il y a 80% de non-dit et 20% de dit. Pour les mots du storyboard et de la structure de formation, on a tous une idée différente. Là comme on réalise, ce n’est pas forcément l’idée du client et ce n’est pas forcément l’idée du formateur. On essaye d’avoir un cahier des charges le plus “light” (légé) possible.

Le concept du design thinking (exemple de la voiture…)

La suite de l’épisode #2 du Podcast ici.

Tag(s) associé(s):